"Kiffer sa race".

Cette étrange locution verbale du registre argotique signifie, pour les jeunes :

  • aimer beaucoup, apprécier énormément, adorer,

On dit par exemple : "Tu aimes ce film, toi ?". "Oh oui : je kiffe ma race !"

  • ou : s'amuser, prendre du bon temps, du plaisir.

On dit par exemple : "Je kiffe ma race avec ce jeu vidéo".

Sources : www.languefrancaise.net et www.binge.audio

"Askip".

Ce mot étrange, apparu semble-t-il dans les années 2000, appartient au registre familier.

Et consitue tout simplement une abréviation phonétique de "À ce qu'i' paraît", apocope de l'expression "À  ce qu'il paraît".

Majoritairement utilisé par les adolescents et les jeunes adultes, il signifie donc : vraisemblablement, il semblerait.

On dit par exemple : "Askip ton vieux va quitter ta mère ?".

Ou : "Je voulais y aller demain, mais askip y va neiger".

Source : www.linternaute.fr

"Tonnerre, mes chiens !".

Cette étonnante locution interjective en forme d'idiotisme animalier ne vous dit très certainement rien !

Et pour cause : cette exclamation du registre familier est utilisée par nos cousins francophones de Louisiane (États-Unis d'Amérique) pour exprimer l’impatience ou le dépit.

À l'instar de notre "Zut !".

Ou du "Maudit !" de nos cousins Québecois.

Source : wiktionary.org

"Un stremon".

Ce substantif masculin polysémique appartient au registre argotique et n'est autre que le verlan du mot "Monstre".

Il désigne, selon le contexte :

  • un monstre,

On dit par exemple : "Quand j'étais gamin, je croyais qu'il y avait un stremon sous mon lit".

  • une personne particulièrement laide,

On dit par exemple : "Tu as déjà vu la frangine à Manu : c'est un stremon !".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Une fille très laide".

  • un individu au physique imposant.

On dit par exemple : "L'autre soir, le videur de la boîte était un stremon !".

Et on dit également : "Une armoire à glace", "Une baraque", "Un gars baraqué", "Un type baraqué" ou "Un golgoth".

Source : www.dictionnairedelazone.fr

"Une escarre", "Une plaie de lit" ou "Un ulcère de décubitus".

Une escarre

Il s'agit d'une lésion cutanée d'origine ischémique liée à une compression des tissus mous entre un plan dur et les saillies osseuses.

Nos amis québecois parlent d'ailleurs de "Plaie de pression".

Cette lésion inflammatoire de la peau peut aboutir à une nécrose localisée. L'escarre apparaît sous la forme d'une rougeur, qui fonce pour devenir noire. La peau nécrosée disparaît alors pour laisser place à un ulcère, laissant les tissus sous-jacents à découvert : muscles, tendons, parfois jusqu'à l'os !

Une escarre du talon

Je puis vous assurer avoir eu toutes les peines du monde pour parvenir à trouver deux illustrations pas trop effrayantes, la toile regorgeant de visions d'épouvante, pour ceux que cela intéresse.

Sources : www.doctissimo.fr et wikipedia.org

 

"Une pichenette".

J'aime beaucoup ce substantif féminin du registre familier désignant :

  • au sens propre : une chiquenaude ; un petit coup léger imprimé du bout d'un doigt, que l'on replie contre le pouce et relâche brusquement, afin de projeter quelque chose ou en signe de dérision.

On dit par exemple : "Son camarade l'avait averti d'une pichenette dans le dos".

  • et au sens figuré :
    • une faible impulsion.

On dit par exemple : "Ce n'est pas avec une pichenette comme celle-là que tu vas parvenir à me marquer un but !".

    • ou : une chose insignifiante.

On dit par exemple : "Je ne vais pas me laisser abattre par cette chiquenaude".

Nos amis québecois parlent de leur côté de "Pichenotte".

Source : Le Robert, www.cnrtl.fr

10 façons de dire "Regarder".

"Lorgner", "Mater", "Reluquer", "Zieuter", "Contempler" : ce policier ne "voit" pas l'animatrice de télévision états-unienne Kim Kardashian, il la "regarde" !

"Mater" appartient au registre argotique.

Tandis que "Reluquer" et "Zieuter" relèvent du registre familier.

De même que "Bader", pour nos amis Marseillais.

"Contempler", "Fixer", Lorgner" et "Observer" appartiennent au langage courant. De même que la locution verbale "Jeter un oeil".

Enfin, "Mirer" relève du registre désuet.

Dans tous les cas, ces verbes s'appliquent parfaitement pour décrire l'action consistant à regarder avec envie quelque chose ou quelqu'un.

