"En faire voir de toutes les couleurs" ou "En voir de toutes les couleurs".

Ces expressions du registre familier en forme d'idiotismes chromatiques signifient respectivement :

  • "En faire voir de toutes les couleurs" : infliger à une personne des désagréments ou des épreuves de toutes sortes, lui occasionner des ennuis, lui faire endurer ou subir des choses pénibles, désagréables.

On dit par exemple : "Ma fille m'en a fait voir de toutes les couleurs jusqu'à l'âge de 5 ou 6 ans".

Ou : "Mon voisin m'a menacé de m'en faire voir de toutes les couleurs si je ne coupais pas certains de mes arbres qui l'empêche d'avoir sa piscine au soleil l'après-midi".

  • "En voir de toutes les couleurs" : subir des désagréments ou des épreuves de toutes sortes, avoir des ennuis, endurer ou subir des choses pénibles, désagréables.

On dit par exemple : "Mon cousin en a vu de toutes les couleurs avec son premier patron, qui était un type épouvantable".

Ou : "J'ai passé des vacances lamentables : on en a vu de toutes les couleurs avec les habitants du village où nous campions".

Source : wiktionary.org

"L'habit vert".

Un habit vert d'académicien français avec bicorne

Cette locution nominale masculine en forme d'itiotisme textile ou vestimentaire et d'idiotisme chromatique désigne : un habit d'académicien, membre de l'Institut de France, porté lors des réunions solennelles et des cérémonies officielles.

"Un habit d'académicien" et pas seulement - ainsi qu'on le croit souvent, me semble-t-il - de "membre de l'Académie française".

L'habit vert est donc également porté par les membres des quatre autres académies de l'Institut de France.

L’Institut de France demandant officiellement un costume simple et décent, sa composition fut décidée par un arrêté du Consulat du 13 mai 1801, puis amendée au fil des siècles.

Il consistait en :

  • d'une part un grand costume : habit, gilet ou veste, culotte ou pantalon noirs, brodés en plein d’une branche d’olivier en soie vert foncé, chapeau à la française,
  • et d'autre part un petit costume : habit plus sobre n’ayant de broderie qu’au collet et aux parements de la manche avec une baguette sur le bord de l’habit.

Victor Hugo inaugure en 1848 une nouvelle mode à l'origine de l'évolution de l'habit : le frac à la place de la redingote, le jabot transformé en plastron et cravate blanche et le port du pantalon en remplacement de la culotte et des bas de soie.

À l'origine en deux versions, le petit costume tomba rapidement en désuétude, seul le grand costume subsiste encore de nos jours.

Il est actuellement composé d'un chapeau bicorne, d'un gilet et d'un pantalon en drap noir ou bleu foncé, et non plus vert foncé comme à l'origine, brodés de branches d'olivier vertes et or, d'une cape et d'une épée.

Le port de la tenue est obligatoire - sauf pour les ecclésiastiques - et sa confection très codifiée.

S'il est "conçu dans les règles de l'art", ce qui peut prendre six mois, l'habit peut coûter jusqu'à... 35 000 € !

L'épée d'académicien

L, qui sont dispensés du port de l'habit, peuvent également s'abstenir de porter l'épée.

L'arrêté de 1801 ne prévoyait pas de tenue féminine ; une certaine liberté vestimentaire est donc accordée aux femmes.

Les ecclésiastiques et, en principe, les femmes n’en reçoivent pas. Pourtant, si Jacqueline de Romilly porte un sac à main brodé assorti à sa cape, Hélène Carrère d'Encausse, Florence Delay, Assia Djebar, Simone Veil, Danièle Sallenave et Dominique Bona ont toutes choisi d'en porter une.

Son origine est liée à l'Institut d'Égypte et rappelle les usages de l'Ancien Régime.

Véritable objet d'art, l'épée constitue l'attribut personnel de l'académicien et revêt une haute charge symbolique. Elle lui est généralement offerte par ses amis et collègues, réunis dans un "Comité de l'épée", et lui est remise lors d'une cérémonie privée quelques jours avant sa réception. Oeuvre originale conçue avec beaucoup de liberté par des artistes joailliers, elle est offerte au récipiendaire dans le cadre d'une souscription auprès des amis du futur académicien. Ou peut être une arme ancienne, comme une épée de cour par exemple.

Des membres de l'Académie françaiseUn habit vert d'académicien français

Un film portant ce titre, avec l'excellent acteur français Jules Berry, a été réalisé en 1937 par le réalisateur français Roger Richebé, d'après la pièce de théâtre homonyme de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet.

Affiche du film français "L'habit vert" de Roger Richebé (1937)Affiche du film français "L'habit vert" de Roger Richebé (1937)

Assez curieusement, l'assistant réalisateur du film, Marcel Cohen (né le 22 novembre 1908 et mort le 6 décembre 2002), par ailleurs scénariste et monteur, en a réalisé par la suite une nouvelle version sous forme de téléfilm, en 1957.

