"Faire les quatre cent coups".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • à l'origine : aller contre le sens moral et les convenances ; mener une vie désordonnée, dissolue ; vivre sans respecter la morale, les us et coutumes et les convenances.

On disait par exemple : "Ces étudiants passent davantage de temps à faire les quatre cent coups qu'à étudier !".

  • et de nos jours, pour un enfant ou un adolescent : enchaîner les bêtises, voire les délits.

On dit par exemple : "À cette époque, mon ami Bruno et moi faisions les quatre cent coups dans le village".

Origine de l'expression

Elle trouve son origine dans un événement survenu en France, en 1621, lors des guerres de religion.

Cette année-là, en effet, le roi Louis XIII avait ordonné que les habitants de Montauban (82), alors place forte du protestantisme dans le pays, se convertissent au catholicisme.

Pour arriver à ses fins, il chargea ses troupes d’assiéger la ville et d’effrayer la population, afin qu’elle se rende. Quatre cents coups de canon avaient ainsi été tirés en direction des fortifications.

Mais cette stratégie n’avait pas eu l’effet escompté, puisque les Montalbanais n’avaient pas cédé. La légende raconte même qu’ils avaient festoyé au milieu des tirs.

Un non-respect des convenances et de l’ordre qui a, au fil du temps, donné son sens à l’expression utilisée aujourd’hui.

  • L'expression "Les quatre cent coups" a été largement popularisée par le célèbre film français de 1959 "Les quatre cent coups", première réalisation du jeune François Truffaut, qui révèla celui-ci au grand public et devint un film emblématique de l'essor de la Nouvelle Vague.

Affiche du film français "Les quatre cent coups", de François Truffaut (1959)

Quatre autres films viendront par la suite compléter la saga Antoine Doinel, toujours interprété par le génial Jean-Pierre Léaud, révélé à 14 ans : "Antoine et Colette" (segment du film à sketches "L'amour à 20 ans") en 1962, "Baisers volés" en 1968, "Domicile conjugal" en 1970 et "L'amour en fuite" en 1979. 

Rarement, je crois, un jeune acteur n'aura montré, lors d'un bout d'essai, un tel naturel :

Sources : wikipedia.org, wiktionary.org, www.linternaute.fr, www.cnews.fr et www.projet-voltaire.fr

Pourquoi dire : "Un casting director" et même "Un directeur de casting" ou "Une directrice de casting" ?

Un chef d'audition ("directeur de casting") faisant passer une audition ("un casting")

Et pas, en français : "Un chef d'audition" !

C'est à dire : une sorte de chasseur de têtes de comédiens, qui, pour le compte d'un réalisateur, repère, procède à des essais puis sélectionne les comédiens qui lui paraissent convenir pour un rôle pour les besoins d'un film, d'un spectacle ou d'une publicité.

Sources : www.cidj.com et www.cpnef-av.fr

"Gil Delamare".

Le cascadeur français Gil Delamare

Il s'agit du nom d'artiste du cascadeur et acteur français Gilbert-Yves de la Mare de la Villenaise de Chenevarin, né le 14 octobre 1924  et mort au cours d'une cascade le 31 mai 1966, à 41 ans, entre La Courneuve et Le Bourget (93).

Un pionnier des effets spéciaux

Étudiant en droit, il décide, à 20 ans, d'abandonner ses études pour entrer comme trapéziste dans un cirque.

Pratiquant le parachutisme, il est codétenteur du record du monde de chute libre (9 509 mètres) et a été, en 1963, la vedette du film "L'Homme-oiseau", de Louis Dalmas, chutant et dérivant avec des ailes en toile.

Le cascadeur français Gil Delamare

Cascadeur hors pair renouvelant le genre, Gil Delamare a également fait carrière :

  • comme acteur, dans une quarantaine de films, parmi lesquels " Fanfan la Tulipe" (1952) où il a pour partenaire Gérard Philipe, ou "Belles de nuit" (1952), dans lequel il joue aux côtés de Gina Lollobrigida,
  • et comme spécialiste des effets spéciaux, dans une quinzaine d'autres.

Gil Delamare a réglé des séquences cinématographiques devenues mémorables :

  • la course-poursuite avec les citrouilles et les Allemands dans "La grande vadrouille" (1966),
  • la 2CV de Bourvil qui se casse en morceaux dans "Le Corniaud" (1964),
  • la bonne soeur folle du volant dans "Le Gendarme de Saint-Tropez" (1964),
  • le parachutiste américain accroché à un toit de Sainte-Mère-Église dans "Le Jour le plus long" (1962),
  • ou encore la poursuite finale de "Fantômas" (1964).

En 1956, il a une liaison avec la célèbre mannequin-parachutiste française Colette Duval, détentrice de nombreux records. Et la vie du couple est l'objet de reportages et d'entretiens dans les organes d'information de l'époque.

En 1964, sur le tournage de "Fantômas", c'est lui qui engage Rémy Julienne, alors champion de France de moto-cross, pour réaliser des acrobaties à moto.

