"Comme de bien entendu".

Cette expression française du registre populaire signifie : naturellement, évidemment, bien sûr, bien entendu.

On dit par exemple : "Comme de bien entendu, vous avez oublié votre livre à la maison ! Vous me ferez cent lignes !".

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

Comme de bien entendu... cette expression a été très largement popularisée depuis plus de 80 ans, grâce au succés de la chanson popolaire homonyme, interprétée, en 1939, par Arletty, Michel Simon, Andrex et Dorville, dans le film de Jean Boyer "Circonstances Atténuantes".

Les paroles de cette valse immortelle sont de Jean Boyer et la musique de Georges van Parys.

Elle a été remise à l'honneur, en 2002, par Patrick Bruel en duo avec Renaud sur le disque "Entre deux".

Puis, en 2013, par Jean-Jacques Debout, sur son disque "Les chansons des guinguettes".

Mais sans jamais égaler la version d'origine.

Source : wikipedia.org

"La rue de Siam".

La rue de Siam, à Brest (29), de nos jours

Même s'il en existe dans bien des villes de France - et notamment, par exemple, à Marseille (13) ou Paris (75) - c'est avant tout à la ville de Brest (29), que le nom de "la rue de Siam" fait le plus souvent penser, sitôt qu'il est évoqué.

Localisation de la ville de Brest (29)

La rue de Siam est en effet l’artère principale du centre-ville reconstruit de Brest (29).

D'une longueur de 800 m, elle va de la place de la Liberté à la place des Français-Libres et au pont de Recouvrance, un pont levant, inauguré le 17 juillet 1954 et franchissant la rivière Penfeld et qui fut longtemps le plus grand pont levant d’Europe. Dominant l'arsenal et le port militaire, il remplace le pont National, un pont tournant, détruit en 1944 par les bombardements alliés, et relie le bas de la rue de Siam au quartier de Recouvrance.

Le pont de Recouvrance, à Brest (29) reliant la rue de Siam au quartier de Recouvrance
Le pont levant de Recouvrance, à Brest (29), reliant la rue de Siam au quartier de Recouvrance
Le pont de Recouvrance (levé), à Brest (29) reliant, depuis 1955, la rue de Siam au quartier de Recouvrance
Le pont levant de Recouvrance (levé), à Brest (29), reliant, depuis 1955, la rue de Siam au quartier de Recouvrance

La rue Saint-Pierre (l'ancien nom de la rue) fut tracée par Vauban comme l'une des artères principales de la ville qu’était Brest (29), avec la Grand-rue (renommée rue Louis-Pasteur en 1907) plus importante.

La rue de Siam, à Brest (29), au début du XXe siècle
La rue de Siam, à Brest (29), au début du XXe siècle

Elle doit son nom actuel au débarquement de trois ambassadeurs du roi de Siam Narai le Grand, dans ce port, le 18 juin 1686. Accompagnés de six mandarins, trois interprètes, deux secrétaires et une vingtaine de domestiques, chargés de nombreux présents, ils venaient rendre visite au roi Louis XIV à Versailles (78), qui souhaitait, par cette alliance et l’établissement d’un comptoir au Siam, contrebalancer la puissance des Hollandais en Orient. (*).

Empruntant à pied la rue Saint-Pierre pour se rendre à l’hôtel du même nom, ils émerveillèrent les Brestois qui rebaptisèrent leur rue.

La rue de Siam, à Brest (29), au début du XXe siècle
La rue de Siam, à Brest (29), au début du XXe siècle

La rue de Siam d’avant la Seconde Guerre mondiale était bien plus étroite que l'artère actuelle, le centre-ville ayant été détruit quasiment en totalité par les bombardements alliés et les bulldozers de la reconstruction.

La rue de Siam, à Brest (29), avant-guerre
La rue de Siam, à Brest (29), avant-guerre

Une rue célèbre dans le monde entier

La rue de Siam est connue des marins du monde entier. Tous ceux qui ont fait escale au moins une fois à Brest (29), se souviennent en effet toute leur vie de cette rue au nom court, facile à retenir.

Une renommée largement dûe à la chanson française

  • Jacques Prévert l'a cité dans son célèbre poème "Barbara", publié en 1946 dans le recueil "Paroles" (et qui n'a strictement rien à voir avec la chanteuse du même nom).

