On ne dit pas : "Du côté de Londres" lorsque l'on évoque les Jeux olympiques de Londres !

Le journaliste sportif français Alexandre Boyon

Comme a pu le faire, le 5 août 2021, le journaliste sportif français Alexandre Boyon, commentant la finale masculine du 10 km en eau libre des Jeux olympiques de Tokyo 2020, sur la chaîne de télévision publique française France 3.

Mais : "À Londres" !

Je ne supporte plus ce tic de langage des journalistes sportifs français, qui utilisent désormais systématiquement la formule "Du côté de" en lieu et place de "À".

Et cela qu'il s'agisse d'évoquer des Jeux olympiques ("vainqueur du côté de Rio") ou un club de football ("attendu du côté de Barcelone") !

On ne dit pas : "On a vraiment des anglais en mode gestion" !

Le journaliste sportif français Grégoire Margotton

Comme a pu le déclarer, le 3 juillet 2021, le journaliste français Grégoire Margotton, en commentant la rencontre de football Ukraine-Angleterre, en quart de finale de l'Euro 2021, sur la chaîne de télévision française TF1.

Mais : "On a vraiment des anglais QUI GÈRENT" !

Je n'en peux plus de cette utilisation fautive de la locution "en mode", devenue un véritable tic de langage !

"Plein axe".

La journaliste sportive française Candice Rolland

Cette locution adverbiale est utilisée par les commentateurs sportifs français pour qualifier ce qui est exactement dans l'axe longitudinal du terrain.

Et en particulier les mouvements du ballon.

On dit par exemple : "Un dégagement plein axe", "Une passe plein axe" ou "Un tir plein axe".

Par ellipse, dire "Mbappé plein axe" signifie que ce joueur vient d'effectuer un dégagement, une passe ou un tir dans l'axe longitudinal du terrain".

Certains commentateurs usent et abusent malheureusement de cette ellipse, au point que la locution adverbiale "Plein axe" se transforme presque en un véritable tic de langage.

C'est par exemple le cas de la journaliste sportive française Candice Rolland, qui l'a utilisé au moins cinq fois en queleques dizaines de minutes à peine, au cours de la deuxième mi-temps de la rencontre PSG - Manchester United, le 28 avril 2021, dans l'émission "La grande soirée", sur la chaîne de télévision française L'Équipe.

 

L'interjection du registre familier "Hein" n'a pas vocation à servir de virgule lors d'interventions orales !

Je ne supporte plus ce tic de langage, de plus en plus répandu parmi les journalistes de notre pays, consistant à remplacer les virgules et points-virgules de leurs textes par autant de "Hein" lors de leurs interventions orales !

Aussi étonnant et incroyable que cela puisse paraître, j'en compte en effet régulièrement deux à quatre par minute, lors des prises de parole préparées des journalistes opérant sur les différentes chaînes de télévision françaises d'information en continu. Lesquels journalistes pensent ainsi, je crois, masquer le fait qu'ils lisent des notes écrites, en adoptant une façon de parler se voulant "naturelle" et "grand public".

Vérifiez par vous-même : vous verrez que je n'exagère pas !

Ainsi par exemple de la journaliste française Sylvia Amicone, officiant le 06 avril 2021, dans l'émission "Le grand soir", sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI.

La journaliste française Sylvia Amicone

Mais aussi de la journaliste française Anaïs Hanquet, entendue le 7 septembre 2021, dans l'émission "Télé matin", sur la chaîne de télévision publique France 2 (3 "Hein" en moins d'une minute).

La journaliste française Anaïs Hanquet

Ou encore du journaliste français Jean-Pierre Gratien, présentateur de l'excellente émission "Débat Doc", sur la chaîne de télévision publique française France 5.

Le journaliste français Jean-Pierre Gratien, présentateur de l'émission "Débat Doc" sur la chaîne de télévision publique France 5 (© Gwendoline Le Goff / PanoramiC)
Le journaliste français Jean-Pierre Gratien, présentateur de l'émission "Débat Doc" sur la chaîne de télévision publique France 5 (© Gwendoline Le Goff / PanoramiC)

Si vous ne l'aviez pas encore remarqué, je vous promets que vous allez, très rapidement désormais, être, comme moi, véritablement exaspéré par cette pratique relevant d'un registre populaire démagogique n'ayant pas sa place, selon moi, dans la bouche d'un professionnel du verbe, dont on peut attendre qu'il s'exprime dans un français sinon soutenu au moins courant.

Pour cette raison, je leur décerne, et cela de façon collective, mon label "Fâchés avec le français".

 

"Hein ?".

Je déteste cette interjection, malheureusement de plus en plus souvent employée. qui relève du registre familier.

Elle s'utilise normalement, selon le contexte :

  • comme synonyme de "Comment ?" ou "Pardon ?", afin d'indiquer que l’on n’a pas entendu ou compris et pour faire répéter son interlocuteur ou pour l'interrompre avec impatience.

On dit par exemple : "Hein ? Qu'est-ce que tu dis ?".

Ou : "Hein ? Je n'entends rien !".

  • ou comme synonyme de de l'adverbe interrogatif  "N'est-ce pas ?", afin de renforcer une phrase interrogative ou exclamative.

On dit par exemple : "Tu vas m'inviter, hein ?".

Ou : "Ça t'a plu, hein !".

Mais également, et hélas de plus en plus, par nos journalistes :

  • en cours de phrase, en lieu et place du même adverbe interrogatif "N'est-ce pas".

