120 façons de dire "Tuer".

"Basourdir" ne s'utilise plus (mais se retrouve indirectement dans le verbe "abasourdir") et relève donc du registre désuet.

Le registre argotique nous propose de nombreux verbes, formules ou locutions verbales avec : "Bousiller", "buter", "dessouder", "dézinguer", "donner à bouffer aux (fauves)", "donner à bouffer aux poissons", "donner à bouffer aux requins", "envoyer bouffer les pissenlits par la racine", "expédier bouffer les pissenlits par la racine", "faire bouffer les pissenlits par la racine", "faire crever", "liquider", "rectifier", "refroidir", "repasser" ou "zigouiller".

Ainsi que "crever", "crever la paillasse" ou "suriner" si l'on utilise une arme blanche.

Et "descendre", "faire sauter la cervelle", "faire sauter le caisson", "ficher une balle entre les deux yeux", "flinguer", "foutre une balle entre les deux yeux", "plomber" ou "truffer de plomb" si c'est une arme à feu.

Sans oublier Michel Audiard, qui nous a bien sûr offert le superbe "éparpiller façon puzzle" dans le légendaire film de Georges Lautner "les tontons flingueurs" (1963) !

"Envoyer ad patres", "envoyer manger les pissenlits par la racine", "envoyer six pieds sous terre", "expédier ad patres", "expédier manger les pissenlits par la racine", "expédier six pieds sous terre", "faire la peau", "faire manger les pissenlits par la racine", "faire passer l'arme à gauche", "faire passer le goût du pain", "règler son affaire", "règler son compte", "suicider" ou "trucider" appartiennent au registre familier.

Ainsi que "coller une balle entre les deux yeux", "mettre une balle entre les deux yeux", "transformer en écumoire" ou "transformer en passoire" s'il s'agit de tuer par arme à feu.

Le langage courant est également très riche, avec : "abattre", "assassiner", "déchiqueter", "défenestrer", "donner en pâture aux (fauves)", "donner en pâture aux poissons", "donner en pâture aux requins", "éliminer", "empêcher de parler à jamais", "empêcher de parler de façon définitive", "empêcher de parler définitivement", "empêcher de parler pour toujours", "enterrer vivant", "envoyer au cimetière", "envoyer dans l'autre monde", "envoyer en enfer", "envoyer nourrir les asticots", "envoyer nourrir les poissons" "envoyer nourrir les requins", "envoyer rôtir en enfer", "étrangler", "expédier au cimetière", "expédier nourrir les asticots", "expédier nourrir les poissons", "expédier nourrir les requins", "faire le dernier voyage", "faire le grand voyage", "faire son dernier voyage", "faire taire à jamais", "faire taire de façon définitive", "faire taire définitivement", "faire taire pour toujours", "noyer", "offrir en pâture aux poissons", "offrir en pâture aux requins", "réduire au silence" ou "supprimer".

Mais aussi : "Brûler vif", "carboniser", "faire griller", faire rôtir" ou "faire périr par le feu" si c'est ce dont il s'agit.

"Couper en deux", "couper en morceaux", "couper la gorge", "couper la tête", "découper en morceaux", "démembrer", "égorger", "étriper", "éviscérer", "trancher en deux", "trancher en morceaux", "trancher la gorge", "trancher la tête" ou "éventrer" s'il s'agit de tuer par arme blanche.

Ou "décapiter" "électrocuter", "exécuter", "fusiller", "garotter", "guillotiner" ou "pendre" s'il s'agit d'une exécution.

"Crucifier", "écarteler", "empaler" et "lapider" correspondent normalement à des pratiques d'un temps révolu ou dont on souhaiterait du moins qu'il le soit.

Enfin, le registre soutenu nous offre le très joli verbe "occire" ainsi que les locutions verbales "faire passer", "ôter la vie" ou "prendre la vie" et les superbes formules "envoyer rejoindre ses ancêtres" et "faire passer de vie à trépas".

