"Entre quatre yeux".

Cette expression en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme corporel appartient au registre familier.

Et elle signifie : en tête à tête, face à face, seul à seul.

On dit par exemple : "Je ne vais pas faire un scandale devant toute ma famille : je m'expliquerai avec mon frère plus tard, entre quatre yeux".

Elle devrait normalement se prononcer : an-tre-ka-tre-ieu .

Le substantif masculin "Yeux" ne se prononce en effet zieu que précédé des articles "Ces", Des", "Les", "Leurs", "Mes, "Nos, "Tes", "Vos", etc.

Mais pas devant des nombres tels que "Quatre", "Cent", "Cinq", "Sept", "Huit", etc.

De façon très exceptionnelle cependant, parce qu'il est pratiquement impossible de prononcer en-tre-ka-tre-ieu, l'Académie Française admet que l'on prononce en-tre-ka-tre-zieu, voire en-tr-kat-zieu.

Ce qui est normalement une prononciation fautive (ou "cuir").

"Donner de l'urticaire" ou "Filer de l'urticaire".

Cette locution verbale appartient au registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : énerver, irriter.

On dit par exemple : "C'est triste à dire, mais presque tout, désormais, dans la façon de parler de la plupart de mes concitoyens me donne de l'urticaire".

Ou : "Impossible pour moi d'écouter du rap : cela me file de l'urticaire".

"La classe à Dallas".

Cette expression avec une rime intérieure appartient au registre familier.

Et elle s'utilise en général pour dire, de façon légèrement ironique, que quelque chose est "Classe", c'est à dire, selon le contexte : bien, beau, bon, élégant, distingué, raffiné, huppé, stylé.

On dit par exemple : "Tu as ma piscine ?" "La classe à Dallas !".

Cette expression, apparue je crois dans les années 1990, fait naturellement référence à la ville de Dallas (Texas) (États-Unis d'Amérique), fondée en 1841.

Et elle trouve probablement sa source dans la diffusion, puis les nombreuses rediffusions, à partir de janvier 1981 et durant près de 30 ans, des... 357 épisodes du feuilleton télévisé états-unien "Dallas", créé par David Jacobs et diffusé entre le 2 avril 1978 et le 3 mai 1991 sur le réseau CBS.

Sa diffusion généra en effet d'incroyables succès d'audience et constitua un véritable phénomène de société :

  • tant aux États-Unis d'Amérique, tenus en haleine en plein deuxième choc pétrolier,
  • qu'en France, près de trois ans plus tard, avec l'introduction d'un concept encore en vigueur, consistant à introduire à la fin de chaque épisode un rebondissement, dont la résolution n’intervient qu'au numéro suivant (le "cliffhanger").
L'entrée de Southfork, le ranch de la famille Ewing, dans la série états-unienne "Dallas" (les arbres ont bien poussé depuis le début de la série, en 1978
L'entrée de Southfork, le ranch de la famille Ewing, dans la série états-unienne "Dallas" : les arbres ont bien poussé depuis le début de la série, en 1978 !

Tous les plus de 45 ans se souviennent de son générique chanté, du ranch de Southfork et des incessantes disputes familiales de la famille Ewing, riches pétroliers et éleveurs bovins, avec l'abominable JR (John Ross) (Larry Hagman), son épouse alcoolique Sue Ellen (Linda Gray), son gentil frère Bobby (Patrick Duffy), sa jolie belle-soeur Pamela (Victoria Principal), sa garce de nièce Lucy (Charlene Tilton), son père Jock (Jim Davis) et sa mère Miss Ellie (Barbara Bel Geddes) !

La famille Ewing : Sue Ellen (Linda Gray), JR (John Ross) (Larry Hagman), Jock (Jim Davis), Pamela (Victoria Principal), Bobby (Patrick Duffy), Ray Krebs (Steve Kanaly) et au premier plan : Lucy (Charlene Tilton) et Miss Ellie (Barbara Bel Geddes)
La famille Ewing : Sue Ellen (Linda Gray), JR (John Ross) (Larry Hagman), Jock (Jim Davis), Pamela (Victoria Principal), Bobby (Patrick Duffy), Ray Krebs (Steve Kanaly) et au premier plan : Lucy (Charlene Tilton) et Miss Ellie (Barbara Bel Geddes)

Comme le dit si bien le site "Mots surannés", la série exposa aux Français moyens subjugués les codes du raffinement made in Amérique profonde  : moquette à poils géants, tables de marbre rose, cornes de vaches sur les capots de voiture et colonnes gréco-romano-baroques : "La classe à Dallas" !

Sources : wwww.mots-surannes.fr et www.rtl.fr

On ne dit pas : "Une partouse à plusieurs" ni "Une partouze à plusieurs" !

Mais simplement : "Une partouse" ou "Une partouze" !

Ce substantif féminin du registre familier désigne en effet : des relations sexuelles en groupe.

Aussi les locutions nominales féminines "Une partouse à plusieurs" et "Une partouze à plusieurs" ne sont-elles que d'affreux pléonasmes.

On notera au passage que l'aphérèse "Touse" ou "Touze" est également employée.

Source : www.larousse.fr

"Monter la tête" à quelqu'un et "Monter le bourrichon" à quelqu'un ou "Se monter la tête" et "Se monter le bourrichon".te".

Ces différentes locutions verbales appartiennent au registre familier.

Et elles signifient, au sens figuré, selon le contexte :

  • "Monter la tête" à quelqu'un : le manipuler, l'influencer, l'inciter à faire quelque chose, l'exciter contre quelqu'un, lui faire croire quelque chose,

On dit par exemple : "Mon voisin à monté la tête/le bourrichon à sa femme contre leur fils aîné, pour qu'elle ne l'invite plus chez eux".

  • "Se monter la tête" :
    • s'emballer, s'emporter ; être mécontent , en vouloir à quelqu'un pour des choses imaginaires,

On dit par exemple :"J'ai malheureusement perdu successivement mes trois meilleurs amis de lycée - des jumeaux et leur soeur cadette - après qu'ils soient monté la tête/le bourrichon à mon encontre",

    • s’inquiéter exagérément, se faire du mauvais sang,

On dit par exemple :"Ma mère a une fâcheuse tendance à se monter la tête/le bourrichon pour un rien".

    • ou: se bercer d’illusions, s'illusionner, s'échauffer, s'exalter, s'imaginer, s'enthousiasmer, rêver.

On dit par exemple : "Je ne dois pas me monter la tête/le bourrichon à propos de l'impressionnante croissance de la fréquentation de J'aime les mots car tour repose sur l'algorithme de Google et peut donc s'arrêter du jour au lendemain".

On ignore souvent que c'est à l'écrivain français Gustave Flaubert que nous devons la création de ce mot de "bourrichon" et son amusante utilisation au sens figuuré comme synonyme de tête.

Celui-ci écrit en effet, en 1860, dans sa "Correspondance" : "Oh! Comme il faut se monter le bourrichon pour faire de la littérature et que bienheureux sont les épiciers".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Inutile de faire un dessin", "Pas besoin de faire un dessin" ou "Pas nécessaire de faire un dessin".

Ces différentes locutions verbales appartiennent au registre familier.

Et elles signifient :

  • c'est simple, facile à comprendre ; on comprend aisément, immédiatement, sans explication,
  • expliquer longuement, précisément n'est pas nécessaire.

On dit par exemple : "Inutile de te faire un dessin : le directeur n'a pas apprécié tes allusions répétées ausx personnes de petite taille ou porteuses de perruque...".

Ou : "Pas besoin de vous faire un dessin : il y a de la moquette blanche, alors vous retirez vos bottes pleines de boue !".

Source : www.languefrancaise.net

"Du dimanche".

Cette locution adjectivale appartient au registre familier.

Et elle signifie :

  • au sens propre, dans le langage courant : qui ne se livre à certaines activités que le dimanche et s'y révèle de ce fait malhabile ou inexpérimenté.

On dit par exemple : "Ce que je redoute le plus ce sont ces conducteurs du dimanche, qui ne savent pas ou plus conduire correctement".

  • et au sens figuré, de façon péjorative et dans le registre familier : amateur, maladroit ou inexpérimenté.

On dit par exemple : "Oui, je peins, mais je ne suis qu'un peintre du dimanche".

Un peintre du dimancheSources : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Être endimanché" ou "Être en habits du dimanche", "Endimancher" ou "Mettre en habits du dimanche", "Habiller en dimanche" ou "S'habiller en dimanche" et "S'endimancher" ou "Se mettre en habits du dimanche".

Trois enfants "en habits du dimanche" ou "endimanchés" (© frvocabulary.blogspot.com)

Ces différentes locutions verbales du registre familier appartiennent désormais également au registre désuet.

Et elles signifient :

  • au sens propre : avoir revêtu, revêtir de ou revêtir ses plus beaux habits, des habits qui sortent de l'ordinaire.

On dit par exemple : "Lorsque j'étais en vacances dans le Lot (46), dans les années 1960-1970, les gens se mettaient encore en habits du dimanche même s'ils n'allaient pas à la messe dominicale".

  • et par extension : avoir revêtu, revêtir de ou revêtir des habits trop apprêtés, différents des habits quotidiens, dans lesquels on n'est pas à l'aise, ce qui enlève un certain naturel, donne une allure empruntée.

On dit par exemple : "Ayons une pensée émue pour tous ces gamins que l'on endimanchait pour rendre visite à la famille".

Sources : www.cnrtl.fr, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Arroser les marguerites".