Il se fera ensuite appeler Marcel Cravenne, comme son frère, l'attaché de presse, journaliste et producteur de cinéma Georges Cohen devenu Georges Cravenne, le fondateur des Césars, des Molières et des 7 d'or.

Source : wikipedia.org

 

"De but en blanc".

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme chromatique et d'idiotisme militaire signifie :

  • au sens figuré : directement, brusquement, sans préambule ni précautions.

On dit par exemple : Mon professeur m'a demandé de but en blanc si j'accepterais d'aller dîner avec lui !".

  • et au sens propre : en ligne droite, pour qualifier une façon de tirer au canon à portée moyenne.

Un canon de campagne

Le mot "but" (ou "butte") désignait en effet le monticule sur lequel on plaçait le canon pour tirer.

Tandis que le mot "blanc" désignait la cible, une autre butte.

Tirer "de but en blanc" correspondait donc :

    • à l'origine : à un tir en ligne droite, le plus direct possible ; avec la "trajectoire" la plus "tendue" possible,
    • puis, par extension : directement, c’est-à-dire rapidement, sans sommation ou hésitation.

Source : wiktionary.org

 

Pourquoi le commandant Cousteau portait-il si souvent le même type de couvre-chef que l'on a fini par le surnommer "L'homme au bonnet rouge"...

Le commandant Jacques-Yves Cousteau

"L'homme au bonnet rouge" est en effet le surnom donné au commandant Jacques-Yves Cousteau, que l'on voyait presque toujours coiffé de la sorte dans les différents films de la série de documentaire télévisés "L'Odyssée sous-marine de l'équipe Cousteau" (1968-1976).

Si ce célèbre explorateur a ainsi porté une bonne partie de sa vie un bonnet rouge, c'était en référence aux anciens bagnards de Toulon (13), des 18e et 19e siècle, parmi lesquels on désignait - par peur du risque - des "volontaires" pour des interventions dangereuses réalisées en scaphandres dits "pieds lourds" ou "à casque".

Un scaphandre "pieds-lourds" ou "à casque"

Les prisonniers portaient en effet des bonnets de laine sous leurs bonnets en caoutchouc, afin d'amortir les coups de tête qu'ils donnaient dans le clapet anti-retour de leur casque pour augmenter le débit d'air.

Et c’est pour différencier ces détenus des autres hommes, sur les ports et les bateaux, qu’on leur a imposé le port de bonnets de couleur rouge.

Il s’agissait donc de la part du commandant Cousteau - puis de son équipage, qui s'est mis à porter lui aussi de tels bonnets - d’une forme d'hommage à ces héroïques pionniers de l'utilisation des scaphandres.

Source : www.chosesasavoir.com

"Agiter le chiffon rouge".

Cette expression, qui puise son origine dans la tauromachie, signifie : provoquer délibérément, mettre en avant un sujet polémique pour détourner l'attention, à l'instar du torero avec sa cape, face au taureau,

On dit par exemple : "On connaît la technique : le président va envoyer ses affidés agiter le chiffon rouge et fera ensuite mine de faire machine arrière".

 

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte"

Ces deux locutions verbales du langage courant en forme d'idiotismes chromatiques signifient, au sens figuré : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

Mais la formule "Avoir le pouce vert" n'est utilisée que par nos amis québecois.

On dit par exemple : "Ma soeur n'a pas la main verte : elle a beau s'occuper de ses plantes, elle ne parvient jamais à les garder très longtemps".

Sources : wiktionary.org et

"Dégueulis de poivrot".

"Dégueulis de poivrot" - vomi d'alcoolique dans le registre argotique - est une formule extrêmement imagée et fort peu ragoûtante du registre vulgaire - mais que j'adore - désignant la couleur "lie-de-vin".

Couleur lie-de-vin

"Lie-de-vin" est un nom de couleur du langage courant désignant une nuance du champ chromatique rouge tirant sur le violet et dont le nom est hérité de la lie du vin,  un résidu de levures mortes (et éventuellement quelques résidus végétaux) qui sédimentent au fond du contenant à l'issue de la fermentation.

Lie du vin

Source : wikipedia.org

"Les aiglons", "Le gym" et "Les Rouge et Noir".

Logo du club de football de l'OGCN (Olympique Gymnaste Club Nice)

Il s'agit des différents surnom du club de football français de l'OGCN (Olympique Gymnaste Club Nice), fondé en 1904 sous le nom de "Gymnaste club de Nice" et rebaptisé OGCN en 1924.

