"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage".

J'aime beaucoup cette expression du registre désuet en forme d'idiotisme textile, qui signifie : n'hésitez pas à travailler et retravailler inlassablement votre projet ou votre texte, à le peaufiner, à l'instar de l'artisan tisserand, qui ne cesse de remettre, autant de fois qu'il le faudra, son ouvrage (c'est à dire la pièce de tissu qu'il est en train de fabriquer) sur son métier à tisser.

Tisserand sur son métier à tisser

Il s'agit d'une citation de l'écrivain français Nicolas Boileau dit Boileau-Despréaux, extraite de "L’Art poétique", un poème didactique de onze cents alexandrins classiques paru en 1674, qui a, à mon sens gardé toute son actualité, près de trois siècles et demi plus tard.

Comme c'est également le cas avec une autre de ses célèbres phrases ("Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement"), je trouve qu'elle gagne à être réinsérée parmi celles qui la précède et la suive :

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez".

Source : wiktionary.org

"De deux maux, il faut choisir le moindre" ou "Entre deux maux, il faut choisir le moindre".

C'est au philosophe grec Aristote que nous devons cette expression proverbiale, citée dans le Livre II de l'"Éthique à Nicomaque", et qui signifie : face à une situation délicate, à un problème difficile, il faut opter pour la solution la moins risquée ou pénible.

Autrement dit, confronté à une alternative où chaque possibilité offerte semble dangereuse ou douloureuse, il convient néanmoins de se résigner à faire un choix raisonné.

Source : www.linternaute.fr

"Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément".

C'est à l'écrivain français Nicolas Boileau, dit Boileau-Despréaux, que nous devons cette superbe formule, que l'on trouve souvent, de nos jours, reformulée sous la forme "Ce quI SE conçoit bien s'énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément".

Extraite de "L’art poétique", un poème didactique de onze cents alexandrins classiques paru en 1674, elle n'a, je pense, pas pris une ride en près de 350 ans.

On ignore souvent la deuxième partie de cette citation. Ainsi que les trois phrases qui la précède, à mon sens tout aussi intéressantes : "Avant donc que d'écrire, apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure".

De fait, il est rare qu'une idée ou un concept pertinent fasse l'objet d'une explication confuse ou embrouillée. Bien au contraire, ainsi que l'affirme Boileau-Despréaux, plus il est exprimé de façon simple, meilleur est-il, le plus souvent.

Sources : wikipedia.org et dicocitations.lemonde.fr

"Qui se sent morveux, qu'il se mouche" ou "Qui se sent morveux, se mouche".

On l'oublie souvent, mais c'est au génial Molière que nous devons cette extraordinaire formule devenue proverbiale, que j'utilise personnellement très régulièrement.

Elle est en effet extraite de l'acte 1, scène 3 de sa célèbre comédie en prose, écrite en 1668, "L'avare ou l'école du mensonge".

Et elle signifie en quelque sorte : "Si l'on se sent visé par quelque chose, c'est vraisemblablement parce que l'on est concerné".

Elle s'utilise - au sens figuré - pour commenter l'attitude d'une personne réagissant vivement à une critique, une réflexion, un reproche ne lui étant pas spécialement adressé, parce qu'elle se sent directement visée et la (ou le) prend pour elle-même parce qu'elle est concernée.

Et elle est assez proche de l'expression proverbiale "Si le chapeau te fait, mets-le".

Source : wiktionary.org

"Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage".

"Le lion et le rat" de Jean de la Fontaine (Livre II, fable 11. 1668 )

J'adore cette admirable phrase du registre soutenu qui a si merveilleusement traversé les siècles.

Elle constitue en effet la morale concluant la fable de Jean La Fontaine intitulée "Le lion et le rat" (Livre II, fable 11. 1668 ).

Et signifie qu'il est inutile de s'énerver lorsque l'on est confronté à une difficulté. Et qu'il faut au contraire faire preuve de patience et agir posément.

"Le lion et le rat"

"Il faut, autant qu'on peut, obliger tout le monde
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d'un lion
Un rat sortit de terre assez à l'étourdie.
Le roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu'il était et lui donna la vie .
Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu'un aurait-il jamais cru
Qu'un lion d'un rat eût affaire ?
Cependant il avint qu'au sortir des forêts
Ce lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.
Sire rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu'une maille rongée emporta tout l'ouvrage.

Patience et longueur de temps
Font plus que force ni que rage".

