"Flûte !".

Cette interjection relève du langage courant.

Synonyme de "Mince !" (langage courant), "Zut !"  ou "Crotte !" (registre familier), cette exclamation exprime l’impatience, le dépit.

Et peut le plus souvent avantageusement remplacer le vulgaire "Merde !".

"Hein ?".

Cette interjection appartient au registre familier.

Et elle est utilisée :

  • comme synonyme de "Comment ?" ou "Pardon ?", afin d'indiquer que l’on n’a pas entendu ou compris et que l’on invite son interlocuteur à répéter.

On dit par exemple : "Hein ? Qu'est-ce que tu dis ?".

Ou : "Hein ? Je n'entends rien !".

  • ou comme synonyme de "N'est-ce pas ?", afin de renforcer une phrase interrogative ou exclamative.

On dit par exemple : "Tu vas m'inviter, hein ?".

Ou : "Ça t'a plu, hein !".

Sources : Le Robert et wiktionary.org

"Patatras" !

Cette interjection se prononce pa-ta-tra.

Et elle est utilisée:

  • au sens propre, afin d'exprimer le bruit fracassant de la chute brutale d'une chose ou d'une personne.

On dit par exemple :"Tout était calme chez moi hier soir, lorsque tout à coup, patatras ! L'énorme tableau de famille accroché dans l'escalier s'est détaché du mur !".

Ou : "Ma fille a voulu essayer de faire du vélo sans petites roues. Tout allait bien les vingt premiers mètres et puis patatras ! Elle s'est retrouvée par terre".

  • et au sens figuré, pour signifier : Catastrophe ! Malheur !

On dit par exemple : "Tout allait bien durant la première heure et puis soudain : patatras ! Deux buts encaissés en moins de dix minutes".

Ou : "Mes finances allaient mieux depuis quelques temps. Mais cette semaine, patatras ! Je dois à la fois changer mon réfrigérateur et faire réparer la toiture après la tornade d'avant-hier".

Sources : Le robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Zobi !" ou "Zobi la mouche !".

Ces deux interjections appartiennent au registre argotique.

Et elles s'utilisent pour évoquer un refus, une dénégation, l'impossibilité d'obtenir quelque chose.

On dit par exemple : "Tu espères peut-être que je vais te prêter mon ordi ? Zobi !".

Ou : "Mon patron m'avait dit que je pourrais revenir travailler cet été, mais Zobi la mouche !".

Populaires dans les années 1980 ou 1990, elles ne sont à ma connaissance plus guère employées aujourd'hui, voire totalement ignorées des jeunes générations actuelles.

La chanson "Zobi la mouche" a été le premier succès du groupe français "Les Négresses Vertes", en 1988.

Et dans les années 2010, un bateau baptisé du même nom a participé à des compétitions de voile.

Sources : dictionnaire.reverso.net, wikipedia.org et www.laparlure.com

 

"Ô mes aieux !" ou - par ellipse - "Mes aïeux !".

J'aime beaucoup cette locution interjective du registre désuet et du registre familier, où l'on prend ses ancêtres à témoin de quelque chose de peu commun ou de surprenant, de manière ironique, avec souvent une nuance d'accablement ou au contraire de soulagement.

On dit par exemple : "Ô mes aïeux ! Cela ne finira donc jamais".

Ou : "Mes aïeux ! J'ai cru que je n'arriverais jamais à cette caisse : 45 minutes de queue !".

Il s'agissait de l'expression favorite de ma bien-aimée grand-mère maternelle, Édmée Mercat, née Grosdemange en 1899..., à qui j'aurais adoré pouvoir faire découvrir J'aime les mots !

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un bon vent", "Quel bon vent vous amène ?" et "Bon vent !".

  • "Un bon vent" est une locution nominale désignant : un vent portant directement un navire à voile vers le point où les marins souhaitent se rendre.

Un voilier bénéficiant d'un bon vent

  • "Quel bon vent vous amène" est une expression relevant du registre familier et signifiant au sens figuré : quelle bonne augure vous amène; qu'est-ce qui me vaut le plaisir de votre visite ?
  • et "Bon vent !" est une locution interjective signifiant, au sens figuré, selon le contexte :
    • au revoir ; bon voyage ; bonne route ; bonne chance !
    • ou, de façon péjorative, afin d'exprimer le soulagement ressenti au départ d’un importun : va-t'en ! ; casse-toi !

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"C'est moi qui l'ai fait !" et "Cette femme ment !".

Utilisée de façon ironique, ces deux locutions interjectives du langage courant sont des héritages langagiers de la publicité.

C'est en effet dans une publicité télévisée de 1989 - comme le temps passe, n'est-ce pas ! - qu'une jeune ménagère prononce la phrase "C'est moi qui l'ai fait !", en affirmant effrontément à ses convives qu'elle a elle-même préparé le savoureux gâteau au chocolat... congelé qu'elle vient de leur servir.

Et cela avant que l'on entende en voix hors champ : "Cette femme ment ! Ce n'est pas elle qui a fait le Paradis noir, c'est Delifrance. Ce qu'elle a fait c'est le sortir du congélateur, c'est tout !".

