"Voir du pays" et "Faire voir du pays".

Ces deux locutions verbales possèdent des significations très différentes et ne doivent donc surtout pas être confondues :

  • "Voir du pays" signifie en effet, au sens propre : voyager à l'étranger, découvrir le monde.

On dit par exemple : "Après mon bac, j'ai voulu voir du pays et suis parti pendant dix mois faire un tour du monde".

Un jeune homme parti "voir du pays", c'est à dire, voyager, parcourir le monde

  • tandis que "Faire voir du pays" signifie, au sens figuré, et dans le registre familier : occuper à outrance, submerger de travail ; donner de l'exercice ; créer des problèmes, susciter des difficultés, des soucis.

On dit par exemple : "Mon père m'a raconté que son service militaire avait été épouvantable, à cause d'un adjudant qui lui avait fait voir du pays".

Sources : www.linternaute.fr

"Ni fait ni à faire".

Cette locution adjectivale appartient au registre familier.

Et elle s'utilise, de manière péjorative, à propos d'une tâche ou d'un travail déjà effectué, sur lequel on porte un jugement totalement négatif en raison de la façon dont il a été effectué :

  • "Ni fait", car cela n'a pas été fait dans les règles de l'art,
  • et "Ni à faire", car à ne surtout pas reproduire.

"Ni fait ni à faire" signifie par conséquent : bâclé, mal fait, à refaire dans son intégralité.

On dit par exemple : "Mais qu'est-ce que c'est que ce travail ! Ce n'est ni fait ni à faire : vous allez me recommencer ça depuis le commencement ! Et vite !".

Ou : "C'est quoi ce truc : c'est ni fait ni à faire !".

Sources : wiktionary.org et forum.wordreference.com

"Faire un joueur", "Faire M'Bappé" ou "Faire Messi".

Cette locution verbale relève du registre familier.

Et elle régulièrement utilisée par les journalistes sportifs spécialisés, dans le domaine du football, pour signifier, par ellipse lexicale de "Faire signer un joueur" : recruter un joueur.

"Ne pas faire semblant".

Cette locution verbale appartient au registre familier.

Et elle signifie, selon le contexte : travailler ou faire quelque chose ardemment, avec entrain et dynamisme, ne pas s'économiser, mettre du coeur à l'ouvrage.

On dit par exemple : "Mais tu as bientôt fini ! Tu ne fais pas semblant dis-donc !".

Ou : "Moi quand je dis que je range, je range : je ne fais pas semblant !".

"Faire pleurer Mirza".

"Faire pleurer Mirza", c'est à dire : uriner

Cette étrange locution verbale relève du registre familier.

Et signifie tout simplement : uriner.

On dit par exemple : "Attendez-moi les gars : je vais faire pleurer Mirza et j'arrive !".

Cette expression fait naturellement référence à la sympathique chanson "Mirza", chantée en 1965 par l'excellent Nino Ferrer, et dans laquelle celui-ci évoque son chien ; un animal que l'on sort... pour uriner.

Un petit chien sur une pelouse, urinant le long d'un arbre

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Uriner" en français.

"Faire la lumière" ou "Faire toute la lumière" sur une affaire ou sur quelque chose".

Ces deux locutions verbales du langage courant signifient, au sens figuré : l'élucider, l'expliquer, la clarifier, l'éclaircir ; en révéler les tenants et les aboutissants ; découvrir la vérité.

On dit par exemple : "Mon patron a décidé de faire la lumière sur cette affaire de contrefaçon éventuelle".

Ou : "Je ne dormirai pas tranquille tant que je n'aurai pas fait toute la lumière sur cette histoire".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et dictionnaire.reverso.net

"Faire la grâce de".

J'aime beaucoup cette formule du registre soutenu.

Elle signifie, selon le contexte :

  • épargner quelque chose à quelqu'un, l'en dispenser,

On dit par exemple : "Le président m'a fait la grâce de m'obliger à réécrire l'intégralité de son discours".

Ou : "C'est trop de grâce que vous me faîtes !".

  • ou : lui accorder une faveur à laquelle il ne pouvait pas nécessairement prétendre.

On dit par exemple : "Faîtes-moi la grâce de penser que je ne suis pas assez sot pour avoir déclaré pareille sottise !".

Sources : dictionnaire.reverso.net, www.linternaute.fr et wiktionary.org

"Faire pleurer dans les chaumières" et "Faire pleurer Margot".

Ces deux locutions verbales appartiennent au registre familier.

Elles s'utilisent toutes deux de manière légèrement ironique et signifient : susciter la pitié, émouvoir par des procédés faciles, faire pleurer en utilisant des sentiments grossiers.

On dit par exemple : "Tu as vu le reportage hier à la télé ? Ils ont voulu faire pleurer dans les chaumières avec leur histoire de bébés chiens affamés...".

Ou : "Ma fille a encore inventé une histoire à faire pleurer Margot pour justifier ses absences au collège".

Source : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.languefrancaise.net

"Faire tintin".

Cette étrange locution verbale en forme de gémination relève du registre familier.

Elle n'a rien à voir avec le jeune reporter à la houpe "Tintin", créé en 1929 par le dessinateur et scénariste belge Hergé.

Mais semble en revanche relativement contemporaine de cette période, puisqu'elle serait d'abord apparu dans l’argot militaire, au cours des années 1930, sous la forme "Faire tintin ballon", au sens de : "Être privé de vin".

Le jeune reporter Tintin, créé en 1929 par Hergé (© Moulinsart)
Le jeune reporter Tintin, créé en 1929 par Hergé (© Moulinsart)

Et elle signifie : être frustré, privé de quelque chose ; ne rien recevoir, ne rien obtenir, alors que l’on attendait quelque chose.

On dit par exemple : "Tu peux faire tintin pour que je t'aide la prochaine fois !".

Ou : "Mon mari a oublié de me souhaiter ma fête : je peux te dire qu'après ça il a fait tintin !".

Source : wiktionary.org

On dit "Faire UNE sieste" ou "Faire LA sieste". Et on dit "Faire UN somme" mais pas "Faire LE somme" !

Une jeune femme effectuant une sieste sous des arbres

Ce qui étonne bien sûr fréquemment nos amis étrangers lorsqu'ils apprennent notre langue.

  • Le substantif féminin "La sieste" (langage courant) désigne en effet : une pratique consistant en un bref temps de repos pris au cours de la journée (ou de la nuit pour les travailleurs nocturnes), le plus souvent après l'heure du déjeuner (même si l'on a pas mangé), lorsque la fatigue apparaît et l'attention diminue.

On dit par exemple : "Faire la sieste vers 13H30 est très recommandé".

  • tandis que "Une sieste" désigne : ce que l'on fait lorsque l'on pratique la sieste.

On dit par exemple : "Je vais aller faire une sieste, cela me fera du bien".

  • et que le substantif masculin "Un somme" (langage courant) désigne lui : un bref temps de sommeil pris à n'importe quel moment de la journée.

On dit par exemple : "Ton père était fatigué en rentrant de son travail, il est allé faire un somme".

Alors qu'il n'existe pas de verbe spécifique correspond à la sieste, le verbe correspondant au substantif masculin "Un somme" est "Sommeiller", dont il faut savoir qu'il s'agit d'un verbe polysémique.

Sources : www.cnrtl.fr et www.lalanguefrancaise.com