"Sans plus attendre".

Cette locution adverbiale est essentiellement employée par la classe politique et par les journalistes, qui en usent et abusent.

Et elle signifie simplement : tout de suite.

On dit par exemple : "Sans plus attendre, j'ai demandé au Premier ministre de prendre les mesures qui s'imposent".

Ou : "Sans plus attendre, je vous laisse avec votre animateur préféré".

Pourquoi dire : "Les midterms" ?

Un macaron en faveur des élections de mi-mandat 2022, aux États-Unis d'Amérique

Et pas simplement, en français, les élections de mi-mandat, puisque ce substantif anglais désigne par contraction : les "MIDTERM electionS".

Il s'agit concrètement des élections des deux chambres du Congrès des États-Unis d'Amérique, qui se tiennent au milieu du mandat quadriennal du président états-unien - d'où leur nom - et qui rythment la politique intérieure états-unienne.

L'ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants est renouvelé, ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat. La Chambre des représentants est entièrement renouvelée tous les deux ans, donc en même temps que l'élection présidentielle et lors des midterms. Et le Sénat est, lui, renouvelé d'un tiers tous les deux ans, donc lors de l'élection présidentielle et lors des midterms.

Le même jour, de nombreux États fédérés, comtés et villes américaines organisent les élections de leurs propres représentants, sur le modèle fédéral, ou des référendums. Ainsi, presque les deux tiers des gouverneurs, investis du pouvoir exécutif de leur État, sont élus ce jour-là.

Les élections de mi-mandat interviennent, comme toutes les élections fédérales, le mardi suivant le premier lundi de novembre ("Election Day"). Ainsi, les dernières élections de mi-mandat ont eu lieu le 6 novembre 2018 et les prochaines auront lieu le 8 novembre 2022.

Depuis 1860 et la mise en place du duopole partisan entre démocrates et républicains, 37 des 41 élections de mi-mandat se sont soldées par un recul du parti du président à la Chambre des représentants, le seul organe du pouvoir à être intégralement renouvelé lors de ces scrutins, à la fois parce que les partisans du président sont moins mobilisés que lors de l'élection présidentielle et parce que ce sont surtout les électeurs mécontents qui se rendent aux urnes lors d’un scrutin traditionnellement peu mobilisateur.

Les élections de mi-mandat sont très importantes pour le président. En effet, de mauvaises élections de mi-mandat peuvent l'empêcher d'agir et d'appliquer le programme pour lequel il a été élu deux ans plus tôt. Depuis l'installation d'un bipartisme démocrate-républicain dans les années 1910, le parti représenté à la Maison-Blanche a presque toujours perdu des élus au Congrès à mi-mandat.

Les principales exceptions récentes concernent 1998 et 2002 :

  • dans le premier cas, la procédure d'impeachment contre le président Clinton pour une affaire de moeurs, échouée, s'était retournée contre les républicains, qui gardèrent le contrôle des deux chambres, mais avec cinq représentants de moins,
  • et dans le deuxième cas, les attentats du 11 septembre 2001 ont exalté le soutien patriote envers le président républicain George W. Bush.

Autres élections

Le même jour, les États fédérés organisent généralement les élections de leurs propres représentants, sur le modèle fédéral, et c'est souvent le moment choisi pour les élections des gouverneurs, investis du pouvoir exécutif de leur État. De nombreux États américains, comtés ou villes tiennent également ce jour des élections pour différentes fonctions locales ou des référendums.

36 des 50 États américains élisent leur gouverneur lors de ces élections, 34 pour un mandat de 4 ans, et 2 petits États de la côte Est, le Vermont et le New Hampshire, pour deux ans (ils tiennent donc également une élection du gouverneur lors de l'élection présidentielle).

Pour les élections de 2018, environ 150 référendums se sont également tenus, un chiffre à peu près similaire à ceux des élections précédentes.

