"Céans".

J'aime beaucoup cet adverbe.

  • Relevant du domaine juridique, il signifiait autrefois (registre désuet), dans les jugements et les arrêts : "ici", "en ce lieu", "en ces lieux" ou "là où nous nous trouvons",

On disait par exemple : "Vous avez été convoqué devant la cour de céans".

  • mais ne se dit plus, de nos jours, que par plaisanterie, dans le registre soutenu, notamment dans la locution "Le maître de céans", désignant "Le maître de maison".

On dit par exemple : "Je serai ravi de vous revoir céans".

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.dictionnaire-juridique.com

"M'as-tu-vu" ou "Un m'as-tu-vu".

Un groupe de m'as-tu-vu

J'aime beaucoup ce mot invariable qui relève du langage courant.

  • "M'as-tu-vu" est un adjectif signifiant : prétentieux, vaniteux, ostentoire.

On dit par exemple : "Je ne mettrai jamais ce costume : il est vraiment trop m'as-tu-vu !".

Un costume m'as-tu-vu

Ou : "Je trouve cette cravate un peu m'as-tu-vu".

Une cravate "M'as-tu-vu"

  • et "Un m'as-tu-vu" est un substantif masculin directement hérité de la formule utilisée par les acteurs de théâtre " M'as-tu vu dans tel rôle ?".

Il désignait ainsi autrefois (registre désuet), par dérision : un acteur médiocre.

Et de nos jours, par extension : une personne ayant une haute opinion de soi, et qui aime le montrer, et se montrer.

Sources : wiktionary.org, Le Robert et www.larousse.fr

"Â brûle-pourpoint".

Cette locution adverbiale en forme d'idiotisme vestimentaire fait référence au substantif mascuin "Un pourpoint", désignant un ancien vêtement d'homme couvrant le torse.

Un pourpoint de velours noir

Et elle signifie :

  • au sens propre, autrefois (registre désuet) : tout près, au point de pouvoir brûler le pourpoint, en parlant d'une arme à feu dont on pointait le canon vers son adversaire. On dit aujourd'hui "À bout portant".
  • et de nos jours, au sens figuré : sans préparation, sans ménagement, sans détours, brusquement, sans que l'on s'y attende, à l'improviste.

On dit par exemple : "Il a répondu d'une façon maladroite, mais on lui a posé la question à brûle-pourpoint, au sortir du débat".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Une tête de Turc".

Cette locution nominale féminine désigne :

  • au sens propre, autrefois (registre désuet) : une sorte de dynamomètre, servant de jeu et d'attraction dans les foires françaises de la fin du XIXe siècle, afin de mesurer sa force, où la partie sur laquelle on frappait avait la forme d’une tête coiffée d’un turban, rappelant l’image stéréotypique d’un Turc.

Un peson ou "tête de turc"

  • et au sens figuré, de nos jours : une personne cible de toutes les moqueries et méchancetés.

On dit par exemple : "Mon pauvre gamin est devenu la tête de Turc de ses camarades et il ne veut plus retourner au collège".

  • et par extension : un bouc émissaire, une personne sur laquelle est rejetée une faute et sur laquelle en retombent les conséquences.

On dit par exemple : "Je ne suis pour rien dans cette affaire : pas question que je serve de tête de Turc !".

Source : wiktionary.org

22 façons de dire "Avoir de la chance".

Avoir de la chance

Les formules "Avoir de la chatte", "Avoir de la moule", "Être chatard" (ou "Être chattard"); "Être chatteux" ou "Être mouleux" font référence à deux des noms donnés en argot au sexe de la femme ("Chatte" et "Moule") et relèvent du registre vulgaire.

De même que "Avoir du fion".

Quant aux formules "Avoir du cul" ou "Avoir le cul bordé de nouilles", elles relèvent du registre argotique.

"Avoir du bol", "Avoir une veine de cocu", "Être chançard", "Être cocu", "Être veinard" ou "Être verni" appartiennent au registre familier.

De même que "Avoir la baraka", qui nous vient du mot arabe "Baraka" désignant une chance extraordinaire, une bénédiction ou une faveur divine. Ce mot a été adopté par les troupes françaises de l’Armée d’Afrique dès la colonisation de l’Afrique du Nord dans les années 1830, puis employé par les poilus durant la Première Guerre mondiale comme synonyme du mot "chance".

Le langage courant nous offre les formules "Avoir de la veine", "Être chanceux", "Être en veine" ou "Être né sous une bonne étoile".

La formule "Être né coiffé" relève du registre soutenu et du registre désuet.

Enfin, "Être bidard" relève du registre désuet, cette expression venant du patronyme du gagnant du gros lot de la loterie de l'Exposition universelle de 1878.

Source : www.defense.gouv.fr

"Un parangon".

Ce substantif masculin nous vient directement de l'espagnol "parangon" signifiant "comparaison".

En français, ce mot désigne :

  • dans le registre soutenu, ironiquement : un modèle, un archétype.

On dit par exemple : "Se prendre pour un parangon de vertu".

Ou : "Se croire un parangon de beauté".

  • dans le langage courant :
    • un marbre noir de Grèce,
    • ou, en bijouterie : une perle ou une pierre précieuse remarquable par sa beauté, sa perfection ; parfaite, exempte de défaut.
  • et dans le registre désuet :
    • au XIXe siècle, comme en espagnol : une comparaison,

On disait par exemple : "Mettre en parangon", "Cela est sans parangon" ou "Faire le parangon d'une chose avec une autre".

    • ou, en typographie : deux caractères dont l’un est de vingt et un points et l’autre de dix-huit, appelés respectivement "gros parangon" et "petit parangon".

