"Un grossium".

J'aime beaucoup ce substantif masculin qui relève du latin de cuisine.

Appartenant au registre argotique et au registre désuet, il désigne : une personne importante, par sa fortune et par l'influence qu'elle peut avoir dans son milieu.

On dit par exemple : "Attention quand tu causes à Dédé le Stéphanois, c'est pas n'importe qui, c'est un grossium ! Même les flics lui disent Monsieur".

Source : www.cnrtl.fr

 

"Le latin de cuisine" ou "Merdum : moi qui croyais parler la langue de Cicéron !".

Cette expression de "latin de cuisine" semble trouver son origine au XVIIe siècle chez les jésuites et désigne un mauvais latin ou un latin plus ou moins authentique.

Mais elle s'applique le plus souvent - et ici-même - à une sorte d'imitation de latin à but humoristique, n'ayant souvent que quelques lointaines sonorités communes avec la langue de Cicéron et la langue de Virgile.

Voici un exemple de ce que cela peut donner :

"Merdum ! J'étais venu directo avec mon frangibus, pedibus cum jambis, et tout ça pour tomber sur un grossium pédant à souhait.

Grosso merdo, ce crétin se moquait du vulgum pecus comme de l'an 40, alors qu'avec sa coupe rasibus et ses vêtements démodés il ne ressemblait vraiment à rien.

Mais motus ! Car primo cet olibrius était d'une rare susceptibilité. Deuzio, nous pouvions avoir besoin de lui dans un proche avenir. Et troizio on n'est jamais trop prudent".

"Se faire bectares tout cru".

C'est dans le génial "Le cave se rebiffe", réalisé en 1961 par Gilles Grangier, que Michel Audiard fait dire cette superbe réplique à Jean Gabin : "I' vont t'bectares tout cru les vilains !".

Autrement dit : "Te becqueter tout cru", "Te bouffer tout cru", "Te manger tout cru", "Ne faire de toi qu'une bouchée".