Les élections de mi-mandat qui tombent en fin de décennie (année finissant par un 0) ont un intérêt tout particulier. Constitutionnellement, les législatures qui y sont élues doivent en effet redessiner les cartes électorales puisque le recensement décennal se termine. Ce qui permet aux vainqueurs d'y pratiquer le "gerrymandering", découpage électoral en faveur d'un parti ou d'une notabilité ("charcutage"), ou en défaveur de l'autre camp. Ainsi, lors des élections de 2010, de nombreuses circonscriptions tenues par le Parti démocrate, parti du président alors en fonction Barack Obama, tombent aux mains des républicains qui ont pu changer la carte des circonscriptions pour la décennie suivante.

Source : wikipedia.org

"Avoir vocation à" ou "Ne pas avoir vocation à".

Ces locutions verbales signifient respectivement : être - ou ne pas être - qualifié, indiqué pour.

Et non : ne pas pouvoir ; ne pas devoir ; ne pas avoir le droit ; ne pas être destiné à ; ne pas disposer des qualités pour.

Ainsi que vous allez cependant pouvoir le constater ci-après, c'est pourtant bien dans ces différents sens que nos dirigeants en usent et abusent aujourd'hui :

  • du ministre français Emmanuel Vals, le 24 septembre 2013, que "Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie",

Le Premier ministre français Manuel Valls

  • du maire de Lyon (69) Gérard Collomb, le 14 octobre 2013 : "Ces populations n'ont pas vocation à s'intégrer",
Le ministre français Gérard Collomb (© ludovic MARIN / AFP)
© Ludovic Marin / AFP
  • ainsi, du président de la République française François Hollande, le 16 décembre 2013 : Les forces françaises n'ont "pas vocation à rester durablement en Centrafrique",

Le président de la République française François Hollande

  • l'ancien Premier ministre français Laurent Fabius, le 18 février 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester en permanence en Centrafrique",

Le Premier ministre français Laurent Fabius

  • le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, le 25 février 2014 : "la France n'a pas vocation à se substituer aux forces internationales" en Centrafrique,

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault

  • de l'ancienne ministre française Cécile Duflot, le 4 avril 2014 : "Les écologistes ont vocation à exercer le pouvoir",

La femme politique française Cécile Duflot

  • l'ancien ministre français François Bayrou, le 4 mai 2014 : "Le centre n'a pas vocation à être une roue de secours, ni une force d'appoint ni à être accessoire. Il a vocation à être un moteur, une volonté",

L'homme politique français François Bayrou

  • le général de division français Marc Foucaud, le 13 mai 2014 : "Nous n'avons pas vocation à rester vingt ans au Mali",

Le général français Marc Foucaud

Cet usage abusif relevant de la novlangue et du jargon politique semble remonter notamment aux années 2006-2007.

Le professeur de linguistique, Jean Véronis, co-auteur de l'ouvrage "Les Mots de Nicolas Sarkozy" (Seuil, 2008), a en effet réalisé un remarquable travail de statistique lexicale, duquel il ressort que, pendant la campagne de 2007, l'homme politique français Nicolas Sarkozy a utilisé l'expression, environ dix fois plus que les autres candidats : "Tous les pays n'ont pas vocation à intégrer l'Union", "L'Etat n'a pas vocation à se mêler de tout", "L'Europe a vocation à protéger", "L'OTAN n'a pas vocation à se substituer à l'ONU", etc.

Le président de la République française Nicolas Sarkozy (© AFP)
(© AFP)

Source : Le Robert et Le magazine du Monde, Didier Pourquery, 4 juillet 2014

"Primus inter pares".

Cette locution nominale latine (pri-mous ine-ter pa-rès) masculine ou féminine est invariable.

Signifiant littéralement "Premier/ère parmi les pairs", elle relève du registre soutenu.

Et elle désigne :

  • une personne qui préside un groupe, une assemblée, etc.

On dit par exemple : "Après trois mandats de député, j'aimerai devenir le primus inter pares".

  • et par extension : une personne qui se démarque au sein d'un groupe.

On dit par exemple : "Ce garçon est tout de suite apparu comme le primus inter pares de la faculté".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Être l'idiot utile" de quelqu'un ou "Jouer les idiots utiles".

La locution nominale masculine "L'idiot utile" relève du langage courant.

