On ne dit pas : "Les Portugais i'z'ont cette faculté à faire déjouer les bonnes équipes" !

L'entraîneur de football français Régis Brouard

Comme a pu le déclarer, le 27 juin 2021, l'entraîneur français Régis Brouard, dans l’émission vespérale d’Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais : "Les Portugais ont cette APTITUDE à faire déjouer les bonnes équipes" !

Ou : "Les Portugais ont cette faculté DE faire déjouer les bonnes équipes" !

Parce qu'il est décidément incapable de s'exprimer dans un français correct et multiplie les phrases de ce type, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas : "J'connais pas le background avec ce truc là" !

Le journaliste sportif français Dave Appadoo

Comme a pu le déclarer, le 11 juillet 2021, le journaliste sportif français Dave Appadoo, dans l'émission vespérale d'Olivier Ménard, "L'Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française "L'Équipe".

Mais : "JE NE connais pas leS DESSOUS DE ceTTE AFFAIRE" !

Je suis véritablement abasourdi d'entendre désormais quotidiennement des phrases aussi mal construites dans la bouche de journalistes expérimentés, là où de telles formules n'auraient pu être utilisées il y a encore 20 ans que par des personnes d'origine étrangère ou issues d'un milieu très populaire, ayant du cesser leurs études à 16 ans et n'ayant jamais l'occasion de s'exprimer autrement qu'entre elles seules.

Parce que Dave Appadoo est coutumier du fait et accumule anglicismes et fautes de grammaire lors de ses interventions dans cette émission que je suis régulièrement, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

On ne dit pas : "Ça fait un an tout pile, aujourd'hui, que je suis porte-parole du gouvernement" !

L'homme politique français Gabriel Attal

Comme a pu le déclarer, le 7 juillet 2021, à l'issue du Conseil des ministres, l'homme politique français Gabriel Attal.

Mais, à tout le moins : "Ça fait un an PILE, aujourd'hui, que je suis porte-parole du gouvernement" (registre familier) !

Et, si possible : "Ça fait un an tout JUSTE, aujourd'hui, que je suis porte-parole du gouvernement" (langage courant) !

Parce que je trouve invraisemblable qu'avec la fonction qu'il occupe, Gabriel Attal utilise ainsi cette formule populaire incorrecte, que je commence malheureusement à entendre depuis quelque temps, je lui décerne mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Une tannée".

Ce substantif féminin polysémique désigne selon le contexte et le niveau de langue :

  • de la vieille écorce de chêne moulue, dont le tanin résiduel a été extrait à l'eau.

Ce produit résiduel, sorte de sciure provenant de la préparation des cuirs, était utilisé autrefois comme combustible bon marché, ou comme engrais, par les jardiniers,

  • dans le registre populaire et le régistre désuet : une volée de coups, une raclée,

On dit par exemple : "Je vais me prendre une de ces tannées... j'ai laissé la bagnole de mon darron sous un échaffaudage et elle est pleine de peinture !".

  • et dans le registre familier :
    • un défaite sévère et humiliante,

On dit par exemple : "Rater deux penalties et perdre 6-0, moi j'appelle à une tannée".

    • ou : une difficulté, une galère.

On dit par exemple : "J'ai fait tomber le puzzle de 1 000 pièces, que mon père assemblait depuis des semaines, et j'ai dû l'aider à tout recommencer pendant plus de deux jours... quelle tannée !".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et wiktionary.org

"Comme deux comme deux ronds de flan".

Enfant, j'avais trouvé très amusante cette étrange locution adverbiale, en forme d'idiotisme numérique et d'idiotisme alimentaire.

Appartenant au registre populaire, son origine n'est pas vraiment établie, mais elle signifie, au sens figuré : ébahi, stupéfait, surpris, étonné, estomaqué, atterré, coi, frappé d'étonnement.

On dit par exemple: "Mon darron est resté comme deux ronds de flan quand je lui ai dit que j'avais eu un 6 en maths : je n'ai jamais eu une aussi bonne note en six années de collège !".

