On ne dit pas : "Moi j'pense la question elle est vite répondue" !

Comme l'a dit un jeune benêt analphabète franco-helvéto-péruvien (?) du nom de Jean-Pierre Fanguin, dans une séquence vidéo mise en ligne sur Twitter le 9 juin 2020 et partagée plus de deux millions de fois en deux jours.

Mais : "Je pense que la réponse est aisée", "Je pense que la réponse est simple", "Je pense que la réponse est toute trouvée" ou "Je pense que l'on a vite fait de répondre à cette question" !

Ce jeune homme sorti de nulle part, en costume cravate avec une coupe de champagne à la main, devant une Range Rover, le long d'une route suisse, propose aux "jeunes entrepreneurs" de gagner des montagnes d’argent grâce à lui.

En leur vendant des formations au "trading" de la société Melius et en devenant "ambassadeurs" d'une structure pyramidale.

Le texte de son intervention

“Salut à toi jeune entrepreneur ! Alors, si aujourd’hui je me permets de te contacter, c’est pour une raison très simple. Savais-tu que 95% de la population détenait 5% des richesses (*) ? Alors est-ce que tu veux en faire partie ? Il faut que tu te poses les bonnes questions.

Est-ce que tu préfères faire pitié et prendre le bus tous les jours, ou commencer très rapidement à faire de l’argent avec moi, grâce à ton téléphone, et pouvoir peut-être acquérir ce genre de véhicule haut de gamme ?

Moi j'pense la question elle est vite répondue !

Alors soit tu m'suis, soit tu vas d'mander d'l'argent d'poche à ta grand-mère pour aller au resto. Avec moi c'est com'ça qu'ça marche, OK ?".

(*) : c'est exactement l'inverse (5% de la population qui détient 95% des richesses), bien sûr, mais ce nigaud, qui ne comprend même pas ce qu'il ânnone n'est pas une énormité près.

Source : www.huffingtonpost.fr

On ne dit pas : "Le principal protagoniste de cette affaire" ni "Les principaux protagonistes de cette affaire" !

Comme je l'entends malheureusement souvent dire dans les organes d'information...

Mais : "Le protagoniste de cette affaire" et "Les protagonistes de cette affaire" !

Et cela pour la bonne et simple raison que le mot "Protagoniste" signifiant déjà "Personne jouant le premier rôle dans une affaire", les locutions nominales "Principal protagoniste" et "Principaux protagonistes" constituent d'épouvantables pléonasmes.

On ne dit pas : "Cohabiter ensemble" !

Comme j'ai pu le lire dans un article de la journaliste canadienne Stéphanie Vallet, publié le 9 avril 2012 par l'agence de presse La Presse canadienne.

Mais simplement : "Cohabiter" !

Ce verbe du langage courant signifie en effet déjà habiter ensemble, vivre ensemble.

"Cohabiter ensemble" relève donc du pur pléonasme.

On ne dit pas : "Un pléonasme redondant" !

Comme je l'ai malheureusement entendu dire un jour par un animateur de télévision analphabète désireux de se faire passer pour intellectuel en employant des mots dont il ignorait la signification...

Mais simplement : "Un pléonasme" !

Dire "Un pléonasme redondant" est en effet en soi un superbe exemple de pléonasme.

Et même de pléonasme tout particulièrement stupide, puisque, par essence même, un pléonasme EST redondant !

 

On ne dit pas : "L'épilogue final" !

Comme je l'entends malheureusement trop souvent dire...

Mais simplement : "L'épilogue" !

Le mot "Épilogue" (registre soutenu) désigne en effet :

  • au sens propre : la dernière partie, la conclusion d'une oeuvre (par opposition au "Prologue").

Et plus particulièrement, dans le théâtre classique, : un discours récapitulatif à la fin de la pièce.

  • au sens figuré : le dénouement d'une affaire longue et embrouillée.