Et elle est couramment utilisée dans le domaine politique, afin de désigner : une personne, souvent perçue comme naïve,utilisée, instrumentalisée ou manipulée, qui - qu’elle en ait conscience ou non - sert les intérêts d’une faction politique, d’un groupe d’influence, d’un gouvernement ou d’un État hostile, d’un mouvement terroriste, etc., en promouvant et en diffusant leurs idées ou leur propagande aux dépens même de ses propres intérêts.

Ce concept serait apparu dans les années 1920 et se serait développé à partir de 1929, au moment des voyages de propagande du temps de l’URSS.

L’expression elle-même, calque de l’anglais "Useful idiot", fut utilisée pour la première fois aux États-Unis d'Amérique dans un article du New York Times par un journaliste correspondant à Rome (Latium) (Italie), qui l’aurait emprunté de l’italien au journal "L’Umanita" en 1948. Elle fut attribuée à Lénine par des auteurs états-uniens en pleine guerre froide, sans qu’on n’en retrouve aucune trace dans ses écrits ou ses propos rapportés.

L’expression qualifiait à l’origine les Occidentaux sympathisants du communisme qui reprenaient et répandaient, sans grand sens critique, la propagande de l’Union soviétique, à l’image d’Édouard Herriot, revenu d’Ukraine en 1933 et annonçant qu’il n’avait "vu que des gens bien nourris".

Source : wikipedia.org et wiktionary.org

Pourquoi dire : "Un peacemaker" ou "Jouer les peacemakers" ?

Ainsi que je l'ai plusieurs fois entendu, au cours des derniers mois, sur les différentes chaînes de télévision françaises d'information en continu.

Et pas simplement, en français : "Un CONCILIATEUR" ou "Un FAISEUR DE PAIX" !

Et : "JOUER LES CONCILIATEURS" ou "JOUER LES FAISEURS DE PAIX" !

"Un apparatchik".

Ce substantif masculin nous vient du russe, langue dans lequel il signifie "membre de l'appareil".

Et il désigne :

  • au sens propre : en Union soviétique puis par extension dans les autres régimes communistes, un membre de la nomenklatura, cadre du gouvernement, du parti communiste et de leurs représentations locales (autorités de l'État, administrations, sections ou cellules du Parti unique).

Par extension, l'apparatchik est un militant politique permanent, c'est-à-dire qui fait carrière dans le parti, rémunéré ou non par ce dernier (on pouvait être délégué d'une entreprise, d'un syndicat, d'une administration auprès du Parti). Il y exerce des responsabilités lui permettant d'obtenir des investitures et des mandats "électoraux" (il est alors le candidat unique du Parti dans une circonscription territoriale, un comité d'entreprise, une union professionnelle, un syndicat officiel). On parle aussi de bureaucrate.

Le terme "apparatchik" s'applique toujours à des membres civils du pouvoir, à l'exclusion des membres des forces armées ou de l'ordre tels les gradés de l'Armée rouge, les commissaires politiques ou les agents des polices politiques comme le NKVD.

  • et par extension, en France, de manière le plus souvent péjorative : un membre de l'appareil d'un parti quelconque ou d'un syndicat ; toute personne qui profite de son rang, de sa situation au sein d'un groupe social ou politique pour renforcer sa légitimité, son ascendant, son prestige, sa fortune, sa carrière.

On dit par exemple : "Ce type n'a jamais travaillé : il a toujourre été un appartchik".

Sources : Le Robert et wikipedia.org

"Un chef à plumes".

Un chef améridien portant une coiffe à plumes

Cette locution nominale masculine relève du jargon et vocabulaire politique.

Elle désigne en effet, depuis quelques années, au sens figuré : les principaux responsables des grands partis politiques.

Elle est apparue au début des années 2010, parmi les attachés de presse de l'UMP et du PS, en remplacement des termes "baron", pour les gaullistes, et "éléphant" pour les socialistes.

On dit par exemple : "Les chefs à plumes de la Macronie sont inquiets après la déroute de leurs candidats aux législatives".

Chefs lakotas

Cette formule fait naturellement référence aux peuples amérindiens qui ont utilisé des coiffes en plumes, notamment d'aigles, comme éléments décoratifs ou comme signe distinctif du rang social.

