"Un cliquetis".

J'aime beaucoup ce substantif masculin du langage courant qui désigne :

  • une série de bruits légers et secs, produits par des corps qui s'entrechoquent.

On parle ainsi du "cliquetis des clés" ou du "cliquetis d'une machine à écrire".

  • ou : un bruit mécanique anormal.

On dit ainsi : "Le moteur de mon véhicule m'inquiète : j'ai cru entendre une sorte de cliquetis durant le trajet."

"Se rembrailler".

J'aime beaucoup ce verbe marseillais signifiant, selon le contexte :

  • rajuster ses vêtements,
  • remonter son pantalon,
  • voire : se rhabiller.

On dit par exemple : "Rembraille-toi : on dirait un clochard !".

Ou : "Je me suis rembraillé à toute vitesse : son mari allait arriver d'un moment à l'autre !".

Tout comme l'adjectif "Débraillé", ce verbe injustement méconnu dans le reste de la France fait référence aux "Braies", ce vêtement en forme de pantalon, ajusté ou flottant, porté par plusieurs peuples de l'Antiquité (en particulier les Gaulois et les peuples germaniques), ainsi qu'au Moyen Âge.

Braies médiéviales
Braies médiéviales

Vous en avez vu depuis votre plus jeune âge, dès lors que vous connaissez Obélix et ses célèbres braies à rayures blanches et bleues !

Les célébrissimes guerriers gaulois Obélix et Astérix, toujours vêtus de braies
Les célébrissimes guerriers gaulois Obélix et Astérix, toujours vêtus de braies

Le mot "Braies" qui nous vient du gaulois est un substantif féminin qui présente la particularité d'être exclusivement employé au pluriel.

Braies
Braies

Et "Se rembrailler" signifie donc étmologiquement: rajuster, remonter ses braies.

Source : wikipedia.org

"Une diatribe".

J'aime beaucoup ce substantif féminin du registre soutenu qui nous vient du grec "diatribé" signifiant "discussion d'école" ou "discussion philosophique" et qui désigne :

  • de nos jours : une critique amère et violente,

Il peut s'agir d'un texte ou d'un discours qui attaque une personne ou une institution, le plus souvent sur un ton injurieux. Il peut éventuellement s'agir d'un pamphlet ou d'une satire.

Plusieurs de nos plus célèbres hommes de lettres du XIXe siècle, tels Émile Zola ou Victor Hugo, s'exprimaient sous cette forme dans divers journaux. Et la lettre ouverte "J'accuse...!" d'Émile Zola, parue dans le journal l'Aurore, le 13 janvier 1898, en est un parfait exemple.

On dit par exemple : "Je ne supporte plus les diatribes xénophobes de cet homme politique".

  • et, dans l'Antiquité : un genre littéraire, pratiqué notamment par les Cyniques et les Stoïciens.

L'origine de cette forme littéraire est en général attribuée à Bion de Borysthène, philosophe cynique du IIIe siècle av. J.-C.

Et parmi les autres philosophes qui ont pratiqué ce genre, on peut citer Télès, chez les Cyniques, et Musonius Rufus, chez les Stoïciens.

Au IIIe siècle av. J.-C., la diatribe prend la forme d'un dialogue avec un interlocuteur en général fictif. Visant à la prédication morale, elle traite de lieux communs de l'éthique. Elle use des procédés de la rhétorique et, pour renforcer ses effets sur un auditoire constitué d'un large public non spécialisé, recourt, selon le cas, à l'ironie, à l'invective et à la polémique.

Et c'est précisément cette forme polémique et violente que prenaient souvent ces dialogues à visée morale qui explique l'évolution de l'usage du mot à notre époque.

Source : wikipedia.org

"Dussé-je".

J'aime beaucoup cette formule du registre soutenu correspondant à la première personne du singulier du subjonctif imparfait du verbe "devoir" et signifiant : quand bien même je devrais.

On dit par exemple : "Dussé-je le poursuivre jusqu'en enfer, je retrouverai l'assassin de ma fille !".

Ou : "Dussé-je y passer des heures, je trouverai d'où vient cette erreur !".

"Sans flagornerie" ou "Sans flagornerie aucune".

J'aime beaucoup cette locution adverbiale du regsitre soutenu, qui signifie : sans être bassement flatteur ni intéressé. C'est à dire : très honnêtement et très sincèrement.

On dit par exemple : "Sans flagornerie aucune, mon ami, je pense que vous avez écrit là un livre qui marquera notre époque".

La "Flagornerie" est en effet le caractère d'une personne flattant bassement, avec insistance et de façon généralement intéressée.

Et "Une flagornerie" est donc, par métonymie, une action ou une attitude qui manifeste de la flatterie basse et intéressée.

Source : www.cnrtl.fr

"À telle enseigne que".

J'aime beaucoup cette expression du registre soutenu que j'utilise régulièrement et qui signifie, selon le contexte : à tel point que, au point que, cela est si vrai que, comme le prouve le fait que ou tellement que.

On dit par exemple : "Je me suis progressivement totalement désintéressé de la politique. À telle enseigne que je ne participe désormais plus aux différentes mascarades électorales".