Et, la même année, il est l'un des protagonistes de "Les casse-cou", 7e album de la série de bande dessinée française Michel Vaillant, créée en 1957 par Jean Graton.

Couverture du 7e album de la série de bande dessinée française "Michel Vaillant", de Jean Graton (1964)

Décès lors d'une cascade

Lors du tournage du film "Le Saint prend l'affût" (1966) de Christian-Jaque, qui se déroule sur une portion de l'Autoroute du Nord en construction, l'une des scènes dans laquelle il double l'acteur Jean Marais comporte un tête-à-queue.

Malheureusement, le revêtement neuf est trop adhérent. Il aurait été possible de recouvrir la chaussée de gravillons pour faciliter le dérapage de la Renault Floride S décapotable que Gil doit conduire, mais ceux-ci sont trop clairs et se seraient vus. Le temps pressant, Gil Delamare décide néanmoins de poursuivre, avec les cascadeurs Gaston Woignez et Odile Astier. Aux alentours de 17 h 40, la Renault, mise en dérapage, ripe au lieu de glisser. Sous la force exercée sur les pneus par l'adhérence du revêtement, un bras de l'essieu arrière se brise, faisant pivoter la voiture sur elle-même avant de partir en tonneaux, éjectant les passagers mais coinçant Gil Delamare sous elle, le tuant net.

Source : wikipedia.org

"Un coq hardi".

Tout jeune enfant je m'étais interrogé sur la signification de cette locution nominale masculine, qui me semblait omniprésente.

En effet :

  • un restaurant portait ce nom, à Payrac (46) le petit village du Lot dans lequel je passais la plupart de mes vacances, de 1965 à 1974,
Affiche du film franco-germano-italien "Merveilleuse Angélique", de Bernard Borderie (1965)
Affiche du film franco-germano-italien "Merveilleuse Angélique", de Bernard Borderie (1965)
  • ainsi que dans le film franco-germano-italien de Bernard Borderie "Merveilleuse Angélique", sorti en 1965 et tiré du roman français d'Anne et Serge Golon, "Le chemin de Versailles", sorti en 1957.
Angélique (Michelle Mercier), dans le film "Merveilleuse Angélique" (1965), devant l'enseigne du "Coq hardi", qu'elle reprend et rebaptise "Le Masque rouge", faisant prospérer cette modeste auberge parisienne, qui devient vite un endroit chic et réputé.
Angélique (Michelle Mercier), dans le film "Merveilleuse Angélique" (1965), devant l'enseigne du "Coq hardi", qu'elle reprend et rebaptise "Le Masque rouge", faisant prospérer cette modeste auberge parisienne, qui devient vite un endroit chic et réputé.
  • il s'agissait par ailleurs du titre d'un excellent journal de bande dessinée français, créé le 20 novembre 1944 à Clermont-Ferrand (69) par le dessinateur français Marijac, et publié jusqu'au 5 février 1963.

Couverture du n°35 de la 3e année de la nouvelle série du journal de bande dessinée français "Coq hardi", sorti le 21 novembre 1946

  • ainsi que du nom d'une bière blonde française, produite par la Brasserie du Coq Hardi, située à Marcq-en-Baroeul (59) et acquise, en 1972, par la brasserie belge Haacht, située à Boortmeerbeek et fondée, en 1898, sous le nom de Brasserie et Laiterie de Haecht !

Plaque émaillée publicitaire pour les bières belges "Coq Hardi"Plaque émaillée publicitaire pour la bière belge du "Coq Hardi"

Quelques années plus tard, j'ai pu découvrir que ce terme de "Coq hardi" désignait tout simplement, en héraldique : un coq avec la patte droite levée.

Un motif qui figure sur de très nombreux blasons :

Le blason de la ville de Romagne-sous-les-Côtes (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Romagne-sous-les-Côtes (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de La-Neuville-en-Hez (60), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de La-Neuville-en-Hez (60), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Baudignécourt (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Baudignécourt (55), avec un "Coq hardi"

Source : wikipedia.org

 

"Clap de fin".

Cette locution nominale masculine désigne :

Une claquette ("clap") de cinéma

  • et au sens figuré : l'arrêt de quelque chose.

On dit par exemple : "Clap de fin pour le dispositif d'aide aux éleveurs".

Ou : "Clap de fin pour ce gouvernement, nommé il y a deux ans".

Source : wiktionary.org

Pourquoi dire : "Un clap" ?

Une claquette ("clap") de cinéma

Et pas : "Une claquette" !

Ce mot polysémique français désigne en effet, tout aussi bien que le terme anglais "Clap", l'outil utilisé lors du tournage d'un film, au début de chaque plan ou séquence de tournage :

  • afin d'identifier les plans et numéroter leurs prises,
  • et afin de faciliter la synchronisation ultérieure de l'image et du son, au montage, ceux-ci étant enregistrés sur des supports séparés.

Il s'agit d'un outil de cinéma, composé de deux planchettes reliées par une charnière, que l'on filme en train d'être rabattu, en enregistrant simultanément le son du claquement sec.

