"Paris vaut bien une messe".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme religieux relève du langage courant.

Et elle signifie : il faut parfois faire des compromis ou des sacrifices afin d'obtenir ce que l’on désire.

Cette formule aussi laconique que cynique est traditionnellement attribuée au roi Henri IV, qui l'aurait prononcé le 25 juillet 1593.

Le roi de France Henri IV

Mais on s'accorde à convenir qu'elle est très probablement apocryphe.

Le contexte

Nous sommes en pleines guerres de religion. Le roi Henri III, dernier des Valois, est sans descendance mâle et il désigne pour lui succéder Henri de Navarre, prince de sang protestant et chef de file des huguenots, au détriment du Duc de Guise, catholique et chef de la Sainte Ligue. À la mort d’Henri III, le 1er août 1589, c’est donc Henri de Navarre qui doit hériter de la couronne. Mais il en est empêché par la Sainte Ligue qui refuse de voir un huguenot sur le trône de France malgré sa promesse solennelle de se faire instruire dans la religion catholique.

Ce n’est qu’en 1593, à la suite notamment des victoires d’Henri de Navarre à Arques (62), le 21 septembre 1589, puis à Ivry (94), le 14 mars 1590, que la noblesse de France se déclare prête à le reconnaître pour roi sous certaines conditions, parmi lesquelles qu’il se convertisse au catholicisme.

Finalement, prêt à tout pour diriger le royaume et après de longues tergiversations, le 25 juillet 1593, en l’église abbatiale de Saint-Denis (93), il abjure solennellement le protestantisme et fait profession de la foi catholique.

Henri IV : "Paris vaut bien une messe" (©University Library Geneva Dagli Orti ArtArchive)

C’est à ce moment qu’il aurait prononcé cette phrase fameuse et qui aura vocation à traverser les siècles : "Paris vaut bien une messe !", justifiant ainsi le compromis qu’il venait d'effectuer afin d’obtenir la couronne.

Devenu catholique, Henri IV est ensuite sacré roi de France à la cathédrale de Chartres (28) le 25 février 1594.

L'abjuration d'Henri IV

Des doutes quant à la sincérité de la conversion d’Henri IV au catholicisme sont en effet permis. Il s’était en effet déjà converti une première fois au catholicisme, en 1572, pour échapper au massacre de la Saint-Barthélémy, avant de retourner à la religion réformée, en 1576. Selon les versions, il se serait même converti au total six fois à la religion catholique.

Dès lors, la formule "Paris vaut bien une messe", qui a perduré jusqu'à nos jours, met en évidence toute la place que les considérations et calculs politiques ont prise dans cette conversion.

Pour l'anecdote, on peut rapprocher cette expression de l'idiotisme animalier néerlandais "Een spiering uitgooien om een kabeljauw te vangen", signifiant "Jeter un petit poisson dans l’eau pour en attraper un plus gros".

Sources : vivreparis.fr, www.caminteresse.fr et anecdoteshistoriques;com

"Préchi, précha", "Préchi-précha" ou "Préchiprécha".

Cette locution verbale et ces deux substantifs féminins en forme d'idiotismes religieux relèvent du registre familier.

Faisant référence à un mauvais sermon ou à un discours pontifiant, ils désignent tous trois : un discours moralisateur ennuyeux et généralement peu efficace ; du radotage, du rabâchage ou du bla-bla.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les préchi-précha de ma belle-mère".

Sources : Le Robert et www.cnrtl.fr

"L'irénisme", "Irénique" et "Un iréniste".

Ces mots peu usités par le Français moyen relèvent du vocabulaire religieux.

Le terme "irénisme" est récent puisque n'est attesté qu'en 1962. Il nous vient du grec εἰρήνη (eirếnê), où il signifie "la paix". Et le mot est dérivé d'"irénique", emprunté au latin ecclésiastique moderne "irenicus", apparu en 1867.

Ils signifient en effet respectivement :

  • au sens propre :
    • "L'irénisme" : une attitude d'esprit condamnée par l'encyclique "Humani Generis", selon laquelle on tolère de façon tranquille des erreurs graves, inacceptables, par désir exagéré de paix et de conciliation,
    • "Irénique" : ce qui relève de l'irénisme,
    • et "Un iréniste" : une personne qui pratique l'irénisme,
  • et par analogie, dans le domaine politique :
    • "L'irénisme" : une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit ; la recherche de la paix et de la concorde.

On dit par exemple : "L'irénisme du président Macron mène notre pays à la catastrophe".

Sources : www.cnrtl.fr, wikipedia.org et wiktionary.org

"Un diable d'homme" et "Un diable" ou "Un petit diable".

Ces deux locutions nominales masculines en forme d'idiotisme religieux désignent respectivement, dans le langage courant :

  • un homme singulier, bizarre, dont on peut tout attendre.

On dit par exemple : "Se présenter à la présidence de la République, obtenir le César du meilleur acteur pour un rôle dramatique et fonder les Restos du Coeur" : Coluche était vraiment un diable d'homme !".

Un "diable d'homme" : Michel Colucci dit "Coluche"

  • un enfant urbulent, insupportable,

On dit par exemple : "Devoir surveiller un petit diable pareil ne doit pas être de tout repos".

Un "petit diable"

Source : www.larousse.fr et Le Robert

"Être heureux comme un Pape" ou "Être heureux comme Dieu en France".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes religieux relèvent du langage courant.

Et elles signifient tout simplement : être très heureux.

On dit également "Être heureux comme un prince" ou "Être heureux comme un roi".

"Mettre le Petit Jésus dans la crèche".

