"L'odontologie", "La médecine bucco-dentaire", "La médecine dentaire", "La chirurgie dentaire", "L'art dentaire" et "La dentisterie".

Ces six dénominations synonymes (désolé, il n'y en a pas davantage !) désignent toutes la même chose :

  • une spécialité médico-chirurgicale,
  • exercée par des praticiens, nommés "odontologistes", "odontologues", "médecins bucco-dentaires", "chirurgiens-dentistes", "médecins-dentistes" ou - par ellipse - "dentistes",
  • couvrant l'étude de l'organe dentaire (émail, dentine, pulpe dentaire), des maxillaires (os maxillaire, os mandibulaire) et des tissus attenants,
  • ainsi que la prévention, le diagnostic et le traitement des pathologies de l'ensemble des structures anatomiques oro-faciales.

Novlangue oblige, "La médecine bucco-dentaire" - appellation la plus récente -  remplace officiellement, depuis le 15 décembre 2010, celle de "L'art dentaire".

Source : wikipedia.org

"Une personne d'origine subsaharienne".

Vous vous interrogez à propos de cette étrange locution nominale ?

Allons, allons, voyons !

Merveille de la novlangue, cette formule absconse, que je commence à entendre, désigne tout simplement... un habitant des régions situées au Sud du Sahara.

Autrement dit : celui que le vil raciste négrophobe que vous êtes peut-être se permet encore d'appeler... un africain de couleur noire ou - par ellipse péjorative - un noir !

Les dérives de la novlangue : mais que va-t-on donc pouvoir - ou devoir - dire la prochaine fois pour désigner les personnes de couleur noire et celles originaires d'Afrique du Nord ?

On a en effet successivement utilisé les termes ou formules suivants (*) :

Deux formules du langae courant, à mon sens purement factuelles et sans aucune connotation raciste ou négative. 

Puisque l'on disait de la même façon : "Les blancs" pour désigner il est vrai les personnes de couleur plutôt "crème" ou "rose"... et "les Sud-Américains" pour désigner les les personnes originaires d'Amérique du Sud.

  • On a ensuite parlé des "maghrébins",
  • puis des "personnes d'origine africaine".

Pourtant celle-ci peut parfois être des plus lointaines... : les ascendants de l'un de mes amis noir sont tout de même parisiens depuis... 1810 ! Soit un demi-siècle avant que les Niçois et les Savoyards ne soient rattachés à la France, le 24 mars 1860 ! Or je n'ai jamais entendu quiconque dire de ces derniers qu'ils sont d'origine italienne.

  • Dans les années 1980, on s'est mis à parler anglais et verlan et on a dit : "Les blacks" (registre familier), "Les keblas", "Les renois" (registre argotique) et "Les beurs" (registre familier).
  • Avec l'apparition de la novlangue et du politiquement correct - que j'abhorre et que je conchie - est d'abord apparue la formule "Personnes de couleur"...

Comme si le périgourdin ou le normand n'étaient pas "de couleur" mais transparents !

  • puis la locution nominale "minorités visibles"...

Que je trouve personnellement nettement plus discriminante que l'adjectif qualificatif "noir".

  • et aujourd'hui la formule "personnes issues de la diversité"...

Alors, à l'instar de mon maître, le vénéré Coluche, je me pose la question : "Mais dites-moi... jusqu'où s'arrêteront-ils ?".

Et surtout : que va-t-on donc pouvoir - ou devoir - dire la prochaine fois ?

(*) : J'ai sciemment exclu de ma liste l'ensemble des termes à connotation expressément raciste, auxquels je consacrerai ultérieurement un autre article.

 

"Les aînés" ou "Nos aînés".

Ainsi notre classe politique et nos journalistes désignent-ils dorénavant... "les personnes âgées" ou "les vieux", après les avoir longtemps appelé "les seniors" ou "le troisième âge" puis également - avec l'accroissement de l'espérance de vie - "le quatrième âge".

Encore un exemple édifiant de cette stupide autant qu'hypocrite novlangue dont on nous rebat les oreilles à longeur de journée.

Pourquoi dire : "Les professionnels de santé seront en capacité de pouvoir se procurer des masques" !

Comme l'a déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le 18 mars 2020, lors de sa conférence de presse quotidienne à propos de la pandémie de maladie à coronavirus 2019.