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Jacques Seiler".

L'acteur et metteur en scène français Jacques Seiler

Jeune adolescent, au début des années 1970, je m'amusais du nom en forme de calembour ("J'accélère") de cet acteur et metteur en scène français, figurant au générique du feuilleton "Les nouvelles aventures de Vidocq", dans lequel il incarnait l'ancien bagnard Henri Desfossés.

Né le 16 mars 1928 et mort d'un cancer le 1er avril 2004, Jacques Seiler a interprété de nombreux seconds rôles au cinéma (environ 60, de 1957 à 2001) mais des premiers rôles au théâtre, notamment sous la houlette d'Yves Robert et de Roland Dubillard.

En 1970, il fonde sa propre compagnie, devenant un metteur en scène reconnu, en adaptant notamment des pièces de Robert Pinget, et Raymond Queneau.

Bien avant que cela ne devienne chose courante, il se rasait régulièrement le crâne car il faisait de la plongée sous-marine.

Il est particulièrement connu du grand public pour avoir tenu le rôle du sergent Bellec dans les films de Claude Zidi "Les bidasses en folie" (1971) et "Les bidasses s'en vont en guerre" (1974), interprétés par Les Charlots, avec lesquels il a joué dans six films.

Affiche du film français "Les bidasses en folie", de Claude Zidi (1971)Affiche du film français "Les bidasses s'en vont en guerre", de Claude Zidi (1974)

Le succès de ce personnage fut tel qu'il a même été envisagé, un temps, de réaliser un film autour de lui.

Le sergent Bellec, des films français "Les bidasses en folie" (1971) et "Les bidasses s'en vont en guerre" (1974), de Claude Zidi, interprétés par l'acteur et metteur en scène français Jacques SeilerLe sergent Bellec (Jacques Seiler) face aux Charlots bidasses

Et que la popularité de Jacques Seiler, dans les années 1970, faisait de lui une vedette, régulièrement invitée dans des émissions de variétés, comme celles de Jean-Christophe Averty.

Jacques Seiler n'a cependant jamais décroché un premier rôle dans une comédie au cinéma, et il resta le plus souvent cantonné à des seconds rôles, ou de petits rôles.

Source : wikipedia.org

Ne dites pas : "Faire un plan en extérieur" ni "Faire un plan en studio" !

Mais : "TOURNER un plan en extérieur" ou "RÉALISER un plan en extérieur" !

"Tourner un plan en extérieur"

Et : "TOURNER un plan en studio" ou "RÉALISER un plan en studio" !

On ne dit pas : "J'ai tourné le film au lieu de mon enfance" !

Le réalisateur français Bruno Podalydès

Comme peut le déclarer le réalisateur français Bruno Podalydès, dans le documentaire français "Oléron, l'île tragi-comique de Bruno Podalydès", réalisé en 2021 par Caroline Diebold et diffusé le 21 avril 2021, dans l'émission Invitation au voyage", sur la chaîne de télévision publique franco-allemande ARTE.

Mais : "J'ai tourné le film SUR LE LIEU de mon enfance" !

Et même plutôt : "J'ai tourné le film SUR LES LIEUX de mon enfance" !

Le film évoqué est naturellement "Liberté-Oléron", réalisé par Bruno Podalydès en 2000 et sorti en 2001.

Affiche du film français "Liberté-Oléron", de Bruno Podalydès (2001)

"Al Pacino".

Al Pacino

Il s'agit du nom de scène de l'acteur, réalisateur et producteur de cinéma états-unien Alfredo James Pacino, né le 25 avril 1940.

Acteur de la méthode et ancien élève de l'Actors Studio, il fait ses débuts au cinéma à l'âge de 29 ans en 1969 et obtient son premier rôle principal dans "Panique à Needle Park" (1971).

Il obtient le succès et la reconnaissance avec le rôle de "Michael Corleone dans Le Parrain" (1972) de Francis Ford Coppola, pour lequel il reçoit sa première nomination aux Oscars et qui est considéré comme l'une des plus grandes performances de l'histoire du cinéma. Un rôle qu'il reprend dans les suites "Le Parrain 2" (1974) "Le Parrain 3" (1990).

Son rôle de Tony Montana dans le "Scarface" (1986) de Brian de Palma a également marqué des générations de jeunes gens à travers le monde.

Et il a reçu l'Oscar du meilleur acteur pour "Le temps d'un week-end" (1992) de Martin Brest, une nouvelle version du film italien "Parfum de femme" (1974) de Dino Risi.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "C'est deux soeurs" !

L'historien français du cinéma Patrick Brion

Comme le déclare l'historien français du cinéma Patrick Brion, dans sa présentation du film états-unien réalisé en 1953 par Bud Boetticher "Révolte au Mexique" (habile traduction du titre original "The wings of the hawk", "Les ailes du faucon"...), figurant dans les suppléments du DVD sorti en 2012.

Mais : "CE SONT deux soeurs" !