"La faconde".

J'aime beaucoup ce substantif féminin du registre soutenu désignant, selon le contexte :

  • une élocution facile, abondante ; une grande facilité de parole,

On dit par exemple : "J'adore la faconde éblouissante de cet immense acteur qu'était Raimu".

  • ou : un bavardage abondant, excessif.

On dit par exemple : "La faconde méridionale de l'un de mes amis finit parfois par m'exaspérer.

 Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un breuvage".

Ce substantif masculin désigne :

  • dans le registre soutenu et dans le registre désuet : un liquide destiné à la consommation, autrement dit une boisson,
  • et dans le langage courant : une boisson d'une composition spéciale, préparée en vue d'un certain effet, possédant des propriétés particulières, réelles ou supposées (curatives, magiques, bénéfiques ou néfastes).

Comme par exemple la célèbre "potion magique" du druide Panoramix, dans les aventures d'Astérix le gaulois.

Le druide Panoramix préparant son "breuvage" : la potion magique (© Albert Uderzo et Hachette)

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et wikipedia.org

"Un coryphée".

Ce superbe substantif masculin nous vient du grec ancien "koruphé" ("sommet de la tête").

Et il désigne :

  • au sens propre :
    • dans la tragédie et la comédie grecque antiques : un chef de choeur.

Le coryphée se situe le plus souvent au milieu de la scène, et est chargé de guider le choeur auquel il répond, dont il répète les propos ou qu'il questionne. Il prend parfois la parole au nom du choeur et se trouve être le seul à dialoguer avec le personnage en scène.

Comme tout acteur dans la Grèce antique, le coryphée est un homme (éventuellement déguisé en femme), un citoyen (éventuellement déguisé en barbare), qui porte masque et costume

    • dans le théâtre et l'opéra : un chanteur faisant partie du choeur, et s'en détachant pour s'adresser au public ou aux personnages en un solo plus ou moins développé, avant de rentrer dans le rang,
    • dans le ballet classique : un danseur auquel on confie parfois un court rôle de soliste,
    • dans la danse : un danseur ayant atteint le 4e échelon de la hiérarchie, après avoir été quadrille,
  • et, par extension, dans le registre soutenu : celui qui tient le premier rang ; un chef.

On dit par exemple : "La foule est souvent dans l'attente d'un coryphée, dont elle pourra admirer la admirer la fougue et la vaillance".

Sources : Le Robert et wikipedia.org

"Entretenir quelqu'un".

Cette locution verbale polysémique peut avoir, selon le contexte et le niveau de langue, des significations fort différentes :

  • dans le langage courant : prendre à sa charge les besoins matériels d'une personne,

On dit par exemple : "Tout le monde sait que M. le Maire entretient une jeune femme aux formes avantageuses, qu'il loge en plein centre-ville".

  • et dans le registre soutenu : parler avec quelqu'un, discuter, échanger des points de vue.

On dit par exemple : "Entretenir mon beau-père d'un tel sujet actuellement est assez délicat, car j'ai embouti la calandre de sa limousine de 1965 la semaine dernière".

Sources : www.linternaute.fr et www.larousse.fr

4 façons dire : "Bon appétit !".

"Bon appétit !"

Parce que l'usage de cette formule est contraire aux bonnes manières, la langue française - pourtant si riche en idiotismes alimentaires - ne compte presque aucun synonyme de la locution interjective "Bon appétit" (registre populaire), en dehors de la classique apocope "Bon ap' !" (ou "Bon app' !") (registre familier).

Et de l'inepte Un excellent appétit !" (par ellipse de "Je vous souhaite un excellent appétit !"), dont nous gratifient fréquemment les serveurs de restaurant, se croyant certainement très polis.

On peut toutefois souhaiter à ses convives ou commensaux : "Régalez-vous !" (langage courant) ou "Régalez vos papilles !" (registre soutenu).

"Bon appétit !"

Sources : wiktionary.org

"Gratifier".

Ce verbe du registre soutenu signifie, selon le contexte :

  • faire généreusement cadeau à quelqu'un d'une somme d'argent, la lui octroyer,

On dit par exemple : "Mon père a gratifié sa secrétaire d'une belle prime".

Ou : "Certains clients étrangers gratifient les serveurs d'importants pourboires".

  • donner, accorder à quelqu'un quelque chose d'agréable, le satisfaire, lui procurer de l'agrément,

On dit par exemple : "L'hôtesse de l'air m'a gratifié d'un joli sourire en apprenant que j'étais chirurgien esthétique".

  • infliger un désagrément à quelqu'un, quelque chose qui lui sera pénible, désagréable,

On dit par exemple : "Ce triste sire m'a gratifié d'une contravention".

  • par calque de l'anglais "to gratify" ("satisfaire") : procurer à quelqu'un un plaisir, une satisfaction psychologique, et en particulier narcissique.

On dit par exemple : "Mon patron croit qu'il me gratifie avec ses compliments, mais je préfèrerais une prime".

Sources : www.larousse.fr  et www.cnrtl.fr