La plupart des spectateurs ont certainement - comme moi - oublié le nom de ce produit (le "Paradis noir") tout comme celui du fabricant : Délifrance, une entreprise de produits de boulangerie, viennoiserie, pâtisserie et traiteur pour les professionnels de la restauration, les artisans boulangers et la grande distribution, créée en 1978.

En revanche, cette publicité a permis au grand public de découvrir l'actrice Valérie Lemercier, alors seulement âgée de 25 ans et uniquement apparue l'année précédente, dans le feuilleton humoristique "Palace", réalisé par Jean-Michel Ribes et d'abord uniquement diffusé sur la chaîne cryptée Canal +.

"À un de ces quatre !" ou "Un de ces quatre".

Voilà bien deux curieuses locutions qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

En forme d'idiotismes numériques, elles appartiennent toutes deux au registre familier.

  • "À un de ces quatre !" est une locution interjective signifiant : à un de ces jours, à bientôt, à la prochaine.
  • et "Un de ces quatre" est une locution adverbiale signifiant : tôt ou tard ; un jour ; un jour ou l'autre ; un de ces jours ; bientôt ; à un moment ou à un autre.

On dit par exemple : "Je retrouverai bien le même un de ces quatre".

Ou : "Un de ces quatre je lui ferai payer sa trahison".

Sources : wiktionar.org et www.expressio.fr

"C'est Belfast !" ou "Être Belfast", "C'est Beyrouth !" ou "Être Beyrouth", "C'est Sarajevo !" ou "Être Sarajevo" et "C'est Bagdad !" ou "Être Bagdad".

"C'est Bagdad !"

À chaque génération sa ville martyre : Belfast, Beyrouth, Sarajevo, Bagdad... l'horreur se déplace géographiquement au fil des années, faisant ainsi évoluer nos expressions.

Ces locutions interjectives parfaitement synonymes relèvent toutes du registre familier.

Et elles ont eu malheureusement eu tendance à se succéder au cours des 40 dernières années pour signifier, au sens figuré :

  • à tout le moins : c'est la pagaille totale !, c'est le bazar !, c'est le cirque !

On dit par exemple : "Après deux jours de fête, tu verrais mon appart' : c'est Belfast !".

Ou : "Tu aurais vu l'état de la place après le carnaval : c'était Beyrouth !".

  • voire : c'est l'horreur !, c'est un cauchemar !

On dit par exemple : "J'ai vu un reportage sur les attentats parisiens du 13 novembre 2015 : c'était vraiment Sarajevo !".

Ou : "Le train de passagers a déraillé en gare : c'était Bagdad !".

Elles font naturellement référence aux capitales de l'irlande du Nord (Belfast), du Liban (Beyrouth), de la Bosnie-Herzégovine (Sarajevo) et de l'Irak (Bagdag), quatre villes ravagées par des années de troubles et de guerres civiles :

  • De 1968 à 1998 pour Belfast,
1969 : Belfast ravagée
1969 : Belfast ravagée
  • de 1975 à 1990 pour Beyrouth,
"C'est Berouth !"
Beyrouth ravagée
  • du 6 avril 1992 au 29 février 1996 pour Sarajevo, dont le siège de 1 425 jours par les forces serbes a fait plus de 11 000 morts et pulvérisé le record du durée du siège de Léningrad redevenue Saint-Pétersbourg depuis le 6 septembre 1991 (872 jours, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944).
Sarajevo ravagée durant la guerre civile
Sarajevo ravagée
  • et depuis 2003 pour Bagdad.
"C'est Bagdad !"
Bagdad ravagée

Source : wikipedia.org

"Très peu pour moi !" ou "Très peu pour nous !".

Cette formule en forme d'intejection s'utilise couramment, au sens figuré, pour signifier poliment un refus offusqué, une dénégation.

Elle manifeste la méfiance ou le désintérêt du ou des locuteurs à l’égard de ce qui lui ou leur est proposé.

On dit par exemple : "Aller nous promener à la fête foraine ? Très peu pour moi !".

Ou : "Partir en vacances avec un couple d'amis ? Très peu pour nous !".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Fichtre !" et "Fichtrement" ou "Foutrement".

Ces trois mots sont synonymes de "Bigre !" et "Bigrement" ou "Bougrement", qui appartiennent au registre familier et au registre désuet, que - personnellement - je préfère utiliser :

  • l'interjection "Fichtre !" appartient en effet au registre populaire et constitue une exclamation exprimant la crainte, le dépit, l'étonnement ou l'admiration.

On dit par exemple : "Fichtre ! Tu avais oublié de me dire que ta femme était aussi jolie !".

  • tandis que "Fichtrement", qui relève également du registre populaire, est un adverbe dérivé du mot "Foutrement", appartenant, lui, au registre vulgaire, puisque dérivé du substantif masculin "Foutre" signifiant "Sperme".

Tout comme "Bigrement" ou "Bougrement", ces adverbes "Fichtrement" et "Foutrement" signifient : très, extrêmement ou rudement (registre familier).

On dit par exemple : "Ce resto était fichtrement cher !".

Ou : "J'ai trouvé ce film foutrement bon !".

Sources : wiktionary.org et Le Robert