La gamme "EQ" ou "EQ power".

Logo de la gamme EQ de Mercedès

Telle est le sigle anglais (i-kiou-dai-ye-z) que le constructeur automobile allemand Mercedes-Benz nous impose pour désigner, depuis 2019, sa gamme de véhicules électriques à batterie.

Ce mystérieux "EQ", que pas un consommateur sur 100 ni un français sur 100 000 ne doit connaître, signifie en effet : "Electric Quotient" !

Les choses n'auraient-elles pas été bien plus claires si l'on nous avait parlé d'électromobilité intelligente ?

Des pommes variété "Golden delicious" certifiées "Bee friendly" !

Pommes Golden Delicious

Telle est la publicité française de l'enseigne allemande Aldi pour ses magasins français, entendue en septembre 2020 sur la station Rire & Chansons.

Sérieusement : combien de français pensent-ils donc qui comprennent - à l'oral - que "Bee friendly" s'écrit avec deux "e" à "Bee" et non un seul... et que cela signifie "Respectueux des abeilles" !

Logotype du label "Bee friendly"

"Advil Caps" et "Doliprane Caps".

Boîte d'Advil Caps 400mg du Laboratoire PfizerBoîte de Doliprane Caps 1000 mg des Laboratoires Boiron-Dolisos du groupe Sanofi

Tels sont les noms des médicaments proposés par les laboratoires Pfizer et Boiron-Dolisos (groupe Sanofi) successivement proposés sur mon écran de télévision le 6 février 2020 !

Au consommateur de deviner que "Caps" - qui constitue l'apocope du mot anglais "capsules" - signifie... gélules en français !

Sur ce suet, je vous recommande la lecture de mon article sur la véritable raison de ces nouvelles appellations ("Caps", "Tabs") de nos médicaments.

 

Pourquoi dire : "Caps" et "Tabs" !

Et pas : "Gélules" et "Comprimés" !

Sérieusement : combien de français sont à même de comprendre que les mots "Caps" et "Tabs" sont les apocopes des mots anglais "CAPSules" et "TABletS" et signifient respectivement "Gélules" et "Comprimés" !

Certes ces traductions figurent bien en petit, plus bas, sur les boîtes, mais il est concrètement impossible de distinguer autre chose que les mots "Caps" et "Tabs" à deux mètres de distance, derrière un comptoir.

Comme toujours dans les articles de cette collection, je m'élève contre la commercialisation dans notre pays de produits portant des noms anglais. Mais dans ce cas particulier, mon agacement est accentué par le fait qu'il s'agit de médicaments, domaine pour lequel l'information devrait être, à mon sens, la plus claire possible.

Boîte de Doliprane Caps 1000 mg des Laboratoires Boiron-Dolisos du groupe SanofiDoliprane Tabs 1000 mg des Laboratoires Boiron-Dolisos du groupe Sanofi

Et surtout, je suis choqué de constater que cette commercialisation se fait, au surplus, depuis la fin 2015, à travers le biais d'écrans publicitaires télévisés, là où la réglementation prohibait jusque là la publicité pour les médicaments.

Le quotidien "Le Monde", s'en préoccupait d'ailleurs en ces mots, le 12 janvier 2016 :

"Un spot pour le Doliprane au milieu des sonaux de Noël et des publicités pour les jouets. Voilà ce que les Français ont pu découvrir, fin 2015, sur leurs petits écrans ; une première pour cet incontournable des pharmacies. Commercialisé depuis plus de cinquante ans, le Doliprane était jusque-là interdit de publicité, comme tous les médicaments disponibles sur prescription et remboursés par la Sécurité sociale.

Afin de contourner cet obstacle, Sanofi, son fabricant, a eu recours à une astuce : il a lancé en octobre une nouvelle gamme d’antalgiques en accolant à sa célèbre marque des suffixes tels que "Tabs" ou "Caps".

Tous contiennent le même principe actif que le Doliprane - du paracétamol - mais ils sont vendus sans ordonnance et ne sont pas pris en charge par l’assurance-maladie. Cela donne le droit à Sanofi d’en faire la promotion et d’en fixer librement le prix. La nuance est subtile, mais rien dans le code de la santé publique n’interdit ou n’encadre cette pratique. "Le développement des "marques ombrelles" va dans le sens de l’automédication responsable parce qu’elles permettent une identification rapide du produit et de l’aire thérapeutique par le patient" ose affirmer le fabricant. "La marque est un gage de réassurance. Cette gamme vient compléter la gamme remboursable existante. L’idée n’est pas de substituer une offre à une autre, mais de compléter l’éventail de solutions contre la douleur pour satisfaire tous les patients".

Ben voyons ! Prenez-nous pour des crétins en plus !

Naturellement, tous les laboratoires se sont engouffrés dans la brèche, et les étagères de vos pharmacies sont désormais envahies de "Caps" et de "Tabs"...

"Bestfizz", "Longfizz" et "Surfizz" !

Tels sont les noms anglais des produits vantés, en mai 2019, par la marque de confiserie française Lutti, sur les distributeurs automatiques de bonbons situés sur les quais de gare ou de métro français.

Lesquels noms figurent au surplus sur des affiches agrémentées des slogans "Mets du fizz dans ton trajet" et "Fizz, fresh & fun !"!

Honte à cette firme, décidément fâchée avec le français!