Sources : www.linternaute.fr et www.lafontaine.net

"La fortune sourit aux audacieux".

Ce proverbe signifie qu'il faut prendre des risques pour réussir.

Il s'agit de la traduction d'un vers latin du poète romain Virgile (15 octobre 70 - 21 septembre 19 Av J.-C.) extraite de l'Énéïde (X, 284), sa grande oeuvre inachevée, publiée peu après sa mort, en 19 av J.-C. : "Audaces fortuna juvat".

Sources : wiktionary.org et www.citations-antiques.com

"Je pense, donc je suis".

C'est au mathématicien, physicien et philosophe français René Descartes que nous devons cette célèbre formule, issue de son "Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences", publié le 8 juin 1637.

Bien que rédigée en français (fait exceptionnel pour l'époque), elle est souvent appelée "Le cogito", du fait de sa traduction latine ("Cogito, ergo sum").

Signification :

Ma pensée prouve mon existence puisque, pendant que je doute de tout - jusqu'à même douter de ma propre existence - il faut bien que la pensée même du doute qui m'anime soit quelque chose.

Et cette chose est le fondement même de mon existence.

Si je doute, je pense, et cette chose pensante - aussi douteuse soit-elle - n'est pas rien ; j'existe donc par la pensée.

"Le diable est dans les détails", "Le diable se cache dans les détails" ou "Le diable se niche dans les détails".

Cette expression signifie - au sens figuré - qu'il est important de s'intéresser à tous les détails d'un problème ; un seul d'entre eux pouvant causer d'importants désagréments ou ennuis et compromettre tout un ensemble, voire faire échouer un projet.

Elle nous vient du poème philosophique "Ainsi parlait Zarathoustra", publié en 1885 par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche.

Et la forme "Le diable se niche dans les détails" appartient au registre familier.

Source : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.linternaute.fr

"Les cimetières sont pleins de gens indispensables, qui ont tous été remplacés".

J'aime beaucoup cette phrase que l'on croit souvent être un proverbe mais qui est en réalité une citation attribuée à l'homme politique français Georges Clemenceau (28 septembre 1841 - 24 novembre 1929), qui serait à l'origine un proverbe arabe.

Elle signifie naturellement que nul n'est irremplaçable.

Source : dicocitations.lemonde.fr

"Loin des yeux, loin du coeur".

Cette expression proverbiale en forme d'idiotisme corporel s'utilise pour rappeler que l’éloignement de deux personnes ou l'absence de l'une d'elles distend le lien affectif et affaiblit l’affection qu’elles se portent mutuellement.

On dit par exemple : "Je sais bien qu'elle m'a promis de m'écrire, mais loin des yeux, loin du coeur...".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation du pète latin Properce, extraite de l'élégie 21 de son Livre III (vers 23 av. J.-C.).

Sources : www.mon-poeme.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne pouvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

"L'ordre règne à".

"L'ordre règne à Varsovie" : illustration de Grandville (1831)

On ignore souvent, je crois, l'origine de cette formule, entrée dans le langage courant.

Nous la devons à un militaire et homme politique français, ministre des Affaires étrangères, le général François Horace, comte Sebastiani de la Porta (1772-1851).

Interrogé le 16 septembre 1831 à propos des événements de Pologne, où les Russes venaient de réprimer cruellement l'agitation, ce charmant personnage répondit que l'ordre et la tranquillité étaient entièrement rétablis à Varsovie...

Le caricaturiste Grandville a immortalisé ce mot malheureux en publiant dans le journal "Le Moniteur" une illustration montrant un soldat russe sur un monceau de cadavres polonais avec cette cynique légende : "L'ordre règne à Varsovie".

"Le rire est le propre de l'Homme".

C'est à l'écrivain français François Rabelais que nous devons cet aphorisme très célèbre.

On le trouve en effet dans l’"Avis aux lecteurs" ouvrant son deuxième roman, le célèbre "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme", ou plus simplement "Gargantua", écrit en 1534.

Rabelais y écrit ainsi : "Mieulx est de ris que de larmes escripre, pour ce que rire est le propre de l'homme".

Soit, en français moderne : "Mieux vaut écrire des choses comiques que des choses tristes, parce que le rire est le propre de l'Homme".

Selon les critiques, ce passage du texte de Rabelais serait inspiré d'un passage du traité "Les parties des animaux" d'Aristote, dans lequel ce dernier défend l'idée que : "L'homme est le seul animal qui ait la faculté de rire".

Source : wikipedia.org