Une coiffe à plumes amérindienne

Les plumes avaient en outre des vertus magico-médicales ce qui donnait à cette coiffure une importance accrue. Chaque tribu avait son propre modèle de coiffure avec sa propre méthode pour les confectionner. Elles pouvaient leur attribuer un rôle culturel différent. Les coiffes de guerre (ou "bonnets de guerre") sont des couvre-chefs à plumes traditionnellement portées par les chefs masculins des nations indiennes des plaines américaines qui ont gagné une place de grand respect dans leur tribu.

À l'origine, elles étaient parfois portées au combat, mais sont maintenant principalement utilisées pour les cérémonies. Dans les communautés amérindiennes et des Premières Nations qui possèdent traditionnellement ces insignes, elles sont considérées comme des objets d'une grande importance spirituelle et politique, qui ne doivent être portés que par ceux qui en ont gagné le droit et l'honneur grâce à la reconnaissance formelle de leur peuple.

Les parures en plume d'aigles sont les plus prisées des parures d'Amérique du Nord. Elles sont si populaires qu'aux États-Unis seuls les Amérindiens ont le droit de détenir des plumes d'aigle, du fait que ces parures sont jugées essentielles au maintien de leur culture alors que les aigles sont des espèces strictement protégées. Ces parures peuvent être très simples, constituées d'une simple plume ou très complexes comme celle des Sioux ou des Arapahos. Elles étaient utilisées tant à la guerre que lors des conseils et cérémonies religieuses.

Il semble que les premiers Nord-Amérindiens à avoir utilisé des parures complexes soient les Crows. Les Pieds-Noirs les adoptèrent au début du XIXe siècle, mais leurs plumes d'aigle sont dressées circulairement et verticalement tout autour de la tête. Le chef Pawnee nommé Petalesharo en portait une en 1821, les Cheyennes vers 1830 au moins et les Sioux au milieu du XIXe siècle.

De nos jours, Ces coiffures sont toujours utilisées lors des pow-wows.

Un pow-wow

Sources : www.europe1.fr et wikipedia.org

"Une surenchère".

Ce substantif féminin relève du langage courant.

Et il désigne :

  • au sens propre : une nouvelle enchère, supérieure à la précédente.

On parle ainsi de "Surenchères successives".

Un acheteur en train de surenchérir, lors d'une vente aux enchères

  • et au sens figuré : une promesse, une offre supérieure ; une escalade : le fait d'aller encore plus loin que ce qui avait été fait ou proposé au préalable.

On parle par exemple de "Surenchère commerciale" ou de "Surenchère électorale".

Sources : Le Robert et www.larousse.fr

"Un mot d'ordre".

Cette locution nominale masculine relève du langage courant.

Et elle désigne :

  • au sens propre : une consigne d'action, une résolution commune ; par exemple aux membres d'un parti.

On dit par exemple : "Le mot d'ordre du parti était clair : pas une voix pour l'extrême-droite".

  • et par extension : une consigne, une instruction.

On dit par exemple : "Mon mot d'ordre est le suivant : la qualité avant tout".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, www.linternaute.fr et Le Robert

On ne dit pas : "Faire un accord d'appareil" !

L'émission "C dans l'air", présentée par Caroline roux, sur la chaîne de télévision publique française France 5

Ainsi que je malheureusement pu l'entendre, le 21 juin 2022, dans l'émission "C dans l'air", sur la chaîne de télévision publique France 5.

Mais : "CONCLURE un accord d'appareil", "PASSER un accord d'appareil" ou "SIGNER un accord d'appareil" !

Savez-vous ce qu'est "L'écharpe inversée" ou "L'écharpe à l'envers" ?

Ces deux locutions nominales féminines désignent : l'écharpe tricolore arborée par certains élus, qui présente un sens des couleurs inversé (rouge blanc bleu, lorsque l'on regarde le porteur).

Elle constitue une manière simple et efficace de différencier et de distinguer les parlementaires (députés et sénateurs) des maires :

  • les parlementaires portent le rouge près du col, et l'on voit donc bien une écharpe bleu, blanc, rouge lorsqu'on les regarde,
  • tandis que les maires, qui portent "l'écharpe inversée" ou "l'écharpe à l'envers" portent le bleu près du col, ce qui donne une écharpe rouge, blanc, bleu lorsqu'on les regarde.