Ou : "Ma femme va en rester comme deux ronds de flan si je lui dis que j'ai pensé à acheter du pain et à sortir la poubelle".

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Être raide patate".

Cette étrange locution verbale appartient au registre populaire et au registre désuet.

Et elle signifie tout simplement, selon le contexte :

  • être raide dingue, très amoureux.

On dit par exemple : "Adolescent j'étais raide patate d'une fille de ma classe de quatrième".

  • apprécier énormément quelque chose ou quelqu'un,

On dit par exemple : "Ma petite-fille est raide patate de ce film d'animation : elle le regarde en boucle depuis des semaines".

"Ne pas valoir un kopeck", "Ça ne vaut pas un kopeck", "N'avoir pas un kopeck" ou "Ne pas obtenir un kopeck".

"Revers" (côté "pile") d'une pièce russe de un kopeck, de 2005

Le substantif masculin "Kopeck" est un mot russe correspondant à la plus petite unité monétaire russe en circulation qui est le centième de rouble, une monnaie d'argent créée en Russie au XVe siècle et progressivement dévaluée, frappée en cuivre après 1704, et en acier recouvert de cupronickel de nos jours.

Il s'agit d'une monnaie de très faible valeur, correspondant à 0,00011 d'Euros au cours du 26 juin 2021. Inutile par conséquent de vous réjouir si, d'aventure, vous en trouvez même un plein sac, car il vous en faudra pas moins de 8 624 pour obtenir un seul Euro !

Des dizaines de pièces de russes de un kopeck

Cette monnaie est si dérisoire que même les pauvres ménagères russes ne se baissaient pas pour les ramasser durant les périodes de crises. Et la Banque centrale russe envisage d'ailleurs depuis 2010 de le supprimer, car il coûte pas moins de 47 kopecks à produire !

"Avers" (côté "face") d'une pièce russe de un kopeck, de 2005
"Avers" (côté "face") d'une pièce russe de un kopeck, de 2005, dont le "revers" (côté "pile") figure plus haut

Ce mot est utilisé en français, au singulier, dans le registre populaire et dans le registre désuet, depuis les années 1820, comme synonyme du mot "Sou" et signifie donc : une somme minime, voire nulle.

Ainsi, les expressions suivantes signifient respectivement, dans le registre populaire et au sens figuré :

  • "Ne pas valoir un kopeck" : ne pas valoir un sou (registre familier), ne pas valoir un clou (registre familier), ne rien valoir du tout ou n'avoir qu'une valeur dérisoire, ne presque rien valoir.

On dit par exemple : "Tu es certain qu'il faut jeter tous ces vieux meubles ?" "Oui, ça ne vaut pas un kopeck".

  • "N'avoir pas un kopeck" : être financièrement démuni, complètement désargenté, très pauvre.

On dit par exemple : "Je ne risque pas de pouvoir m'acheter une voiture, partir en vacances ou même me soigner les dents : je n'ai pas un kopeck".

  • et "Ne pas obtenir un kopeck" : ne pas obtenir un sou, ne pas obtenir un cent ; ne pas parvenir à toucher le moindre argent.

On dit par exemple : "Si tu veux mon avis, tu peux toujours porter plainte, je pense que tu n'obtiendras pas un kopeck de leur part".

Sources : wiktionary.org, blog.delcampe.net, www.out-the-box.fr et www.larousse.fr

On ne dit pas : "Et bien eux i's'maintiennent" !

Comme a pu le déclarer, le 22 juin 2021, la journaliste française Marianne Théoleyre, dans l'émission "10H30 : 13H", sur la chaîne de télévision publique française d'information en continu franceinfo.

Et pas : "Et bien eux SE maintiennent" !

Cette façon de répéter le sujet ("eux ils") sans même prononcer intégralement le pronom "ils" relève d'un registre populaire indigne d'une professionnelle du verbe.

Je lui décerne donc mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".