"Ça eut payé !".

L'humoriste français Fernand Raynaud ( 19 mai 1926 - 28 septembre 1973)

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois d'utiliser de façon ironique cette formule en forme d'interjection relevant du registre familier, lorsqu'il s'agit de signaler qu'une activité n'est plus aussi lucrative que par le passé.

On dit par exemple :

- "Ça rapporte beaucoup ?",

- "Ça eut payé !".

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette formule, extraite de s saynète "Le paysan".

"À Dieu ne plaise !" ou "Ce qu'à Dieu ne plaise !".

Bien qu'agnostique, j'aime beaucoup cette jolie locution interjective en forme d'idiotisme religieux.

Appartenant de nos jours au registre désuet, elle signifie :  espérons que cela n'arrivera pas !

Et s'utilise lorsqu'on ne souhaite pas qu'une chose se produise ; afin de repousser telle ou telle supposition ou éventualité que l'on ne veut pas envisager. En espérant que - comme elle devrait également déplaire à Dieu, celui-ci ne le permettra pas ; fera le nécessaire pour qu'elle ne se produise pas.

On dit par exemple : "Malheureusement une nouvelle catastrophe pourrait venir s'ajouter à celle-ci... ce qu'à Dieu ne plaise !".

Ou : "À Dieu ne plaise que je ne connaisse jamais pareille situation !".

Cette formule nous vient du XIe siècle, puisqu'on la retrouve, sous une forme un peu différente, dans la célèbre "Chanson de Roland" : "Ne placet Deu ne ses saintismes angles", c'est à dire "Ne plaise à Dieu, ni à ses très saints anges".

Source : www.expressio.fr

"Du nerf ! " ou "Un peu de nerf !".

Ces deux locutions interjectives en forme d'idiotismes corporels relèvent du registre familier.

Et elles signifient, selon le contexte : "Du courage !", "De l'ardeur !", "De l'énergie !", "De la force !", "Encore un effort !

On dit par exemple : "Du nerf les gars ! Plus qu'une dizaine de jours à ramer et nous arriverons à New York !".

Ou : "Un peu de nerf ma fille, cette enclume ne pèse qu'une trentaine de kilos !".

Source : www.languefrancaise.net

"La terre est basse !".

"La terre est basse", c'est à dire : j'ai du mal à m'asseoir sur ce siège un peu bas

J'aime beaucoup cette amusante locution verbale en forme de locution interjective, qui relève du langage familier.

Elle s'utilise couramment pour signifier que l'on éprouve une certaine difficulté à :

  • se pencher pour ramasser ou attraper un objet tombé au sol ou situé près du sol, très bas,
  • ou : à s'asseoir par terre ou sur un siège bas ou relativement bas.

Et me rappelle avec émotion et nostalgie ma chère grand-mère maternelle, Edmée Mercat, née Grosdemange en 1899..., à qui j'aurais adoré pouvoir faire découvrir J'aime les mots !

"Abracadabra !".

Une baguette magique et le mot "Abracadabra"

Cette interjection est la formule traditionnellement prononcée lorsque se produit quelque chose de magique.

Il s'agit à la fois d'une formule magique et rituelle performative, d'une incantation et d'un mot mystique. Celui-ci est utilisé afin d'invoquer par la magie des esprits bénéfiques, afin d'être protégé ou guéri des maladies.

Cette expression est également utilisée par les magiciens modernes lorsqu'ils prétendent invoquer des puissances paranormales ou surnaturelles pour contribuer à leurs illusions.

La formule est passée dans le langage courant, popularisée par les films et dessins animés mettant en scène des sorcières et des magiciens.

Source : wikipedia.org

"Heu-reux !".

"Heureux..." : disque 45t de l'humoriste français Fernand Raynaud

Les plus âgés d'entre nous continuent parfois de prononcer ainsi, de façon ironique, cette interjection du registre familier.

On dit par exemple :

- "Tu es heureux alors ?",

- "Heu-reux !".

Comme pour beaucoup d'autres, c'est au génial - et bien injustement oublié - humoriste français Fernand Raynaud que nous devons cette formule, puisqu'il s'agit, à l'origine, du titre de l'une de ses saynètes.

"Ouistiti !".

Une jeune femme en train de sourire

Cette curieuse interjection en forme d'idiotisme animalier s'utilise souvent, en France, afin d'obtenir un joli sourire de la part des personnes que l'on s'apprête à photographier.

Chaque langue possède son petit mot ou sa locution interjective, qui, prononcé face à l'objectif d'un photographe, est supposé assurer un sourire radieux.

