"Ne pas y avoir âme qui vive", "Il n'y a pas âme qui vive".

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme religieux signifie :

  • "Ne pas y avoir âme qui vive" : n'y avoir absolument personne, être désert.
  • et "Il n'y a pas âme qui vive" : il n'y a absolument personne ; l'endroit est désert.

On dit par exemple : "La nuit tombée, il n'y a pas âme qui vive dans les rues, désormais".

On utilise également l'expression du registre familier : "Ne pas y avoir un chat", "Il n'y a pas un chat".

Et les marseillais disent, dans le même registre : "Y avoir dégun", "Il y a dégun".

Source : www.expressio.fr

"Sentir le soufre".

"Sentir le soufre" c'est à dire : le diable

On l'ignore souvent, mais cette locution verbale du langage courant est un idiotisme religieux !

Elle fait en effet référence à l'odeur caractéristique du soufre dont on croyait autrefois qu'elle signalait la présence du diable.

"Sentir le soufre" signifie ainsi, au sens figuré :

  • la situation est peu orthodoxe, présente un caractère d'hérésie, paraît diabolique.
  • et, par extension : la situation est douteuse, risquée, tendue ; et elle pourrait bien prendre une mauvaise tournure,

On dit par exemple : "Cette affaire sent le soufre : ne t'y risque surtout pas !".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org, fr.thefreedictionary.com, dictionnaire.lerobert.com et dictionnaire.reverso.net

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche".

Cuillère de bébé en argent massif "Charlie bear" de chez Christofle

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être sinon rentier, du moins un privilégié, issu d’une famille très aisée et ayant la chance de n'avoir eu aucune préoccupation financière depuis sa naissance.

Elle comporte en général une connotation négative et est essentiellement utilisée afin de discréditer une personne.

Il s'agit d'une expression qui nous vient d'Angleterre, où elle serait apparue pour la première fois en 1712. Et l'on sait qu'elle est employée aux États-Unis d'Amérique depuis au moins 1780 ("Born with a silver spoon in his mouth" c'est à dire "Né avec une cuillère en argent dans la bouche").

Elle n'a cependant dû s'imposer chez nous que dans la seconde partie du XIXe siècle.

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche" est - comme souvent - une expression directement liée à la religion chrétienne.

Même si elle semble s'être relativement perdu, la tradition voulait en effet que, lorsqu’un bébé venait au monde, son parrain lui offrait une cuillère le jour de son baptême. Une cuillère en argent soulignait la richesse de la famille, puisque dans les milieux moins aisés, on utilisait des cuillères en bois, qui furent par la suite principalement fabriquées en étain. Le mot anglais "Spoon" ("Cuillère") constitue d’ailleurs une déformation du mot "Spon", qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois.

Offrir une cuillère en argent à son filleul était donc un signe visible de son aisance et de la bonne éducation qu’il recevrait, à l’abri de tout embarras financier.

Source : www.lefigaro.fr, "Les 1001 expressions préférées des Français" (Georges Planelles, 2011)

"Un voeu".

On l'a souvent oublié, mais ce substantif masculin du langage courant possède à l'origine une signification religieuse.

"Un voeu" désigne en effet :

  • au sens premier : une promesse faite à Dieu ; un engagement religieux.

On parle ainsi des trois voeux (pauvreté, chasteté et obéissance) prononcés en entrant dans la religion catholique.

  • et par extension : un engagement pris envers soi-même.

On dit par exemple : "J'ai formé le voeu de ne plus avoir à porter un masque au-delà de 2021".

Source : wiktionary.org

"Câlice !", "Calice" !", "Câlisse !", "Calisse !", "Colice !" ou "Colisse !".

Cette interjection du registre vulgaire constitue un juron québécois, utilisé pour exprimer une émotion forte, par exemple l'étonnement ou la colère.

Il s'agit d'une déformation du mot "Calice", désignant, dans la religion chrétienne, la coupe recevant le vin bénit représentant le sang du Christ.

Source : www.je-parle-quebecois.com

"À damner un saint", "À damner tous les saints", "À damner tous les saints du Paradis", "À faire damner un saint", "À faire damner tous les saints" ou "À faire damner tous les saints du Paradis".

Ces différentes locution adverbiales en forme d'idiotisme religieux appartiennent au registre familier et signifient : qui procure un plaisir des sens incroyable, d’une intensité extrême.

On dit par exemple : "Cette fille avait une cambrure de reins à damner un saint".

Ou : "Cette tarte aux myrtilles était bonne à damner tous les saints".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Être droit comme un i", "Être droit comme un cierge" ou "Être droit comme un piquet" et "Se tenir droit comme un i", "Se tenir droit comme un cierge" ou "Se tenir droit comme un piquet".

Ces différentes locutions adjectivales du registre familier font référence à la forme rectiligne des trois objets évoqués : la lettre "i", un cierge et un piquet :

Lettre "i" majuscule
Lettre "i" majuscule
Un cierge blanc
Un cierge blanc
Un piquet de châtaignier
Un piquet de châtaignier

Et l'ensemble de ces expressions signifient donc :

  • pour une personne : être ou se tenir très droit, avec raideur,

On dit par exemple : "Malgré ses 92 ans, le vieillard était toujours droit comme un i".

  • ou pour un arbre par exemple : être parfaitement droit, rectiligne.

