"Il vit sa vie" et "Il vit son vit".

Dans ces deux phrases paronymiques, les mots "vie" et "vit" sont homophones, puisqu'ils s'écrivent différemment mais se prononcent de façon identiques ("vi").

Et les trois mots "vit" employés sont homophonographes, puisqu'ils s'écrivent ("vit") et se prononcent ("vi") de façon identique, mais possèdent des significations totalement distinctes :

  • "Il vit sa vie" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "vivre" au présent de l'indicatif.

Et cette phrase constitue une déclinaison de l'expression du langage courant "Vivre sa vie".

  • et "Il vit son vit" :
    • Dans la première partie de cette phrase ("Il vit"), le mot "vit" constitue la troisième personne du singulier du verbe "voir" au passé simple de l'indicatif.
    • tandis que dans la seconde partie ("son vit"), le mot "vit" est un substantif masculin du registre soutenu désignant la verge.

"Luxuriant" ou "Luxuriante" et "Luxurieux" ou "Luxurieuse".

Ces adjectifs paronymiques du registre soutenu ont des significations totalement différentes et ne doivent donc surtout pas être confondus :

  • "Luxuriant" ou "Luxuriante" signifie en effet :

Une végétation luxuriante

    • qui foisonne, pousse et se développe en abondance et avec vigueur.

On parle ainsi souvent d'une "forêt luxuriante", d'une "jungle luxuriante" ou d'une "végétation luxuriante".

Voire, par analogie, d'une "chevelure luxuriante".

Une pilosité masculine luxuriante

Ou d'une "pilosité luxuriante".

    • ou : qui déborde de richesse, de vigueur.

Une santé luxuriante

On parle par exemple d'un "style luxuriant", d'une "description luxuriante" ou d'une "santé luxuriante".

  • tandis que "Luxurieux" ou "Luxurieuse" signifie : débauché(e), lascif(ve), lubrique, voluptueuse, sensuelle ; s'adonnant à la luxure.

Ou : empreint(e) d'une sensualité lascive ; incitant au plaisir sexuel.

Une danseuse du ventre

On parle par exemple d'une "danse luxurieuse".

L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse
L'actrice espagnole Penelope Cruz, dans une pose luxurieuse

Ou d'une "pose luxurieuse".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Former des voeux" ou "Former un voeu" et "Formuler des voeux" ou "Former un voeu".

Ces locutions verbales paronymiques sont malheureusement souvent confondues alors qu'elles possèdent des significations très différentes :

  • "Former des voeux" ou "Former un voeu" signifie en effet : émettre, énoncer ou exprimer des voeux ou un voeu.

On dit par exemple : "Je forme des voeux pour que ton père guérisse".

  • tandis que "Formuler des voeux" ou "Formuler un voeu" désigne la façon dont on exprime ou rédige ledit voeu.

On dit par exemple : "J'ai formulé des voeux amicaux et chaleureux de prompt rétablissement au père de mon voisin".

"Je ne comprends pas pourquoi ma femme me fait la tête : depuis le temps qu'elle me réclamait un manteau de bison" !

Un manteau de fourrure de bison
Un manteau de fourrure de bison
Explication du calembour
Il résulte de la paronymie entre les deux substantifs masculins « Bison » et « Vison », désignant deux noms d’animaux longtemps chassés pour leurs fourrures.
Un vison
Un vison
Un bison d'Amérique
Un bison d’Amérique

Mais la fourrure du « Vison » est immensément plus recherchée et appréciée que celle du « Bison » !

Un manteau de fourrure de vison
Un manteau de fourrure de vison
Un manteau de fourrure de bison
Un manteau de fourrure de bison

"Expansif" et "Extensif".

Ces deux adjectifs paronymes sont malheureusement parfois confondus, alors qu'ils revêtent naturellement des significations fort différentes :

  • "Expansif" signifie en effet, selon le contexte :
    • qui tend à s'étendre, à augmenter de volume.

On dit par exemple : "La politique expansive de ce pays à l'Est inquiète ses voisins de l'Ouest et du Sud".

    • qui s'exprime avec effusion, communicatif, démonstratif, exubérant ; qui fait part de ses sentiments, aime à les manifester ("Un homme très expansif" ou "Un homme peu expansif").
  • tandis que "Extensif" signifie, selon le contexte :
    • qui relève de l'extension d'un concept.