  • "Les aiglons" car l'emblème de la ville de Nice (06) et du club est l'aigle,
  • "Le gym" par apocope de "olympique GYMnaste club nice",
  • et "Les Rouge et Noir", bien sûr, en référence aux couleurs du maillot du club.

Maillot de football de l'OGCN (Olympique Gymnaste Club Nice) saison 2019-2020

Pourquoi dire : "Une greenwalk" ?

Et pas : "Une marche verte" !

Présenté comme un moment "convivial et éco-citoyen" (la novlangue est évidemment présente en invité d'honneur !), ce type de manifestation a pour but de tout nettoyer sur un itinéraire donné, en se concentrant sur des lieux pollués afin de ramasser le maximum de déchets possible, qu'il s'agisse de mégots ou d'emballages en tous genres.

Bien plus qu’un acte citoyen participer à une "Marche verte", c’est avant tout montrer que l'on est respectueux de sa planète.

Chaque personne pouvant agir et devenir éco-responsable à son échelle, il n’y a pas de "petites actions", le principal étant de se mobiliser pour faire bouger les mentalités.

"Le billet vert", "La devise américaine" ou "La monnaie américaine".

Billet d'un dollar américain

Cette locution nominale en forme d'idiotisme chromatique et ces deux périphrases désignent le "Dollar des États-Unis" ou "Dollar américain", également appelé "USD (United States Dollar)" ou "US Dollar (United States Dollar)".

Il est divisé en 100 cents, a pour symbole "$" et est la monnaie officielle états-unienne depuis le 2 avril 1792.

Le dollar des États-Unis est la monnaie nationale des États-Unis d'Amérique et de ses territoires d'outre-mer (comme Porto Rico) ; mais c'est aussi celle de l'Équateur, du Zimbabwe, de la Micronésie, des Îles Marshall, des Palaos, du Panama, du Salvador, du Timor oriental, des Îles Turques-et-Caïques, des Îles Vierges britanniques et des Îles BES.

Il s'agit de la monnaie la plus utilisée au monde pour les transactions, et, depuis décembre 2006, de la deuxième derrière l'euro en termes de monnaie en circulation.

    • la principale monnaie de réserve utilisée dans le monde, représentant 62 % des réserves des banques centrales à travers le monde en 2018,
    • la devise la plus utilisée dans le commerce international,
    • la principale devise traitée sur le marché des changes, présente en 2019 dans 88 % des transactions, contre 32 % pour l'euro,
    • la devise possédant les marchés financiers les plus importants, même si cette prépondérance est en train d'être remise en cause par l'euro dans plusieurs domaines,
  • En terme de monnaie fiduciaire, le dollar des États-Unis est d'un usage très répandu dans le monde, et plus de la moitié de son encours en billets est en fait détenu hors de son pays d'origine.

Source : wikipedia.org

"Marronner" ne signifie pas "Devenir marron" ou "Colorier en marron" !

Ce verbe peut en revanche avoir quatre significations différentes :

  • autrefois :
    • friser en grosses boucles, en "marrons" (registre désuet),
    • pratiquer l'art de la navigation ou de la piraterie (registre désuet),
    • ou aux Antilles : s’enfuir, "faire marron", en référence aux esclaves "marrons", ainsi que l'on appelait alors les fuyards (registre désuet),
  • et de nos jours, pour les marseillais notamment, : marmonner, murmurer de façon hostile, entre ses dents, grommeler.

On dit par exemple : "Arrête de marronner et va me ranger le bazar qu'il y a dans ta chambre !".

Source : www.cnrtl.fr

"Une sauce au beurre noir", "Une sauce beurre noir" ou "Un beurre noir".

Cuisson à feu doux d'un beurre noir

Ces trois appellations désignent une préparation culinaire, élaborée à base de beurre doux.

Celui-ci est cuit à feu doux dans une poêle ou une casserole, jusqu'à ce qu'il prenne une coloration foncée. Malgré son appellation, il doit cependant brunir sans noircir.

L'étape finale de la préparation consiste à déglacer, en ajoutant une solution acide, comme du vin blanc, du jus de citron ou du vinaigre.

On cuisine notamment ainsi :

Aile de raie au beurre noir
Aile de raie au beurre noir
  • les ailes de raie,
Cervelle de veau poêlée au beurre noir
Cervelle de veau poêlée au beurre noir
  • ou la cervelle.

Le nom de cette sauce a donné lieu à une jolie expression imagée : "Un oeil au beurre noir".

Source : wikipedia.org

"Faire marron".

Cette locution verbale peut avoir des significations radicalement différentes selon le niveau de langue auquel on se situe :

  • dans le registre populaire, c'est escroquer, tromper,
  • dans le registre argotique, c'est prendre sur le fait, surprendre,
  • et dans le langage courant, aux Antilles, du temps de l'esclavage, c'était s'enfuir.

Source : wiktionary.org