"Rembrailler" et "Rembrayer".

Ces deux verbes paronymiques ne doivent en aucun cas être confondus car ils ne veulent absolument pas dire la même chose :

  • "Rembrailler" (ran-braï-é) s'utilise en effet sous la forme pronominale "Se rembrailler" et signifie, pour les méridionaux : se rhabiller, rajuster ses vêtements.
  • tandis que "Rembrayer" (ran-brè-yé) ou "Réembrayer" (ré-an-brè-yé) signifie :
    • au sens propre : embrayer à nouveau, après avoir débrayé.

On dit par exemple : "Avec un parcours aussi sinueux et accidenté, j'ai passé mon temps à débrayer et rembrayer".

    • et par analogie ou au sens figuré : se remettre à fonctionner.

On dit par exemple : "Après deux mois de confinement j'ai eu du mal à rembrayer".

Sources : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Lloris égalise Desailly" !

Le journaliste sportif français Fabien Chorlet

Comme l'a pitoyablement écrit le journaliste sportif Fabien Chorlet, le 8 septembre 2020, sur le site internet du journal Onze Mondial www.onzemondial.com.

Mais, bien évidemment : "Lloris ÉGALE Desailly" !

Ainsi qu'il nous l'explique en effet, "avec 116 sélections, le portier de Tottenham montera ainsi sur le podium des joueurs les plus capés de l'histoire de l'équipe de France, à égalité avec l'ancien défenseur central Marcel Desailly, vainqueur de la Coupe du monde en 1998. Mais le Niçois figure toujours derrière Thierry Henry (123 sélections) et Lilan Thuram (142 sélections)".

Je suis véritablement atterré par une telle confusion entre les verbes "Égaler" et "Égaliser".

À l'oral, dans le feu de l'action et de la part d'un simple amateur, passe encore ; mais à l'écrit et venant de de la part d'un journaliste spécialisé, je hurle : "Non !".

Pour cette méconnaissance crasse de notre langue, je décerne sans hésitation à ce malheureux Fabien Chorlet mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Significatif" et "Signifiant" ou "Le signifiant".

Ces mots paronymiques ont des significations assez proches et sont parfois confondus :

  •  "Significatif" est un adjectif voulant dire :
    • éloquant, parlant, révélateur ; qui signifie, exprime, indique, manifeste ou renseigne clairement, nettement, sans ambiguïté.

On dit par exemple : "Cet exemple est significatif".

    • lourd de sens, à quoi on attribue facilement telle interprétation, qui renseigne sur quelque aspect.

On dit par exemple : "Les chiffres du dernier trimestre sont significatifs".

  • "Signifiant" est :
    • soit un adjectif voulant dire :
      • qui signifie, qui a et transmet une signification, qui exprime beaucoup de choses.

On dit par exemple : "Ce choix n'est pas signifiant".

      • en linguistique : qui est porteur de signification, qui a du sens, qui fonctionne en tant que signe.

On dit par exemple :

      • et en théologie : qui signifie et opère.

On dit par exemple : "Les sacrements sont les signes signifiants et effectifs de la grâce".

    • soit le participe présent du verbe signifier, qui peut vouloir dire, selon le contexte :
      • Indiquer, marquer quelque chose, avoir comme sens,

On dit par exemple : "Elle m'a lancé un regard signifiant : Courage !".

      • exprimer ce que l’on entend par un mot, par une locution, par une phrase, en parlant de langue et de grammaire,

On dit par exemple : "Sea est un mot anglais signifiant Mer en français".

      • notifier, déclarer, faire connaître quelque chose par des signes évidents, des paroles expresses.

On dit par exemple : "Il m'a donné ses instructions sur un ton signifiant que je n'avais pas intérêt à contester".

      • dans le domaine judiciaire : notifier par voie de justice, par ministère d’huissier.

On dit par exemple : "Il faudra agir très vite en signifiant l'arrêt sous 48 heures".

  • et "Le signifiant" est un substantif  utilisé en linguistique, selon une terminologie instaurée par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure (26 novembre 1857 - 22 février 1913)et .

Il désigne : la forme concrète, matérielle et sensible (image acoustique ou symboles graphiques) du signe linguistique, renvoyant arbitrairement à un concept, le "signifié".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Inclinaison" et "Inclination".

Ces deux subtantifs féminins paronymiques ont la même origine latine, le verbe "Inclinare".