On dit par exemple : "Un fusil à canon scié contre un lance-pierre : vous avez une conception très extensive de la légitime défense !",

    • se dit d'une culture, d'un élevage, d'un système de production agricole pour lesquels sont appliquées de faibles quantités de travail et de capital par unité de surface et dont on obtient, en conséquence, de faibles quantités de produits par unité de surface.

On dit par exemple : "Les États-Unis d'Amérique pratiquent une agriculture extensive".

    • ou : qui constitue une extension de sens.

On dit par exemple : "Panier dans le sens de Réceptacle servant à contenir des marchandises est une utilisation extensive du mot Panier ("Réceptacle servant à contenir du pain" au sens étymologique, puisque le mot vient du latin "Panarium")".

Sources : Google et www.larousse.fr

Ne pas confondre : ""La fièvre aphteuse" et "La fièvre acheteuse" !

Ces deux locutions verbales paronymes ne doivent naturellement pas être confondues.

  • "La fièvre aphteuse" est une maladie virale animale généralement non mortelle, voire bénigne, qui affecte notamment les bovins, les porcs, les chèvres, les moutons et d'autres animaux.

Les chevaux n'y sont pas sensibles et les hommes très rarement.

La fièvre aphteuse a un impact économique important, qui justifie des politiques nationales et internationales.

  • tandis que "La fièvre acheteuse" est le nom donné familièrement à "L'oniomanie" ou trouble lié à l'achat compulsif, une manie compulsive des achats, généralement peu ou pas nécessaires à l'individu.

Ce trouble a été découvert en Allemagne, en 1915, par le psychiatre allemand Emil Kraepelin.

Il s'agit d'une relation pathologique à l’argent et aux achats, qui touche environ 1,1 % de la population mondiale.

On l'a également appelé "Prodigalité" en 1960.

Source : wikipedia.org

Il ne faut pas confondre : "Un étendeur" et "Un étendoir".

Malgré leur paronymie, ces deux substantifs masculins du langage courant ont en effet deux significations très différentes :

  • "Un étendeur" est un vocable fort peu usité désignant un ouvrier chargé d’aplatir ou d’étendre les manchons de verre, des pièces cylindriques ouvertes à leurs deux extrémités.
  • tandis que "Un étendoir" désigne un type de séchoir à linge pliable ou rétractable.

Il en existe différents modèles : étendoir "table", étendoir "tour" ou, depuis 1963, étendoir "tancarville".

Un étendoir "table"
Un étendoir "table"
Un étendoir "tour"
Un étendoir "tour"
Un étendoir "tancarville"
Un étendoir "tancarville"

Source : wiktionary.org

On ne dit pas : "À dessein électoraliste" !

Ainsi que j'ai entendu un intervenant le dire, le 31 octobre à 13H20, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.

Mais : "À DES FINS électoralistes".

C'est à dire : pour remplir un objectif électoraliste.

Et non "à dessein", qui n'est pas une locution adjectivale, mais une locution adverbiale signifiant : exprès, délibérément, intentionnellement, volontairement ; de façon préméditée.

Sans doute la paronymie existant entre "à des fins" et "à dessein" explique-t-elle la confusion.

"Rembrailler" et "Rembrayer".

Ces deux verbes paronymiques ne doivent en aucun cas être confondus car ils ne veulent absolument pas dire la même chose :

  • "Rembrailler" (ran-braï-é) s'utilise en effet sous la forme pronominale "Se rembrailler" et signifie, pour les méridionaux : se rhabiller, rajuster ses vêtements.
  • tandis que "Rembrayer" (ran-brè-yé) ou "Réembrayer" (ré-an-brè-yé) signifie :
    • au sens propre : embrayer à nouveau, après avoir débrayé.

On dit par exemple : "Avec un parcours aussi sinueux et accidenté, j'ai passé mon temps à débrayer et rembrayer".

    • et par analogie ou au sens figuré : se remettre à fonctionner.

On dit par exemple : "Après deux mois de confinement j'ai eu du mal à rembrayer".

Sources : www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Lloris égalise Desailly" !