"Un atermoiement".

Ce substantif masculin du registre soutenu désigne :

  • dans le domaine juridique : un délai accordé à un débiteur pour l'exécution de ses engagements.

Le mot "atermoiement" vient du mot "terme" dans le sens d'"échéance".

En droit commercial il désigne le fait qu'un créancier concède un délai de grâce à son débiteur lorsque celui-ci n'est pas en mesure d'exécuter immédiatement une prestation exigible au moment où son règlement est arrivé à son terme.

  • dans le registre soutenu : l'action d'atermoyer, c'est à dire de différer, de remettre à plus tard une décision qu'il faudrait prendre sur le moment, de retarder, d'ajourner, de tergiverser.

On dit par exemple : "Lorsqu'il s'agit de tenir ses promesses à l'égard du personnel soignant, ce gouvernement, comme les précédents, ne semble capable d'agir que par atermoiements".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr.

"Intempestif" ou" Intempestive".

J'aime beaucoup ce joli adjectif du registre soutenu signifiant :

On dit par exemple : "Les propos intempestifs de l'un de nos commerciaux n'ont pas été appréciés par certains de nos clients".

  • imprévu(e), inopiné (e), se faisant à contretemps, venant perturber le bon déroulement des choses ; tombant mal à propos et pouvant déranger par son caractère inconvenant.

On dit par exemple : "L'arrivée intempestive de mon épouse à sensiblement perturbé l'entretien que j'avais avec une jeune nourrice suédoise en vue de la garde de nos éventuels futurs enfants".

Sources : www.linternaute.fr et www.cnrtl.fr

"L'olfaction".

Ce substantif du registre soutenu désigne ce que l'on appelle plus couramment "l'odorat".

C'est à dire : le sens qui permet d'analyser les substances chimiques volatiles (odeurs) présentes dans l'air.

Ce sens est moins utilisé chez l’être humain que chez de nombreux mammifères pour lesquels il est prépondérant.

L'odeur personnelle semble néanmoins encore jouer un ou plusieurs rôles chez l'humain en termes de communication non verbale, à plusieurs âges de la vie, avec des nuances notamment selon le sexe (Homme/Femme), selon l'âge ou selon les contextes socio-culturels.

C'est naturellement le nez qui est l'organe de l'olfaction chez l'être humain.

Source : wikipedia.org

8 façons de dire "Le nez".

Un nez

Comme la plupart du temps, c'est naturellement le registre argotique qui nous offre le plus large éventail de possibilités avec pas moins de huit termes.

"Le pif" est le plus couramment utilisé, suivi je pense par "le tarin" et "le blair".

"Le tarbouif" et "le nase" (ou "le naze") me semble moins fréquemment employés, de même que "le reniflant" et "le renifloir".

Enfin , le registre soutenu nous offre "l'appendice nasal".

Voir également mon article consacré à la polysémie du mot "Nez".

Source : wiktionary.org

"Guttural", "Gutturale" ou "Gutturaux".

Cet adjectif du registre soutenu qualifie ce qui est relatif au gosier.

On parle par exemple de "Voix gutturale", afin de désigner une voix aux intonations rauques.

Ou de "Poches gutturales" chez le cheval, afin de désigner des cavités situées à l'arrière du pharynx.

Les poches gutturales du cheval

 

 

 

Les poches gutturales du cheval

 

 

 

 

 

 

Sources : École Nationale Vétérinaire de Toulouse et ararzi.passion.cheval.over-blog.com

Ne dites pas : "Faire des digressions" ou "Faire une digression" !

Mais : "Digresser" !

Ce verbe du registre soutenu découle du latin "Digressio" qui désigne l'action de s'éloigner.

Digresser consiste à s'écarter du sujet principal d'une conversation, d'un discours, d'un exposé ou d'un développement.

On dit par exemple : "Mon meilleur ami me reprochait toujours de trop digresser et il est vrai que je suis capable d'ouvrir parenthèse sur parenthèse".

