Pourquoi dire : "En région" ?

Alors que "En PROVINCE" convenait parfaitement !

Encore une de ces manifestations de susceptibilité mal placée de péquenauds atrabilaires qui m'exaspèrent !

Ne souhaitant naturellement pas retrouver les grilles de mon gigantesque manoir de 110 pièces bloquées par des tombereaux de fumier déversés par des hordes d'exploitants agricoles en colère, je précise tout de suite qu'il s'agit bien sûr d'ironie, d'une réflexion personnelle à vocation humoristique, à interpréter au second degré !

Il est en effet évident qu'il était urgent de prendre en compte sur le plan lexical la souffrance profonde de la majorité des français, quotidiennement humiliés de s'entendre dire qu'ils habitaient "En province" !

Alors que dans le même temps, chacun sait bien que toutes ces personnes se réjouissent chaque jour davantage de voir disparaître les services publics qui leur permettaient par exemple autrefois d'aller expédier depuis la poste de leur village ou de leur petite ville un courrier, qui parvenait en 24 à 48 heures maximum à la capitale, là où il leur faut aujourd'hui déposer leur missive dans le "coin postal" de la supérette locale et attendre régulièrement des semaines entières pour que La Poste daigne acheminer un courrier, parfois même au sein d'une propre ville !

je puis par exemple témoigner à titre personnel que c'est ainsi régulièrement le cas des courriers de la CPAM d'Aix-en-Provence (13), située à 3 km de mon domicile, dont les courriers ont plusieurs fois mis de 7 à... 19 jours (...) pour parvenir dans ma boîte-à-lettres !

Il y a des priorités tout de même...

"Un professeur des écoles".

Il s'agit de la nouvelle appellation donnée par l'Éducation Nationale, depuis 1990, à celui qui enseigne dans une école primaire, publique ou privée ; que l'on appelait depuis le XVe siècle, de manière blessante, vexante et infamante - vils gredins que nous sommes  - ... "Un instituteur".

Gageons que cela a du changer la vie de cette profession !

Trêve de plaisanterie, je sais bien que la loi Jospin, qui a institué ce changement de nom, a par ailleurs eu le mérite de largement revaloriser cette profession :

  •  que ce soit par l'alignement de leur statut sur celui des PLC (Professeurs des Lycées et Collèges), avec :
    • un recrutement au niveau de la licence,
    • et une formation et une culture professionnelle commune à tous les enseignants du primaire et du secondaire, à travers la création des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM),
  •  ou par la revalorisation de la grille indiciaire ; les "Professeurs des écoles" étant dorénavant rémunérés selon la grille A de la Fonction publique et non selon la grille B ainsi que l’étaient les "Instituteurs".

Mais je persiste à croire que le changement de nom ne s'avérait pas fondamental ni indispensable.

Et j'en veux pour preuve le fait que, comme souvent en pareil cas, il ne se soit guère imposé dans le langage courant, malgré les trois décennies écoulées !

Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?

L'homme politique français Bernard Cazeneuve

Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.

Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".

Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.

Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.

Pourquoi dire : "Être en capacité de" ?

Alors qu'il existe le verbe "Pouvoir" ou la locution verbale "Être capable de ", à mon sens largement suffisants.

Je ne supporte plus cette formule, désormais systématiquement utilisée par les journalistes et dirigeants, qui relève de la novlangue :

  • Agnès Pannier-Runacher, le 30 juillet 2019,

Et des centaines d'autres bien sûr.

On ne dit pas : "Positionner une réunion" ni "Se positionner quelque part" ou "Se positionner sur un sujet" !

Mais : "Fixer une réunion" ou "Prévoir une réunion" !

Et : "Se situer quelque part" et "Prendre une position sur un sujet" !

  • "Positionner" ne peut en effet signifier que :
    • placer automatiquement (une ou plusieurs pièces) dans la position requise en vue d'une fonction ou d'un assemblage
    • déterminer la position géographique d'un navire, d'un engin, de troupes,
    • calculer le solde d'un compte en banque,
    • ou promouvoir un produit en spécifiant qu'il s'adresse à une catégorie très précise de clientèle (on "positionne" une marque).
  • Et "Se positionner" ne peut signifier que :
    • se placer dans la position requise,
    • ou, par analogie, s'installer solidement, (se "positionner" dans une file),
    • et, au figuré, se placer dans une bonne situation, se mettre en position de.

"La HPA " ou "L'hôtellerie de plein air".

Ce sigle et cette locution nominale utilisés depuis le milieu des années 1960 par les professionnels de la profession (*), mais qui a mis des décennies à parvenir à s'imposer auprès du grand public (c'est encore à peine le cas, je crois) désigne ce que l'on appelait auparavant "Le camping".

Connaissant mon aversion pour les anglicismes, on aurait pu croire qu'un tel changement me réjouirait. Il n'en est cependant rien puisque je préfère, de beaucoup, la formule utilisée par nos amis québecois, qui parlent d'"Hébergement de plein air" !

Je la trouve en effet beaucoup plus honnête, réaliste et concrète que celle d'"Hôtellerie de plein air", qui entend essayer de rapprocher ce secteur économique de l'hébergement touristique de l'hôtellerie traditionnelle dite "classée".

Certes, je le concède, le camping, est en effet assez largement monté en gamme - et surtout en prix ! - depuis un demi-siècle, ce qui, avant toute chose, en interdit désormais l'accès à l'immense majorité des classes populaires et des travailleurs pauvres, qui pouvaient autrefois en profiter.

Mais considère que c'est vraiment se moquer du monde que de parler d'"hôtellerie" pour qualifier ce type d'hébergement :

  • Les camping-cars actuels ont beau être chaque année plus grands et davantage équipés voire luxueux, on ne fait jamais que dormir dans un camion ou dans un bus !
  • Et ces villages de vacances que l'on qualifie désormais de PRL (Parc Résidentiel de Loisirs) réunissant des "habitats légers de loisirs", de type tipis, tentes de grande dimension, maisons mobiles, cabanes perchées, chalets ou bungalows ne ressemblent, pour moi, en rien à l'hôtellerie traditionnelle !

BungalowsCabanes perchées

(*) : Le 1er janvier 1964, l''UCAF (Union Nationale des Camps Aménagés de France), créée dans les années 1950, devient la FNHPA (Fédération Nationale de l'Hôtellerie de Plein Air).

"Un prête-plume".

Ce néologisme proposé en décembre 2017 par la Commission d'enrichissement de la langue française, qui travaille en liaison avec les services de l'Académie française, désigne ce que l'on appelle dans le langage courant "Un nègre littéraire".

Et que "Le Figaro" propose d'appeler, selon le contexte, "Un auteur caché", "Un écrivain caché" ou "Une plume cachée», voire "Un auteur de l'ombre", "Un écrivain de l'ombre" ou "Une plume de l'ombre».

Source : www.lefigaro.fr

"Un assistant familial" ou "Une assistante familiale".

Il s'agit de la nouvelle dénomination, depuis la loi du 27 juin 2005, de ce que l'on appelait autrefois "Une famille d'accueil".

C'est à dire : une personne accueillant à son domicile et dans sa famille, moyennant rémunération, des mineurs ou des jeunes majeurs âgés de 18 à 21 ans. Et devant pour ce faire obtenir un agrément

En 2019, la moitié des 176 000 jeunes pris en charge par l'Aide Sociale à l'Enfance, et devant être séparés de leurs parents pour diverses raisons, sont placés chez des assistants familiaux.