"Une conjecture" et "Une conjoncture".

Bien qu'ils aient naturellement des significations totalement différentes, ces deux substantifs féminins du registre soutenu sont parfois confondus en raison de leur paronymie.

  • "Une conjecture" désigne : une supposition fondée sur des apparences ou des probabilités, ou encore une opinion reposant sur une hypothèse non vérifiée.

L'adjectif correspondant est "Conjectural", "Conjecturale(s)" ou "Conjecturaux.

On dit par exemple : "Je me perds en conjectures".

Ou "Nous en sommes réduits aux conjectures, face au silence du ministre".

  • tandis que "Une conjoncture" désigne : une situation résultant d’un ensemble de circonstances et considérée comme le point de départ d’une action, d’une évolution. Ou : l'ensemble des éléments déterminant la situation économique, sociale, politique ou démographique à un moment donné.

L'adjectif correspondant est "Conjoncturel(s)" ou "Conjoncturelle(s)".

On dit par exemple : "La conjoncture actuelle n'est pas favorable à la création d'entreprises".

Ou : "Ce suicide de ce malheureux intervient à la suite d'une conjoncture défavorable : licenciement, divorce, perte de ses parents".

Source : bdl.oqlf.gouv.qc.ca

"La cochonnaille", "Une cochonnerie" et "Une cochonceté".

Voilà bien trois substantifs féminins paronymes que nos amis étrangers peuvent malheureusement souvent confondre, alors qu'ils ne désignent pas vraiment la même chose !

  • "Cochonnaille" appartient au registre familier et désigne la viande et les abats de cochon diversement apprêtés, traditionnellement appelés dans le langage courant "Charcuterie".

On dit par exemple : "Jacques Chrirac ne résistait pas à une bonne assiette de cochonailles".

  • "Cochonnerie" relève du langage courant et désigne :
    • l'état d'une chose ou d'une personne extrêmement malpropre ; d'une malpropreté digne du cochon.

On dit par exemple : "Cet appartement est d'une cochonnerie repoussante".

Ou : "Ce type est d'une cochonnerie incroyable".

    • une chose sale, mauvaise ou malsaine ;

On dit par exemple : "Arrête de faire des cochonneries".

Ou : "Cesse-donc de manger des cochonneries à longueur de journée".

    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Tu devrais jeter toutes ces cochonneries".

Ou : "Ce fauteuil en promotion était une véritable cochonnerie !".

    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonceté".

On dit par exemple : "Il ne cesse de lui dire des cochonneries".

  • et "Cochonceté" - un mot que j'aime beaucoup - appartient au registre familier et désigne également :
    • une chose sans valeur, de très mauvaise qualité ; une "Cochonnerie".

On dit par exemple : "Pour mon ancienne copine, les légumes sous plastique n'étaient que des cochoncetés !".

    • ou : une parole ou une action obscène, indécente, relevant de la paillardise, de la grivoiserie, de la gaudriole, voire de la pornographie ; une "Cochonnerie".

On dit par exemple : "Ce type est connu pour ne proférer que des cochoncetés".

Ou : "Mon fils et sa copine s'étaient enfermés dans la chambre pour faire des cochoncetés !".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

La "Métrologie" n'a rien à voir avec le temps qu'il fait et ne saurait être confondue avec la "Météorologie" !

Ces deux substantifs féminins paronymes ont en effet des significations radicalement différentes :

  • La "MéTROlogie" désigne en effet la science de la mesure.

Elle définit les principes et les méthodes permettant de garantir et maintenir la confiance envers les mesures résultant des processus de mesure.

Il s'agit d'une science transversale s'appliquant dans tous les domaines où des mesures quantitatives sont effectuées.

