"Merci qui ? Merci mon chien ?".

Cette formule du registre populaire en forme d'idiotisme animalier s'utilise pour signifier à quelqu'un - le plus souvent, un enfant - qu'il convient de remercier expressément une personne, lorsqu'elle vient de vous offrir quelque chose par exemple. Et d'y mettre le ton, voire idéalement un certain enthousiasme.

On dit par exemple :

- (Le grand-père) : "Tiens mon petit, voici pour toi".

- (L'enfant) : "Merci".

- (Ses parents) : "Merci qui ? Merci mon chien ?".

- (L'enfant) : "Merci papy !".

On ne dit pas : "On continue d's'en parler dans quelques minutes" !

La journaliste française Bénédicte Le Chatelier

Comme l'a fait, le 20 juillet 2020, la journaliste française Bénédicte Le Chatelier, dans son émission "Le Club Le Chatelier", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais, à tout le moins : "On continue D'EN parler dans quelques minutes" !

Et, idéalement :"NOUS CONTINUERONS D'EN parler dans quelques minutes" !

"Bigner".

Ce charmant petit verbe du registre populaire peut avoir, selon le contexte, deux significations radicalement différentes :

  • voir.

On dit par exemple : "Bigne un peu la gonzesse".

  • ou : cabosser, cogner, endommager légèrement.

Il peut alors s'utiliser indifféremment pour une personne ou pour un objet.

On dit par exemple : "Ce type m'énerve : je vais finir par le bigner !".

Ou : "J'ai encore bigné la bagnole de ma chérie : elle va me tuer !".

Sources : www.linternaute.fr et

On ne dit pas : "J'te dis pas !" ni "J'vous dis pas !" !

Mais : "JE NE te dis pas !" et "JE NE vous dis pas" !

Ces locutions interjectives du registre populaire signifient "Tu n'imagines pas !" ou "Vous n'imaginez pas !".

On dit par exemple : "Il y avait un monde : je ne te dis pas !".

Ou : ": Il avait un de ces appendice : je ne vous dis pas !".

"Un baveux" ou "Le baveux".

Ce mot français peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue utilisé ou du côté de l'Atlantique où l'on se situe :

  • il désigne ainsi, chez nos amis québecois - dans le registre populaire - une personne arrogante et provocatrice.
  • et dans notre pays :
    • dans le langage courant, dans le Sud-Est de la France : le "bolet jaune", un champignon comestible, également appelé "beurré ou "nonnette voilée".

Bolets jaunes, également appelés "baveux", "beurrés" ou "nonnettes voilées"

    • et dans le registre argotique :
      • un avocat.

On dit par exemple : "Avec un bon baveux j'aurais pu éviter la taule".

Un avocat

      • ou : la verge (le pénis).

La verge ou pénis

On dit par exemple : "J'me suis astiqué le baveux".

On retrouve par exemple ce mot - parmi beaucoup d'autres synonymes - dans la chanson grivoise "Les nuits d'un damoiseau".

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à refaire marcher l'économie" !

Comme je l'ai entendu le 6 juin 2020 dans un message publicitaire radiophonique.

Mais : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à refaire FONCTIONNER l'économie" !

Voire, je pense : "Au Crédit Agricole nos conseillers sont là pour vous aider à RELANCER l'économie" !

"Un ongle noir" ou "Un rat".

Ces deux appellations en forme d'idiotisme chromatique et d'idiotisme animalier appartiennent au registre populaire et désignent ce que l'on appelle dans le langage courant "Un hématome sous l'ongle"  et dont le véritable nom est "Un hématome sous-unguéal".

Provoqué par un choc contre l'ongle de pied ou du doigt, il est très douloureux sur le moment et le reste durablement lorsqu'on le presse.

Petit orteil heurtant violemment un pied de table

L'ongle prend ensuite une coloration noire et peut finir par tomber deux ou trois semaines plus tard.

Source : www.topsante.com

On ne dit pas : "Les jeunes qu'arrivent, ben i' z'essayent" !

Comme l'a déclaré l'homme politique français Jean-Luc Mélenchon, le 9 juin 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "Les jeunes quI arrivent, EH bIen iLS essayent" !

Et même : "Les jeunes quI arrivent essayent" !

"Flipper sa race".

Cette locution verbale du registre argotique est utilisée par les jeunes depuis une vingtaine d'années afin de signifier : avoir très peur, être très angoissé.

On dit par exemple : "Kevin flippe sa race : son père veut le changer de bahut".

"Un bahut".

Ce petit mot polysémique change de sens selon le registre de langue et désigne respectivement :

  • dans le langage courant :
    • en architecture : un mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

Un bahut : mur bas servant d'appui à une grille, une colonnade ou une arcade.

    • un meuble : à l'origine un gros coffre de bois destiné au transport.

Bahut coffre en bois

Puis un meuble de grandes dimensions, tel qu'un buffet.

Bahut en bois

On dit par exemple : "On a voulu se débarrasser du vieux bahut du salon, mais ça nous a pris deux jours, à trois, pour monter le buffet suédois Sküngred qu'on s'est acheté à la place !".

    • un récipient en inox utilisé comme ustensile de cuisine dans les cuisines professionnelles.

Bahut de cuisine en inox

  • dans le registre argotique :
    • un camion, un véhicule poids-lourd.

On dit par exemple :"Tu aurais vu les files de bahuts sur l'autoroute : c'était impressionnant !".

Un bahut : un semi-remorque en argot

    • ou un taxi.

Taxi français des années 1980

On dit par exemple : "J'ai eu du mal à trouver un bahut pour rentrer ; j'ai failli rentrer à pinces".

  • et dans le registre populaire : un collège ou un lycée.

On dit par exemple : "Ras le bol du bahut ! Vivement la fac...".

Le collège Jules-Ferry à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976, devenu Lycée depuis
Le collège Jules-Ferry (devenu Lycée) à Conflans Sainte-Honorine (78), où j'ai étudié de la 6e à la 3e, de septembre 1972 à juin 1976
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le lycée Le Corbusier, à Poissy (78), où j'ai étudié de la seconde à la terminale, de septembre 1976 à juin 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre 1979
Le Lycée Jules-Ferry, à Paris (75), place Clichy, où Diane Kurys a tourné "Diabolo menthe" en 1977 et où j'ai fait un début d'hypokhâgne en septembre et octobre 1979, avant de débarquer à Nanterre (92), en histoire et en droit.

En 1980, Michel Nerval a réalisé un film intitulé "Le bahut va craquer !" :

Affiche du film français de Michel Nerval "Le bahut va craquer" (1980)

Source : wikipedia.org