"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne pouvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

"Un comité Théodule".

Cette locution désigne "un comité ou une commission ne présentant qu'une utilité des plus limitées voire n'ayant absolument aucune utilité".

L'expression a été créée par le général de Gaulle, lors d'un voyage à Oran (Algérie), le 25 septembre 1963, où il a déclaré, parlant de lui à la troisième personne, :

"Mais de cela, le général de Gaulle ne s'est jamais beaucoup occupé. L'essentiel pour lui, ce n'est pas ce que peuvent penser le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte, l'essentiel pour le Général de Gaulle, président de la République française, c'est ce qui est utile au peuple français, ce que sent, ce que veut le peuple français. J'ai conscience de l'avoir discerné depuis bientôt un quart de siècle, et je suis résolu, puisque j'en ai encore la force, à continuer de le faire".

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Faire du media training" ?

Et pas : "Se préparer aux entretiens audiovisuels" ou "Se préparer à être interrogé par les organes d'information" !

C'est évidemment bien plus long. Mais cela évite d'utiliser le verbe "Faire", déjà présent dans des centaines de formules et expressions et dont nous truffons nos conversations.

Et surtout : de jargonner en anglais !

"Chaban".

L'homme politique français Jacsques Chaban-Delmas

Tel était le nom de guerre, puis le nom sous lequel on désignait couramment l'homme politique français Jacques Delmas, devenu après-guerre "Jacques Chaban-Delmas".

Né le 7 mars 1915 et mort le 10 novembre 2000, ce résistant de la première heure (décembre 1940) est nommé, à l'été 1944, à l'âge de 29 ans, général de brigade par le général de Gaulle et le gouvernement provisoire ; devenant ainsi le plus jeune général nommé depuis François Séverin Marceau, général à 24 ans durant la Révolution.

Le général de brigade Jacques Chaban-Delmas

Considéré comme l'un des "barons du gaullisme", il est maire de Bordeaux (33) 48 années durant (1947-1995), trois fois ministre sous la IVe République, député (1946-1958 et 1973-1997) et président de l'Assemblée nationale à trois reprises (1958-1969, 1978-1981 et 1986-1988).

Premier ministre de Georges Pompidou (1969-1972), il préconise une "Nouvelle société", d'inspiration centriste et sociale. Et se présente sans succès à l'élection présidentielle de 1974, face à Valéry Giscard d'Estaing.

Source : wikipedia.org

"D'une main de fer" ou "D'une poigne de fer".

Ces deux expressions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient, au sens figuré, :"Avec une autorité inflexible".

Et lorsqu'elles sont utilisées en matière politique, elles sous-tendent le plus souvent l'idée d'un régime autoritaire et répressif.

On dit par exemple :

  • "Ce directeur dirige son établissemnt d'une main de fer",

La formule "Main de fer" évoquée ici ne doit pas être confondue avec l'outil appelé "Main-de-fer" avec des tirets "-".

Source : wiktionary.org et www.cnrtl.fr

Pourquoi dire : "Un sit-in" ?

Sit-in de gilets jaunes

Et pas : "Une manifestation assise" !

Il s'agit en effet d'un type de manifestation caractérisé par la position assise (de l'anglais "to sit" qui signifie "s'asseoir") de ses participants.

Celle-ci consiste à occuper un espace sur la voie publique, dans un édifice public ou un établissement privé et à y demeurer pendant un temps determiné ou le plus longtemps possible jusqu'à évacuation contrainte.

Et cela afin - le plus souvent - de sensibiliser l'opinion à une situation d'ordre politique, économique ou social contestée par les manifestants.

Et c'est parce qu'elle exprime tout à la fois leur détermination et leur pacificisme, que la position assise des militants ou activistes est susceptible de trouver un écho auprès du grand public et une résonance médiatique importante.

Source : wikipedia.org

 

"Faire machine arrière".

Cette expression du langage courant n'est pas seulement utilisée dans le domaine maritime, puisqu'elle signifie :

  • au sens propre : faire tourner l'hélice en sens inverse, pour faire reculer un navire,

On dit par exemple : "Pris dans les glaces, le commandant est contraint de faire machine arrière pour dégager son navire en catastrophe".

  • mais également, au sens figuré, : renoncer à un projet, une action.

On dit par exemple : "Face à l'ampleur des manifestations, le gouvernement a fait machine arrière".

Source : wiktionary.org

"Les aînés" ou "Nos aînés".

Ainsi notre classe politique et nos journalistes désignent-ils dorénavant... "les personnes âgées" ou "les vieux", après les avoir longtemps appelé "les seniors" ou "le troisième âge" puis également - avec l'accroissement de l'espérance de vie - "le quatrième âge".