Et pas : "Les professionnels de santé POURRONT se procurer des masques" !

Satanée novlangue !

On ne dit pas : "Être en capacité à réunir" !

Le journaliste français Pierre Jacquemain

Comme l'a déclaré le journaliste français Pierre Jacquemain, le 15 mars 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu franceinfo.

Mais : "Être CAPABLE DE réunir" voire, bien plus simplement, "POUVOIR réunir" !

Pour cette phrase invraisemblable et inadmissible dans la bouche d'un professionnel du verbe, je lui décerne, sans hésiter, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

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"Les droits de l'être humain".

Il s'agit de la nouvelle appellation des "Droits de l'Homme", que s'évertuent de promouvoir toutes celles et ceux qui n'ont d'autre chose à faire que de penser que cette formule est sacrilège et violemment attentatoire à la gent féminine.

Pourquoi dire : "En région" ?

Alors que "En PROVINCE" convenait parfaitement !

Encore une de ces manifestations de susceptibilité mal placée de péquenauds atrabilaires qui m'exaspèrent !

Ne souhaitant naturellement pas retrouver les grilles de mon gigantesque manoir de 110 pièces bloquées par des tombereaux de fumier déversés par des hordes d'exploitants agricoles en colère, je précise tout de suite qu'il s'agit bien sûr d'ironie, d'une réflexion personnelle à vocation humoristique, à interpréter au second degré !

Il est en effet évident qu'il était urgent de prendre en compte sur le plan lexical la souffrance profonde de la majorité des français, quotidiennement humiliés de s'entendre dire qu'ils habitaient "En province" !

Alors que dans le même temps, chacun sait bien que toutes ces personnes se réjouissent chaque jour davantage de voir disparaître les services publics qui leur permettaient par exemple autrefois d'aller expédier depuis la poste de leur village ou de leur petite ville un courrier, qui parvenait en 24 à 48 heures maximum à la capitale, là où il leur faut aujourd'hui déposer leur missive dans le "coin postal" de la supérette locale et attendre régulièrement des semaines entières pour que La Poste daigne acheminer un courrier, parfois même au sein d'une propre ville !

je puis par exemple témoigner à titre personnel que c'est ainsi régulièrement le cas des courriers de la CPAM d'Aix-en-Provence (13), située à 3 km de mon domicile, dont les courriers ont plusieurs fois mis de 7 à... 19 jours (...) pour parvenir dans ma boîte-à-lettres !

Il y a des priorités tout de même...

"Un professeur des écoles".

Il s'agit de la nouvelle appellation donnée par l'Éducation Nationale, depuis 1990, à celui qui enseigne dans une école primaire, publique ou privée ; que l'on appelait depuis le XVe siècle, de manière blessante, vexante et infamante - vils gredins que nous sommes  - ... "Un instituteur".

Gageons que cela a du changer la vie de cette profession !

Trêve de plaisanterie, je sais bien que la loi Jospin, qui a institué ce changement de nom, a par ailleurs eu le mérite de largement revaloriser cette profession :

  •  que ce soit par l'alignement de leur statut sur celui des PLC (Professeurs des Lycées et Collèges), avec :
    • un recrutement au niveau de la licence,
    • et une formation et une culture professionnelle commune à tous les enseignants du primaire et du secondaire, à travers la création des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM),
  •  ou par la revalorisation de la grille indiciaire ; les "Professeurs des écoles" étant dorénavant rémunérés selon la grille A de la Fonction publique et non selon la grille B ainsi que l’étaient les "Instituteurs".

Mais je persiste à croire que le changement de nom ne s'avérait pas fondamental ni indispensable.

Et j'en veux pour preuve le fait que, comme souvent en pareil cas, il ne se soit guère imposé dans le langage courant, malgré les trois décennies écoulées !

Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?

L'homme politique français Bernard Cazeneuve

Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".

Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.

Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.

Pourquoi dire : "Être en capacité de" ?

Alors qu'il existe le verbe "Pouvoir" ou la locution verbale "Être capable de ", à mon sens largement suffisants.

Je ne supporte plus cette formule, désormais systématiquement utilisée par les journalistes et dirigeants, qui relève de la novlangue :

  • Agnès Pannier-Runacher, le 30 juillet 2019,

Et des centaines d'autres bien sûr.