À l'instar de ce policier, avec l'animatrice de télévision états-unienne Kim Kardashian, sur la photographie illustrant cet article.

Mais "Contempler", "Fixer", "Observer" et "Lorgner" ne peuvent normalement pas s'utiliser concernant par exemple un film.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à ce qui distingue les verbe "Voir" et "Regarder".

"Faire la misère à quelqu'un", "Mettre la misère à quelqu'un" ou "Se mettre la misère".

Ces étranges locutions verbales couramment utilisées par les jeunes générations appartiennent toutes trois au registre argotique.

Et elles signifient respectivement :

  • "Faire la misère à quelqu'un" : mal se comporter à son égard, lui faire du tort, l'importuner, l'humilier, le faire souffrir, lui nuire.

On dit par exemple : "I' vont lui faire la misère dès qu'i' vont le r'trouver".

  • "Mettre la misère à quelqu'un" :
    • le battre à plate couture.

On dit par exemple : "Le PSG va mettre la misère à l'Ohème, tu vas voir !".

    • démonter (registre argotique), rudoyer lors d’un rapport sexuel.

On dit par exemple : "I' va lui mettre la misère j'te dis : elle pourra même p'us s'asseoir".

  • et "Se mettre la misère" : se saouler, s'ennivrer.

On dit par exemple : "J'me suis mis la misère sam'di soir".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Une cantine".

Ce substantif féminin polysémique appartient au langage courant.

Et il désigne, selon le contexte :

  • le service chargé de la préparation des repas pour les ouvriers ou les employés d'un même établissement, les élèves d'une école, etc.

On dit par exemple : une "cantine scolaire".

Une cantine côté cuisine
Une cantine scolaire côté cuisine

Une cantine scolaire

Et une "cantine d'entreprise".

Cantine d'entreprise, souvent appelée désormais "restaurant d'entreprise"

Mais la locution masculine "restaurant d'entreprise" est aujourd'hui privilégiée par les employeurs, le terme de "cantine" étant jugé péjoratif.

  • le réfectoire où sont pris ces repas.
Une cantine scolaire côté salle
Une cantine scolaire côté salle ou "le réfectoire"
  • par extension : un restaurant dans lequel on prend régulièrement ses repas, fut-il très onéreux.

On dit par exemple : "À cette époque, la cantine du président était un célèbre restaurant de poissons du VIIe arrondissement".

  • un coffre de voyage, une malle métallique, utilisés en particulier par les militaires,

Une cantine métallique ferméeUne cantine métallique ouverte

 

 

  • le service permettant aux détenus d'un établissement pénitentiaire d’acheter des produits courants en complément de ceux fournis gratuitement par l’administration pénitentiaire, ainsi que des journaux, du tabac, etc.
  • pour nos amis Suisses : une vaste tente dressée en plein air pour une fête, une manifestation. Que nous appelons en France un barnum.

Une tente de réception ou "barnum", appelée "cantine" par nos amis Suisses

  • et pour nos amis africains : une petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique.

Un "cantine" africaine : petite boutique installée sur un marché ou sur la voie publique

Sources : Le robert et www.larousse.fr

"Un croulant" ou "Les croulants"

Adolescent, dans les années 1970, j'adorais ce substantif masculin qui désignait, dans le registre familier et désormais, je pense, dans le registre désuet :

Un vieillard atteint de camptocormie
Un vieillard atteint de camptocormie idiopathique
  • une personne très âgée, cassée par les ans, un vieillard,

On dit par exemple : "Tu l'a vu ce croulant, avec sa canne !".

Un quincagère

 

  • par extension : une personne d'âge mur,

On dit par exemple : "Dans mon quartier y'a qu'des croulants !".

"Les croulants", pour un adolescent, c'est à dire : les parents ou "les vieux"

  • et même, pour les adolescents : les parents, également appelés "les vieux".

On dit par exemple : "mes croulants ne veulent pas que j'aille au cinoche samedi prochain !".

Source : www.cnrtl.fr

"À mon époque" ou "De mon temps".

Ces deux locutions adverbiales du langage courant signifient, selon le contexte :

  • lorsque j'étais jeune.

On dit par exemple : "À mon époque on évitait de circuler dans la ville à l'heure de la sortie des usines".

Ou : "De mon temps l'école n'était pas mixte et on écrivait encore au porte-plume et à l'encre".

  • ou : lorsque j'étais ici ou travaillais ici.

On dit par exemple : "À mon époque on fumait dans les ascenseurs".

Ou : "De mon temps boire de la bière au bureau était considéré comme normal".