"Avoir une maladie des boyaux de la tête" et "Être analphabète comme ses pieds".

J'adore ces deux formules drolatiques du regretté Coluche, qui signifient naturellement toutes deux "Être idiot".

Explication du calembour
Il résulte de l’utilisation volontairement erronée du mot « Analphabète » en lieu et place du mot « Bête » dans l’expression du registre familier « Être bête comme ses pieds ».

Relevant du registre familier, elles datent de 1977 et de son célèbre sketch "Le clochard analphabète".

Coluche dans son sketch "Le clochard analphabète".

Sur ce même thème, je vous recommande la lecture de ma collection d'articles "Mille et une façons de dire Être idiot ou Un idiot" et, en particulier, mon article sur mes façons préférées de dire "Être idiot".

"Le milieu a tué un parrain. C'est bien. Mais..."

"...deux par deux ça irait plus vite !".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre « un parrain » et « un par un ».
Explications complémentaires
Le « milieu » ou « grand banditisme » est l’appellation donnée au crime organisé en France. Et un « parrain » est le chef d’une famille mafieuse.

C'est évidemment à Coluche que l'on doit ce superbe aphorisme, extrait de "Y s’foutent bien de notre gueule" (1986).

"Pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps".

J'ai toujours trouvé plaisante cette formule du registre familier signifiant tout simplement "Récemment".

Et davantage encore, bien sûr, sa reprise par le regretté  Coluche sous la forme "Pas plus tard que y a pas longtemps", dans son sketch sur la politique française "Votez nul", sorti en disque en 1989, sur l'album "Coluche : l'intégrale, vol.4.

On ne dit pas : "En bonnet difforme", pas plus que "En bon uniforme" !

Mais : "En bonne et due forme" !

C'est à dire :

  • au sens propre : Conformément aux lois et aux règlements en vigueur.
  • et, au sens figuré, dans le registre familier, : selon les manières en usage.

"En bonnet difforme" est un savoureux calembour créé par l'humoriste français Coluche, en 1977, dans son sketch "Le clochard analphabète". Grâce lui en soit rendue ici.

"Mais dites moi... jusqu'où s'arrêteront-ils ?".

J'adore cette expression de l'idole de mon adolescence, Coluche, que j'utilise assez régulièrement.

Elle est issue de son sketch de 1980 intitulé "La revue de presse".

Cette formule incorrecte - à dessein, bien sûr - contracte les locutions verbales "JUSQU'où iront-ils" et "OÙ S'ARRÊTERONT-ILS ?", pour donner cette phrase extraordinaire, encore régulièrement utilisée, je crois, par d'assez nombreux français quarante ans plus tard.

"Jésus-Christ... et la caravane passe !" ou "Jésus crie... et la caravane passe !".

Ce superbe calembour de Coluche extrait de son sketch "Le blouson noir" n'a pas pris une ride depuis 1975 !

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le nom « Jésus-Christ » et la locution nominale « Jésus crie », associée au proverbe « Le chien aboie, la caravane passe« .

Coluche dans "Le blouson noir" (1975)

On ne dit pas : "Honni soit qui manigance" !

Comme l'a très astucieusement fait Coluche dans ce génial calembour, que l'on peut retrouver dans "Les inoubliables", un recueil d'aphorismes posthume, publié en 1992 aux Éditions Fixot.

Explication du calembour
« Il résulte de l’homophonie entre la formule inventée par Coluche « Honni soit qui manigance » et la devise du Très noble ordre de la Jarretière « Honni soit qui mal y pense » . »

Mais "Honni soit qui mal y pense".

  • Cette expression constitue en effet la devise (en français) du très noble ordre de la Jarretière, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.
  • Et elle s'emploie chez nous, de nos jours, à l'attention de ceux qui suspecteraient des intentions malicieuses ou malveillantes derrière des paroles prononcées ou des actes accomplis sans aucune arrière-pensée.

Ce qui pourrait se dire de manière plus moderne par une formule du type : "Honte à celui qui voit le mal (dans mon geste ou dans mon propos)".

On dit par exemple : "Honni soit qui mal y pense : lorsque je regarde la femme du directeur je suis  en admiration car je trouve qu'elle a un corps sublime".

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