La sublime actrice états-unienne Marilyn Monroe et son éblouissant sourire
La sublime actrice états-unienne Marilyn Monroe et son éblouissant sourire

Les italiens disent ainsi "Famiglia !" ("Famille !"), les hispanophones "Patatas !" ("Pommes de terre !"), les polonais "Marmolada !" ("Marmelade !"), les néerlandophones "Zaag Eens Kaas !" "Dites fromage !") et les anglophones, leur célèbre "Cheese !" ("Fromage !").

Mais une étude réalisée en 2010 par le fabricant japonais d'appareils photos, dans le cadre du lancement de sa nouvelle gamme d'appareils photo compacts Nikon Coolpix, sur 26 locutions européennes, a démontré que le plus beau sourire s'obtient avec le "Ouistiti !" français !

Cocorico !

Un ouistiti à pinceaux blancs en captivité, étendu sur un tronc d'arbre
Un ouistiti à pinceaux blancs

Les ouistitis ou "callitriches" sont un genre de singes de toute petite taille, présent dans le Nouveau Monde.

Le long de la côte Est du Brésil et au Sud de l’Amazone, les ouistitis se sont diversifiés en une vingtaine d'espèces ne pesant que de 120 à 400 g et dont le pelage peut être blanc, sombre ou bien encore agouti.

Il est cependant probable que d’autres espèces de ouistitis existent dans certaines régions encore mal connues du Brésil et de la Bolivie.

Ainsi, le "ouistiti pygmée", également appelé "ouistiti mignon" ou "ouistiti nain" n'a-t-il été découvert qu'en 1998.

Un ouistiti pygmée accroché à un doigt d'homme

Sources : itrnews.com et wikipedia.org

"Farpaitement !" et "Noyeux Joël !"

Une jeune fortement alcoolisée

On entend ou lit parfois cet adverbe et cette locution nominale en forme d'interjections dans certains films ou bandes dessinées.

Ce qui ne doit naturellement pas manquer de surprendre nos amis étrangers !

Il s'agit tout simplement de la façon erronée de prononcer "Parfaitement !" et "Joyeux Noël !" :

  • de façon parfaitement involontaire, lorsque l'on a bu trop d'alcool et que l'on n'est plus capable de s'exprimer correctement,
  • ou - ironiquement - de façon volontaire, afin de signifier que l'on est encore maître de ses propos, mais que cela pourrait ne pas durer !

On a notamment rencontré la forme "Farpaitement" dans la bouche du livreur de menhir gaulois Obélix, saoul comme un cochon, dans  "Les lauriers de César", le 18e album de la série de bande dessinée française "Astérix", publié en 1972 par Albert Uderzo et René Goscinny :

Obélix, le livreur de menhir gaulois, saoul comme un cochon, dans "Les lauriers de César", le 18e album de la série de bande dessinée française "Astérix", publié en 1972 par Albert Uderzo et René GoscinnyObélix, le livreur de menhir gaulois, saoul comme un cochon, dans  "Les lauriers de César", le 18e album de la série de bande dessinée française "Astérix", publié en 1972 par Albert Uderzo et René Goscinny

Couverture de "Les lauriers de César", 18e album de la série de bande dessinée française "Astérix", publié en 1972 par Albert Uderzo et René Goscinny

"Flûte !".

Cette interjection relève du langage courant.

Synonyme de "Mince !" (langage courant), "Zut !"  ou "Crotte !" (registre familier), cette exclamation exprime l’impatience, le dépit.

Et peut le plus souvent avantageusement remplacer le vulgaire "Merde !".

"Hein ?".

Je déteste cette interjection, malheureusement de plus en plus souvent employée. qui relève du registre familier.

Elle s'utilise normalement, selon le contexte :

  • comme synonyme de "Comment ?" ou "Pardon ?", afin d'indiquer que l’on n’a pas entendu ou compris et pour faire répéter son interlocuteur ou pour l'interrompre avec impatience.

On dit par exemple : "Hein ? Qu'est-ce que tu dis ?".

Ou : "Hein ? Je n'entends rien !".

  • ou comme synonyme de de l'adverbe interrogatif  "N'est-ce pas ?", afin de renforcer une phrase interrogative ou exclamative.

On dit par exemple : "Tu vas m'inviter, hein ?".

Ou : "Ça t'a plu, hein !".

Mais également, et hélas de plus en plus, par nos journalistes :

  • en cours de phrase, en lieu et place du même adverbe interrogatif "N'est-ce pas".

Et cela au point de devenir souvent, comme lui, un tic de langage absolument insupportable.

On dit par exemple : "En son temps, François Hollande lui-même, hein, avait eu recours au même procédé".

Ou : "On sait que l'Allemagne rencontre elle aussi, hein, les mêmes le même type de difficulté".

Cela, lorsqu'ils ne se servent pas du même "Hein", comme simple virgule !

Sources : Le Robert et wiktionary.org