"Refais-le me le !".

Cette curieuse locution interjective du registre familier constitue une déformation volontaire de la locution verbale "Refais-le moi !" pour "Redis-moi ça un peu".

Elle sous-entend une formule du type : "Ça alors !", "Quoi ?", "Comment cela ?", "N'importe quoi !", "Je ne le crois pas !".

Et elle s'utilise lorsque l'on souhaite faire part à son interlocuteur de son incrédulité, de son doute, de son étonnement, voire de sa stupéfaction vis-à-vis de ce qui vient de nous être dit.

On dit par exemple : "Comment ça, tu crois que tu as égaré ma décapotable... Refais-le me le, s'il te plaît !".

Ou : "Tu as dix-sept ans et tu me demandes si tu peux partir seule en vacances en Amérique latine cet été ! Refais-le me le, s'il te plaît !".

"D'entrée de jeu".

Cette locution adverbiale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : dès le début du jeu, sitôt la partie commencée.

On dit par exemple : "L'équipe adverse nous a, d'entrée de jeu, fait comprendre qu'il allait être difficile de leur résister";

  • et au sens figuré, dans le registre familier : d'emblée, dès le commencement, dès le départ, dès l'origine ; depuis le début ; immédiatement, sans délai.

On dit par exemple : "J'ai su, d'entrée de jeu, que cet appartement serait le bon".

Sources : www.expressio.fr, www.larousse.fr et www.linternaute.fr

"Faire chou blanc".

Cette locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme chromatique signifie : ne pas réussir, subir un échec, échouer ; rater son coup.

On dit par exemple : "Nous avons fait chou blanc : ce sera pour la prochaine fois !".

Ou : "Nous espérions trouver cet individu chez lui mais nous avons fait chou blanc".

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Sortir de ses gonds".

"Sortir de ses gonds" au sens figuré

Cette locution verbale en forme d'idiotisme architectural fait référence aux gonds, ces pièces métalliques autour desquelles pivote le battant d'une porte ou d'une fenêtre.

Un gond de porte

Et elle signifie donc :

  • au sens propre : soulever afin de l'extraire de ses gonds (ou "dégonder"), en parlant du battant d'une porte ou d'une fenêtre,

Un gond de porte

 

  • et au sens figuré, dans le langage familier : se mettre brutalement en colère ; s'emporter ; perdre son sang-froid ; n'être plus maître de soi-même ; être hors de soi-même ; devenir fou.

On dit par exemple : "Je suis sorti de mes gonds lorsque l'on m'a expliqué que le chauffard qui avait écrasé ma fille avait pris la fuite".

Ou : "Mon patron est sorti de ses gonds en apprenant que les ventes avaient chuté de plus de cinquante pour cent".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Devenir fou".

Sources : www.expressio.fr

"Passer à la moulinette".

"Passer à la moulinette"

Cette locution verbale signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : réduire en morceaux, broyer, écraser un aliment (le plus souvent un légume ou des pommes de terre) en le passant dans une moulinette.
  • et au sens figuré, dans le registre familier, selon le contexte :
    • réduire en morceaux, détruire, soumettre à rude épreuve, au point de rendre méconnaissable,

On dit par exemple : "J'ai fini par récupérer mon vélo, mais dans quel état ! Les voleurs l'avaient passé à la moulinette".

    • critiquer férocement, impitoyablement,

On dit par exemple : "La presse a été très sévère avec ce film qu'elle a véritablement passé à la moulinette".

    • interroger méticuleusement, voire torturer.

On dit par exemple : "Mon père m'a surpris dimanche matin, aux aurores, lorsque je suis rentré de boîte de nuit et il m'a passé à la moulinette pour savoir ce que j'avais fait".

Ou : "Le commissaire nous a dit de passer le suspect à la moulinette et qu'il nous couvrirait en cas de problème".

Sources : www.cbrtl.fr et www.languefrancaise.net

"À un de ces quatre !" ou "Un de ces quatre".

Voilà bien deux curieuses locutions qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

En forme d'idiotismes numériques, elles appartiennent toutes deux au registre familier.

  • "À un de ces quatre !" est une locution interjective signifiant : à un de ces jours, à bientôt, à la prochaine.
  • et "Un de ces quatre" est une locution adverbiale signifiant : tôt ou tard ; un jour ; un jour ou l'autre ; un de ces jours ; bientôt ; à un moment ou à un autre.

On dit par exemple : "Je retrouverai bien le même un de ces quatre".

