"Au sortir de".

J'aime beaucoup cette locution prépositive qui relève du langage courant.

Elle signifie :

  • au sens figuré : au moment où l'on sort de.

On dit par exemple : "Je vous rappellerai au sortir de la réunion pour vous faire part de notre décision".

  • et par extension : à la fin de.

On dit par exemple : "Au sortir de l'hiver nous irons voir nos enfants en Bretagne".

Source : wiktionary.org

"Être habillé comme un touriste allemand".

La parfaite panoplie du touriste allemand : culotte de peau, sandales et chaussettes !

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle désigne, par plaisanterie : une personne habillée d'une façon quelque peu ridicule, avec une rare inélégance.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Être mal habillé" en français.

"Au beau fixe".

Cette locution adjectivale relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : un bonheur stable.

On dit par exemple : "Je vais beaucoup mieux : mon moral est au beau fixe".

Ou : "La crise entre ma soeur et mon beau-frère s'est apaisé : leurs relations semblent au beau fixe".

À l'instar du temps, dont on dit qu'il est "au beau fixe" lorsque le ciel est bleu et que le soleil brille d'une manière durable, l'aiguille du baromètre restant fixée sur la zone de beau temps.

Un temps au beau fixe

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Je ne dirais pas le contraire", "Je ne vais pas dire le contraire" ou "Ne pas dire le contraire".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie : "Je dirais la même chose" ou "Je vais dire la même chose".

Autrement dit : "Je suis d'accord, j'approuve, je partage cet avis/cette opinion".

On dit par exemple : "Tu me dis que tu détestes les films étrangers en version française : je ne vais pas te dire le contraire".

 

"Tous plus X les uns que les autres" ou "Toutes plus Y les unes que les autres".

Cette locution adjectivale figée relève du langage courant.

Et elle signifie que l'on peut s'interroger sur le point de savoir qui est le plus X ou la plus Y.

On dit par exemple : "Vos garçons sont tous plus bruyants les uns que les autres !".

Ou : "Vos filles sont toutes plus belles les unes que les autres".

"Prêcher le faux pour savoir le vrai".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle désigne une technique de manipulation couramment employée, qui consiste à affirmer délibérément un mensonge (dire une chose fausse) afin d'essayer d'amener son interlocuteur à se dévoiler malgré lui, en rétablissant la vérité.

On dit par exemple : "On estime généralement que vous avez récemment doublé votre chiffre d'affaires".

Ou : "Il se dit que vous prendriez votre retraite à la prochaine rentrée".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

 

"Ne pas être au bout de ses peines".

Cette locution verbale relève du langage courant.

Et elle signifie : ne pas avoir fini de rencontrer des obstacles, d'éprouver des contrariétés, des chagrins ; avoir encore beaucoup de travail avant de conclure, avoir encore des difficultés à affronter, ne pas en avoir terminé, avoir encore à souffrir.

On dit par exemple : "Le gardien n'était pas au bout des ses peines puisqu'il a encore encaissé trois autres buts après celui-ci".

Sources : wiktionary.org et www.languefrancaise.net

"Que demande le peuple ?"

Cette locution verbale fait référence à la France de l'Ancien Régime.

Durant cette période en effet, les délégués aux États généraux recueillaient à travers des cahiers de doléances les voeux et demandes du peuple.

Un processus au terme duquel le roi posait la question : "Que demande le peuple ?".

De nos jours, cette formule s'emploie, au sens figuré, pour signifier que l'on est satisfait et que l'on ne saurait demander mieux.

On dit par exemple : "Un homme qui fait les courses, la cuisine et le ménage. Que demande le peuple ?".

Sources : wiktionary.org et www.linternaute.fr

"Retourne dans ta cage !", "Retourne dans ton arbre !" ou "Retourne dans ton cocotier !".

Un indigène grimpant sur un cocotier

Ces trois locutions verbales relèvent du langage courant.

Relevant de la forme impérative, elles assimilent l'interlocuteur à un animal sauvage et plus particulièrement à un singe.

Bien davantage que simplement péjoratives elles sont parfaitement injureuses et même le plus souvent racistes, puisque majoritairement adressées à des personnes de couleur.

"Un entartage".

Ce substantif masculin désigne le fait de lancer ou le plus souvent d'écraser une tarte à la crème (ou plus simplement, une assiette en carton remplie de crème fouettée ou de mousse à raser) sur le visage d'une personnalité lors d'un événement public, afin de souligner, selon les auteurs, l'absurdité des propos ou des actions de l'infortunée victime.

La tarte à la crème est détournée de son usage alimentaire à des fins burlesques, le but étant de l'écraser par surprise sur le visage de la « victime ».

Une origine cinématographique

Ce gag est très tôt utilisé dans le slapstick. Très populaire, son usage est similaire à celui de l'arrosage ou à l'aspersion de peinture.

Il est identifié pour avoir été utilisé une toute première fois en 1909 dans le film muet "Mr. Flip", de Gilbert M. "Broncho Billy" Anderson.

