Et pas, bien plus simplement, : "DÉSIRER un enfant" ou "SOUHAITER un enfant" !
Novlangue
J’entends par « novlangue » ce registre de langue abscons, proche de la « langue de bois » ou du « politiquement correct« . Souvent utilisé depuis quelques décennies, tant par le monde politique que par celui des médias, il nous vaut, au quotidien, de ne plus entendre parler de « Cadavre » ou de « Plan de licenciement », mais de » Corps sans vie » et de « Plan de sauvegarde de l’emploi ».
J’ai réuni dans cette collection l’ensemble de mes articles consacrés à ce registre de langue que j’exècre.
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 359
Pourquoi dire : "Les professionnels de santé seront en capacité de pouvoir se procurer des masques" !
Comme l'a déclaré Jérôme Salomon, le directeur général de la santé, le 18 mars 2020, lors de sa conférence de presse quotidienne à propos de la pandémie de maladie à coronavirus 2019.
Et pas : "Les professionnels de santé POURRONT se procurer des masques" !
Satanée novlangue !
On ne dit pas : "Être en capacité à réunir" !
Comme l'a déclaré le journaliste français Pierre Jacquemain, le 15 mars 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu franceinfo.
Mais : "Être CAPABLE DE réunir" voire, bien plus simplement, "POUVOIR réunir" !
Pour cette phrase invraisemblable et inadmissible dans la bouche d'un professionnel du verbe, je lui décerne, sans hésiter, mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
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"Les droits de l'être humain".
Il s'agit de la nouvelle appellation des "Droits de l'Homme", que s'évertuent de promouvoir toutes celles et ceux qui n'ont d'autre chose à faire que de penser que cette formule est sacrilège et violemment attentatoire à la gent féminine.
Pourquoi dire : "En région" ?
Alors que "En PROVINCE" convenait parfaitement !
Encore une de ces manifestations de susceptibilité mal placée de péquenauds atrabilaires qui m'exaspèrent !
Ne souhaitant naturellement pas retrouver les grilles de mon gigantesque manoir de 110 pièces bloquées par des tombereaux de fumier déversés par des hordes d'exploitants agricoles en colère, je précise tout de suite qu'il s'agit bien sûr d'ironie, d'une réflexion personnelle à vocation humoristique, à interpréter au second degré !
Il est en effet évident qu'il était urgent de prendre en compte sur le plan lexical la souffrance profonde de la majorité des français, quotidiennement humiliés de s'entendre dire qu'ils habitaient "En province" !
Alors que dans le même temps, chacun sait bien que toutes ces personnes se réjouissent chaque jour davantage de voir disparaître les services publics qui leur permettaient par exemple autrefois d'aller expédier depuis la poste de leur village ou de leur petite ville un courrier, qui parvenait en 24 à 48 heures maximum à la capitale, là où il leur faut aujourd'hui déposer leur missive dans le "coin postal" de la supérette locale et attendre régulièrement des semaines entières pour que La Poste daigne acheminer un courrier, parfois même au sein d'une propre ville !
je puis par exemple témoigner à titre personnel que c'est ainsi régulièrement le cas des courriers de la CPAM d'Aix-en-Provence (13), située à 3 km de mon domicile, dont les courriers ont plusieurs fois mis de 7 à... 19 jours (...) pour parvenir dans ma boîte-à-lettres !
Il y a des priorités tout de même...
"Un professeur des écoles".
Il s'agit de la nouvelle appellation donnée par l'Éducation Nationale, depuis 1990, à celui qui enseigne dans une école primaire, publique ou privée ; que l'on appelait depuis le XVe siècle, de manière blessante, vexante et infamante - vils gredins que nous sommes - ... "Un instituteur".
Gageons que cela a du changer la vie de cette profession !
Trêve de plaisanterie, je sais bien que la loi Jospin, qui a institué ce changement de nom, a par ailleurs eu le mérite de largement revaloriser cette profession :
- que ce soit par l'alignement de leur statut sur celui des PLC (Professeurs des Lycées et Collèges), avec :
-
- un recrutement au niveau de la licence,
-
- et une formation et une culture professionnelle commune à tous les enseignants du primaire et du secondaire, à travers la création des IUFM (Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM),
- ou par la revalorisation de la grille indiciaire ; les "Professeurs des écoles" étant dorénavant rémunérés selon la grille A de la Fonction publique et non selon la grille B ainsi que l’étaient les "Instituteurs".
Mais je persiste à croire que le changement de nom ne s'avérait pas fondamental ni indispensable.
Et j'en veux pour preuve le fait que, comme souvent en pareil cas, il ne se soit guère imposé dans le langage courant, malgré les trois décennies écoulées !
Pourquoi dire : "Lorsque nous sommes arrivés en situation de responsabilité" ?
Comme l'a déclaré l'ancien Premier ministre français Bernard Cazeneuve, le 9 octobre 2019, sur la radio publique française France Inter.
Et pas : "Lorsque nous sommes parvenus au pouvoir" ou "Lorsque j'ai été nommé à ce poste".
Je trouve parfois que j'exagère et ai une fâcheuse propension à accumuler les adjectifs ou les périphrases.
Mais je dois m'incliner devant ces rois de la novlangue que sont la plupart de nos hommes politiques, régulièrement "en capacité" d'enfumer leur auditoire et de masquer leur incurie, leur impéritie, leur incompétence et leur inefficacité - ou celle de leurs services - sous des propos aussi abscons.
Pourquoi dire : "Être en capacité de" ?
Alors qu'il existe le verbe "Pouvoir" ou la locution verbale "Être capable de ", à mon sens largement suffisants.
Je ne supporte plus cette formule, désormais systématiquement utilisée par les journalistes et dirigeants, qui relève de la novlangue :
- Agnès Pannier-Runacher, le 30 juillet 2019,
- Pierre Jacquemain, le 15 mars 2020 : "Être en capacité à réunir",
- Jérôme Solomon, le 18 mars 2020 : "Les professionnels de santé seront en capacité de pouvoir se procurer des masques".
Et des centaines d'autres bien sûr.
On ne dit pas : "Positionner une réunion" ni "Se positionner quelque part" ou "Se positionner sur un sujet" !
Mais : "Fixer une réunion" ou "Prévoir une réunion" !
Et : "Se situer quelque part" et "Prendre une position sur un sujet" !
- "Positionner" ne peut en effet signifier que :
-
- placer automatiquement (une ou plusieurs pièces) dans la position requise en vue d'une fonction ou d'un assemblage
-
- déterminer la position géographique d'un navire, d'un engin, de troupes,
-
- calculer le solde d'un compte en banque,
-
- ou promouvoir un produit en spécifiant qu'il s'adresse à une catégorie très précise de clientèle (on "positionne" une marque).
- Et "Se positionner" ne peut signifier que :
-
- se placer dans la position requise,
-
- ou, par analogie, s'installer solidement, (se "positionner" dans une file),
-
- et, au figuré, se placer dans une bonne situation, se mettre en position de.
"Un temps d'échange formel" ou "Un temps d'échange informel".
Il s'agit de ce que l'on appelle plus simplement, dans le langage courant, "Une réunion" et "Une discussion".
Ne dites pas : "Positionner un temps de réunion" !
Mais, simplement, : "FIXER une réunion" !
On ne dit pas non plus : "Faire une réunion" !
"La HPA " ou "L'hôtellerie de plein air".
Ce sigle et cette locution nominale utilisés depuis le milieu des années 1960 par les professionnels de la profession (*), mais qui a mis des décennies à parvenir à s'imposer auprès du grand public (c'est encore à peine le cas, je crois) désigne ce que l'on appelait auparavant "Le camping".
Connaissant mon aversion pour les anglicismes, on aurait pu croire qu'un tel changement me réjouirait. Il n'en est cependant rien puisque je préfère, de beaucoup, la formule utilisée par nos amis québecois, qui parlent d'"Hébergement de plein air" !
Je la trouve en effet beaucoup plus honnête, réaliste et concrète que celle d'"Hôtellerie de plein air", qui entend essayer de rapprocher ce secteur économique de l'hébergement touristique de l'hôtellerie traditionnelle dite "classée".
Certes, je le concède, le camping, est en effet assez largement monté en gamme - et surtout en prix ! - depuis un demi-siècle, ce qui, avant toute chose, en interdit désormais l'accès à l'immense majorité des classes populaires et des travailleurs pauvres, qui pouvaient autrefois en profiter.
Mais considère que c'est vraiment se moquer du monde que de parler d'"hôtellerie" pour qualifier ce type d'hébergement :
- Les camping-cars actuels ont beau être chaque année plus grands et davantage équipés voire luxueux, on ne fait jamais que dormir dans un camion ou dans un bus !
- Et ces villages de vacances que l'on qualifie désormais de PRL (Parc Résidentiel de Loisirs) réunissant des "habitats légers de loisirs", de type tipis, tentes de grande dimension, maisons mobiles, cabanes perchées, chalets ou bungalows ne ressemblent, pour moi, en rien à l'hôtellerie traditionnelle !

(*) : Le 1er janvier 1964, l''UCAF (Union Nationale des Camps Aménagés de France), créée dans les années 1950, devient la FNHPA (Fédération Nationale de l'Hôtellerie de Plein Air).