"Mettre le Petit Jésus dans la crèche"

Cette étonnante expression en forme d'idiotisme religieux relève du registre populaire.

Et elle doit bien sûr choquer certains chrétiens très croyants, puisqu'elle fait référence au fait d'ajouter l'enfant Jésus dans la crèche dans la nuit du 24 au 25 décembre, date anniversaire de sa naissance présumée, à Béthléem (Palestine), en l'an zéro ( alors qu'il serait vraisemblablement plutôt né à Nazareth (Israël) entre l'an -6 et l'an - 4... avant lui-même).

Mais qu'elle désigne, au sens figuré : la pénétration vaginale, c'est à dire l'introduction du sexe de l'homme dans celui de la femme.

On dit par exemple : "Demain c'est Noël, alors ce soir j'espère bien pouvoir lui mettre le Petit Jésus dns la crèche".

"Une sinécure" et "C'est une véritable sinécure", "C'est une vraie sinécure" ou "Ce n'est pas une sinécure".

  • "Une sinécure" est un substantif féminin désignant :
    • à l'origine, au Moyen Âge, un bénéfice ecclésiastique (beneficium sine cura) accordé à un clerc pour lui permettre d'effectuer un travail de recherche sans avoir à assurer de services religieux ou, comme on dit, sans avoir charge d'âmes,
    • puis, par extension : une charge, un emploi ou une fonction n'obligeant à aucune fonction, ou ne nécessitant que très peu de travail effectif ; pour lequel on est par conséquent rétribué sans avoir rien (ou presque rien) à faire,
    • et donc : une situation de tout repos.

 

  • "C'est une véritable sinécure" ou "C'est une vraie sinécure" sont donc des locutions verbales en forme d'idiotismes religeux signifiant, dans le registre familier : c'est une situation, un emploi de tout repos.

On dit par exemple : "Encore un ancien ministre qui va bénéficier d'une véritable sinécure au frais du contribuable".

  • et "Ce n'est pas une sinécure" est une locution verbale en forme d'idiotisme religieux signifiant, dans le registre familier : il ne faut pas croire que c'est facile : c'est pénible, ce n'est pas de tout repos ; il y a une lourde charge de travail, souvent désagréable, se réalisant au prix de lourds efforts.

On dit par exemple : "Tu ne devrais pas être  jaloux du nouveau boulot de ton frère : ile est peut-être mieux payé que toi, mais ce n'est pas une sinécure, crois-moi !".

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl;fr, Le Robert et www.larousse.fr

"Une prébende" ou "Des prébendes".

Ce substantif féminin désigne :

  • avant la Révolution française de 1789 :
    • la part de biens prélevée sur les revenus d'une église et attribuée à un clerc pour sa subsistance et en compensation du ministère accompli,
    • ou : le titre auquel est attachée une prébende,
  • et de nos jour, par analogie, dans le registre soutenu :
    • un poste honorifique, une sinécure lucrative, obtenus par faveur,
    • ou : les avantages, revenus et profits attachés à une charge, à une fonction quelconque.

On dit par exemple : "Sitôt les élections gagnées, les vainqueurs s'empressent de se partager les prébendes".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un voeu pieux".

Cette locution nominale en forme d'idiotisme religieux relève du registre soutenu.

Et elle désigne : un souhait que l'on pense irréalisable, dont on sait qu'il ne pourra se réaliser.

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"À Dieu ne plaise !" ou "Ce qu'à Dieu ne plaise !".

Bien qu'agnostique, j'aime beaucoup cette jolie locution interjective en forme d'idiotisme religieux.

Appartenant de nos jours au registre désuet, elle signifie :  espérons que cela n'arrivera pas !

Et s'utilise lorsqu'on ne souhaite pas qu'une chose se produise ; afin de repousser telle ou telle supposition ou éventualité que l'on ne veut pas envisager. En espérant que - comme elle devrait également déplaire à Dieu, celui-ci ne le permettra pas ; fera le nécessaire pour qu'elle ne se produise pas.

On dit par exemple : "Malheureusement une nouvelle catastrophe pourrait venir s'ajouter à celle-ci... ce qu'à Dieu ne plaise !".

Ou : "À Dieu ne plaise que je ne connaisse jamais pareille situation !".

Cette formule nous vient du XIe siècle, puisqu'on la retrouve, sous une forme un peu différente, dans la célèbre "Chanson de Roland" : "Ne placet Deu ne ses saintismes angles", c'est à dire "Ne plaise à Dieu, ni à ses très saints anges".

Source : www.expressio.fr

"Pleurer comme une Madeleine".

"Pleurer comme une Madeleleine" (© Jill Greenberg 2012)

Cette locution verbale du registre familier signifie :

  • pleurer beaucoup, abondamment ; être particulièrement triste, sembler inconsolable,
  • voire : pleurer de façon quelque peu excessive et légèrement injustifiée.

Elle est très proche de l'idiotisme animalier "Pleurer comme un veau" et des idiotismes corporels "Pleurer à chaudes larmes" et "Pleurer toutes les larmes de son corps".

On dit par exemple : "Mon chéri, lorsque tu auras fini de pleurer comme une Madeleine parce que le PSG a perdu, tu penseras à aller chercher les enfants chez tes parents, s'il te plait".

"Pleurer comme une Madeleine" ne constitue pas un idiotisme alimentaire mais un idiotisme religieux.

En effet, la Madeleine dont il est ici question n'est pas le petit gâteau sucré à pâte molle, en forme de coquille...

Des madeleines

... mais Marie de Magdala ou Marie la Magdaléenne ("Marie Madeleine"), pleurant aux pieds du Christ dans la Bible.

Source : wiktionary.org