Source : www.larousse.fr

On ne dit pas : "Une pandémie internationale" ni "Une pandémie mondiale", pas plus qu'"une pandémie planétaire" !

Mais, bien plus simplement, : "Une pandémie" !

Une "pandémie" est en effet une épidémie présente sur une large zone géographique internationale, qui touche une part particulièrement importante de la population mondiale.

Par conséquent, "Une pandémie internationale", "Une pandémie mondiale" ou "Une pandémie planétaire" constituent des pléonasmes.

On n'écrit pas : "Etc..." et encore moins "Ect." !

Mais : "Etc." ou "Et caetera" !

Il est également possible de l'écrire "Et cetera" (voire "Etcetera" depuis la réforme de 1990, que je réprouve personnellement) mais pas "Et coetera".

Les abréviations "&c", "&c." ou "&/c" existaient également mais sont aujourd'hui désuètes.

"Etc." est une abréviation de la locution latine "Et caetera desun" qui signifie "et d'autres choses manquantes".

Et on l'utilise afin d'indiquer qu'une liste n'est pas exhaustive.

Elle a le même sens que les trois points de suspension ("..."), aussi la forme erronée "etc..." constitue-t-elle un pléonasme.

Source : wikipedia.org

"On peut s'immoler autrement que par le feu !".

L'immolation par le feu, le 11 juin 1963, à Saïgon (Vietnam) du bonze vietnamien Thich Quang Duc

Contrairement à ce que l'on pense souvent, en effet, "s'immoler par le feu" ou "une immolation par le feu" ne constituent en aucune façon des pléonasmes.

Il s'agit de se sacrifier en se donner la mort pour ses convictions politiques ou ses croyances religieuses afin d'exprimer son point de vue et d'éveiller les consciences. Mais ce sacrifice peut parfaitement se faire autrement que par le feu. On peut ainsi s'immoler par l'eau en se jetant du haut d'un pont. Ou par le fer, en s'éventrant, à l'instar des officiers japonais à la fin de la guerre du Pacifique, qui avaient coutume de s'ouvrir transversalement le ventre avec un sabre ou un poignard. Cette pratique d'origine chinoise est appelée "seppuku". Mais nous la connaissons généralement davantage sous son nom japonais de "hara-kiri".

La confusion provient évidemment de la puissance des images (le fameux "choc des photos"du magazine Paris Match) de ces militants protestataires périssant par les flammes en public après s'être volontairement mis le feu.

  • D'abord, naturellement, celle de Thich Quang Duc, le moine vietnamien qui fit basculer l'histoire de son pays, le 11 juin 1963 en se sacrifiant par le feu au beau milieu d'un carrefour de Saïgon (Vietnam), afin de protester contre la répression anti-boudhiste. Les photos de sa mort atroce, réalisée par le jeune photographe américain Malcolm Browne, lauréat du prestigieux prix annuel World Press Photo 1963, firent le tour du monde. Et elles choquèrent à ce point le président Kennedy, qu'il ordonna aussitôt une reconsidération radicale de la politique étrangère au Vietnam et déclara : "Aucune photo d'actualité n'a jamais généré autant d'émotion au niveau mondiale que celle-ci".
  • Mais aussi celle de l'étudiant tchécoslovaque Jan Palach, s'immolant à Prague (Tchécoslovaquie), le 16 janvier 1969, afin de protester contre l'invasion de son pays par l'URSS.
  • Celle du jeune étudiant diplômé tunisien Mohamed Bouazizi, devenu marchand de fruits et légumes occasionnel, s'immolant à Sidi Bouzid (Tunisie), le 17 décembre 2010, après que la police lui ait, encore une fois, confisqué son étal.
  • Ou encore de ces 152 moines, nonnes et laïcs des régions nord-est (Amdo) et est (Kham) du Tibet (actuelles provinces chinoises du Gansu, du Sichuan et du Qinghai), protestant contre l'oppression chinoise, entre 2009 et 2017.

Source : wikipedia.org