On ne dit pas : "Au final" !

Mais : "Finalement", "Pour finir", "À la fin" ou "En dernier lieu" !

On dira par exemple :

  • "Finalement il vient ou pas ?", plutôt que "Au final il vient ou pas ?",
  • "Et, pour finir, je suis rentré tout seul", plutôt que "Et, au final, je suis rentré tout seul",
  • "À la fin, il obtient gain de cause", plutôt que "Au final, il obtient gain de cause",
  • "Je dirai, en dernier lieu que", plutôt que "Je dirai, au final, que".

Source : academie-francaise.fr

On ne dit pas : "Cap sur les États-Unis et sa fameuse route 66" !

Comme l'a déclaré le journaliste français Daniel Fiévet, le 16 août 2019, dans son émission radiophonique "Le temps d'un bivouac", sur France Inter.

Mais : "Cap sur les États-Unis et leur célèbre route 66" !

On ne dit pas : "Ça m'pose une interrogation" ni "C'est des sujets sur lesquels c'est pas si simple d'y répondre" !

Comme l'a déclaré le député LREM Richard Ramos, le 14 août 2019, sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

Mais : "CELA M'AMÈNE À M'INTERROGER" et "CE SONT des sujets AUXQUELS IL N'est pas si simple DE répondre" !

Pour ces deux déclarations pitoyables je décerne sans hésiter à cet élu de la Nation mon label de médiocrité "Fâchés avec le français"

.

"À l'époque" ne signifie pas "Autrefois" !

Je suis exaspéré par cet usage erroné, de plus en plus répandu, de la locution adverbiale "À l'époque".

Ce fut d'abord ma jeune belle-fille, tout juste âgée d'une dizaine d'années, il y a de cela aujourd'hui plus de 15 ans, que je devais reprendre systématiquement, ainsi que ses camarades, lorsque je les entendais dire ex abrupto : "À l'époque il y avaient des dinosaures" ou "À l'époque les gens roulaient en carrosse".

Mais à quelle époque ?

Désormais, cependant, je l'entend de plus en plus fréquemment dans la bouche d'adultes (et pour cause, ladite jeune femme ayant, à présent, 26 ans révolus !), et ce, y compris dans les organes d'information !

Or "À l'époque" n'a bien évidemment jamais signifié "Autrefois", pas plus qu'il n'est possible de l'utiliser seule, sans période de référence !

Très concrètement, voici les quatre seules façons possibles d'utiliser cette locution :

  • "À l'époque de".

Par exemple : "À l'époque de Louis XIV les nobles roulaient en carrosse".

  • "À l'époque où".

Par exemple : "À l'époque où j'ai rencontré ta mère, je vivais à Paris et, elle, à Aix-en-Provence".

  • "À cette époque" ou "À l'époque" : si et seulement si l'on a posé au préalable un cadre temporel.

Par exemple : "J'ai longtemps vécu à Paris (75). À cette époque j'allais au cinéma au moins 100 fois par an".

Ou : "J'ai passé mon baccalauréat à Saint-Germain-en-Laye (78), car à l'époque, il n'y avait pas de lycée à "Conflans Sainte-Honorine (78), où je demeurais".

On ne dit pas : "Ça va ternir l'image de nous" !

Comme l'a lamentablement déclaré, le 14 août 2019, le jeune toulousain nettoyant bénévolement les plages, interrogé sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.

Mais : "Cela va ternir NOTRE image" !

Comme souvent en pareil cas, je suis proprement effaré par la propension de toutes ces personnes, manifestement peu exercées à s'exprimer de manière correcte, à s'efforcer systématiquement de trop rehausser leur niveau de langue lorsqu'elles sont interrogées par un journaliste. Ce qui donne souvent d'elles l'image d'une personne incapable de construire une phrase correcte, alors que ce n'est pas forcément le cas.

Ici par exemple : ce jeune aurait naturellement bien mieux fait de se contenter de dire "Ça va abîmer notre image", phrase qui me semble avoir été largement à sa portée. Je ne peux en effet pas croire que l'on ne puisse pas dire "notre image" - et non "l'image de nous" - dès lors que l'on connaît la signification du verbe "ternir".

Même s'il ne relevait que du langage courant, le verbe "abîmer" était largement suffisant : nul besoin d'aller se creuser les méninges pour trouver le verbe "ternir", qui relève davantage du registre soutenu, pour ensuite se vautrer lamentablement, tout concentré qu'il était, le pauvre, en achevant sa phrase par "l'image de nous", qui le ridiculise en le faisant passer pour un analphabète, qu'il n'est clairement pas.

Je ne saurais trop conseiller aux jeunes ou aux personnes ne maniant pas notre langue avec aisance, de se contenter de phrases simples du langage courant, voire familier, plutôt que d'essayer en vain de rehausser leur niveau de langue.

Et de ne surtout pas chercher à vouloir utiliser des mots, verbes ou expressions du registre soutenu ne relevant clairement pas de leur vocabulaire actif.

Ne sachant les maîtriser correctement, c'est la catastrophe assurée.

On ne dit pas : "Faire des griefs" !

Comme l'a malheureusement déclaré Catherine Nayl, directrice de l'information de France Inter, le 25 janvier 2019, au micro d'Emmanuelle Daviet dans l'émission radiophonique "Le rendez-vous de la médiatrice", se félicitant de ce que les auditeurs prenaient la peine de contacter ses journalistes afin de leur faire part de leurs reproches concernant la couverture médiatique du mouvement des "Gilets jaunes", souvent jugée abusive.

Mais : "Faire grief" ou "Faire part de griefs" !

En raison de son niveau de responsabilité, du domaine dans lequel elle travaille (l'information), de ce qu'elle est une professionnelle du verbe, exerçant au plus haut niveau et donc, à ce titre, entourée d'une équipe de spécialistes de la communication dont certains l'aident à préparer ses interventions, ainsi que du cadre dans lequel elle a sorti cette formule (entretien préalablement préparé), je lui décerne sans hésiter mon label "Fâchés avec le français" !