On dit par exemple : "L'allée était constituée d'une rangée de pins droits comme des cierges".

"Être droit comme un cierge" et "Se tenir droit comme un cierge" sont des idiotismes religieux.

Sources : wiktionary.org

"Bon sang de bois !" ou "Bon sang de bonsoir !".

J'adore ces expressions du registre familier et du registre désuet en forme d'interjection, qui marquent l'étonnement ou l'indignation.

Et que j'utilise régulièrement dans J'aime les mots.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les anglicismes bon sang de bois !".

Ou : "Bon sang de bonsoir : je n'en peux d'entendre ces tics de langage, ces mots, locutions ou expressions à la mode et ces pléonasmes à longueur de journée !".

L'origine de ces deux formules est très ancienne. Elle trouve même son origine au Moyen Âge, lorsqu'il existait de nombreux jurons comportant le nom de Dieu. Ce qui était par exemple le cas de "Par le sang de Dieu", "Nom de Dieu" ou "Bon sang de Dieu".

La mention de Dieu étant considérée comme blasphématoire par le clergé devenu extrêmement puissant au XVe siècle, le nom de Dieu a disparu, cédant la place à des formules du type "Palsambleu", "Bon sang de bois" ou "Bon sang de bonsoir", qui évitaient d'avoir à le prononcer.

"Bon sang de bois !" est un idiotisme botanique et un idiotisme corporel.

Et "Bon sang de bonsoir !" est un idiotisme corporel.

"Prêcher pour sa paroisse" ou "Prêcher pour son saint".

Ces deux locutions verbales du registre familier, en forme d'idiotismes religieux, se disent, au sens figuré, d’une personne qui, bien qu’affichant une certaine objectivité, favorise, dans son argumentaire, son camp ou son groupe. 

Autrement dit : défende ses propres intérêts, parle pour son propre compte ; loue, vante une personne ou une chose par des motifs d’intérêt personnel.

On dit par exemple : "Je prêche pour ma paroisse, mais l'un des avantages de J'aime les mots est qu'il comporte le plus souvent des exemples et/ou des photos illustrant les définitions qu'il donne".

Sources : www.expressions-francaises.fr et wiktionary.org

"Dans mon for intérieur", "En mon for intérieur", "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur".

Ces différentes locutions du registre soutenu signifient respectivement :

  • "Dans mon for intérieur" ou "En mon for intérieur" : dans ma conscience, au fond de moi.

On dit par exemple : "En mon for intérieur je reconnais que je n'ai pas vraiment fait d'effort".

  • "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur" : dans sa conscience, au fond de soi.

On dit par exemple : "En son for intérieur, mon frère sait bien que j'ai raison".

Fondées sur l'étrange substantif masculin "For", elles ont une origine directement religieuse.

Source : wiktionary.org

"Alleluia !".

Ce mot d'origine hébreu est couramment utilisé comme interjection pour exprimer sa joie, sa très bonne humeur, saluer une chance incroyable, etc.

Dans la liturgie juive et chrétienne, "Alléluia" est un mot exprimant l'allégresse des fidèles. Ce terme est utilisé lors de prières ou à la fin de certains psaumes, spécialement pendant les fêtes pascales.

Ce cri de joie désigne le nom de Dieu dans la Bible, où il apparaît vingt-cinq fois.

Source : wiktionary.org

"Prêcher un converti".

Cette locution verbale du langage courant en forme d'idiotisme religieux signifie, au sens figuré : vouloir persuader une personne déjà convaincue.

Et est d'ailleurs synonyme de la formule dérivée, plus récemment apparue, ce me semble, "Prêcher un convaincu".

On dit par exemple : "Vous prêchez un converti : j'exècre moi aussi les anglicismes".

Source : wiktionary.org

"Nul n'est prophète en son pays".

J'aime beaucoup cette expression du langage courant en forme d'idiotisme religieux, qui daterait du XVIIe siècle.

D'origine biblique, elle signifie que le talent d'une personne est plus souvent reconnu à l'étranger que chez elle et que l'on a ordinairement moins de succès en son pays qu’ailleurs ; c’est parmi les siens, là où l'on vit, que l’on a le moins de chances d’être cru ou apprécié à sa vraie valeur, qu’on en impose le moins.

Il s'agit d'une paraphrase de la traduction des paroles prononcées par Jésus de Nazareth vers l’an 30, selon l’Évangile de Luc (4, 24) : "Mais, ajouta-t-il, je vous le dis en vérité, aucun prophète n’est bien reçu dans sa patrie".

Lorsque Jésus revint dans sa ville d'origine, Nazareth, tout le monde en effet se moquait de lui, et le considérait comme un simple fils de charpentier alors qu'il était le fils de Dieu.

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Le diable est dans les détails", "Le diable se cache dans les détails" ou "Le diable se niche dans les détails".

Cette expression signifie - au sens figuré - qu'il est important de s'intéresser à tous les détails d'un problème ; un seul d'entre eux pouvant causer d'importants désagréments ou ennuis et compromettre tout un ensemble, voire faire échouer un projet.

Elle nous vient du poème philosophique "Ainsi parlait Zarathoustra", publié en 1885 par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche.

Et la forme "Le diable se niche dans les détails" appartient au registre familier.

Source : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr