"Ne pas y avoir âme qui vive", "Il n'y a pas âme qui vive".

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme religieux signifie :

  • "Ne pas y avoir âme qui vive" : n'y avoir absolument personne, être désert.
  • et "Il n'y a pas âme qui vive" : il n'y a absolument personne ; l'endroit est désert.

On dit par exemple : "La nuit tombée, il n'y a pas âme qui vive dans les rues, désormais".

On utilise également l'expression du registre familier : "Ne pas y avoir un chat", "Il n'y a pas un chat".

Et les marseillais disent, dans le même registre : "Y avoir dégun", "Il y a dégun".

Source : www.expressio.fr

"Dorer la pilule" ou "Se dorer la pilule".

"Se dorer la pilule"

Ces deux locutions verbales du registre familier ont des significations fort différentes :

  • "Dorer la pilule" à quelqu'un signifie en effet, selon le contexte :
    • berner, duper une personne ; la flatter afin de la pousser à faire ou à accepter une chose à laquelle elle répugne.

On dit par exemple : "Je leur ai si bien doré la pilule qu’ils ont fini par me vendre leur terrain pour trois francs six sous".

    • ou : faire accepter un désagrément ou consoler d’une disgrâce, d’un refus, en l’accompagnant de promesses et de paroles aimables, bienveillantes, flatteuses voire mielleuses.

On dit par exemple : "Le directeur ne lui a donné ni augmentation ni promotion mais lui a bien doré la pilule".

  • tandis que "Se dorer la pilule" signifie : bronzer, se dorer au soleil.

On dit par exemple : "Mes filles ont passé leurs vacances à se dorer la pilule au bord de la piscine".

"Dorer une pilule" était autrefois un terme de pharmacie signifiant : la recouvrir d’une mince couche d’or afin que l'on puisse l'avaler sans sentir le goût, l'amertume du médicament.

Sources : wiktionary.org et dictionnaire.reverso.net

"Il est minuit Docteur Schweitzer".

Cette expression du langage courant est souvent utilisée lorsqu'il s'agit de donner l'heure à 0H00 ou de commenter le passage au lendemain.

Elle perdure curieusement aujourd'hui alors même qu'elle ne revêt aucune signification particulière.

"Il est minuit Docteur Schweitzer" est le titre d'une pièce de théâtre française de 1952 de Gilbert Cesbron, adaptée la même année au cinéma par André Haguet, avec le grand Pierre Fresnay dans le rôle du "Grand blanc de Lambaréné", Albert Schweitzer.

Les deux oeuvres sont fortement teintées de colonialisme et, il faut bien le dire, pour le film en tous cas, d'assez piètre qualité.

Affiche du film français "Il est minuit Dr Scweitzer" d'André Haguet (1952)

"Récolter ce que l'on a semé", "Récolter ce que l'on sème", "On récolte ce que l'on a semé" ou "On récolte ce que l'on sème".

"Récolter ce que l'on semé" : extrait du tableau de Jean-François Millet "Un semeur", peint en 1850

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : avoir ce que l'on mérite, subir les conséquences de ses gestes, paroles ou décisions antérieures.

On dit par exemple : "Tu récoltes ce que tu as semé : sachant que le nouveau mari de ton ex-épouse est boxeur, il ne fallait pas vider tes vieux pots de peinture sur sa moto neuve".

Cette expression est à rapprocher d'une autre, à la signification assez proche : "Qui sème le vente récolte la tempête".

Sources : wiktionary.org et www.expressio.fr

"Ne rien perdre pour attendre".

Cette expression du langage courant, remonterait au XVIIIe siècle.

Et elle s'utilise :

  • autrefois (registre désuet) :
    • pour indiquer qu'un paiement, pour être retardé, n’en était pas moins assuré.

On disait par exemple : "Tu ne perds rien pour attendre : j'attends de grosses rentrées d'argent".

    • et, par extension : pour exprimer que le retard apporté à quelque chose n’était pas un préjudice et pouvait même devenir un avantage.

On disait par exemple : "Je tarde à vous livrer votre costume, mais vous ne perdrez rien pour attendre, car il n'en sera que plus beau".

  • et de nos jours, de façon le plus souvent ironique : pour indiquer que l’on infligera tôt ou tard à la personne à laquelle on s'adresse un châtiment, une punition, une vengeance ; que l'on n'oubliera pas ce qui vient de se passer.

On dit par exemple : "Tu peux bien rigoler, mais tu ne perds rien pour attendre !".

Source : wiktionary.org

"Sentir le soufre".

"Sentir le soufre" c'est à dire : le diable

On l'ignore souvent, mais cette locution verbale du langage courant est un idiotisme religieux !

Elle fait en effet référence à l'odeur caractéristique du soufre dont on croyait autrefois qu'elle signalait la présence du diable.

"Sentir le soufre" signifie ainsi, au sens figuré :

  • la situation est peu orthodoxe, présente un caractère d'hérésie, paraît diabolique.
  • et, par extension : la situation est douteuse, risquée, tendue ; et elle pourrait bien prendre une mauvaise tournure,

On dit par exemple : "Cette affaire sent le soufre : ne t'y risque surtout pas !".

Sources : www.linternaute.fr, wiktionary.org, fr.thefreedictionary.com, dictionnaire.lerobert.com et dictionnaire.reverso.net

"Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise".

Le président états-unien Barck Obama, en bras de chemise

Voila bien trois locutions verbales en forme d'idiotismes vestimentaires et d'idiotisme corporel qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

  • "Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" relèvent du registre familier et signifient :
    • ôter sa veste, l'enlever, la retirer.

En raison de la chaleur ou parce que l’on s’attend à rester longtemps ou à prolonger une action.

On dit par exemple : "On le sait, le président Macron n'hésite pas à tomber la veste".

    • et par extension : se préparer à se battre, se bagarrer.

On dit par exemple : "L'autre jour, mon collègue n'a pas hésiter à tomber la chemise en pleine rue, afin de prendre la défense d'une jeune femme molestée par son compagnon".

  • et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise" appartiennent au langage courant et signifient : être vêtu simplement, de façon décontractée ; de son pantalon et de sa chemise, mais sans porter de veste ni de veston.

Ce qui n'empêche pas de porter une cravate.

Et - contrairement à ce que l'on pense souvent - n'implique pas forcément que les manches de la chemise soient retroussées.

Le président de la République française Emmanuel Macron, en bras de chemise

On est donc "en bras de chemise" sitôt après avoir "tombé la veste".

À toutes fins utiles, précisons que la forme "Être en manches de chemise" est beaucoup moins usitée que la forme "Être en bras de chemise".

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

 

Être à couteaux tirés".

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être en situation d'opposition, de conflit, de grande hostilité ; être en très mauvais termes.

On dit par exemple : "Je m'entend à peu près bien avec mon beau-père mais je suis à couteaux tirés avec ma belle-mère".

Sources : www.larousse.fr, www.languefrancaise.net et www.expressions-francaises.fr

"Au diable l'avarice !".

Cette expression en forme d'idiotisme religieux constitue une exclamation accompagnant la décision d'effectuer une dépense peu raisonnable ou d'acheter quelque chose sans regarder à la dépense, en étant davantage guidé par l'envie que par la raison.

Sources : wiktionary.org, dictionnaire.reverso.net et www.expressions-francaises.fr

"Serrer le kiki".

Cette étrange locution verbale du registre populaire signifie : serrer le cou, étrangler.

On dit par exemple : "Arrête donc de serrer le kiki de ton grand frère comme ça : tu vas finir par l'étouffer, voyons" !

Le mot "Kiki" peut cependant avoir en français plusieurs significations différentes.

Et on le retrouve également dans une autre expression déjà évoquée : "C'est parti mon kiki !".

"Qui sème le vent récolte la tempête".

Comme de nombreuses autres, cette expression imagée du langage courant puise ses origines dans la Bible (Livre d'Osée, 8, 7) et fait allusion à la colère divine.

Elle signifie, au sens figuré : provoquer ou susciter un désordre ou des troubles en apparence mineurs peut se révéler très dangereux car ceux-ci peuvent prendre une ampleur insoupçonnée et avoir de graves conséquences.

À l'instar de la tempête, au départ constituée de vents pas forcément très violents, mais qui vont rapidement aller en s'accélérant.

Celui qui incite à la violence doit ainsi s’attendre à de fâcheuses conséquences.

Cette expression est a rapprocher d'une autre, à la signification assez proche : "Récolter ce que l'on a semé".

Sources : www.expressio.fr et www.expressions-francaises.fr

"Vivre sa vie".

Cette expression du langage courant signifie :

  • vivre à sa guise, à sa manière, comme bon nous semble.

On dit par exemple : "Je n'ai que faire des modes et des tendances : je vis ma vie !".

  • mais également : être autonome, n'avoir besoin de personne.

On dit par exemple : "Ma petite dernière n'a que quatre ans mais elle ne s'ennuie jamais : elle vit sa vie dans le jardin des heures durant".

Cette expression a servi de titre au film français "Vivre sa vie", tourné en 1962 par le réalisateur franco-suisse Jean-Luc Godard, avec l'actrice française Anna Karina (alors son épouse) dans le rôle principal de Nana Kleinfrankenheim, inspiré de celui joué par l'actrice états-unienne Louis Brooks, dans le film allemand "Loulou", réalisé en 1929 par Georg Wilhelm Pabst.

Affiche du film français "Vivre sa vie", de Jean-Luc Godard (1962)Affiche du film français "Vivre sa vie", de Jean-Luc Godard (1962)Affiche belge du film français "Vivre sa vie", de Jean-Luc Godard (1962)

Source : wikipedia.org

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche".

Cuillère de bébé en argent massif "Charlie bear" de chez Christofle

Cette expression du langage courant signifie, au sens figuré : être sinon rentier, du moins un privilégié, issu d’une famille très aisée et ayant la chance de n'avoir eu aucune préoccupation financière depuis sa naissance.

Elle comporte en général une connotation négative et est essentiellement utilisée afin de discréditer une personne.

Il s'agit d'une expression qui nous vient d'Angleterre, où elle serait apparue pour la première fois en 1712. Et l'on sait qu'elle est employée aux États-Unis d'Amérique depuis au moins 1780 ("Born with a silver spoon in his mouth" c'est à dire "Né avec une cuillère en argent dans la bouche").

Elle n'a cependant dû s'imposer chez nous que dans la seconde partie du XIXe siècle.

"Être né avec une cuillère en argent dans la bouche" est - comme souvent - une expression directement liée à la religion chrétienne.

Même si elle semble s'être relativement perdu, la tradition voulait en effet que, lorsqu’un bébé venait au monde, son parrain lui offrait une cuillère le jour de son baptême. Une cuillère en argent soulignait la richesse de la famille, puisque dans les milieux moins aisés, on utilisait des cuillères en bois, qui furent par la suite principalement fabriquées en étain. Le mot anglais "Spoon" ("Cuillère") constitue d’ailleurs une déformation du mot "Spon", qui désignait un copeau de bois, la cuillère étant taillée dans un gros éclat de bois.

Offrir une cuillère en argent à son filleul était donc un signe visible de son aisance et de la bonne éducation qu’il recevrait, à l’abri de tout embarras financier.

Source : www.lefigaro.fr, "Les 1001 expressions préférées des Français" (Georges Planelles, 2011)

"Pas folle la guêpe !".

Publicité presse de 1953 pour le savon Lux : "Pas folle la guêpe j'ai choisi Lux" vous dit Arletty

Cette exclamation en forme d'idiotisme animalier est une locution interjective du registre familier.

Elle est utilisée pour souligner :

  • qu'une personne est finaude, astucieuse, maligne.

"Pas folle la guêpe !" signifie alors : pas bête ; c'est malin ; c'est astucieux ; c'est habile ; c'est intelligent.

  • ou qu'on l'est soi-même.

On dit par exemple : "Pas folle la guêpe : j'ai emmené avec moi de quoi nous éclairer !".

On disait au XIXe siècle "Pas bête la guêpe", avant que l'expression ne se transforme, au XXe siècle, en "Pas folle la guêpe !".

Cette forme a été largement popularisée par la géniale Arletty, dans le film de Jean Boyer "Circonstances atténuantes" (1939).

Au point qu'en 1953, encore, le savon Lux utilisait cette exclamation pour ses publicités dans la presse française !

On l'a aujourd'hui souvent oublié, mais le même film a également contribué à populariser l'expression "Comme de bien entendu".

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

 

Sources : Le robert, wiktionary.org