Il nous y fait part de l'attachement qu'il avait pour la ville de Brest (29) ainsi que de sa tristesse à la suite de sa destruction par les bombardements alliés, lors de la Seconde Guerre mondiale.

"Rappelle-toi Barbara,
Il pleuvait sans cesse sur Brest,
Et je t’ai croisée rue de Siam,
Tu souriais,
Et moi je souriais de même".

Son poème a été mis en musique par Joseph Kosma en 1947.

    • et le chanteur et acteur français Yves Montand a interprété ce poème dans une adaptation "poème parlé", en 1948, qui figure sous cette forme dans l'enregistrement public "L'Etoile 53".

Avant de le chanter, en 1955.

Par la suite, plusieurs autres interprétations en ont été effectuées, notamment par des artistes tels que :

    • le chanteur et acteur français Serge Reggiani, en 1966 (adaptation "poème parlé"),
    • le chanteur et acteur français Marcel Mouloudji, en 1970,
    • la chanteuse française Cora Vaucaire (adaptation "poème parlé").
    • ou le quatuor vocal français "Les Frères Jacques".
  • la chanteuse française Édith Piaf a également chanté une chanson portant le titre de "Rue de Siam".

Écrite par Jacques Larue et Guy Magenta et enregistrée en 1963, l'année de sa mort, elle n'a cependant été dévoilée qu'en 2003

"Avec ses yeux de marin anglais,
Et son ciré de la rue de Siam,
Dans la ville il déambulait,
Tellement sûr de plaire aux passants".

  • plus récemment, le chanteur français Christophe Miossec a cité la rue de Siam dans sa chanson "Brest", en 2004.

"Le Recouvrance que l'on délaisse,
La rue de Siam, ses nuits d'ivresse".

      • une chanson reprise, en 2010, par la chanteuse française Nolwenn Leroy dans son album "Bretonne".
  • enfin, le groupe de rock français Marquis de Sade a intitulé "La rue de Siam" l'une de ses chansons, ainsi que son deuxième album studio, en 1981.

(*) : la précédente ambassade avait débarqué au Havre (76), ce qui semble tout de même plus logique sur le plan géographique. Celle de 1686 était la troisième, puisqu'une première avait péri durant la traversée, en 1680.

Source : wikipedia.org

"Tout va très bien, Madame la marquise".

J'adore cette expression proverbiale utilisée pour désigner une attitude d'aveuglement face à une situation désespérée et une tentative maladroite d'en dissimuler la gravité.

Entrée depuis longtemps dans le langage courant, elle appartient même désormais, hélas, je crois, au registre désuet, car son usage me semble réellement se raréfier.

Il s'agit, à l'origine, du titre et du refrain d'une drolatique chanson de 1935 de Paul Misraki, devenue l'un des plus grands succès de l'orchestre de Ray Ventura et ses collégiens.

Écoutez la donc : vous ne serez pas déçus, je crois, car elle n'a - à mes yeux tout du moins - pas pris une ride ! L'énumération des catastrophes progressivement annoncées par un domestique à sa maîtresse est tout aussi hilarante et édifiante que sa façon d'en minorer l'importance.

Un vrai délice qui a merveilleusement traversé le temps !

La chanson interprétée par Ray Ventura et ses collégiens (1935)

Paroles

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Absente depuis quinze jours,
Au bout du fil
Je vous appelle ;
Que trouverai-je à mon retour ?

Tout va très bien, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.
Pourtant, il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
La mort de votre jument grise,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Ma jument grise morte aujourd'hui !
Expliquez-moi
Valet fidèle,
Comment cela s'est-il produit ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Elle a péri
Dans l'incendie
Qui détruisit vos écuries.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Mes écuries ont donc brûlé ?
Expliquez-moi
Valet modèle,
Comment cela s'est-il passé ?

Cela n'est rien, Madame la Marquise,
Cela n'est rien, tout va très bien.
Pourtant il faut, il faut que l'on vous dise,
On déplore un tout petit rien :
Si l'écurie brûla, Madame,
C'est qu'le château était en flammes.
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.

Allô, allô James !
Quelles nouvelles ?
Notre château est donc détruit !
Expliquez-moi
Car je chancelle
Comment cela s'est-il produit ?

Eh bien ! Voila, Madame la Marquise,
Apprenant qu'il était ruiné,
A peine fut-il rev'nu de sa surprise
Que M'sieur l'Marquis s'est suicidé,
Et c'est en ramassant la pelle
Qu'il renversa toutes les chandelles,
Mettant le feu à tout l'château
Qui s'consuma de bas en haut ;
Le vent soufflant sur l'incendie,
Le propagea sur l'écurie,
Et c'est ainsi qu'en un moment
On vit périr votre jument !
Mais, à part ça, Madame la Marquise,
Tout va très bien, tout va très bien.

Une chanson présente dans les aventures de Tintin

Comme me l'a fort justement rappelé un vieil ami à moi, le grand Hergé lui-même fait référence à cette chanson, déjà devenue une expression en 1948, treize ans après sa sortie.

"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")
"Le temple du soleil", 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

Dans l'album "Le temple du soleil", alors que Tintin et Haddock sont condamnés au bûcher par les incas, le capitaine, entendant Tintin - qui a un plan pour les tirer d'affaire - lui dire : "Tout va bien !", lui rétorque en effet : "Tout va très bien !... Tout va très bien, Madame la marquise !...".

Case extraite "Le temple du soleil", le 14e album des aventures de Tintin, publié par Hergé en 1949 (et de 1946 à 1948 dans le journal "Tintin")

 Souvenir personnel :

J'ai personnellement découvert cette petite merveille très jeune, mais de façon indirecte, grâce à la superbe parodie qu'en avait réalisé, en 1971, l'idole de mes dix ans, Thierry Le Luron : "Tout va très bien, Pompon ça s'organise".

Le deuxième 33t de Therry Le Luron (1971)

Dans celle-ci, dont un demi-siècle plus tard je me souviens encore de la plupart des paroles, tant j'ai pu l'écouter et la récouter, le jeune imitateur de 19 ans faisait appeler le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas par le président de la République Georges Pompidou.

Source : wikipedia.org

"Être dans un état proche de l'Ohio".

Localisation de l'Ohio

Comme nombre d'entre vous j'imagine, j'aime beaucoup cette jolie formule du registre familier en forme de calembour, jouant sur le double sens du mot "état" et signifiant : être épuisé, fatigué, sur les nerfs.

L'expression est entré dans le langage courant depuis 1984, grâce au succès du disque "Pull marine" écrit par Serge Gainsbourg pour l'actrice Isabelle Adjani et dans lequel se trouvait la chanson "Ohio" (o-aï-o).

Dans celle-ci, en effet, Adjani répète pas moins de dix fois la formule "J'suis dans un état proche de l'Ohio".

Paroles de la chanson "Ohio" (1983)

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'approche peu à peu du Nevada
J'ai envie de m'évader
D'passer les frontières et de m'extrader

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
Je me suis perdue dans le Colorado
On m'a laissée en radeau
J'imaginais trouver l'Eldorado

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro

J'suis dans un état proche de l'Ohio
Je marche forcée dans le Massachusetts
A côté de mes chaussettes
J'ai un p'tit scarabée d'or dans la tête

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio
Et dans quel état serai-je en Utah
Je n'en ferai pas état
Etat second j'suis dans tous mes états

J'suis dans un état proche de l'Ohio
J'ai le moral à zéro
J'suis dans un état proche de l'Ohio".

Si cet article vous a plu, je vous recommande la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être très fatigué".

Source : www.languefrancaise.net

"Hexagone" de Renaud : le décryptage intégral des paroles.

Le premier disque 33t de Renaud : "Amoureux de Paname" (1975)

La chanson de Renaud "Hexagone" - surnom de la France depuis les années 1860 - est parue en 1975, dans l'album "Amoureux de Paname", son tout premier 33 tours, sorti alors qu'il n'avait que 23 ans.

Une première version en public de cette chanson figure dans le double disque "Printemps de Bourges 1978", que nous n'avions sans doute pas été très nombreux à acheter à l'époque.

"Le Printemps de Bourges 78", compilation enregistrée en public entre le 12 et le 16 avril 1978. Double-disque 33 tours RCA
"Le Printemps de Bourges 78", compilation enregistrée en public entre le 12 et le 16 avril 1978. Double-disque 33 tours RCA

Et une seconde - malheureusement infiniment moins bonne - dans le disque "Tournée Rouge Sang" de 2007.

CD Renaud "Tournée rouge sange" 2007

Interdite d'antenne sur la radio publique France Inter ainsi que sur les trois chaînes de télévision, "Hexagone" raconte de manière critique une année dans la vie des Français. Renaud y passe en revue, couplet après couplet, mois après mois, les habitudes et coutumes du peuple français, sur un ton aussi caustique que sarcastique.

Accédez à de nombreux commentaires et informations sur le contexte politico-historique en passant votre souris sur tous les mots ou groupes de mots soulignés en gris.

Paroles

Ils s'embrassent au mois de janvier,
car une nouvelle année commence,
mais depuis des éternités
l'a pas tell'ment changé la France.
Passent les jours et les semaines,
y'a qu'le décor qui évolue,
la mentalité est la même,
tous des tocards, tous des faux-culs.

Lire la suite

"Parce que les fleurs c'est périssable".

Cette expression fait référence aux paroles d'une magnifique chanson du chanteur belge Jacques Brel intitulée "Les bonbons", qu'il déclame avec un fort accent bruxellois.

Sortie en 1963, en 33 tours 25 cm, elle est publiée l'année suivante en super 45 tours, puis en 1966 sur l'album "Les bonbons".

Et fait l'objet d'une suite "Les Bonbons 67", publiée sur l'album "Jacques Brel 67".

La chanson "Les bonbons" évoque les amours d'un personnage naïf, versatile, car fortement influençable par les avis de la gent féminine. À l'élue de son cœur, il offre des bonbons plutôt que des fleurs "parce que les fleurs c'est périssable", d'ailleurs "les bonbons c'est tellement bon, bien que les fleurs soient plus présentables, surtout quand elles sont en boutons". La jeune femme les refuse, lui préfère un certain Léon pour qui elle l'abandonne. Il les offre alors à Germaine, qu'il avait fortement critiquéee juste avant.

Les bonbons (1963)

"Je vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c'est périssable ;
Puis les bonbons c'est tellement bon
Bien que les fleurs soient plus présentables
Surtout quand elles sont en boutons

J'espère qu'on pourra se promener
Que madame votre mère ne dira rien
On ira voir passer les trains
A huit heures je vous ramènerai
Quel beau dimanche pour la saison
Je vous ai apporté des bonbons

Si vous saviez ce que je suis fier
De vous voir pendue à mon bras
Les gens me regardent de travers
Y en a même qui rient derrière moi
Le monde est plein de polissons
Je vous ai apporté des bonbons

Oh oui Germaine est moins bien que vous
Oh oui Germaine elle est moins belle
C'est vrai que Germaine a des cheveux roux
C'est vrai que Germaine elle est cruelle
Ça vous avez mille fois raison Mais dites-moi que c'est par hasard
Qu'il y a là votre ami Léon
Si vous voulez que je cède ma place
J'avais apporté des bonbons

Mais bonjour mademoiselle Germaine

Je vous ai apporté des bonbons
Parce que les fleurs c'est périssable
Puis les bonbons c'est tellement bon
Bien que les fleurs soient plus présentables"...

Source : wikipedia.org

Remerciements : Merci à François de m'avoir indirectement donné l'idée de cet article !

"Madame Arthur".

Le cabaret de travestis parisien Madame Arthur

Ce célèbre cabaret de travestis, sis au 75 bis de la rue des martyrs, au coeur de Pigalle, à Paris (75), tire son nom de la chanson du même nom, écrite en 1850 par Paul de Kock et interprétée par Yvette Guilbert.

Premier cabaret travesti de Paris (75), il est ouvert en 1946 et voit passer sur ses planches des artistes transgenres de renom comme Coccinelle ou la célèbre Bambi.

Fermé pendant de nombreuses années, il est entièrement restauré et rouvert en novembre 2015 par l'équipe du "Divan du monde", une salle de spectacle située au numéro 75 de la même rue, et une nouvelle troupe de comédiens-chanteurs-musiciens travestis propose toutes les fins de semaine un spectacle en direct, sans présonorisation ni sosie.

Source : wikipedia.org