Et cela au point de devenir souvent, comme lui, un tic de langage absolument insupportable.

On dit par exemple : "En son temps, François Hollande lui-même, hein, avait eu recours au même procédé".

Ou : "On sait que l'Allemagne rencontre elle aussi, hein, les mêmes le même type de difficulté".

Cela, lorsqu'ils ne se servent pas du même "Hein", comme simple virgule !

Sources : Le Robert et wiktionary.org

 

 

 

 

 

 

"Par le fait", "Par le fait que" et "Par le fait même".

Ces deux locutions adverbiales signifient respectivement :

  • "Par le fait" : en réalité, en fait, de fait, effectivement ou véritablement.

Cette formule insiste sur le caractère réel d'une chose ou d'une situation.

On dit par exemple : "La pandémie est toujours là, par le fait".

Ou : "Je vais mieux, par le fait".

"Par le fait" devient parfois, pour certaines personnes - comme l'auteure de mes jours, qui en truffe ses conversations - un tic de langage.

  • "Par le fait que" : du fait que.

On dit par exemple : "Cela se traduit par le fait que notre niveau de langue ne cesse de se détériorer".

  • et "Par le fait même" : de ce fait, par conséquence ou par voie de conséquence.

On dit par exemple : "Ma chérie, après quinze ans de mariage, j'ai pu constaté depuis deux ans que tu m'avais trouvé un remplaçant durant mes voyages d'affaires. Par le fait même, je me vois contraint de te signaler que je compte divorcer afin d'épouser ma jeune assistante, avec laquelle nous attendons des jumeaux pour la fin de l'année".

Sources : www.linternaute.fr, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

Pourquoi dire : "Grave !" ?

Comme les jeunes français ont commencé à le faire, à partir des années 2000, pour dire :

  • d'abord : "beaucoup", "sérieusement",

En disant par exemple : "Il me saoule grave" ou "Elle l'aime grave".

  • puis : "tout à fait" ou "absolument"...

En disant par exemple : "Elle est grave bien cette chanson" ou "Il est grave nul ce film".

Dérivée à l'origine de l'adjectif anglais "grave" ("sérieux", "sérieusement"), cette utilisation parfaitement impropre de l'adjectif français "grave" constitue un épouvantable anglicisme.

Mais elle est également devenue, depuis les années 2010, un véritable tic de langage ; de nombreux jeunes - mais souvent aussi des trentenaires, désormais - l'utilisant à présent de manière elliptique, sous forme d'interjection !

En vous répondant par exemple : "Grave !" à des questions aussi diverses que :

  • "Tu as aimé le gigot de tante Suzanne ?",
  • "Tu es fatigué ?",
  • "Tu l'aimes, ce Kevin ?",
  • ou "Tu n'as pas trouvé ennuyant le récit de papy Marcel ?".

Source : www.lefigaro.fr

"En fait".

Cette locution adverbiale signifie : réellement, vraiment ; contrairement aux apparences.

On dit ainsi :

  • "Il est en fait très costaud",
  • "C'est une ville en fait assez pauvre",
  • ou : "Ils sont en fait peu favorables au changement";

Mais il devient souvent un véritable tic de langage, servant essentiellement à ponctuer  des propos d'une assez grande indigence.

Source : www.lefigaro.fr

Pourquoi dire : "Être en mode vacances" ou "Passer en mode sieste" ?

Et pas, tout simplement : "Être en vacances" !

Une jeune femme en tenue estivale, sur des rochers, en bord de mer, "en mode vacances"

Et "ALLER FAIRE LA sieste" !

Un homme faisant la sieste sur une chaise longue dans son jardin

Cette formule, aussi "à la mode" soit-elle - puisque tout le monde est en effet désormais "en mode quelque chose" à longueur de temps ! - n'en est pas moins, à mon sens, parfaitement exaspérante et ridicule.

Excepté dans le domaine musical, où l'on peut en effet "Être en mode majeur" ou "Être en mode mineur", l'expression "Être en mode… " ou "Passer en mode…" n'a en effet jamais existé dans notre langue.

Et n'est bien sûr - comme souvent - qu'un stupide calque de l'anglais "To be in… mode" ou "To get into… mode".

"T'sais", "Tu sais" ou "Tu vois".

Ces différents tics de langage du registre familier ponctuent parfois de manière absolument insupportable les conversations de certaines personnes.

On peut par exemple entendre :

- "T'sais, hier soir j'ai r'gardé la série de TF1 sur les camionneurs américains, t'sais".

- Et ç'était bien ?

- Oh oui ! T'sais ; y a toujours de super camtars qui blindent à toute berzingue, t'sais. Avec des chromes partout, t'sais !".

"J'ai raison ou pas ?", "D'accord ou pas ?" ou "Vrai ou pas ?".

Je ne supporte plus ces formules horripilantes relevant du registre familier et signifiant "N'est-il pas vrai ?".

Confinant aux tics de langage, ces tournures exécrables sont malheureusement de plus en plus souvent utilisées, à l'envi, par certains humoristes.

  • Ainsi de l'humoriste français Patrick Bosso avec la formule "J'ai raison ou pas ?"...

L'humoriste français Patrick Bosso

  • ou de l'humoriste française Inès Reg, qui ne peut s'empêcher de réutiliser les formules "D'accord ou pas ?" ou "Vrai ou pas ?" toutes les dix phrases...

L'humoriste française Inès Reg