Ou : "Un de ces quatre je lui ferai payer sa trahison".

Sources : wiktionar.org et www.expressio.fr

"Un tutu" ou "Le tutu".

Ce curieux et très court substantif masculin en forme de gémination désigne :

  • dans le langage courant :
    • une jupe de gaze évasée, faite de plusieurs rangées superposées de tulle, tarlatane ou mousseline très apprêtées, portée par les danseuses de ballet classique.
Un tutu noir
Un tutu noir
    • et par extension : le costume de danseuse de ballet classique, composé d'une jupe (le "Tutu" proprement dit), montée sur un empiècement décolleté ou "Corselet", et recouvrant une culotte courte appelée "Trousse".

Une danseuse de ballet classique en tutu

"Le tutu" ou "les fesses"

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "les fesses" en français.

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

"C'est pas le Pérou !" ou "Ne pas être le Pérou".

Cette expression du registre familier fait référence à l'époque de la conquête espagnole du Pérou par les conquistadors, qui l'appelaient alors "Eldorado", "le pays de l'or".

Et elle signifie par conséquent : ce n'est pas une fortune ; c'est une somme modeste ; ce n'est pas un gain énorme ; cela ne rapporte pas beaucoup ; ce n'est pas grand chose.

L'acteur et humoriste français Bourvil en a fait le titre d'une chanson, interprétée en duo avec Pierrette Bruno - "C'est pas le Pérou" - que ces deux artistes chantent dans le film français "La bonne planque, réalisé en 1965 par Louis Verland d'après la pièce de théâtre française homonyme, créée le 10 février 1962 à Rennes (35) et reprise à Paris (75) le 28 septembre 1962.

Enregistrée pour la télévision belge au théâtre du Vaudeville de Bruxelles en 1964, cette pièce fut diffusée pour la première fois à la télévision Suisse romande le 31 décembre 1964 et à la télévision française le 27 février 1965, lors de grèves qui obligèrent l'ORTF à acheter des programmes à la télévision belge RTBF.

Et c'est le succès de cette diffusion donna l'idée à Pierre Sabbagh de lancer la collection "Au théâtre ce soir" l'année suivante, en 1966 !

Sources : www.expressio.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

24 façons de dire : "Les fesses".

Des fesses de femme

"Le baba", "le boule", "le dargeot", "le derche", "le fouettard", "le joufflu", "les meules", "les miches" ou "le pétard" relèvent du registre argotique.

Tandis que "le cul", "la lune", "le panier", "le popotin", "le postère" ou "le tutu" appartiennent au registre familier.

Et "Le cucul" au langage enfantin.

"L'arrière-train", "le bas du dos", "la croupe", "le derrière" ou "le fessier" relèvent du langage courant.

Et "le postérieur", "le séant" ou "le siège" au registre soutenu.

"Être dans les choux".

Cette locution verbale du registre familier signifie, au sens figuré : avoir échoué, figurer parmi les derniers d'une compétition ou d'un classement.

On dit par exemple : "Ce coureur avait pris un bon départ, mais il est dans les choux à l'arrivée".

Ou : "J'espérais que mon fils réussirait son concours mais il est dans les choux".

"Les affaires reprennent".

Cette expression du registre familier signifie, au sens figuré : cela va mieux, il y a une amélioration notable.

Et elle s'utilise par conséquent tout aussi bien :

  • lorsqu'un sportif ou une équipe sportive, très largement mené au score jusque-là, recommence à marquer,
  • lorsqu'un pêcheur recommence à avoir du poisson au bout de sa ligne, après une longue période sans aucune prise,
  • lorsqu'une personne, seule depuis longtemps, est aperçue en galante compagnie,
  • etc.

"Avoir la main", "Avoir la main baladeuse", "Avoir la main croche", "Avoir la main heureuse", "Avoir la main malheureuse", "Avoir la main légère", "Avoir la main leste", "Avoir la main lourde", "Avoir la main sûre" ou "Avoir la main verte".

Ces différentes locutions verbales en forme d'idiotismes corporels possèdent naturellement des significations très différentes :

  • "Avoir la main" (langage courant) :
    • au sens propre, lorsque l'on joue aux cartes :
      • être le premier à jouer.
      • ou : être celui qui distribue les cartes.
    • et au sens figuré : avoir la balle dans son camp, être celui qui a l’initiative.

On dit par exemple : "Tu as la main, c'est toi qui contrôle la situation".

  • "Avoir la main baladeuse" (registre familier) (sens figuré) : être enclin aux caresses intempestives.

On dit par exemple : "Le chef de service de ma copine avait la main balladeuse. Mais elle l'a dénoncé auprès sa direction".

Une main baladeuse

  • "Avoir la main croche" (registre familier) (sens figuré) : être d'un naturel rapace.

On dit par exemple : "Mon patron a la main croche : impossible de lui faire acheter le moindre équipement !".

  • "Avoir la main heureuse" (langage courant) (sens figuré) : avoir de la chance au jeu, être chanceux, avoir bien choisi ; faire un choix avisé ; réussir dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "Tu as eu la main heureuse avec cet achat : moi je ne fais que de mauvaises affaires".

  • "Avoir la main malheureuse" (langage courant) (sens figuré) : ne pas avoir de chance au jeu, être malchanceux, avoir mal choisi ; échouer dans ce que l’on entreprend.

On dit par exemple : "J'ai eu la main malheureuse : je gagnerai une autre fois".

  • "Avoir la main légère" (langage courant) (sens figuré) : ne pas mettre trop de quelque chose ; opérer adroitement, agir sans brutalité.

On dit par exemple : "Ma tante utilise de l'engrais, mais elle a la main légère".

Ou : "Tu peux lui confier tes vases : il a la main légère".

  • Avoir la main leste" (langage courant) (sens figuré) : être prompt à infliger des gifles ou des coups en guise de réprimandes.

On dit par exemple : "Mon grand-père avoir la main leste avec ses enfants : mon père a reçu des centaines de gifles quand il était jeune".

Avoir la main leste

  • "Avoir la main lourde" (registre familier) (sens figuré) :
    • verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire.

On dit par exemple : "Le serveur a eu la main lourde : je n'ai jamais bu autant de pastis de ma vie !".

Ou : "Tu as eu la main lourde : il y en a deux fois trop !".

Avoir la main lourde : verser en trop grande quantité ou utiliser un produit plus que nécessaire

    • frapper fort, punir sévèrement.

On dit par exemple : "Mon oncle a eu la main lourde avec mon cousin : il a failli l'assommer !".

Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
Le professeur Jean Douélan (Lino Ventura) "a la main lourde" avec sa fille Isabelle (Isabelle Adjani) dans le film franco-italien "La gifle", réalisé en 1974 par Claude Pinoteau
  • "Avoir la main sûre" (langage courant) : avoir la main ferme, qui ne tremble pas.

On dit par exemple : "Tu peux lui faire confiance s'il te dit qu'il tient la corde : il a la main sûre".

  • et "Avoir la main verte" (langage courant) (sens figuré) : savoir cultiver, entretenir, faire pousser et soigner les plantes ; être doué pour cela.

On dit par exemple : "Mon épouse a la main verte mais pas moi : il suffit que je touche à une plante pour qu'elle meurt dans la semaine !".

Et nos amis québecois utilisent un autre idiotisme chromatique : "Avoir le pouce vert".

"Avoir la main verte" ou "Avoir le pouce vert"

Sources : wiktionary.org, www.littre.org, www.linternaute.fr, www.languefrancaise.net, dictionnaire.reverso.net, Le Robert et www.larousse.fr

"À la papa".

Cette locution adverbiale en forme de gémination relève du registre familier.

Et elle signifie : d'une manière tranquille et calme, sans se hâter, de façon débonnaire.

On dit par exemple : "Mon oncle n'a que 36 berges mais il conduit vraiment à la papa".

Ou : "Cet été avec ma femme on a visité les vignobles alsaciens à la papa".

Sources : wiktioary.org et www.expressions-francaises.fr

"Un dada".

Ce substantif masculin en forme de gémination appartient au registre familier.

Et il désigne, selon le contexte :

On dit par exemple : "Le dada de mon père ce sont les maquettes d'avion".

Et nos amis anglophones parlent de "Hobby".

Un dada, cest à dire : un cheval

  • et dans le langage enfantin : un cheval.

On dit par exemple :"Papa regarde : le dada il est tout blanc !".

 

"Cracra", "Cradingue", "Crado" et "Craspec".

Ces quatre adjectifs synonymes signifient : crasseux, couvert de crasse, très sale.

"Cracra" (gémination) et "Crado"appartiennent au registre familier.

Tandis que "Craspec" appartient au registre populaire.

Et "Cradingue" au registre argotique.