"Être dur de la feuille".

J'adore cette expression du registre argotique en forme d'idiotisme botanique qui signifie : avoir des difficultés auditives, entendre mal.

Naturellement, elle interloque souvent mes interlocuteurs étrangers ou les personnes peu habituées à la langue verte, mais c'est toujours un véritable plaisir pour moi que de l'expliquer.

Concernant ce thème de la surdité, je vous recommande également la lecture de mon article consacré à toutes les façons de reprocher à quelqu'un de ne rien entendre ou de dire que l'on entend mal.

"Un avocat".

Ce mot du langage courant peut avoir en français deux significations différentes.

Et cela, à la grande surprise, parfois, de nos amis étrangers ou de certains jeunes migrants allophones, que j'ai pu avoir l'occasion de cotoyer, qui nous expliquaient qu'ils n'avaient pas faim lorsque nous leur annoncions qu'ils allaient avoir un avocat !

Ce mot désigne en effet, selon le contexte :

Un avocat

  • un juriste, dont les fonctions traditionnelles sont de conseiller, représenter, d'assister et de défendre ses clients (personnes physiques ou morales) en justice, en plaidant pour faire valoir leurs droits et, plus généralement, pour les représenter.

L'avocat a également une fonction de conseil mais aussi de rédacteur d'actes.

Un avocat, fruit de l'avocatier

  • ou : le fruit de l'avocatier, un arbre originaire du Mexique, qui est, de loin, le premier producteur mondial de ce fruit (à lui seul 30 % de la production mondiale), ainsi que le premier exportateur et le premier consommateur.

Avocats sur un avocatier

Je raffole personnellement de ce fruit utilisé en salade ou pour faire du guacamole.

Du guacamole

On peut facilement faire pousser chez soi un avocatier à partir de simples noyaux d'avocat.

Pour l'anecdote, le mot "avocat" provient de l'espagnol "aguacate", lui-même dérivé d'un mot d'une langue locale signifiant "testicule", par analogie avec la forme de cet organe.

Source : wikipedia.org

"Le baguenaudier ", "Le baguenaudier arborescent" ou "L'arbre à vessies".

Un baguenaudier et ses baguenaudes

Ces noms et ce surnom désigne un arbrisseau de la famille des Fabacées (ou Légumineuses) qui se caractérise par son fruit nommé "Baguenaude".

La "Baguenaude" est une espèce de gousse brun rougeâtre en forme de petite vessie pleine d’air, qui enfle à maturité et devient translucide, éclatant de façon sonore lorsqu’on la presse entre les doigts.

Des baguenaudes

C'est le nom de ce fruit et cette pratique qui a donné son premier sens (propre) au verbe "Baguenauder" (ou "Se baguenauder").

"Un frisé" et "Une frisée".

Ces deux substantifs peuvent avoir différentes significations selon le contexte et le niveau de langue.

  • Ainsi, "Un frisé" peut désigner :
    • par ellipse lexicale : un individu frisé.

Un jeune homme très frisé

    • ou, dans le registre argotique, pendant la Seconde Guerre mondiale : un soldat allemand.
      Un soldat allemand de la Seconde Guerre mondiale (reconstitution)
      Un soldat allemand de la Seconde Guerre mondiale (reconstitution)
  • et "Une frisée" peut désigner :
    • par ellipse lexicale :
      • une fille ou une femme frisée (langage courant).

Une jeune femme très frisée

      • une salade frisée (langage courant).
      • ou, dans le registre argotique, durant la Seconde Guerre mondiale : une femme-soldat auxiliaire de l'armée allemande.

Que l'on appellait également, dans le registre familier, "Une souris grise".

Femmes-soldats allemandes durant la Seconde Guerre mondiale ou "Souris grises".

 

"Un Beau brin de fille" ou "Un joli brin de fille" et "Un beau petit lot" ou "Un joli petit lot".

Ces différentes locutions nominales du registre familier désignent une jolie fille :

  • "Un Beau brin de fille" et "Un joli brin de fille" se disent en particulier d'une jeune femme grande et belle.

On dit par exemple : "C'est un beau brin de fille que tu as Gaston !".

  • et "Un beau petit lot" et "Un joli petit lot" se disent d'une jolie jeune femme.

On dit par exemple : "Tu connais la nouvelle serveuse du Bar de la Gare ? C'est un joli petit lot, ma foi".

"Creuse comme un bambou" ou "Creux comme un bambou".