éArroser les margueritesé

Cette locution verbale appartient au registre familier et signifie "Uriner ".

On dit par exemple : "Pendant que vous remballez le pique-nique et faites la vaisselle, je vais arroser les marguerites".

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Uriner" en français.

"Un rapporteur".

Ce substantif masculin polysémique peut avoir différentes significations, puisqu'il désigne tout à la fois :

  • un instrument :
    • un instrument en forme de demi-cercle gradué, utilisé en géométrie pour mesurer ou rapporter des angles et construire des figures géométriques.

Un rapporteur plastique d'écolier

    • par analogie : un instrument de mesure en forme de carré, dont le centre est évidé, dont les bords intérieurs présentent des graduations à l'échelle des plans à établir, et qui est utilisé, en dessin industriel, pour la transcription topographique des points de triangulation ("rapporteur de coordonnées") :
      • Les rapporteurs utilisés par les élèves sont la plupart du temps gradués en degrés, mais il existe plusieurs variantes : certains ont une double graduation (en degrés et en radians, ou en degrés et en grades), certains forment un disque complet alors que d'autres ne sont que des demi-disques.

      • Le rapporteur trigonométrique est un instrument de mesure matérialisant le cercle trigonométrique et fournissant une correspondance degrés-radians.

 

      • Dans l'artisanat et l'industrie on utilise plus volontiers des rapporteurs métalliques composés d'un secteur circulaire associé à une règle pivotante et un dispositif de blocage.

 

      • Dans le domaine maritime on utilise un rapporteur nautique.

 

  • ou une personne :
    • dans le domaine politique : un député ou sénateur, désigné au sein d'une commission d'étude, afin d'analyser un projet de loi ou une proposition.

Ce "rapporteur parlementaire" présente en séance publique son point de vue, ses observations et ses amendements.

Le député français LaREM Sacha Houlié

    • ou : un écolier ou une personne, qui rapporte à un adulte ou à un supérieur hiérarchique, les agissements cachés d'une autre personne.

On utilise également les substantifs masculins de délateur, de dénonciateur ou de mouchard (registre argotique).

Un écolier et son maître, dans les années 1960
Un écolier et son maître, dans les années 1960

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"Les abdominaux" ou "Les abdos".

Les muscles abdominaux

Ces deux appellations désignent dans le langage courant (et dans le registre familier pour l'apocope "Abdos") :

Des abdominaux en "tablette de chocolat"

  • au sens propre : les muscles abdominaux ou muscles de la paroi abdominale antéro-latérale.

Il s'agit des muscles squelettiques constituant la paroi antérolatérale de l'abdomen, s’étendant du thorax jusqu’au bord supérieur du bassin.

Ils sont au nombre de quatre paires, disposées symétriquement :

    • le droit (anciennement appelé grand droit),
    • l'oblique externe (anciennement appelé grand oblique),
    • l'oblique interne (anciennement appelé petit oblique),
    • et le transverse.

Ils permettent d’effectuer des mouvements de rotation et d’inclinaison. Et ils jouent un rôle très important dans l’équilibre du bassin, la posture, la statique de la colonne vertébrale, ainsi que dans l’expiration forcée et la toux, en antagonisme direct avec le diaphragme, en refoulant le contenu abdominal.

Un homme pratiquant un exercice de gainageUne femme pratiquant un exercice de gainage

  • et par extension : les exercices physiques permettant de développer et faire ressortir les muscles abdominaux.

Travailler les muscles abdominaux afin d'augmenter leur masse musculaire se fait, grâce à des exercices de musculation, ou "gainage", tels que les redressements du buste ("crunch"), le pédalo, la planche ou encore le travail avec une roue. Et de manière générale : tout exercice visant à garder le corps droit ou à amener le bas du corps vers sa partie supérieure.

Un travail de musculation déséquilibré en faveur des muscles les plus apparents (les droits) peut cependant entraîner des lésions. La pression exercée sur l'ensemble mou des viscères se transmet en effet à des muscles moins fortement sollicités, notamment le transverse et le périnée. Aussi un effort peut-il ainsi causer une hernie abdominale ou un prolapsus génital ou anal. Raison pour laquelle j'ai décidé de ne prendre aucun risque et de ne surtout pas travailler mes abdominaux !

Source : wikipedia.

"À la botte", "Être à la botte", "Avoir quelqu'un à sa botte".

La locution adverbiale en forme d'idiotisme textile et vestimentaire "À la botte" appartient au registre familier.

Et elle signifie : être sous la domination de (quelqu'un), à la disposition de, au service de, sous l'emprise de, aux ordres de ; tout dévoué à ; constamment prêt à obéir.

On dit par exemple : "Comme souvent, ce Premier ministre est à la botte du président".

Ou : "Mon patron a des chefs de service à sa botte".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org