"C'est le bordel !", "C'est le box !", "C'est le boxon !" ou "Quel bordel !", "Quel box !", "Quel boxon !".

Ces différentes locutions interjectives appartiennent toutes au registre argotique voire au registre vulgaire.

Et désignent, au sens figuré :

  • un grand désordre, un foutoir (registre vulgaire).

On dit par exemple : "La gestion de cette crise est un vrai brodel".

  • ou : une situation chaotique.

On dit par exemple : "C'est le bordel depuis que ce gouvernement est en place".

Ou : "Cette grève a créé un gros bordel".

Sur un thème contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de désigner un établissement où se pratique la prostitution.

"Lèche-cul" ou "Un lèche-cul" et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") ou "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes").

  • "Un lèche-cul"  est un substantif masculin du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes") est un substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire.

Les deux désignent, de façon très imagée, au sens figuré : une personne servile envers sa hiérarchie ou envers les puissants ; un flagorneur ; quelqu'un qui flatte servilement celui qui détient un pouvoir ou représente une autorité.

On dit par exemple : "L'assistant de mon directeur est un vrai lèche-cul".

Ou : "Je n'ai jamais pu jouer les lèche-botte(s) avec mes supérieurs hiérarchiques".

  • "Lèche-cul" est un adjectif du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") est un adjectif du registre familier.

Les deux qualifient ce type de personnes, de façon très imagée, au sens figuré.

On dit par exemple : "Je recherche un collaborateur dévoué et efficace, pas un secrétaire lèche-cul".

Ou : "Les employés lèche-botte(s) sont bien vus dans cette société".

Sources : www.cnrtl.org, wiktionary.org et www.larousse.org

"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Agir très efficacement sur le gros colon".

J'aime beaucoup cette formule pour le moins distinguée - que l'on peut même considérer comme appartenant au registre soutenu - signifiant : exaspérer, irriter au plus haut point, et donc... dans le registre vulgaire et dans le registre scatologique : faire chier !

"Avoir la haine", "Foutre la haine" et "Mettre la haine".

Ces différentes locutions verbales du registre argotique sont des expressions relativement récentes, apparues à la fin du XXe siècle.

Issues de l'argot des banlieues, elles sont principalement utilisée par les jeunes.

Et la "haine" en question est un état de fureur, causé par une réaction incontrôlable à une situation ou une personne ayant porté un tort considérable à celui ou celle qui en est la cible, et qui "a (donc) la haine" ou à qui l'on a "foutu la haine" ou "mis la haine".

  • "Avoir la haine" signifie ainsi, selon le contexte :
    • éprouver un sentiment très vif de déception et de ressentiment, être énervé, exaspéré, révolté. Ou "avoir la jeura" (verlan pour "rage").

On dit par exemple : "J'ai la haine de pas pouvoir aller au concert !".

    • ou : avoir honte.

On dit par exemple : "Mon frangin a la haine de pas t'avoir rappelé".

  • tandis que  "Foutre la haine" et "Mettre la haine" signifient, selon le contexte :
    • énerver, exaspérer, révolter.

On dit par exemple : "La prof de maths elle m'a foutu la haine".

    • provoquer la honte, "coller la honte" (registre familier), "foutre les boules" ou "mettre les boules" (registre vulgaire).

On dit par exemple : "Ma gonzesse elle m'a mis la haine devant toute la bande".

Sources : wikipedia.org, www.larousse.fr, www.dictionnairedelazone.fr, www.languefrancaise.net et www.linternaute.fr

"Chercher la petite bête".

Cette locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie, au sens figuré : ergoter (registre soutenu), pinailler (registre familier).

Et notamment :

  • être extrêmement méticuleux, être excessivement pointilleux, trop s'attacher aux détails,
  • et même souvent : s'efforcer de découvrir une erreur, de déceler la moindre irrégularité.

