"Une usine à gaz".

Cette locution nominale féminine est fréquemment utilisée, au sens figuré, dans le domaine de la politique.

Relevant du registre familier, elle désigne, de façon péjorative : un système lourd et complexe, peu maniable et/ou peu compréhensible.

Ou un projet jugé trop cher, trop complexe, et dont le mode de fonctionnement paraît inaccessible aux non-initiés.

Et cela, bien sûr, en référence à la complexité des installations d'usines productrices de gaz, comportant d'innombrables enchevêtrements de tuyaux, de cheminées et de cuves, au fonctionnement compliqué.

Une usine à gaz

On dit par exemple : "Le gouvernement nous propose une nouvelle usine à gaz !".

Cette expression est ancienne puisqu'elle date de l'aube de la révolution industrielle, au début du XIXe siècle, lorsque les grandes capitales d'Europe occidentale se dotèrent progressivement de l'éclairage au gaz pour améliorer la salubrité et la sécurité urbaine. À Paris et Londres, notamment, s'étaient ainsi développé de vastes complexes industriels, auxquels leur fonctionnement compliqué et souvent dangereux avait rapidement valu une très mauvaise réputation. Au point que l'image forte de ces complexes industriels tentaculaires reste gravée dans la mémoire collective, au-delà de leur disparition, dès les années 1880, lorsque l'éclairage au gaz tomba en désuétude au profit de l'électricité.

Sources : wikipedia.org, www.lefigaro.fr et www.linternaute.fr

"La LOPPSI 2".

Cet acronyme désigne la Loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure.

Cette loi française qui concerne la gestion de la police et de la gendarmerie pour la période 2009-2013 a été nommée LOPPSI 2 en référence à la LOPSI de 2002 qui avait le même objet et porte presque le même nom mais sans le mot "performance", a été élaboré par les ministres de l'Intérieur UMP (Union pour un Mouvement Populaire) Michèle Alliot-Marie puis Brice Hortefeux.

Le texte concerne en particulier la lutte contre la criminalité générale, la récidive, la délinquance routière, la "cyber-pédopornographie" et l'instauration d'un couvre-feu pour les mineurs. Il donne également de nouveaux pouvoirs à la police et prévoit d'en déléguer aux polices municipales et aux entreprises de sécurité privée.

Le Conseil constitutionnel a invalidé, par sa décision du 10 mars 2011, 13 des 142 dispositions du texte adopté par le Parlement.

Source : wikipedia.org

Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"La LOPSI".

Cet acronyme désigne la Loi n° 2002-1094 du 29 août 2002 d'Orientation et de Programmation pour la Sécurité Intérieure.

Cette loi française concernant la gestion de la police et de la gendarmerie est la première mesure phare de la législature élue en juin 2002, lors de la réélection de Jacques Chirac à la Présidence de la République.

Concrétisant l'un des axes de campagne de Jacques Chirac, la lutte contre l'insécurité, elle s'appuie sur les lois Pasqua de 1995, et doit mettre un frein à l'accroissement des faits de délinquance, alors que 4 millions de crimes et délits ont été recensés en 2001.

Présentée en conseil des ministres le 10 juillet 2002, elle est défendue par Nicolas Sarkozy, Ministre d'État, ministre de l'Intérieur. Examiné en urgence en juillet à l'Assemblée nationale, le projet de loi est adopté conforme par le Sénat, et validé par le Conseil constitutionnel le 22 août. Une semaine plus tard, il parait au Journal officiel.

En 2011, la loi LOPPSI 2 reprendra son nom, à un mot près.

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Le MENA" pour "Le Middle East and North Africa" ?

Le MENA (Middle East and North Africa) c'est à dire : l'ANMO (Afrique du Nord et Moyen Orient) ou MOAN (Moyen Orient et Afrique du Nord)

Et pas simplement, en français : "L'ANMO" pour "L'Afrique du Nord et Moyen Orient" !