J'utilise régulièrement cette expression du registre familier en forme d'idiotisme botanique signifiant, selon le contexte :

  • en parlant d'un texte ou document : "vide de sens, sans intérêt".

On dit par exemple : "Comme à chaque le porte-parole nous a sagement récité un communiqué creux comme un bambou".

  • et en parlant d'une personne : "sans intérêt, creuse, n'ayant rien à dire d'intéressant".

On dit par exemple : "

"S'endormir sur ses lauriers" ou "Se reposer sur ses lauriers".

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme botanique fait référence aux lauriers de la Grèce antique, dont les rameaux servaient à tresser des couronnes destinées aux poètes, aux héros et aux vainqueurs.

Et elle signifie "Se contenter d'un premier succès, se reposer sur une gloire ancienne, ne plus faire d'efforts après un grand succès".

On dit par exemple : "Après son titre de champion, il s'est trop reposé sur ses lauriers".

Source : wiktionary.org, www.expressio.fr  et dictionnaire.reverso.net

"Ménager la chèvre et le chou".

Cette expression en forme d'idiotisme animalier date du XIIIe siècle et signifie - au sens figuré - : "essayer de concilier des intérêts contraires, des personnes aux points de vue opposés".

À l'instar de ceux d'une chèvre et d'un chou, la première ayant naturellement vocation à dévorer le second.

On dit par exemple : "En voulant ménager la chèvre et le chou, le gouvernement n'a fait que des mécontents".

Nos amis belges ont créé à partir de cette expression le mot "Chèvrechoutiste" (ou "Chèvre-choutiste") afin de désigner une personne tentant de faire plaisir à tout le monde ou de satisfaire des intérêts divergents.

Sources : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Pendant" adjectif, "Pendant" préposition ou "Pendant" substantif.

Ce mot polysémique français constitue, je crois, un véritable casse-tête pour les étrangers !

Il peut en effet, selon le contexte, être un adjectif, une préposition ou un substantif.

Et donc avoir de nombreuses significations très différentes les unes des autres, que j'ai essayé de regrouper ici de la manière la plus claire possible :

  • L'adjectif "Pendant" signifie ainsi :
    • "qui pend".

On dit par exemple : "Il reste un vieux fil de téléphone coupé pendant dans le vide".

Ou : "Il est resté là les bras pendants".

    • en droit :
      • "en cours, non terminé ; en instance, en train d'être jugé".

On dit par exemple : "Le dossier est pendant".

      • par extension : "restant en suspens, non encore résolu,  pas tranché".

On dit par exemple : "Ce cas est pendant devant la Cour d'appel".

      • pas encore récolté, pour un fruit.

On parle ainsi de "Fruits pendants par branches" ou de "Fruits pendants par racines".

    • bloqué et impossible à soutenir, pour un pion de bande arrière ayant avancé d'une case, aux dames (pion pendant").
    • sans pion adverse devant eux et sans pion de leur camp sur les colonnes adjacentes, pour deux pions côte à côte au centre, aux échecs ("Pions pendants").
  • la préposition "Pendant" signifie "Durant" ou "Tout au long de".

On dit par exemple : ""Vas te reposer, ma chérie : je vais laver la vaisselle et étendre le linge pendant ta sieste".

Ou : "Pendant la guerre mon grand-père était prisonnier en Allemagne".

  • et le substantif "Pendant" désigne :
    • ce qui concorde avec quelque chose, est comparable à quelqu'un, lui correspond ou lui est semblable :

On dit par exemple : "Pour la Police Nationale, le RAID est le pendant du GIGN de la Gendarmerie Nationale".

Ou : "Paul est le digne pendant de son frère".

    • un objet ou ornement similaire à un autre, par rapport auquel il occupe - dans un ensemble - une place symétrique.

En matière artistique, le mot s'applique par exemple à une paire d’oeuvres de caractère analogue et de proportions à peu près égales, et destinées à se correspondre.

Paire de lampes anciennes

On dit par exemple : "Par un incroyable coup de chance, j'ai pu trouver chez un antiquaire le pendant de la superbe lampe tu m'avais offert à Noël".

    • un objet qui pend ou dont une partie pend.

Pendants d'oreille

On dit par exemple  : un "Pendant d'oreille", un "Pendant d'épée", un "Pendant de baudrier ou de ceinturon".

Source : www.larousse.fr

"Le Dimanche des Rameaux" ou "Le Dimanche des Palmes".