Le journaliste sportif français Fabien Chorlet

Comme l'a pitoyablement écrit le journaliste sportif Fabien Chorlet, le 8 septembre 2020, sur le site internet du journal Onze Mondial www.onzemondial.com.

Mais, bien évidemment : "Lloris ÉGALE Desailly" !

Ainsi qu'il nous l'explique en effet, "avec 116 sélections, le portier de Tottenham montera ainsi sur le podium des joueurs les plus capés de l'histoire de l'équipe de France, à égalité avec l'ancien défenseur central Marcel Desailly, vainqueur de la Coupe du monde en 1998. Mais le Niçois figure toujours derrière Thierry Henry (123 sélections) et Lilan Thuram (142 sélections)".

Je suis véritablement atterré par une telle confusion entre les verbes "Égaler" et "Égaliser".

À l'oral, dans le feu de l'action et de la part d'un simple amateur, passe encore ; mais à l'écrit et venant de de la part d'un journaliste spécialisé, je hurle : "Non !".

Pour cette méconnaissance crasse de notre langue, je décerne sans hésitation à ce malheureux Fabien Chorlet mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Antagonique", "Antagoniste" et "Un antagoniste".

"Antagonique" et "Antagoniste" sont deux adjectifs paronymiques du registre soutenu aux significations proches mais dont on ne peut pas dire qu'ils sont parfaitement synonymes :

  • "Antagonique" signifie en effet uniquement : en antagonisme, opposé, agissant en sens contraire.

On dit par exemple : "Le patronat et les syndicats ont naturellement des intérêts antagoniques".

  • tandis que "Antagoniste" signifie tout à la fois :
    • opposé, rival, adversaire, ennemi ; personnes s'opposant dans une lutte idéologique, dans un conflit,

On dit par exemple : "Lucky-Luke et les Dalton sont personnages antagonistes".

    • en anatomie et myologie : en opposition fonctionnelle, pour des organes et notamment des muscles (voir plus bas),

On dit par exemple : "L'homme possède des muscles antagonistes".

    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule, pour une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire.
  • Enfin, le substantif "Un antagoniste" désigne lui :
    • dans le théâtre grec antique, et par extension dans d'autres arts du récit comme la littérature, la bande dessinée ou le cinéma : un personnage, un groupe de personnages, ou une institution, représentant l'opposition du protagoniste. En d'autres termes : une personne, ou un groupe de personnes s'opposant au(x) personnage(s) principal/principaux.

Par exemple, lorsqu'un héros combat, d'une manière ou d'une autre, un méchant, celui-ci est l'antagoniste du héros, qui est le protagoniste.

L'antagoniste peut également représenter une menace ou un obstacle au personnage principal.

On dit par exemple : "Les frères Dalton sont les antagonistes de nombreux albums de Lucky-Luke".

    • en anatomie et myologie : un muscle ou un groupe de muscles s'opposant au mouvement créé par les agonistes. Lorsqu'un muscle travaille, le muscle opposé ne travaille pas, sinon il empêcherait le mouvement de se produire, car les deux muscles se compenseraient. Lors d'un effort musculaire, le muscle agoniste est celui qui se contracte, et le muscle antagoniste celui qui s'étire en réaction à cette contraction. Ainsi, chaque muscle possède son muscle antagoniste,
    • et, en pharmacologie et en électrophysiologie : une molécule interagissant avec un récepteur membranaire ou récepteur nucléaire et bloquant ou diminuant l'effet physiologique d'une autre molécule.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Significatif" et "Signifiant" ou "Le signifiant".

Ces mots paronymiques ont des significations assez proches et sont parfois confondus :

  •  "Significatif" est un adjectif voulant dire :
    • éloquant, parlant, révélateur ; qui signifie, exprime, indique, manifeste ou renseigne clairement, nettement, sans ambiguïté.

On dit par exemple : "Cet exemple est significatif".

    • lourd de sens, à quoi on attribue facilement telle interprétation, qui renseigne sur quelque aspect.

On dit par exemple : "Les chiffres du dernier trimestre sont significatifs".

  • "Signifiant" est :
    • soit un adjectif voulant dire :
      • qui signifie, qui a et transmet une signification, qui exprime beaucoup de choses.

On dit par exemple : "Ce choix n'est pas signifiant".

      • en linguistique : qui est porteur de signification, qui a du sens, qui fonctionne en tant que signe.

