"Pas touche, elle a dit !".

Nous sommes au tout début juillet 1999.

Ma fille aînée n'a encore que 4 ans, mais elle est déjà forte comme un turc. J'habite au troisième étage et elle se plaît à monter, depuis la rue et par deux - un dans chaque main - des conditionnements de six bouteilles d'un litre de lait ou de jus d'orange !

Allant déménager à Aix-en-Provence (13), j'ai proposé à un couple d'amis disposant eux aussi d'une cheminée, de passer chercher dans ma cave, avant mon départ, le joli tas de bûches qu'il me restait.

Lesdits amis tardant à arriver, je prends l'initiative de commencer à vider seul ma cave. Pour ce faire, je gare mon véhicule sur le trottoir, juste devant la porte, et y laisse ma fille avec une cassette audio (nous sommes en 1999) de chansons enfantines.

Je commence à aller et venir du trottoir à la cave et de la cave au trottoir, les bras chargés de bûches, que je commence à entreposer contre la façade de l'immeuble. Soudain, alors que je suis dans la cave, j'entends ma fille crier. Malgré son jeune âge en effet, elle possède déjà la voix de stentor qui m'a contraint, durant toute son enfance, à passer des heures dans les fêtes foraines car elle gagnait systématiquement l'intégralité des tours de manège offerts à qui criera le plus fort !

Naturellement, je me précipite aussitôt dans la rue, où j'assiste, ébahi, au spectacle ahurissant d'une fillette de 4 ans, armée d'une bûche presque aussi haute qu'elle (!) et venant manifestement de faire déguerpir une demi-douzaine de gamins ayant apparemment entre deux et trois fois son âge ; lesquels - n'écoutant que leur courage - l'injurient à distance respectable, tout en agrémentant leurs aimables propos de force gestes très peu équivoques !

Et ma fille de m'expliquer aussitôt, très échaudée : "Tous ces bêtes garçons i' z'ont commencé à toucher tes bouts de bois ! Alors je suis sortie de la voiture et pis j'ai voulu leur taper dessus, pour leur montrer que c'était à nous ! Mais c'est très très lourd pour moi, tu sais tes trucs ! Alors je les ai crié très très fort ! Alors i' z'ont eu peur, alors et ben i' sont partis en courant tout là-bas !".

Tu m'étonnes !

Il ne me restait plus alors qu'à lui expliquer pourquoi je ne pouvais pas, moi qui étais grand et fort, aller fracasser ces malotrus à grands coups de bûche !

Et à narrer à mes amis comment ma fille leur avait évité qu'une horde de jeunes sacripants n'abimassent ou ne subtilisassent leurs bûches !

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