Mais ils ont malheureusement tendance à être confondus, alors qu'ils possèdent des significations distinctes et ne doivent donc pas être employés l'un pour l'autre :

  • "Inclinaison"appartient en effet au langage courant et désigne :
    • L'ÉTAT DE CE QUI EST INCLINÉ, penché ou courbé par rapport à un axe de référence ; l'obliquité d'une ligne, d'un plan par rapport à un autre plan, en particulier celui de l'horizon ; la position inclinée d'un corps, ou d'une partie d'un corps par rapport à la verticale.

On dit par exemple : "La forte inclinaison de ce toit (ou de ce terrain) facilite l’écoulement des eaux.

Ou : "L'inclinaison de ce mur m'inquiète assez".

  • tandis que "Inclination" désigne :
    • au sens propre : L'ACTION D'INCLINER en avant la tête ou la partie supérieure du corps, de courber la tête, le buste, souvent en signe d'acquiescement, de respect, de politesse ou de salutation.

On dit par exemple : "Il m'a remercié par une petite inclination du buste, et sa femme a approuvé ma remarque par une inclination de la tête".

    • et au sens figuré : un penchant, une tendance, une force intérieure et naturelle orientant spontanément ou volontairement une personne vers un objet, un genre d'activité, d'occupation, etc.

On dit par exemple : "Mon fils a une inclination à la paresse".

Ou : "Mon épouse a une véritable inclination pour les langues et les apprend avec plaisir et facilité".

    • dans le registre désuet : un mouvement spontané de l'âme entraînant une personne vers une autre, inspiré par la sympathie, l'affection, l'amitié, voire l'amour.
    • On dit par exemple : "Avoir une inclination pour son petit-fils".

Ou : "Éprouver une vive inclination pour la fille de son meilleur ami".

Même si elles phonétiquement très ressemblantes et qu'elles possèdent des significations très proches, les formules "Une inclinaison de la tête" et "Une inclination de la tête" ne sont donc absolument pas synonymes !

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr

"Inclinaison de la tête" et "Inclination de la tête".

Ces deux locutions nominales féminines, même si elles phonétiquement très ressemblantes ne sont cependant pas synonymes puisque :

  • "L'inclinaison de la tête" désigne : l'état penché, incliné de la tête par rapport à l'axe vertical que constitue le reste du corps.
  • tandis que "L'inclination de la tête" désigne : l'action d'incliner en avant la tête.

Autrement dit : "L'inclinAISON de la tête" résulte de "l'inclinATION de la tête" !

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à la différence entre les mots "Inclinaison et "Inclination".

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr

"Un écailler" et "Un écailleur" : celui qui ouvre les huîtres n'est pas forcément celui auquel on pense !

Ces deux substantifs paronymiques du langage courant sont facilement confondus, alors qu'ils désignent des choses tout à fait différentes :

  • "Un écailler" est en effet un commerçant spécialisé dans la vente et l'ouverture des huîtres et autres coquillages.

Écailler des huîtres

Dans les restaurants dotés d'une étale extérieure présentant fruits de mer et crustacés, l'écailler est en charge de la préparation des produits de la mer commandés par les clients (en salle ou à emporter).

Il ouvre les huîtres, prépare les différents mollusques et coquillages, dresse les plateaux de fruits de mer et autres préparations de langoustines, tourteaux, crevettes, etc.

Connaissant parfaitement les différents produits de la mer, il conseille la clientèle dans ses choix.
Et, avant chaque service, dresse l'étalage des fruits de mer, en veillant à en faire une belle présentation, ainsi qu'à la bonne réfrigération des produits et à leur état de fraîcheur.

Le breton Marcel Lesoille, 11 fois champion du monde des écaillers et détenteur du record du monde d'ouverture d'huîtres avec 2 64 huîtres ouvertes en... une heure !
Le breton Marcel Lesoille, 11 fois champion du monde des écaillers et détenteur du record du monde d'ouverture d'huîtres avec 2 064 huîtres ouvertes en... une heure !
  • tandis que "Un écailleur" est l'ustensile de cuisine utilisé pour écailler les poissons.
Un écailleur à poissons
Un écailleur à poissons

Sources : www.carrefour.fr et www.lhotellerie-restauration.fr

"Un citoyen" et "Un concitoyen".