Sources : www.pornorthographe.fr et wiktionary.org

"Ludique".

Cet adjectif du registre soutenu signifie :

  • "de l'ordre du jeu, relatif au jeu ou ayant les caractéristiques du jeu".

On dit par exemple : "Cet instrument a également une fonction ludique".

  • ou "permettant de s'amuser".

On dit par exemple : "Mais monsieur l'agent, je vous assure que je ne me sers de ce gourdin que de façon ludique !".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Sous le sceau du secret" ou "Porter le sceau de quelque chose".

Ces deux locutions adverbiales du registre soutenu signifie :

  • "Sous le sceau du secret" : à condition d'en garder le secret, de ne le dire, de ne le révéler à personne.

On dit par exemple : "Le président a confié ses intentions à ses proches sous le seau du secret".

  • "Porter le sceau de quelque chose" : porter un signe manifeste qui authentifie ; une marque.

On dit par exemple : "Ce témoigne porte le sceau de la sincérité".

Elles font référence au mot "Sceau", qui désigne :

Un sceau

  • un grand cachet sur lequel sont gravées en creux la figure, les armes ou la marque symbolique d'un État, d'un souverain, d'une entité, d'un officier ministériel tel qu'un huissier ou d'un particulier et dont on applique l'empreinte sur des actes ou des objets pour les authentifier, les clore d'une manière inviolable ou pour marquer la propriété.
  • ou l'empreinte même de ce sceau, sur une matière malléable, généralement la cire.

Source : www.larousse.fr

"Fielleuse" ou "Fielleux".

J'aime beaucoup ce petit adjectif du registre soutenu signifiant - au sens figuré - "Amer, haineux, méchant ; plein de fiel, d'animosité, d'amertume, de haine, de méchanceté".

On parle par exemple de "déclaration fielleuse" ou de "propos fielleux".

Le "Fiel" désigne la bile de certains animaux, notamment du boeuf.

"Un ongle noir" ou "Un rat".

Ces deux appellations en forme d'idiotisme chromatique et d'idiotisme animalier appartiennent au registre populaire et désignent ce que l'on appelle dans le langage courant "Un hématome sous l'ongle"  et dont le véritable nom est "Un hématome sous-unguéal".

Provoqué par un choc contre l'ongle de pied ou du doigt, il est très douloureux sur le moment et le reste durablement lorsqu'on le presse.

Petit orteil heurtant violemment un pied de table

L'ongle prend ensuite une coloration noire et peut finir par tomber deux ou trois semaines plus tard.

Source : www.topsante.com

"Indicible".

J'aime beaucoup ce joli adjectif du registre soutenu signifie : "ne pouvant être dit, exprimé, traduit, en raison de son caractère intense, étrange, extraordinaire ; indéfinissable, indescriptible, ineffable, inexprimable".

On dit par exemple :

  • "J'ai énormément apprécié la beauté indicible de ces lieux".
  • "Les cris des victimes témoignent d'une douleur indicible".
  • ou : "On ne peut comprendre véritablement la joie indicible d'être père tant qu'on ne l'a pas été soi-même".

Ne dites pas : "Putain de lourde de mes deux ! J'me suis fracassé l'ongle du gros doigt de pied et j'vais m'choper un rat" !

Personne pliée en deux de douleur après s'être violemment cogné un orteil

Mais, à tout le moins, dans le langage courant : "Fichue porte : je me suis violemment cogné l'ongle du gros orteil et je vais avoir un ongle noir !" !

Et idéalement, dans le registre soutenu : "Maudite porte : je l'ai violemment heurté avec la tablette unguéale de mon hallux et vais hériter d'un hématome sous-unguéal. !

Sans même un point d'exclamation, ainsi que les plus attentifs d'entre vous auront pu le remarquer... car - à la différence de la seconde phrase et surtout de la première - celle-ci se prononce naturellement le plus calmement et sereinement du monde, sans cris ni gestes intempestifs.