On peut distinguer, artificiellement, différents aspects de la métrologie pour faciliter sa compréhension :

    • la métrologie fondamentale, ou scientifique, qui vise à créer, développer et maintenir des étalons de référence reconnus,
    • la métrologie industrielle, la plus fréquente, qui permet de garantir les mesures, par exemple d'un processus de fabrication, souvent dans le cadre d'un contrôle qualité, lié à un système de gestion de la qualité,
    • et la métrologie légale, liée aux mesures sur lesquelles s'appliquent des exigences réglementaires.
  • Tandis que la "MéTÉOROlogie" désigne l'étude scientifique des phénomènes atmosphériques, ainsi que des météores (à ne pas confondre avec les... météorites !).

Cette science a ainsi pour objet l'étude des nuages, des précipitations ou du vent dans le but de comprendre comment ils se forment et évoluent en fonction des paramètres mesurés tels que la pression, la température et l'humidité.Il s'agit d'une discipline traitant principalement de la mécanique des fluides et de la thermodynamique mais qui fait usage de différentes autres branches de la physique, de la chimie et des mathématiques. Purement descriptive à l'origine, la météorologie est devenue un lieu d'application de ces disciplines. Pour ce faire elle doit s'appuyer sur un réseau cohérent d'observations. Le premier du genre - concernant un territoire multinational étendu - est apparu en 1854, sous la direction du français Le Verrier, qui établit un réseau européen de données atmosphériques fonctionnant de manière opérationnelle dès 1856.

La météorologie moderne permet d'établir des prévisions de l'évolution du temps en s'appuyant sur des modèles mathématiques à court comme à long terme, qui assimilent des données de nombreuses sources dont les stations, les satellites et les radars météorologiques.

Elle a des applications dans des domaines très divers comme les besoins militaires, la production d'énergie, les transports (aériens, maritimes et terrestres), l'agriculture, la médecine, la construction, la photographie aérienne ou le cinéma.

Enfin, la météorologie est également utilisée pour la prévision de la qualité de l'air.

Source : wikipedia.org

Souvenir d'enfance : "Et si la plupart faisaient défection ?".

Été 1971 : j'ai 10 ans et, comme tous les ans au mois d'août, je suis en vacances à Payrac, un village du Lot (46), chez mes grands-parents paternels.

Mon grand-père, ancien comptable, travaille bénévolement plusieurs après-midi par semaine comme secrétaire de mairie, et je l'accompagne parfois, lorsque mon meilleur ami Bruno n'est pas là.

Ce jour là, pour changer un peu,  je suis plongé dans la lecture de l'un des six volumes de mon livre de chevet, l'édition de 1936 du "Larousse du XXe siècle", dictionnaire encyclopédique publié sous la direction de Paul Augé, que je me plais à recopier (...), lorsque - en l'absence du maire - apparait quelque peu affolé un agriculteur du nom de Gaston :

- "M'sieur Hubert, c'est très grave vous savez ! J'ai été hier soir chez le père Lacombe, vous savez ; avec tous ceux qui z'ont gueulé pour la déviation de la nationale... Et y en a tout plein qui z'ont annoncé qu'i' z'allaient tout casser à la sous-préfecture demain, si qu'on leur dit pas qu'on fait ben l'projet ! J'crois ben qu'i' vont z'y aller ! Et qu'ça va faire du monde !".

- "Allons mon brave, ne vous inquiétez donc pas tant !" lui répond paisiblement mon grand-père en récurant sa pipe.

- "Vous savez, père Lacombe, les gens parlent, parlent... mais ils n'agissent pas souvent autant qu'ils veulent bien le prétendre. Je ne pense pas qu'il se passera grand chose. Et si tant est que certains aillent effectivement jusqu'à la sous-préfecture, ils risquent de ne pas être bien nombreux, car je pense que la plupart d'entre eux feront défection".

- "Allons bon, M. Hubert ! Comme vous y allez !! C'est sûr qu'y en a c'est rien qu'des sauvages ; mais tout de même... I' vont pas aller chier devant les grilles !".

À l'évidence, le pauvre homme avait, dans son affolement, confondu les mots français paronymes "défection" et "déjection".