Le réalisateur Mack Sennett l'utilise dans plusieurs de ses courts métrages, comme "Mabel au fond de l'eau", en 1913. En 1927, le film "La bataille du siècle", avec Laurel et Hardy, réalisé par Clyde Bruckman, contient une bataille géante de tartes à la crème devenue célèbre. Le film "Parade du rire", de 1948, se termine aussi par une énorme bataille de tartes à la crème.

La scène finale du film "Docteur Folamour" (1964) devait être une bataille de tartes à la crème entre les différents protagonistes de la salle de guerre. La scène a été filmée mais écartée au dernier moment du montage final par le réalisateur, Stanley Kubrick.

Un acte remis au goût du jour par Noël Godin

Repris à la fin des années 1960 par l'"agitateur anarcho-humoristique" belge Noël Godin, alors chroniqueur de cinéma, l'entartage devient le moyen de ridiculiser une personne publique, au discours supposément fallacieux. C'est un acte contestataire que le Belge définit comme "une lettre d'insultes en acte, qui vous explose sur la tête et vous dégouline dans le cou".

L'agitateur anarcho-humoristique belge Noël Godin, dit "L'entarteur", "Le Gloupier" ou "Gorges le Gloupier" (©Philippe MATSAS/Opale/Leemage)
L'agitateur anarcho-humoristique belge Noël Godin, dit "L'entarteur", "Le Gloupier" ou "Gorges le Gloupier" (©Philippe MATSAS/Opale/Leemage)

Sa carrière d'entarteur commence en Belgique en 1968 avec l'entartage de l'écrivain Marguerite Duras. Mais ce n'est qu'à partir des années 1980 que les coups d'éclats s'enchaînent. D'abord dans le milieu du cinéma, dont il est familier, et souhaite dénoncer les platitudes au lendemain de mai 68. D'aucuns se souviendront de Marco Ferreri et Jean-Luc Godard le visage recouvert de crème pâtissière à Cannes, en 1980 et 1985.

Surnommé "Le Gloupier", en hommage à Jean-Pierre Bouyxou, son complice de la première heure, auteur sous ce pseudonyme, en 1984, d'une "Ode à l'attentat pâtissier", Godin s'attaque à tous les milieux de pouvoir.

  • la politique, avec Nicolas Sarkozy, Jacques Delors ou Ségolène Royal,
  • les hommes d'affaires avec Bill Gates ou Jacques Séguéla,
  • les journalistes avec Jean-Pierre Elkabbach,
  • "la littérature vide" avec Marguerite Duras donc,
  • "la chanson stupide" avec Patrick Bruel et Doc Gynéco,
  • ou encore "la philosophie creuse" avec Bernard Henri Lévy, l'une de ses victime préférées.

"Notre chéri BHL" comme le surnomme Godin, est devenu le bouc-émissaire des commandos pâtissiers. Entarté plus d'une dizaine de fois, BHL réagit généralement assez mal à ces attaques. En 1985, il avait menacé Le Gloupier, au sol, de lui "écrase(r) la tête à coups de talons". Interrogé par Sofilm sur cet acharnement, Godin explique qu'il voit à travers le philosophe "la tête à tarte" par excellence. On ne peut pas trouver quelqu'un de plus nombriliste, de plus ivre de pouvoir, de plus hautain"'.

Le Gloupier est rapidement devenu trop connu, et redouté, pour agir seul. Mais des commandos pâtissiers se sont organisé partout dans le monde, du Canada à la Suède. Et quand il est présent, Godin s'occupe de faire diversion.

L'agitateur anarcho-humoristique belge Noël Godin, dit "L'entarteur", "Le Gloupier" ou "Gorges le Gloupier"

Un acte poursuivi et condamné

Si la plupart des personnalités visées tiennent à oublier rapidement ces épisodes fâcheux pour leur image, les politiques sont plus tenaces et ont plusieurs fois fait condamner leurs "agresseurs"

Premier exemple avec l'entartage de Philippe Douste-Blazy, à Cannes (06), en 1995. Jan Bucquoy, complice de Godin, est arrêté et poursuivi avant d'être relaxé, faute de preuves. Pendant la campagne présidentielle de 2002, Godin est gardé à vue pendant quatre heures pour l'entartage de Jean-Pierre Chevènement. Condamné à 800 euros d'amende, Le Gloupier écope de 2 500 euros de dommages et intérêt en appel. Il devra verser plus de 8 000 euros au total. Cette décision ayant fait jurisprudence, elle sert de socle à la condamnation de Jonathan Joly, entarteur de Ségolène Royal en 2006.

Ailleurs, l'entartage coûte parfois bien plus cher. En Espagne trois hommes ont été condamnés en novembre 2013 à deux ans de prison pour avoir entarté une responsable locale. Et au Canada un député avait qualifié en 2010 l'entartage d'"acte terroriste".

De leur côté les entarteurs rappellent que l'entartage n'est pas une violence puisqu'il n'engendre aucune ITT et que les victimes ne subissent aucun coup ni blessure.

Si l'entartage n'engendre ni blessure physique ni atteinte dans son intégrité, cet acte a néanmoins un effet sur "la représentation de soi", sur l'image que l'on donne à voir de soi, expliquait en 2002 François Danet, psychiatre et médecin légiste.

Sources : www.lefigaro.fr et wiktionary.org