"Une broutille" ou "Des broutilles".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • un fait ou une chose dérisoire, insignifiant, auquel on ne doit pas attacher d'importance,  qui ne mérite pas que l'on s'y attarde ; une fadaise, une vétille,

On dit par exemple : "Tu ne vas quand même pas te formaliser pour ces broutilles".

  • un objet de peu de valeur, une babiole, une bricole,

On dit par exemple : "Ne vas pas croire que je me sois ruiné, il ne s'agit que d'une broutille".

Ou : Ne t'inquiète pas si tu ne retrouves pas ces broutilles".

  • ou : un bourgeon naissant à l'aisselle des feuilles de la vigne.

Sources : www.larousse.fr, Le Robert, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Couper l'herbe sous le pied"

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme corporel s'utilise fréquemment dans le registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré :

  • supplanter quelqu'un dans une affaire ; l'empêcher de réussir dans une entreprise ; le priver d'un avantage attendu,

On dit par exemple : "En nommant l'un des leurs à ce poste, nous allons couper l'herbe sous le pied de l'opposition".

  • ou : devancer ; prendre de vitesse.

On dit par exemple : "Mon concurrent m'a coupé l'herbe sous le pied en proposant son produit quelques semaines avant le mien".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Pratiquez-vous la cryptogamie ?" ou "Que les cryptogames, spermatophytes, angiospermes et gymnospermes lèvent le doigt !"

Allons, ne soyez-donc pas timide ! Vous pouvez vous confier à moi : nous sommes seuls, ici. Et je vous promets de ne rien dire à personne, si vous ne souhaitez pas que cela se sache.

Mais il y a, je pense, fort peu de chances que vous soyez concernés, puisque la cryptogamie est l'étude des cryptogames, qui sont... les plantes sans fleurs. Ou tout du moins, les organismes végétaux se caractérisant par des organes reproducteurs cachés ou peu apparents.

Au contraire, donc, des phanérogames ou spermatophytes - qu'ils soient angiospermes ou gymnospermes -, qui ont des organes de reproduction apparents dans le cône ou dans la fleur.

Mais vous le saviez déjà probablement, bande de petits coquins !

"Scier la branche sur laquelle on est assis".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Elle fait naturellement référence, au sens propre, à la personne qui par bêtise, provoquerait sa propre chute, en sciant elle-même la branche d'un arbre sur laquelle elle serait assise.

Et elle signifie par conséquent, au sens figuré ; se faire du tort à soi-même ; compromettre sa propre situation par des actions inconsidérées ; supprimer ou affaiblir délibérément un soutien indispensable ; s'attaquer à une situation dont on bénéficie pourtant.

On dit par exemple : "Attention : à trop vouloir augmenter ainsi tes prix, tu risques d'affaiblir les finances de tes clients et de scier la branche sur laquelle tu es assis".

Et l'on utilise également l'idiotisme corporel : "Se tirer une balle dans le pied".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr, www.larousse.fr, www.cnrtl.fr et wiktionary.org

"Envoyer sur les roses".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme botanique relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Je l'ai envoyé sur les roses lorsqu'il m'a à nouveau demandé de l'argent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

"Aux petits oignons".

Des petits oignons glacés à blanc et à brun (© chefsimon.com)

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme alimentaire signifie, dans le registre familier, au sens figuré :

  • exécuté ou préparé avec beaucoup de soin et d'attention, avec des égards particuliers, en y mettant tout son coeur.

Et donc : agréable, joli, beau, confortable, parfaitement, très bien.

On dit par exemple : "Mes amis parisiens m'avaient préparé un séjour aux petits oignons".

Ou : bien soigné dorlotté, choyé.

On dit par exemple : "J'étais aux petits oignons".

  • ou, tout au contraire, de façon ironique : bâclé, mal fait, fait en dépit du bon sens, ni fait ni à faire ; mal accueilli.

On dit par exemple : "Tu aurais vu le travail : ils m'ont laissé un chantier aux petits oignons !".

Cette formule fait référence aux petits oignons primeur, finement coupés et dorés à la poêle (on parle de "glaçage à blanc et à brun"), que l'on utilise par exemple pour une blanquette de veau traditionnelle ou pour accompagner du foie de veau.

Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)
Une assiette de foie de veau aux petits oignons (© lesfoodies.com)

Sources : www.edilivre.com, www.laculturegenerale.com, savour.eu et www.lalanguefrancaise.net

3 façons de dire "Une balle" en argot.

Des "bastos", "dragées" ou "pruneaux" ("balles" en argot)

Indépendamment de "Une bastos", il existe en français deux autres mots désignant un projectile d'arme à feu, qui sont tous deux des idiotismes alimentaires : "Une dragée" et "Un pruneau".

"Un néophyte".

Ce joli substantif masculin polysémique, qui relève du registre soutenu, nous vient du grec "néo" ("nouveau") et "phyton" (plante") c'est à dire "nouvelle pousse", "nouveau-né".

Et il signifie en français, selon le contexte :

  • dans l'Église primitive, une personne nouvellement convertie au christianisme et récemment baptisée.
  • par analogie : un nouvel adepte d'une religion, d'une doctrine, d'un parti.

On dit par exemple : "Cette manifestation a été organisée grâce à l'enthousiasme des néophytes ; tous ces récents adhérents venus s'inscrire après les récentes élections".

  • par extension : un novice, une personne abordant un nouveau domaine d'expérience. Et n'ayant donc aucune connaissance particulière en la matière.

On dit par exemple : "Cet athlète est un néophyte sur cette distance".

Ou : "Mon père est un néophyte en informatique".

  • et en botanique : une plante récemment entrée dans un écosystème.

Sources : www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"Frapper un noeud" ou "Pogner un noeud".

Ces curieuses locutions verbales québecoises appartiennent au registre familier.

Et - à l'instar de notre formule "Tomber sur un os" - elles signifient, au sens figuré : rencontrer une difficulté imprévue, un obstacle insurmontable.

Elles évoquent en effet une personne qui, sciant du bois, tombe sur un noeud, ce qui lui complique inévitablement la tâche.

 

Un noeud dans un tronc d'arbre
Un noeud dans un tronc d'arbre

Source : wiktionary.org

"Être raide patate".

Cette étrange locution verbale appartient au registre populaire et au registre désuet.

Et elle signifie tout simplement, selon le contexte :

  • être raide dingue, très amoureux.

On dit par exemple : "Adolescent j'étais raide patate d'une fille de ma classe de quatrième".

  • apprécier énormément quelque chose ou quelqu'un,

On dit par exemple : "Ma petite-fille est raide patate de ce film d'animation : elle le regarde en boucle depuis des semaines".

"L'aisselle".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • en anatomie : la cavité (ou le creux) située au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule, que l'on appelle dans le registre populaire "Le dessous-de-bras".

Celle-ci est naturellement poilue.

Une aisselle d'homme poilueUne aisselle de femme poilue

 

Mais parfois épilée.

Une aisselle d'homme épiléeUne aisselle de femme épilée

  • et en botanique : l'angle aigu que forme une feuille avec la partie terminale de la tige.

Des aisselles de feuilles (shéma) (© Alain-Pierre Sittler)Les différentes parties d'une feuille

Sources : Le Robert

"Cossu" ou "Cossue".

J'aime assez ce petit adjectif issu du substantif féminin "Cosse" et qualifiant :

Des haricots blancs dans leur cosse entrouverte
Des haricots blancs dans leur cosse entrouverte
Des cosses de haricots blancs vides (© rougedorient.canalblog.com)
Des cosses de haricots blancs vides (© rougedorient.canalblog.com)
  • au sens propre, dans le registre désuet : ce qui a beaucoup de cosses, en parlant des tiges de pois ou de fèves ; ou est pourvus de cosses plus ou moins développées.

On dit par exemple : "J'ai planté une variété de haricot très cossue".

  • et au sens figuré :
    • dans le registre familier :
      • celui qui est riche, prospère, possède une large aisance ; est aisé,

On parle par exemple d'un "rentier cossu" ou d'un fermier cossu", pour évoquer un riche paysan.

Un rentier cossu
Un rentier cossu
      • ou ce qui témoigne d'une situation prospère, ou dénote d'une large aisance.

On parle par exemple d'une "demeure cossue" pour désigner une grande et jolie bâtisse.

Une maison cossue

    • et dans le registre populaire, autrefois (registre désuet) : ce qui est gros.

On dit par exemple : "Ton oncle en raconte de bien cossues", pour "des choses trop grosses, peu vraisemblables".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wiktionary.org