Et vraisemblablement pensé, à cette occasion, que le substantif "Défection" correspondait au verbe "Déféquer".

Ou que l'ellipse "Faire" ("ses besoins") masquait en réalité le mot "défection"...

Personnellement, ne connaissant pas encore l'expression "Faire défection", c'était l'utilisation du "gros mot" "chier" qui m'avait fait pouffer... Ce qui avait permis à mon grand-père de se tirer honorablement de la situation en invoquer mes rires pour justifier les siens, sans vexer le brave agriculteur !

"Oiseux" ou "Oiseuse" et "Oisif" ou "Oisive".

Ces adjectifs paronymes du registre soutenu sont fréquemment confondus alors qu'ils ont naturellement des définitions radicalement différentes :

  • "Oiseux" ou "Oiseuse" : "Creux/creuse, inutile, vain/e, ne menant à rien, ne servant à rien, vide de sens, sans intérêt, faisant perdre du temps" (un "discours oiseux", des "propos oiseux", une "discussion oiseuse"),
  • et "Oisif" ou "Oisive" : "N'ayant pas d'occupation, désoeuvré/e, inactif/ve" ("rester oisif", "mener une vie oisive").

"Oisif" et "Oisive" sont également des substantifs désignant des personnes oisives.

Source : www.larousse.fr

"Un condensateur" et "Un condenseur".

  • Un condenseur est un composant électronique élémentaire, constitué de deux armatures conductrices (appelées "électrodes") en influence totale et séparées par un isolant polarisable (ou "diélectrique"), dont la principale propriété est de pouvoir stocker des charges électriques opposées sur ses armatures.

Le condensateur est utilisé principalement pour :

    • stabiliser une alimentation électrique (il se décharge lors des chutes de tension et se charge lors des pics de tension),
    • traiter des signaux périodiques (filtrage…),
    • séparer le courant alternatif du courant continu, ce dernier étant bloqué par le condensateur,
    • stocker de l'énergie, auquel cas on parle de "supercondensateur".
  • tandis qu'un condensateur est un appareil dont la fonction principale est de liquéfier de la vapeur sur une surface froide, ou via un échangeur thermique maintenu froid par la circulation d'un fluide réfrigérant.

Source : wikipedia.org

Ne pas confondre : "Une goguette" et "Une guinguette" !

Ces deux mots paronymes du registre désuet sont souvent confondus :

  • La "Goguette" était une pratique festive consistant autrefois à se réunir en petits groupes afin de passer un bon moment et de chanter.

Ce mot survit de nos jours dans les expressions "Partir en goguette" (partir s'amuser) ou "Être en goguette" (être d'humeur enjouée).

  • Tandis que la "Guinguette" était un cabaret populaire de la fin du XXe siècle, faisant aussi office de restaurant et, souvent, de lieu de bal.

"Malvenant" et "Malvenu".

Ces deux adjectifs paronymiques du registre soutenu ont naturellement des significations totalement différentes :

  • "malvenant" (registre désuet), qualifie un végétal qui pousse mal ("un arbre malvenant"),
  • tandis que "malvenu" qualifie :
    • au sens propre : une personne qui ne s'est pas pleinement développé.

On dit par exemple : "Les traitements médicaux désormais disponibles limitent le nombre de personnes affectées d'un corps malvenu".

    • et, au sens figuré, :
      • une personne n'ayant pas de motif, de raison, étant peu qualifiée ou fondée pour dire ou faire quelque chose.

On dit par exemple :  "D'accord, mes deux enfants ne sont parvenus en terminale qu'à l'âge de 20 et 21 ans, mais de là à dire que j'étais malvenu pour m'exprimer sur la rigueur et l'exigence parentale en matière de contrôle des devoirs !".

      • ou une personne indésirable, inopportune, venant au mauvais moment.

On dit par exemple :  "Certes, mon avion avait du retard et je n'ai pu arriver chez mon oncle qu'à 3H du matin mais j'ai bien vu que j'étais malvenu".