On dit par exemple :

      • et en théologie : qui signifie et opère.

On dit par exemple : "Les sacrements sont les signes signifiants et effectifs de la grâce".

    • soit le participe présent du verbe signifier, qui peut vouloir dire, selon le contexte :
      • Indiquer, marquer quelque chose, avoir comme sens,

On dit par exemple : "Elle m'a lancé un regard signifiant : Courage !".

      • exprimer ce que l’on entend par un mot, par une locution, par une phrase, en parlant de langue et de grammaire,

On dit par exemple : "Sea est un mot anglais signifiant Mer en français".

      • notifier, déclarer, faire connaître quelque chose par des signes évidents, des paroles expresses.

On dit par exemple : "Il m'a donné ses instructions sur un ton signifiant que je n'avais pas intérêt à contester".

      • dans le domaine judiciaire : notifier par voie de justice, par ministère d’huissier.

On dit par exemple : "Il faudra agir très vite en signifiant l'arrêt sous 48 heures".

  • et "Le signifiant" est un substantif  utilisé en linguistique, selon une terminologie instaurée par le linguiste suisse Ferdinand de Saussure (26 novembre 1857 - 22 février 1913)et .

Il désigne : la forme concrète, matérielle et sensible (image acoustique ou symboles graphiques) du signe linguistique, renvoyant arbitrairement à un concept, le "signifié".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Inclinaison" et "Inclination".

Ces deux subtantifs féminins paronymiques ont la même origine latine, le verbe "Inclinare".

Mais ils ont malheureusement tendance à être confondus, alors qu'ils possèdent des significations distinctes et ne doivent donc pas être employés l'un pour l'autre :

  • "Inclinaison"appartient en effet au langage courant et désigne :
    • L'ÉTAT DE CE QUI EST INCLINÉ, penché ou courbé par rapport à un axe de référence ; l'obliquité d'une ligne, d'un plan par rapport à un autre plan, en particulier celui de l'horizon ; la position inclinée d'un corps, ou d'une partie d'un corps par rapport à la verticale.

On dit par exemple : "La forte inclinaison de ce toit (ou de ce terrain) facilite l’écoulement des eaux.

Ou : "L'inclinaison de ce mur m'inquiète assez".

  • tandis que "Inclination" désigne :
    • au sens propre : L'ACTION D'INCLINER en avant la tête ou la partie supérieure du corps, de courber la tête, le buste, souvent en signe d'acquiescement, de respect, de politesse ou de salutation.

On dit par exemple : "Il m'a remercié par une petite inclination du buste, et sa femme a approuvé ma remarque par une inclination de la tête".

    • et au sens figuré : un penchant, une tendance, une force intérieure et naturelle orientant spontanément ou volontairement une personne vers un objet, un genre d'activité, d'occupation, etc.

On dit par exemple : "Mon fils a une inclination à la paresse".

Ou : "Mon épouse a une véritable inclination pour les langues et les apprend avec plaisir et facilité".

    • dans le registre désuet : un mouvement spontané de l'âme entraînant une personne vers une autre, inspiré par la sympathie, l'affection, l'amitié, voire l'amour.
    • On dit par exemple : "Avoir une inclination pour son petit-fils".

Ou : "Éprouver une vive inclination pour la fille de son meilleur ami".

Même si elles phonétiquement très ressemblantes et qu'elles possèdent des significations très proches, les formules "Une inclinaison de la tête" et "Une inclination de la tête" ne sont donc absolument pas synonymes !

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr

"Inclinaison de la tête" et "Inclination de la tête".

Ces deux locutions nominales féminines, même si elles phonétiquement très ressemblantes ne sont cependant pas synonymes puisque :

  • "L'inclinaison de la tête" désigne : l'état penché, incliné de la tête par rapport à l'axe vertical que constitue le reste du corps.
  • tandis que "L'inclination de la tête" désigne : l'action d'incliner en avant la tête.

Autrement dit : "L'inclinAISON de la tête" résulte de "l'inclinATION de la tête" !

Sur un sujet contigu, je me permet de vous recommander la lecture de mon article consacré à la différence entre les mots "Inclinaison et "Inclination".

Sources : www.linternaute.fr, www.cnrtl.fr, www.academie-francaise.fr et www.larousse.fr