Ou : "Je collectionne les mots, locutions et expressions depuis des décennies. À telle enseigne que je possède près d'un demi-million de petites fiches papier consacrées à ma passion".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Fâcheuse", "Fâcheuses" ou "Fâcheux".

Ce joli adjectif du registre soutenu signifie, selon le contexte :

  • cause de déplaisir, ennuyeu(s)x, contrariant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "Ce meuble est dans un faĉheux état".

  • cause de douleur, de souffrance, affligeant(e)(s) (registre soutenu),

On dit par exemple : "La disparition mystérieuse de son fils il y a dix ans a été fâcheuse pour mon voisin".

  • ou : entraînant des conséquences ennuyeuses, désagréables, regrettables ; comportant des inconvénients ; portant préjudice (registre soutenu).

On dit par exemple: "L'arrivée de l'autoroute va être fâcheuse pour certains d'entre nous".

Source : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Un conciliabule" et "Être en grand conciliabule".

J'aime beaucoup ce joli substantif masculin du registre soutenu, qui nous vient tout droit du vocabulaire et jargon religieux.

  • "Un conciliabule" désigne en effet :
    • au sens propre : une assemblée de prélats schismatiques n'ayant pas autorité pour délibérer, ou convoqués irrégulièrement,
    • et par extension :
      • une conférence secrète et où président d'ordinaire des sentiments de malveillance ou d'hostilité,

On dit par exemple : "Il se dit que l'aile gauche du parti s'est réuni nuitamment en conciliabule en tout début de semaine".

      • des entretiens à voix basse, plus ou moins suspects.

On dit par exemple : "Les enfants, je n'aime pas vous voir ainsi en conciliabule : qu'êtes-vous donc en train de préparer ?".

  • la locution verbale "Être en grand conciliabule" signifie par conséquent de nos jours, hors contexte religieux :
    • s'entretenir secrètement, dans une optique plutôt malveillante et hostile,

On dit par exemple : "Certains députés de la majorité ont été surpris en grand conciliabule avec différents représentants éminents de l'opposition".

    • s'entretenir à voix basse, de façon plus ou moins suspecte.

On dit par exemple : "Depuis deux jours plusieurs groupes d'élèves sont en grand conciliabule près des toilettes, durant chaque récréation".

Source : www.larousse.fr

"Sine die".

Cette locution adverbiale latine régulièrement utilisée en français signifie : sans préciser le jour ou sans fixer d'autre date.

Et donc : indéfiniment, de manière indéfinie.

On dit par exemple : "Le débat a été reporté sine die".

Ou : "Le vote a été repoussé sine die".

Sources : wiktionary.org, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Rébarbatif" ou "Rébarbative".

J'aime bien cet adjectif du langage courant qui signifie, selon le contexte :

  • qui rebute par un aspect rude, désagréable, rebutant, revêche.

On dit par exemple : "Je vais rarement dans cette boutique, je trouve que les vendeurs ont un air rébarbatif".

  • ou : difficile, manquant d'attrait, ennuyeux.

On dit par exemple : "C'est un sujet rébarbatif, je l'avoue".

Sources : www.larousse et www.cnrtl.fr

"La concupiscence", "Concupiscent" ou "Concupiscente".

J'aime beaucoup ces joli mots du registre soutenu et du registre désuet, qui désignent, dans la théologie chrétienne :

  • le penchant, l'attrait naturel vers la jouissance des biens matériels, terrestres, soit, de manière plus générale,
  • et en particulier le penchant, l'inclination vers les plaisirs sensuels ; la convoitise, le désir.

On dit par exemple : "Son regard trahit la concupiscence  lorsqu'il regarde les femmes en maillot de bain sur la plage".

Le mot "Concupiscence" nous vient du mot latin "Concupiscentia", qui est dérivé du verbe "Cupere" signifiant littéralement "Désirer ardemment". D'autres dérivés de ce verbe sont par exemple le nom de "Cupidon", dieu latin de l’amour fou et du désir, ou encore le mot "Cupidité".

Le terme "Concupiscentia" n’a pas été "inventé" avec le christianisme. Avant d’être une notion importante du christianisme, le terme appartient au vocabulaire des païens qui en font l'équivalent de ce que notre langue appelle la convoitise. La concupiscentia est, dans ce contexte, définie comme l’élan qui amène l'homme à désirer avec ardeur. La concupiscence ne fait cependant pas encore l’objet d'une attention particulière avant l'ère chrétienne et désigne originellement toute forme véhémente de désir humain.

Source : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Ne pas tarir d'éloges".

J'aime beaucoup cette locution verbale du registre soutenu - qui ne s'utilise qu'à la forme négative - signifie : dire énormément de bien. De quelque chose ou de quelqu'un.

Et cela de façon un peu trop excessive ; la formule évoquant un flot de paroles, un discours qui n'en finit pas.

On dit par exemple : "Je trouve toujours plaisante cette façon qu'ont les académiciens de ne pas tarir d'éloges sur leur prédécesseur, lors de leur discours de réception".