Source : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Préparez les coquelicots !" !

Comme s'est exclamé, enthousiaste, le journaliste sportif Yoann Riou, le 11 décembre 2019, dans l'émission vespérale "La grande soirée" sur la chaîne télévisée française "L'équipe".

Mais : "Préparez les CALICOTS !" !

Champ de coquelicots

  • Les coquelicots sont en effet des plantes herbacées sauvages aux fleurs de couleur rouge,

Calicots dans les tribunes du stade de l'Olympique Lyonnais

  • tandis que les calicots sont des banderoles de calicot (toile de coton assez grossière) ou d'une autre étoffe portant des inscriptions !

"Je suis", "Je suis" et "J'essuie".

Avez-vous déjà imaginé le désarroi qui peut-être celui de nos jeunes enfants ou amis étrangers lorsqu'ils peuvent entendre ou lire ces formes conjuguées à la première personne du singulier des verbes "Être", "Suivre" et "Essuyer" ?

Les deux premières sont en effet parfaitement homophonographes :

  • "Je suis", première personne du singulier du verbe "Être",
  • et "Je suis", première personne du singulier du verbe "Suivre",
  • et la troisième, "J'essuie", première personne du singulier du verbe "Essuyer", est paronymique puisqu'elle se prononce "jai-sui" !

Tout cela peut évidemment prêter à confusion :

  • Ainsi d'un jeune migrant africain non francophone de ma connaissance, qui n'avait pas compris la recommandation que lui faisait un éducateur de suivre l'un de ses camarades ("Tu suis Ibrahim") et lui avait répondu "Non, moi je suis Mohamed !"...
  • Ou de cette délicieuse blague, narrée à la suite de la publication de cet article par Jonatan, un fidèle lecteur finnois que je remercie ici, :

Une jeune fille raconte à l'une de ses amies :

"Je suis Jennifer Lopez sur Instagram".
"Quoi ? Mais comment parviens-tu à faire une chose pareille ?"
« Et ben.... je clique sur Jennifer et je la suis...".

"Apurer" et "Épurer".

Ces deux verbes paronymes sont parfois confondus.

  • "Apurer" signifiait autrefois "Affiner, purifier une dorure" (registre désuet).

Mais c'est avant tout, de nos jours, un terme de comptabilité et de technique financière :

    • "Apurer un compte", c'est le vérifier et l'arrêter définitivement.

On dit par exemple : "Il va falloir apurer les comptes, mais je crois que le rachat de cette société pourrait s'avérer très judicieux".

    • Et "Apurer une dette" c'est donc la rembourser et s'en libérer.

On dit par exemple :  "Maintenant que tu as un salaire correct, tu vas pouvoir apurer ta dette".

  • Tandis que "Épurer", c'est :
    • Rendre pur, plus pur, en éliminant les éléments étrangers, purifier.

On dit par exemple: "Épurer un minerai".

    • Rendre meilleur, plus correct ou plus fin, améliorer, perfectionner, enlever tout ce qui peut porter atteinte à sa pureté, son harmonie, etc.

On dit par exemple: "Épurer un texte".

Je le confesse, je rédige aujourd'hui cet article après avoir constaté que j'avais employé le verbe "Apurer" à mauvais escient, en lieu et place du verbe "Épurer"... Et, au surplus, écrit "APPurer", avec deux "p" !

Ne pas confondre : "Croquignolet" ou "Croquignolette" et "Croquignolesque".

Ces trois adjectifs paronymes ont des significations différentes :

  • "Croquignolet" ou "Croquignolette" signifient en effet "Amusant, charmant, mignon mais un peu bizarre, étrange".
  • Tandis que "Croquignolesque", dérivé du nom d'un célèbre personnage de bande dessinée français ("Croquignol", la tête pensante des "Pieds Nickelés", une série créée en 1908, par le dessinateur Louis Forton), se dit de ce qui est "absurde, ridicule, risible".