Parlez-vous "L'anglais de cuisine" ?

La formule "Anglais de cuisine" désigne une sorte d'imitation d'anglais, n'ayant que quelques lointaines sonorités communes avec la langue de Shakespeare, que l'on se plait à utiliser à des fins humoristiques.

Cela peut par exemple donner ce type de propos :

"Difficile d'aller batifoler au pipi-room avec une collègue de boulot : no zob in job !

Évidemment, les sourires enjôleurs de la nouvelle brunette à la bouffing-room paraissaient prometteurs et l'affaire semblait être in the pocket.

Allez, se dit Matthieu : advienne que pourra, j'y go ! Enfin... elle est tout de même bien jeune, se ravisa le quadragénaire un peu coinceman, ce n'est pas très sérieux. Et puis, pas question de sortir avec une stagiaire ; ce serait schocking !

No souci ; il y a toujours la nouvelle blonde du club de sport... Mais, avec elle, cela risque de ne pas être fingers in the nose. Pas question d'y aller à la one again : il faudra faire le forcing s'il ne veut pas être repasseman."

"No zob in job".

Cette locution du registre familier, et qui relève de ce que l'on appelle "l'anglais de cuisine", constitue une façon amusante de dire : "Pas de sexe au boulot !".

C'est bien connu, savoir contrôler sa libido évite souvent moult problèmes.

C'est en tous cas ce que tous mes psychiatres m'ont toujours affirmé !

"Être repasseman".

J'aime beaucoup cette très originale expression relevée dans les dialogues écrits par Michel Audiard pour "Le gentleman d'Epsom", un film français de 1962 de Gilles Grangier, avec le génial Jean Gabin.

Elle relève de ce que l'on appelle "l'anglais de cuisine" et signifie "Se faire enculer", "Se faire mettre" (registre vulgaire), "Se faire repasser", "Se faire entuber" (registre argotique), "Se faire avoir" (registre familier), "Avoir été dupé" (registre soutenu).