Deux autres expressions en forme d'idiotismes animaliers s'en rapprochent beaucoup :

  • "Chercher des poux" ou "Chercher des poux dans la tête",

Et il existe trois jolis mots désignant une petite bête : "Un animalcule", "Une bestiole" et "Un bestion" .

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

Ne dites pas : "C'qui s'passe ? Ben i' veut p'u qu'les mômes i' bouffent d'la merde, alors ê' chiale !"

Mais plutôt : "Ce qui se passe ? Et bien il souhaite que l'on surveille davantage l'alimentation des enfants et cela la fait pleurer !".

Vous passerez ainsi du registre vulgaire et du registre scatologique au langage courant.

Traduction littérale de la phrase de titre
« CE qui sE passe ? Ben iL NE veut pLuS quE les mômes iLS bouffent dE la merde, alors ELLE chiale ! »

"En baver", "En baver des ronds de chapeaux", "En chier" ou "En chier des ronds de chapeaux".

Ces différentes expressions signifient toutes, selon le contexte et au sens figuré :

  • souffrir.

On dit par exemple : "Je m'suis fêlé trois côtes une fois quand j'étais jeune : j'en ai bavé !".

Ou : "Avec ce nouvel entraîneur, il y en a qui vont en chier des ronds de chapeaux !".

  • ou : endurer de sérieuses difficultés, subir un mauvais traitement ; être dans une situation pénible.

On dit par exemple : "L'équipe va en baver face un tel adversaire".

Ou : "Ma fille en a bavé des ronds de chapeaux en première année de médecine".

"En baver des ronds de chapeaux" et "En chier des ronds de chapeaux" sont des idiotismes vestimentaires. Et ils font référence aux morceaux de plomb circulaires servant autrefois à maintenir leur forme aux chapeaux et d'abord appelés "Ronds de plomb" puis "Ronds de chapeaux".

Registres de langue :

  • "En baver" et "En baver des ronds de chapeaux" relèvent du registre argotique.
  • "En chier" et "En chier des ronds de chapeaux" relèvent du registre vulgaire.

Source : www.expressio.fr

 

"En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule", "Chier pour son matricule" ou "En prendre pour son matricule".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes militaires signifient : aller mal, barder, être mauvais, dangereux, fâcheux ; avoir des ennuis, des problèmes, du souci à se faire ; se faire fortement gronder, punir, sanctionner, sermonner.

On dit par exemple :

  • "Si tu ne rentres pas tout de suite tu vas en prendre pour ton grade car les parents sont furieux",
  • "Ça va barder pour son matricule si Michel oublie encore l'anniversaire de sa gonzesse",
  • "Ça va chier pour ton matricule car le patron a appris que c'était toi qui avais rayé la carrosserie de sa bagnole",
  • ou : "J'en ai pris pour mon matricule au boulot car cela faisait trois fois que j'arrivais en retard cette semaine".

Toutes ces expressions remontent au début du XXe siècle et puisent leurs sources dans l'argot des casernes et des prisons.

Dans l'administration pénitentiaire ou à l'armée, en effet, le "Matricule" désigne d'abord : le registre où sont inscrits et répertoriés les noms des prisonniers ou soldats, avec leur numéro d'inscription sur ce registre matricule.

Et, par extension : le prisonnier ou le soldat lui-même.

"Pour son grade" ou "Pour son matricule" s'emploie donc à la place de "pour lui".

En terme de niveaux de langage :

  • "En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule" et "En prendre pour son matricule" relèvent du registre familier,
  • tandis que "Chier pour son matricule" appartient au registre vulgaire ainsi qu'au registre scatologique.

Sources : www.languefrancaise.net et expressions-francaises.fr

Ne dites pas à un québecois : "J'adore les gosses, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !" !

Mais plutôt : "J'adore les GAMINS, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Ou : "J'adore les MÔMES, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Car si, pour nous français, ce substantif masculin ou féminin du registre familier signifie "Enfant", il s'agit, pour les québecois, d'un substantif féminin du registre vulgaire signifiant... "Testicule" !

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mes articles "Quand la différence de niveau de langage crée l'incompréhension...". et "Ne dites pas : S'palucher l'engin tout l'temps" !

"Y a pas à tortiller du cul", "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit" ou "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille" !

Ces différentes ellipses de :

  • "IL N'y a pas à tortiller du cul",
  • "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit",
  • et "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille",

... appartiennent toutes les trois au registre vulgaire et au registre scatologique.

Et elles signifient, selon les circonstances :

  • il n'y a pas à hésiter,
  • il n'y a pas à contester,
  • c'est comme ça, inutile de discuter, il faut obéir,
  • il faut dire ce qui est, il faut l'avouer.

On dit par exemple : "Y a pas à tortiller, personne n'avait anticiper une telle pandémie".

ou : "Y a pas à tortiller du cul, j'dois m'rach'ter une bagnole si j'veux pouvoir aller m'faire une toile en ville de temps en temps".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

26 façons de dire "Se masturber" pour un homme.

On pouvait naturellement s'en douter : le registre vulgaire et le registre argotique sont d'une incroyable richesse dans ce domaine, puisqu'ils nous proposent à eux seuls pas moins de 18 formules, souvent d'une étonnante fantaisie et déliceusement savoureuses : "Aller voir la veuve poignet", Aller voir madame cinq doigts", "Cirer le pingouin", "Emmener Popaul au cirque", "Étrangler le borgne", "S'astiquer", "S'astiquer le poireau", "Se branler", "Se cirer le manche", "Se faire reluire", "Se palucher", "Se pignoler", "Se pogner", "Se polir le chinois", "Se polir le jonc", "Se taper une queue" ou "Se tirer sur l'élastique", "Se tirer sur la nouille".

Et les marseillais disent "Se séguer" ou "Se taper la sègue".

Sinon, le langage courant ne nous offre guère que "Se caresser" ou "Se toucher".

Et le registre soutenu : "Pratiquer l'onanisme" !

Enfin nos amis québecois disent "Se crosser" et "Se pogner le bat" (registre vulgaire) ou "Se passer un poignet" (registre familier).

Je vous recommande par ailleurs l'audition et la lecture des paroles de la chanson "Les nuits d'un damoiseau", qui comporte XX des expressions recensées dans le présent article.

Ainsi que la lecture de mon article sur toutes les façons de dire "Éjaculer".

Source : wiktionary.org

"S'en ficher comme de l'an quarante", "S'en moquer comme de l'an quarante", "S'en soucier comme de l'an quarante", "S'en branler comme de l'an quarante" ou "S'en foutre comme de l'an quarante".

Cette expression à l'origine lointaine et mystérieuse appartient au registre familier.

Et elle signifie : "Ne pas attacher la moindre importance à quelque chose".

On dit par exemple : "On a beau expliquer aux gens que notre mode de vie actuel nous mène droit à la catastrophe climatique, ils s'en soucient comme de l'an quarante !".

Les variantes "S'en branler comme de l'an quarante" et "S'en foutre comme de l'an quarante" appartiennent au registre vulgaire.

Source : www.larousse.fr et www.grevisse.fr

"Péter plus haut que son cul".

J'aime beaucoup cette expression du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel qui signifie : viser une situation trop élevée pour ses compétences, être trop prétentieux, snob, ambitieux ; se croire très important, plus important que ce que l'on est.

Le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est pas vraiment récente, puisqu'elle date du XVIIe siècle et que François Rabelais écrivait déjà au XVe siècle : "Celui-là qui veut péter plus haut qu’il n’a le cul doit d’abord se faire un trou dans le dos".

D'ailleurs, nos amis québécois disent pour leur part : "Péter plus haut que le trou" !

Je lui préfère la superbe formule "Se croire le premier moutardier du Pape", que je me permets de vous recommander chaleureusement.

Source : wiktionary.org, www.expressio.fr et Le Robert