Ou : "Le MOAN" pour "Le Moyen Orient et Afrique du Nord" !

L'ANMO (Afrique du Nord et Moyen Orient) ou MOAN (Moyen Orient et Afrique du Nord)

Ces acronymes désignent en effet une vaste région du monde comprenant tous les pays de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, depuis le Maroc, au Nord-Ouest de l'Afrique, jusqu'à l'Iran, au Sud-Ouest de l'Asie.

Cette région abrite environ 340 millions d’habitants en 2012, soit 6% de la population mondiale.

Et comprend plusieurs pays possèdant environ 60 % des réserves mondiales de pétrole et 45 % des réserves mondiales de gaz naturel, selon une estimation effectuée en janvier 2009 par le magazine "Oil and Gas Journal".

En 2009, en effet, huit des douze pays de l'OPEP (organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) appartenait à l'AMNO ou MOAN.

Source : wikipedia.org

"Subjuguer".

J'aime beaucoup ce verbe qui appartient au registre soutenu et qui signifie :

  • au sens propre :
    • mettre sous le joug, réduire à la soumission, asservir,

"Subjuguer" des bioeufs, c'est à dire : les mettre sous le joug

    • par extension :
      • soumettre par la force politique ou militaire un peuple ou un pays ; le réduire en sujétion,

On dit par exemple : "Cet homme a subjugué son pays durant plusieurs décennies".

Ou : "Rome a subjugué d'immenses territoires des siècles durant".

      • ou : se rendre maître de quelqu'un, de quelque chose par la contrainte ou par un effort physique ; dominer,

On dit par exemple : "Cette femme est parvenue à subjuguer près d'une dizaine de personnes âgées".

  • et au sens figuré :
    •  soumettre à son ascendant, au pouvoir de la raison, de la volonté ; exercer une forte emprise sur la personnalité de quelqu'un ; tenir sous sa domination (morale, intellectuelle, etc.) ;  captiver, dominer, envoûter, fasciner,

On dit par exemple : "C'est une personnalité étonnante, capable de subjuguer des salles entières".

    • ou : exercer sur quelqu'un un fort pouvoir de séduction ; séduire, charmer, éblouir, émerveiller, fasciner, ravir, ; que ce soit par le talent, le charme, la beauté, etc.

On dit par exemple : "J'ai immédiatement été subjugué par la beauté de cette femme".

Être "subjugué" par la beauté d'une femme

Sources : Le Robert, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"Les propos de nos hommes et femmes politiques sont de plus en plus aseptisés".

L'adjectif "aseptisé" signifie en effet :

  • au sens propre : rendu aseptique.

Autrement dit, en langage courant : sans microbes.

  • et au sens figuré, comme dans le titre de cet article : édulcoré.

Il est donc parfaitement adapté pour qualifier les propos de nos hommes et femmes politiques, de plus en plus édulcorés, politiquement corrects, faits de formules toutes faites, que je dénonce régulièrement dans ma collection d'articles consacrés à la novlangue.

"Un guérillero" et "Des guérilleros" ou "Une guérillera" et "Des guérilleras".

Une guérillera et des guérilleros

Ces différents substantifs masculins et féminins sont directement hérités des mots espagnols  "guerillero", "guerilleros", "guerillera" et "guerilleras".

Et ils désignent : un ou des combattants au sein d'une guérilla (de l'espagnol "guerilla").

Une colonne de guérilleros en marcheDes guérilleras

 

"Prol" ou "Prolo" et "Un prol" ou "Un prolo".