Cette fête, qui inaugure la Semaine sainte, rappelle l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem (Israël).

Selon l’Évangile, Jésus entre dans la ville sur le dos d’une ânesse et la foule l’acclame avec des feuilles de palmiers.

À la messe, ce jour-là, la communauté chrétienne se remémore cet événement, qu'elle célèbre à travers une procession dans l’église et une lecture du récit de la Passion du Christ. Ainsi qu'une bénédiction solennelle des rameaux.

Naturellement, faute d'un réchauffement climatique suffisant, les branches de palmier sont souvent remplacées sous nos latitudes tempérées par des branches de buis.

Dans le Sud de la France, où je vis depuis 1999, on parle souvent de "Dimanche des Palmes".

"Un nom vernaculaire".

En sciences de la nature, un "Nom vernaculaire" ou "Nom commun" est un nom indigène, usuel ou désuet, en langue locale ou nationale, donné à une ou plusieurs espèces animales, fongiques ou végétales dans son pays ou sa région d'origine.

Un tel nom peut donc désigner des taxons très différents selon le contexte.

Les noms vernaculaires sont souvent repris pour former la base des noms normalisés ou des noms vulgaires, équivalents des noms scientifiques dans une langue donnée.

Malgré leur imprécision et leur frein à l'universalisation des noms, les noms vernaculaires ont souvent la faveur du public dans le langage courant et font partie du patrimoine ethnolinguistique, de la tradition orale et de la culture populaire.

Par exemple, dans le cas du moineau commun :

  • "Piaf" (registre populaire), "Pierrot" (registre familier) et ""Moineau" (langage courant) sont des noms vernaculaires.
  • "Moineau franc" est un nom vulgaire, non retenu par la CINFO (Commission Internationale des Noms Français des Oiseaux).
  • "Moineau domestique" est le nom normalisé retenu par la CINFO (Commission Internationale des Noms Français des Oiseaux).
  • et "Passer domesticus" est le nom binominal de l'espèce.

Source : wikipedia.org

"Les arbres ne grimpent pas jusqu'au ciel" ou "Les arbres ne grimpent jamais jusqu'au ciel"..

J'aime beaucoup cet adage boursier, d'origine apparemment états-unienne, qui signifie, au sens figuré, :

  • qu'un investisseur doit savoir prendre ses gains et vendre (ses actions) à un moment car la hausse ne peut pas être éternelle ; le marché (boursier) ne peut pas monter indéfiniment.

Et il convient par conséquent de savoir se montrer prudent, raisonnable.

  • ou- par extension - : que tout à une fin, qu'il existe des limites à tout. 

On dit par exemple : "Tu devrais vendre ta collection car les prix actuels sont déjà  vraiment très élevés".

Ou : "Les sondages du président sont toujours excellents, mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel".

 

"Un emplâtre".

Ce mot polysémique peut avoir pas moins de six significations différentes et désigner, selon le contexte, :

  • au sens propre : une préparation thérapeutique adhésive se ramollissant à la chaleur et destinée à être appliquée sur la peau ou à être étendue sur des bandes de tissu.

Le terme était parfois féminin au XVIIIe siècle.

  • au sens figuré, dans le registre familier : un empoté, un individu sans énergie, sans initiative, bon à rien ; une personne n’ayant incapable d’agir comme il convient, ne faisant qu’apporter de l’embarras dans les affaires dont elle se mêle.

On dit par exemple : "Mais quel emplâtre que cet apprenti là !".

  • dans le registre argotique : un coup, une gifle.

On dit par exemple : "Tu les aurais vu se foutre des emplâtres !"

  • en horticulture : un enduit gluant destiné à recouvrir les plaies des arbres, pour accélérer leur cicatrisation, également appelé "Englumen".
  • dans le registre désuet : une pièce que l'on colle sur une chambre à air pour boucher un trou, également appelée "Rustine".
  • et dans le registre familier, un aliment bourratif.

On dit par exemple : "Je ne saurais critiquer la cuisine de ma belle-mère : elle concocte d'extraordinaires emplâtres !".

Sources : www larousse.fr et wiktionary.org

"Être la fin des haricots".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme alimentaire signifie "Être la catastrophe, la fin de tout".

On dit par exemple : "C'est la fin des haricots ! Ma femme vient de découvrir que mon ami Claude, chez qui je vais jouer aux échecs depuis dix ans, est une amie ... et que je ne savais pas jouer aux échecs !".

Source : dictionnaire.sensagent.leparisien.fr