Encore un exemple édifiant de cette stupide autant qu'hypocrite novlangue dont on nous rebat les oreilles à longeur de journée.

"PPK".

Pedro Pablo Kuczynski Godard

Il s'agit du surnom de Pedro Pablo Kuczynski Godard, un homme d'État péruvien, né le 3 octobre 1938, au patronyme imprononçable pour beaucoup de Péruviens,

Cousin du réalisateur suisse Jean-Luc Godard, il a grandi dans la jungle amazonienne et été banquier à Wall Street !

Président du Conseil des ministres de 2005 à 2006,il devient président de la République du Pérou de 2016 à 2018.

Il échappe de peu à la destitution en décembre 2017, puis, menacé par une seconde procédure de destitution, démissionne en mars 2018, à la veille du vote du Parlement.

Et est arrêté le 10 avril 2019 dans le cadre du scandale de corruption Odebrecht (un géant brésilien du BTP) qui touche plusieurs pays sud-américains.

Source : wikipedia.org

On ne dit pas : "La Lang de Blois" !

Mais : "Jack Lang" !

Jack Lang

Il s'agit en effet du surnom en forme de calembour de l'homme politique français, socialiste, Jack Lang, né le 2 septembre 1939.

Explication du calembour
Il résulte de la paronymie entre les locutions nominales « Lang de Blois » et « Langue de bois » et fait référence à l’homosexualité non assumée de Jack Lang.

Député et maire de Blois (41), Jack Lang a été plusieurs fois ministre (Culture, Communication et Éducation Nationale) dans des gouvernements socialistes, notamment en tant que "numéro deux du gouvernement".

Cofondateur, en 1958, avec Édouard Guibert, de la troupe universitaire de Nancy (54), il créé en 1963 le Festival de théâtre universitaire de Nancy, qu'il présidera jusqu'en 1973. Dès l'édition de 1968, l'événement dépasse la sphère artistique lorraine pour acquérir une réputation nationale et mondiale.

Appelé par le président Georges Pompidou à la direction du théâtre de Chaillot en 1972, Jack Lang s'engage à partir de 1974 aux côtés de François Mitterrand, le faisant profiter de son carnet d'adresses international.

Entré au Parti socialiste en 1977, il devient secrétaire national à la culture en 1979.

Et est révélé au grand public en 1981, lorsqu'il est nommé ministre de la Culture, un poste qu'il occupera pendant dix ans sous tous les gouvernements socialistes des deux septennats de François Mitterrand, de mai 1981 à mars 1986, puis de mai 1988 à mars 1993.

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Pourquoi et depuis quand on appelle la France "l'Hexagone".

Le mot masculin "Hexagone" désigne :

  • au sens propre : un polygone à six sommets et six côtés.

Les polygones réguliers

La France est un hexagone

Une chanson de Renaud qui porte ce titre est parue en 1975, dans l'album "Amoureux de Paname", son tout premier 33 tours, sorti alors qu'il n'avait que 23 ans. Demeurant à ce jour ma chanson préférée, je lui ai consacré tout un article dans lequel vous pourrez entendre la chanson et lire l'intégralité des paroles commentées ligne après ligne.

"Giscard à la Barre !".

Il s'agit de la devise des soutiens de l'homme politique français Valéry Giscard d'Estaing, lors de la campagne électorale présidentielle de 1974.

Être à la barre d'un navire c'est décider de la direction à prendre. Par extension, celui qui est à la barre est celui qui dirige.

Tel était donc le projet des soutiens de Giscard : qu'il dirige le pays !

Bien que raltivement jeune à l'époque, puisque je suis né en 1961, je m'étais largement étonné du choix de cette formule "à la barre", que je trouvais personnellement pour le moins malheureuse parce que parfaitement ambiguë, du fait de son caractère polysèmique.

 

"On a gagné ! Les doigts dans le nez ! Ils ont perdu ! Les doigts dans le cul" !

Cette formule du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel se chante sur l'air des lampions par les foules enthousiastes :

  • à l'issue d'une victoire sportive,
  • d'une victoire électorale,
  • d'une victoire sociale,
  • ou d'une victoire syndicale.

Et cela même si la lutte a été sévère et le résultat difficile à obtenir.

Alors que l'expression "Les doigts dans le nez" signifie normalement, dans le registre familier - et naturellement au sens figuré - "très facilement, sans aucune difficulté".

Et que "Les doigts dans le cul" est une formule du registre vulgaire signifiant "à ne rien faire".

Voir également l'expression : "Se sortir les doigts du cul".