"Possiblement".

Je n'en peux plus d'entendre à longueur de journée, dans la bouche de nos dirigeants politiques et économiques comme dans celle des communiquants et autres journalistes, cet adverbe utilisé en lieu et place des traditionnels "Peut-être" ou "Vraisemblablement" :

  • Emmanuel Macron "possiblement" contaminé lors d’un sommet européen,
  • de nouveaux variants du virus "possiblement" bien plus contagieux,
  • mais une solution "possiblement" en vue grâce aux vaccins.

Ce mot à la mode n'est certes pas un anglicisme, car il est bien français. Et cela depuis si longtemps, d'ailleurs, que l’Académie française le jugeait déjà "vieux" en… 1762.

Massivement apparu au cours de l'année 2020, il relève cependant, à mon sens, de la novlangue.

La sonorité technocratique de cet adverbe masque en effet (... sans mauvais jeu de mots !) l’incertitude qu’il exprime.

Les dirigeants politiques, comme les dirigeants économiques, pourraient bien évidemment dire "peut-être" ou "vraisemblablement" et s’exprimer au conditionnel.

Ils pourraient même, parfois, dire qu’il y a des choses qu’ils ignorent. Mais ne pas tout savoir leur semble être une faute impardonnable, à laquelle ils ne parviennent manifestement pas à se résigner.

Seul l'usage du terme "possiblement" permet donc ce tour de force : reconnaître sa totale ignorance en feignant d'être totalement sûr de soi !

Source : timetosignoff.fr

Puisque nous nageons désormais dans le ridicule, après "Autrice" et "Cheffe", pourquoi pas... "Médecine" ?

Mais, oui, voyons : "Médecine" pour "femme médecin" !

"Autrice", "Cheffe"... : je n'en peux plus de ces termes féministes ridicules qui m'écorchent les oreilles.

Il y a - me semble-t-il - suffisamment de combats à mener concernant les discriminations Femme/Homme, pour ne pas s'attarder sur de tels détails.

Que ne s'attache-t-on donc à davantage aux salaires, à la représentation électorale ou à l'accès aux postes de direction !

Ne dites pas : "Un certain nombre de personnes pensent que" !

Ainsi que je l'entends régulièrement dans les organes d'information.

Mais : "CERTAINES personnes pensent que" !

À l'instar de mon lecteur Christophe Natu, qui m'en a fait la remarque ce jour, je pense que l'on doit réserver la formule "Un certain nombre" aux cas où la valeur de ce nombre est décisive.

On peut ainsi dire "Au bout d'un certain nombre d'infractions, l'amende est doublée" dès lors que l'on ne connaît pas ce nombre.

On ne dit pas : "Expliquer aux parents d'élèves qui pourraient avoir une émotion de c'qui s'est passé" !

La journaliste française Alexandra Gonzalez

Comme l'a déclaré, le 21 octobre 2020, la journaliste police-justice française Alexandra Gonzalez, dans l'émission d'Apolline de Malherbe "Apolline matin", sur la chaîne de télévision française RMC Découverte.

Mais : "Expliquer aux parents d'élèves qui pourraient S'ÉMOUVOIR de cE qui s'est passé" !

Ou : "Expliquer aux parents d'élèves quE CET ÉVÉNEMENT A ÉMU" !

 

On ne dit pas : "L'information a à peine une demi-heure" !

Édition spéciale du 25 septembre 2020 après-midi sur BFMTV

Comme j'ai entendu une journaliste le déclarer, le 25 septembre 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais : "L'information DATE D'à peine une demi-heure" !

À la décharge de cette malheureuse, toutefois : sans doute était-ce la toute première fois qu'une telle chose se produisait !

On ne dit pas : "Nos reporters qui sont sur place voient en nombre des policiers qui sont armés" !

La journaliste française Sarah-Lou Cohen, chef du service police-justice sur BFM

Comme l'a déclaré, le 25 septembre 2020, la journaliste française Sarah-Lou Cohen, chef du service police-justice de la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais : "Nos reporters qui sont sur place voient DE NOMBREUX policiers armés" !

Parce que cette jeune femme est une professionnelle du verbe, qu'elle est une journaliste expérimentée, qu'elle parlait là d'une pratique relevant de son domaine de compétence, que les événements de ces dernières années lui ont malheureusement beaucoup trop donné l'occasion de peaufiner, et parce qu'enfin elle nous a gratifié en quelques minutes à peine d'au moins deux autres phrases - pour moi - inacceptables (*), je lui décerne sans hésitation mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

(*) : "Un homme correspondant au signalement fait par les victimes" et "Ce quartier c'est un quartier très large, très grand".

On ne dit pas : "Le cryptage des données", "Crypter des données" ni "Un message crypté" ou "Un message décrypté" !

Mais :

  • "Le CHIFFRAGE des données",
  • "CHIFFRER des données", "CRYPTOGRAPHIER des données", "CODER des données" ou "ENCODER des données",
  • et "Un message CODÉ" ou "Un message DÉCODÉ" !

Source : www.academie-francaise.fr

On ne dit pas : "Il y a ici un dispositif policier très grand" !

La journaliste française Alexandra Gonzalez

Comme l'a déclaré, le 25 septembre 2020, la journaliste police-justice française Alexandra Gonzalez, sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFMTV.

Mais : "Il y a ici un dispositif policier très IMPORTANT" !

Ou : "Il y a ici un dispositif policier très IMPRESSIONNANT" !

"C'est énorme !" ou "Être énorme".

J'ai souvent été agacé, ces dernières années, par l'usage intensif de cette locution verbale du langage courant devenue très à la mode.

Il s'agit pourtant d'une formule tout à fait correcte, puisque l'adjectif énorme ne signifie pas simplement "Très gros", comme on le croit souvent, mais :

  • anormal, démesuré ; qui dépasse la mesure commune, ce que l'on a l'habitude d'observer et de juger. Et donc : remarquable, incroyable.

On dit par exemple : "Un énorme exploit".

Et l'on peut donc parfaitement parler d'un "match énorme", comme le font si souvent les commentateurs sportifs. Ou dire d'un joueur qu'"il a été énorme ce soir".

  • immense, gigantesque ; dont les dimensions sont considérables.

On dit par exemple : "Un énorme avion" ou "Une somme énorme".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr