"Le disque est rayé".

Cette expression du registre familier et du registre désuet s'utilise - au sens figuré - pour signifier amicalement à quelqu'un qu'il se répète, rabâche, voire ressasse à l'envi les mêmes choses.

Ou le dire d'une personne, dont on peut éventuellement sous-entendre ainsi qu'elle radote.

Cette formule "le disque est rayé" fait référence à l'époque où l'on écoutait des disques 78t en gomme-laque noire puis des disques vinyles noirs 45t ou 33t.

Disques 45t, 78t et 33t

Dans tous les cas, il était absolument nécessaire de les manipuler et stocker avec précaution afin de ne pas les rayer.

Saphir de tourne-disque lisant un disque vinyle noir
Saphir de tourne-disque lisant un disque vinyle noir

Faute de quoi, la tête de lecture (ou "saphir") du phonographe - puis du tourne-disque ou de la chaîne stéréo - sursautait et hoquetait curieusement, répétant sempiternellement la même dernière phrase située avant la rayure, car incapable de franchir celle-ci et se faisant rejeter à chaque tour sur le sillon précédent.

Source : www.mots-surannes.fr

"N'y avoir pas photo", "Ne pas y avoir photo", "Il n'y a pas photo" ou "Y a pas photo" et "Y avoir photo", "Y a photo" ou "Il y a photo".

Ces différentes expressions du registre familier nous viennent directement du domaine de la course hippique, puisqu'elles constituent une ellipse de :

  • "N'avoir pas BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH", "Ne pas avoir BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH", "Il n'y a pas BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH" ou "Y a pas BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH".

Autrement dit : il n'y a aucun doute, il y a une nette différence, le résultat est clair et se voit à l'oeil nu ou s'impose à l'évidence. Il n'y a donc pas à discuter.

On dit par exemple : "Il n'y a pas photo : le maire sortant va l'emporter dès le premier tour".

  • et : "Y avoir BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH", "Y a BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH" ou "Il y a BESOIN DE RECOURIR À UNE photo-FINISH".

Autrement dit : cela se discute, il y a un doute, la différence n'est pas évidente, le résultat n'est pas clair et l'entendement humain ne peut seul décider.

Le recours à une vérification s'impose. Qu'il s'agisse de photographie ou de bande sonore.

On dit par exemple : "Pour moi y a photo : l'équipe de Bernard a répondu en premier";

Sources : www.expression.fr, www.linternaute.fr et www.mots-surannes.fr

 

"Les cimetières sont pleins de gens indispensables, qui ont tous été remplacés".

J'aime beaucoup cette phrase que l'on croit souvent être un proverbe mais qui est en réalité une citation attribuée à l'homme politique français Georges Clemenceau (28 septembre 1841 - 24 novembre 1929), qui serait à l'origine un proverbe arabe.

Elle signifie naturellement que nul n'est irremplaçable.

Source : dicocitations.lemonde.fr

"En toute humilité".

Cette locution adverbiale du langage courant signifie : aussi modestement que possible. humblement.

On dit par exemple : "Ma chérie, je te demande pardon en toute humilité. Lorsque j'ai recruté cette jeune nounou danoise de 19 ans, j'ai totalement oublié que nos enfants avaient fini leurs études l'an passé".

Source : wiktionary.org

"Avoir la comprenette difficile", "Être long à la comprenette", "Comprendre vite mais falloir expliquer longtemps", "Être long à la détente" ou "Ne pas être rapide à la détente" !

J'aime beaucoup ces cinq expressions du registre familier qui signifient toutes : avoir l'esprit lent, tarder à comprendre les choses, ne pas être très vif d'esprit.

Et donc, souvent, par sous-entendu : être un peu bête.

On dit par exemple :

  • "Fernand est bien brave, mais il a la comprenette difficile",
  • "Les gens du coin sont longs à la comprenette",
  • "Tu sais, je comprends vite mais il faut m'expliquer longtemps",
  • "Mes voisins ont été longs à la détente : cinq ans avant de comprendre que leur fils préférait les garçons",
  • ou : "Mon grand-père n'est pas rapide à la détente, je dois lui expliquer les choses lentement".

"Y a pas à tortiller du cul", "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit" ou "Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille" !

Ces différentes ellipses de :

  • "IL N'y a pas à tortiller du cul",
  • "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit",
  • et "IL N"Y a pas à tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille",

... appartiennent toutes les trois au registre vulgaire et au registre scatologique.

Et elles signifient, selon les circonstances :

  • il n'y a pas à hésiter,
  • il n'y a pas à contester,
  • c'est comme ça, inutile de discuter, il faut obéir,
  • il faut dire ce qui est, il faut l'avouer.

On dit par exemple : "Y a pas à tortiller, personne n'avait anticiper une telle pandémie".

ou : "Y a pas à tortiller du cul, j'dois m'rach'ter une bagnole si j'veux pouvoir aller m'faire une toile en ville de temps en temps".

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

"Loin des yeux, loin du coeur".

Cette expression proverbiale en forme d'idiotisme corporel s'utilise pour rappeler que l’éloignement de deux personnes ou l'absence de l'une d'elles distend le lien affectif et affaiblit l’affection qu’elles se portent mutuellement.

On dit par exemple : "Je sais bien qu'elle m'a promis de m'écrire, mais loin des yeux, loin du coeur...".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation du pète latin Properce, extraite de l'élégie 21 de son Livre III (vers 23 av. J.-C.).

Sources : www.mon-poeme.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Un coeur à prendre" et "Prendre à coeur", "Avoir à coeur" et "Tenir à coeur".

Ces deux locutions du langage courant en forme d'idiotismes corporels signifient respectivement :

  • "Un coeur à prendre" : une personne libre de toute liaison amoureuse.

On dit par exemple : "À 31 ans passés, la princesse est toujours un coeur à prendre".

  • et "Prendre à coeur", "Avoir à coeur" et "Tenir à coeur" : s'affecter de quelque chose, y attacher une grande importance, y être très sensible.

On dit par exemple :

    • "Je prend à coeur de citer mes sources",
    • "J'ai à coeur de répondre le plus rapidement possible aux lecteurs J'aime les mots qui commentent mes articles",
    • et : "Ne pas utiliser d'anglicismes me tient particulièrement à coeur".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Faire le dernier voyage", "Faire son dernier voyage" ou "Faire le grand voyage".

Ces trois locutions verbales du langage courant signifie : mourir.

On dit par exemple :

  • "J'ai beaucoup parlé à ma grand-mère les semaines qui ont précédé sa mort et je sais qu'elle était prête pour le dernier voyage",
  • "Il est préférable d'avoir réglé un certain nombre de choses avant de faire son dernier voyage",
  • "Mon grand-père a fait le grand voyage il y a près de quarante ans déjà".

 

"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne pouvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

"L'ordre règne à".

"L'ordre règne à Varsovie" : illustration de Grandville (1831)

On ignore souvent, je crois, l'origine de cette formule, entrée dans le langage courant.

Nous la devons à un militaire et homme politique français, ministre des Affaires étrangères, le général François Horace, comte Sebastiani de la Porta (1772-1851).

Interrogé le 16 septembre 1831 à propos des événements de Pologne, où les Russes venaient de réprimer cruellement l'agitation, ce charmant personnage répondit que l'ordre et la tranquillité étaient entièrement rétablis à Varsovie...

Le caricaturiste Grandville a immortalisé ce mot malheureux en publiant dans le journal "Le Moniteur" une illustration montrant un soldat russe sur un monceau de cadavres polonais avec cette cynique légende : "L'ordre règne à Varsovie".