Ces deux substantifs masculins paronymiques sont parfois confondus alors qu'ils ne désignent pas vraiment la même chose :

  • "Un citoyen" est en effet un individu jouissant, dans l'État dont il relève, des droits civils et politiques garantis par cet État, et notamment du droit de vote (par opposition aux étrangers, de façon générale).

Par exemple : Marius et Loïc sont français et habitent respectivement Marseille (13) et Lorient (56). Ils sont donc tous deux des citoyens français. De même que le gallois Angharad et l'écossais Kyle sont tous deux des citoyens britanniques.

  • Tandis que "Un concitoyen" est un citoyen du même État ou de la même ville qu'une autre personne.

Dans notre exemple : Si Marius et Loïc se croisent à l'étranger, ils diront d'eux qu'ils sont concitoyens, en tant que citoyens français (appartenance au même État).

Mais le concitoyen de Marius à Marseille (13) ne peut-être qu'un marseillais (appartenance à une même ville).

 

 

"Une effraction" et "Une infraction".

Bien qu'ils n'aient absolument pas la même signification, ces deux substantifs féminins paronymiques sont parfois confondus.

  • "Une effraction" est une rupture, un forcement ou un enlèvement de tout dispositif servant à fermer un passage, une clôture, un fenêtre, une porte, etc.

Par exemple un bris de carreau, de serrure, de chaîne, de cadenas ou d'antivol.

Ou l'usage de fausses clés, qui est assimilé à l'effraction.

L'effraction qui constitue un délit est une circonstance aggravante de certaines infractions : vol, violation de domicile,etc.

  • tandis que "Une infraction" est une transgression, une violation d'une règle ; et de façon générale : une action ou une omission, expressément prévue par la loi, qui la sanctionne par une peine en raison de l'atteinte qu'elle constitue à l'ordre politique, social ou économique.

On parle par exemple d'"infraction au code de la route".

Il y a trois catégories d'infractions : les contraventions, les délits et les crimes.

Sources : wikipedia;org et www.larousse.fr

"Écaler" et "Écailler".

Ces deux verbes paronymiques du langage courant ne doivent pas être confondus :

  • "Écaler" signifie en effet :

Écaler un oeuf dur

    • ou : ôter l'écale de fruits durs, tels que les amandes, noix ou pistaches.

C'est à dire : les décortiquer.

Écaler des amandes
Écaler des amandes
Écaler des noix
Écaler des noix
  • tandis que "Écailler" signifie, selon le contexte :
Écailler un poisson
Écailler un poisson
    • gratter la peau d'un poisson cru avec un "écailleur", afin d'en enlever les écailles.
Un écailleur à poissons
Un écailleur à poissons
    • ouvrir des huîtres, ce qui est le métier de l'écailler.
Écailler des huîtres
Écailler des huîtres
    • ou : faire tomber une peinture, un vernis, etc., en plaques minces.

On dit par exemple : "L'humidité a écaillé toutes les peintures".

Un mur peint tout écaillé

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Une touillette" et "Un touilleur".

Ces deux substantifs - féminin et maculin - ne doivent absolument pas être confondus, même s'ils sont paronymes et désignent tous deux de petits ustensiles destinés à "touiller" un liquide.

"Une conjecture" et "Une conjoncture".

Bien qu'ils aient naturellement des significations totalement différentes, ces deux substantifs féminins du registre soutenu sont parfois confondus en raison de leur paronymie.

  • "Une conjecture" désigne : une supposition fondée sur des apparences ou des probabilités, ou encore une opinion reposant sur une hypothèse non vérifiée.

L'adjectif correspondant est "Conjectural", "Conjecturale(s)" ou "Conjecturaux.

On dit par exemple : "Je me perds en conjectures".

Ou "Nous en sommes réduits aux conjectures, face au silence du ministre".

  • tandis que "Une conjoncture" désigne : une situation résultant d’un ensemble de circonstances et considérée comme le point de départ d’une action, d’une évolution. Ou : l'ensemble des éléments déterminant la situation économique, sociale, politique ou démographique à un moment donné.

L'adjectif correspondant est "Conjoncturel(s)" ou "Conjoncturelle(s)".

On dit par exemple : "La conjoncture actuelle n'est pas favorable à la création d'entreprises".

Ou : "Ce suicide de ce malheureux intervient à la suite d'une conjoncture défavorable : licenciement, divorce, perte de ses parents".

Source : bdl.oqlf.gouv.qc.ca