Des ouvriers en mai 1968

Ces différents termes sont des apocopes du mot "Prolétaire" qui désigne :

  • originellement, dans l'Antiquité romaine : un citoyen de la dernière classe du peuple, ne payant pas d'impôt, et ne pouvant être utile à l'État que par sa descendance,
  • et, à l'époque contemporaine : un travailleur ouvrier, paysan ou employé ne vivant que des revenus de son travail (le salaire), par opposition au capitaliste qui vit des revenus du capital et au bourgeois qui vit de ses rentes.
Les prolos des années 2020 : des ouvriers d'entrepôt
Les prolos des années 2020 : des ouvriers d'entrepôt

"Prol" et "Prolo" sont ainsi des adjectifs qualifiant : ce qui est relatif au monde des prolétaires,

Et "Un prol" ou "Un prolo" sont des substantifs masculins désignant : un prolétaire.

Les deux mots "Prolo" et "Prol" appartiennent au registre argotique et au registre populaire.

  • Le chanteur français Renaud utilise régulièrement le mot "Prolo" dans ses chansons :
    • "C'est Jojo l'démago,
      Qu'a trahi les prolos" ("Jojo le démago", 1977),
    • "Il ira au baston,
      Comme le prolo va au charbon" ("Baston !", 1980),
    • "L'information pour ces mecs-là,
      C'est d'effrayer l'prolo l'bourgeois" ("J'ai raté télé-foot", 1981),
    • "Prolo ordinaire, peuple de Paris,
      Rouge-gorge est fier d'être né ici" ("Rouge-gorge", 1988),
    • "Ils sont une nouvelle classe,
      Après les bourges et les prolos" ("Les bobos", 2006).
  • Mais pas le mot "Prol", qui s'utilise exclusivement de façon péjorative.

On dit par exemple : "J'ai toujours trouvé très prol de dire aréoport ou infractus au lieu d'aéroport et infarctus".

Sources : Le Robert et wiktionary.org

On ne dit pas : "Le Premier ministre a un agenda très chargé" ni "Cela figure à l'agenda du président" !

Ainsi que je l'entends malheureusement dire très régulièrement dans les différents organes d'information.

Mais :  "Le Premier ministre a un EMPLOI DU TEMPS très chargé" et "C'EST L'UNE DE SES PRIORITÉS" !

Ces utilisations du mot "agenda" relèvent en effet de l'anglais et non du français.

"Un rapporteur".

Ce substantif masculin polysémique peut avoir différentes significations, puisqu'il désigne tout à la fois :

  • un instrument :
    • un instrument en forme de demi-cercle gradué, utilisé en géométrie pour mesurer ou rapporter des angles et construire des figures géométriques.

Un rapporteur plastique d'écolier

    • par analogie : un instrument de mesure en forme de carré, dont le centre est évidé, dont les bords intérieurs présentent des graduations à l'échelle des plans à établir, et qui est utilisé, en dessin industriel, pour la transcription topographique des points de triangulation ("rapporteur de coordonnées") :
      • Les rapporteurs utilisés par les élèves sont la plupart du temps gradués en degrés, mais il existe plusieurs variantes : certains ont une double graduation (en degrés et en radians, ou en degrés et en grades), certains forment un disque complet alors que d'autres ne sont que des demi-disques.

      • Le rapporteur trigonométrique est un instrument de mesure matérialisant le cercle trigonométrique et fournissant une correspondance degrés-radians.

 

      • Dans l'artisanat et l'industrie on utilise plus volontiers des rapporteurs métalliques composés d'un secteur circulaire associé à une règle pivotante et un dispositif de blocage.

 

      • Dans le domaine maritime on utilise un rapporteur nautique.

 

  • ou une personne :
    • dans le domaine politique : un député ou sénateur, désigné au sein d'une commission d'étude, afin d'analyser un projet de loi ou une proposition.

Ce "rapporteur parlementaire" présente en séance publique son point de vue, ses observations et ses amendements.

Le député français LaREM Sacha Houlié

    • ou : un écolier ou une personne, qui rapporte à un adulte ou à un supérieur hiérarchique, les agissements cachés d'une autre personne.

On utilise également les substantifs masculins de délateur, de dénonciateur ou de mouchard (registre argotique).

Un écolier et son maître, dans les années 1960
Un écolier et son maître, dans les années 1960

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert