"Reprendre du service".

Cette locution nominale du langage courant, en forme d'idiotisme militaire, signifie :

  • au sens propre : se réengager au sein de l'armée pour une nouvelle période,
  • et au sens figuré :
    • retrouver son emploi, sa fonction, ou son usage, en parlant d'une personne,

On dit par exemple : "Durant le confinement de mars-avril 2020, de nombreux médecins, infirmiers et aides-soignants, ont­ ­accepté de reprendre du service pour compenser les personnels absents, en isolation ou malades".

    • ou, plus rarement, d'un objet.

On dit par exemple : "Il paraît que votre épouse attend un heureux événement et que la poussette et le siège auto vont bientôt reprendre du service".

Source : wiktionary.org

"Ne pas faire de cadeau" ou "Ne pas faire de cadeau à quelqu'un".

Cette locution verbale du registre familier signifie, au sens figuré :

  • "Ne pas faire de cadeau" : agir sans pitié, être impitoyable, dur, strict, sévère ; faire "payer".

On dit par exemple : "L'équipe adverse ne nous a pas fait de cadeau lorsque notre gardien s'est blessé".

  • "Ne pas faire de cadeau à quelqu'un" : ne rien lui passer, ne pas le ménager.

On dit par exemple :"Je serai très strict avec mon fils s'il commence à faire n'importe quoi : je ne lui ferai pas de cadeau".

Sources : www.larousse.fr, wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Dans mon for intérieur", "En mon for intérieur", "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur".

Ces différentes locutions du registre soutenu signifient respectivement :

  • "Dans mon for intérieur" ou "En mon for intérieur" : dans ma conscience, au fond de moi.

On dit par exemple : "En mon for intérieur je reconnais que je n'ai pas vraiment fait d'effort".

  • "Dans son for intérieur" ou "En son for intérieur" : dans sa conscience, au fond de soi.

On dit par exemple : "En son for intérieur, mon frère sait bien que j'ai raison".

Fondées sur l'étrange substantif masculin "For", elles ont une origine directement religieuse.

Source : wiktionary.org

"Tourner court".

Cette locution verbale du langage familier signifie :

  • au sens propre :
    • tourner sans amplitude ; prendre un tournant ou un virage de manière serrée.

On dit par exemple : "Le chauffeur a tourné trop court et il m'a arraché la moitié de mon aile avant gauche".

    • arriver brusquement, de façon abrupte.

On dit par exemple : "Le dénouement tourne trop court à mon sens ; il arrive d’une manière trop brusque, trop peu préparée".

  • et au sens figuré :
    • abréger, mettre fin à quelque chose de manière inattendue.

On dit par exemple : "Après cet incident, l’orateur a tourné court et s’est hâté de finir".

Ou : "Sa maladie a tourné court, car le malade a guéri en quelques jours à peine".

    •  ou : finir plus tôt que prévu.

On dit par exemple : "L'expérience a tourné court : il n'est resté en poste que six mois à peine".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Prêcher un converti".

Cette locution verbale du langage courant en forme d'idiotisme religieux signifie, au sens figuré : vouloir persuader une personne déjà convaincue.

Et est d'ailleurs synonyme de la formule dérivée, plus récemment apparue, ce me semble, "Prêcher un convaincu".

On dit par exemple : "Vous prêchez un converti : j'exècre moi aussi les anglicismes".

Source : wiktionary.org

"En deux temps trois mouvements".

Cet expression du langage courant en forme d'idiotisme numérique signifie, au sens figuré : très rapidement, très vite, en un rien de temps.

On dit par exemple : "En deux temps trois mouvements ils avaient disparu !".

L'expression "En deux deux", qui appartient au registre familier a la même signification.

"Faire la sourde oreille".

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel signifie, au sens figuré : ne pas tenir compte d’une demande ou d'une remarque, feindre de l'ignorer, refuser de l'entendre ; faire semblant de ne pas entendre ce que l'on vous dit, afin de ne pas être obligé de répondre à une question.

L'expression "Ne rien vouloir entendre" a presque exactement la même signification.

Et sur un sujet contigu, je vous recommande la lecture de mon article consacré aux expressions "Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre" et "Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"Être remonté comme un coucou" ou "Être remonté comme un coucou suisse".

Cette expression du registre familier s'utilise, au sens figuré, pour dire d'une personne qu’elle est en colère, très énervée.

On dit par exemple : "Ce n'est pas le moment d'aller demander quelue chose à ton père, ma chérie : ton frère a plié en deux sa Mercedès neuve et ton père est remonté comme un coucou".

Ou : "Je te jure que je vais leur dire ma façon de penser : je suis remonté comme un coucou !".

Elle fait référence à la "pendule à coucou" suisse, dite - par ellipse - "coucou" ou "coucou suisse", une pendule murale à balancier apparent et au boîtier en forme de chalet, duquel surgit toutes les demi-heures, un petit oiseau mécanique criant "Coucou !", dont le fonctionnement requiert un remontage régulier à l'aide d'une clé.

Source : memphis.typepad.com et www.mots-surannes.fr

"Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage".

J'aime beaucoup cette expression du registre désuet en forme d'idiotisme textile, qui signifie : n'hésitez pas à travailler et retravailler inlassablement votre projet ou votre texte, à le peaufiner, à l'instar de l'artisan tisserand, qui ne cesse de remettre, autant de fois qu'il le faudra, son ouvrage (c'est à dire la pièce de tissu qu'il est en train de fabriquer) sur son métier à tisser.

Tisserand sur son métier à tisser

Il s'agit d'une citation de l'écrivain français Nicolas Boileau dit Boileau-Despréaux, extraite de "L’Art poétique", un poème didactique de onze cents alexandrins classiques paru en 1674, qui a, à mon sens gardé toute son actualité, près de trois siècles et demi plus tard.

Comme c'est également le cas avec une autre de ses célèbres phrases ("Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement"), je trouve qu'elle gagne à être réinsérée parmi celles qui la précède et la suive :

"Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez".

Source : wiktionary.org

"De deux maux, il faut choisir le moindre" ou "Entre deux maux, il faut choisir le moindre".

C'est au philosophe grec Aristote que nous devons cette expression proverbiale, citée dans le Livre II de l'"Éthique à Nicomaque", et qui signifie : face à une situation délicate, à un problème difficile, il faut opter pour la solution la moins risquée ou pénible.

Autrement dit, confronté à une alternative où chaque possibilité offerte semble dangereuse ou douloureuse, il convient néanmoins de se résigner à faire un choix raisonné.

Source : www.linternaute.fr

"Au pied levé".

Cette curieuse locution adjectivale du registre familier en forme d'idiotisme corporel ne doit pas manquer de surprendre nos amis étrangers.

Elle est très ancienne puisqu'elle remonte au XVIe siècle sous cette forme.

Et elle signifie, au sens figuré : à l'improviste, sans préparation.

On dit par exemple : "Nous sommes partis au pied levé et je n'ai pas eu le temps d'emporter toutes mes affaires".

Sources : wiktionary.org

"Courir le guilledou".

J'aime beaucoup cette jolie locution verbale du registre familier et du registre désuet.

Le substantif masculin singulier (pas de pluriel) du registre désuet "Le guilledou" désigne : des aventures galantes.

Aussi, "Courir le guilledou" signifie :

  • chercher l'amour, des aventures galantes ; ou des lieux de plaisir,
  • et, par extension : se rendre fréquemment, et surtout nuitamment, dans des lieux suspects.

On dit par exemple : "Je ne veux pas être méchant, mais je me demande tout de même sérieusement ce que fait ton frère à courir ainsi le guilledou en ville".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr, dictionnaire.reverso.net et www.linternaute.fr