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Retraiter" ou "Se retraiter".

  • Le verbe "Retraiter" signifie :
    • effectuer un nouveau traitement en vue de modifier des données, une matière.

On dit par exemple : "Nous allons retraiter ce minerai".

    • dans le domaine de l'énergie nucléaire : effectuer un retraitement du combustible nucléaire.

On dit par exemple : "Il va falloir retraiter ces déchets".

Le cycle du nucléaire

    • en Afrique ou dans le registre désuet : mettre à la retraite.

On dit par exemple : "Il faut absolument retraiter ce monsieur : il a plus de 70 ans".

    • ou, dans le domaine militaire : battre en retraite, se replier.

On dit par exemple : "L'armée française a retraité en Russie, en 1812".

L'armée française retraite en Russie

  • tandis que "Se retraiter" signifie : faire retraite, se retirer.

On dit par exemple : "Beaucoup de français rêvent de se retraiter en Thaïlande".

Se retraiter en Thaïlande

Source : wwwcnrtl.fr

"Échauffer la bile".

J'aime beaucoup cette locution verbale en forme d'idiotisme corporel.

Relevant du registre familier ainsi que du registre désuet, elle signifie, au sens figuré : mettre en colère, exaspérer.

On dit par exemple : "Tu commences à m'échauffer la bile avec tes excuses invraisemblables !".

On croyait en effet autrefois que la colère (du grec "khole" signifiant "bile") était le produit de l’échauffement de la bile.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "S'énerver" en français.

 

"Avoir l'air de revenir de Pontoise".

Cette amusante locution verbale relève du registre populaire ainsi que du registre désuet.

Elle signifie : avoir l'air ahuri, hébété ; ne pas comprendre ce qui se passe ; ne pas être au courant de ce que tout le monde sait ; s’ébahir de tout ce que l’on entend.

On dit par exemple : "Tu aurais vu la tête de l'employé de la Poste : il avait l'air de revenir de Pontoise !".

La ville de Pontoise (95)

Pontoise (95) est une localité française d'environ 31 000 habitants, située en région Île-de-France, sur la rive droite de l'Oise, à environ vingt-cinq kilomètres au Nord-Ouest de Paris (75).

À seulement 6 km de Conflans Sainte-Honorine (78) la ville où j'ai vécu de 1969 à 1986.

Localisation de la ville de Pontoise (95)

Sources : www.linternaute.fr et www.lalanguefrancaise.com

"Une gourgandine".

J'aime beaucoup ce joli substantif féminin, qui relève du registre familier ainsi que du registre désuet.

Et qui désigne : une femme légère, facile, dévergondée ; une coureuse, une sauteuse.

On dit par exemple : "Même si je sais bien que cette gourgandine a un emploi du temps bien rempli lorsque je ne suis pas là, je suis fou d'elle".

Source : www.cnrtl.fr

"Franc du collier".

Cette locution adjectivale signifie, selon le contexte :

  • au sens propre, dans le registre désuet : qui tire de lui-même, sans qu’il soit besoin de lui donner des coups de fouet, en parlant d'un cheval,
  • et au sens figuré : qui est franc, sincère, en parlant d’une personne,

On dit par exemple : "Je le sens bien ce garçon, il m'a l'air franc du collier : tu peux lui faire confiance".

Ou : "Ce type ne m'a pas très franc du collier : tu devrais te méfier".

Source : wikipedia.org

"Enfourailler" et "Défourailler".

Ces deux jolis verbes antonymes sont construits à partir du susbstantif masculin "Fourreau" (avec deux "r" et ils possèdent d'assez nombreuses significations.

  • "Enfourailler" signifie en effet, selon le contexte :
    • dans le registre argotique et dans le registre désuet : emprisonner, arrêter.

On dit par exemple : "À l'aube le commissaire va enfourailler Bébert le Stéphanois et Simon les mains moites".

    • dans le registre populaire et dans le registre désuet : remettre une épée dans son fourreau ; la rengainer.
    • dans le registre argotique :
      • munir d'une arme à feu.

On dit par exemple : "Pensez à vous enfourailler, parce que vous êtes attendus".

      • ou, sous une forme pronominale ("S'enfourailler") : empocher, en particulier des gains, de l'argent.

On dit par exemple : "Je compte bien m'enfourailler un paquet de fric avec cette affaire".

    • et enfin, dans le registre vulgaire : posséder sexuellement, et notamment sodomiser.

On dit par exemple : "Celle-là il faudrait me payer cher pour que je l'enfouraille !".

  • tandis que "Défourailler" signifie selon le contexte :
    • dans le registre argotique et dans le registre désuet : sortir de prison.

On dit par exemple : "J'vais pas défourailler avant 5 piges".

    • dans le registre populaire :
    • au sens propre : dégainer, sortir ou utiliser une arme à feu ; ôter du fourreau une arme blanche.

On dit par exemple : "Je te conseille ce film : ça défouraille sec du début à la fin".

    • et par extension, au sens figuré : agresser, attaquer, harceler verbalement.

On dit par exemple : "À l'assemblée, la séance a été agitée : ça défouraillait à tout-va".

  • dans le registre vulgaire : avoir des relations sexuelles.

On dit par exemple : "Je n'ai pas pu dormir avant 3 heures : mon pote à défouraillé une gonzesse dans la piaule d'à côté et ils n'ont pas fait dans la discrétion, je te le dit !".

  • enfin, à la forme participe passé, il désigne, dans le registre populaire : l’état d’une personne ayant consommé une quantité notoire de stupéfiants.

On dit par exemple : "Tu aurais vu cette soirée : la moitié des types étaient défouraillés".

Source : wiktionary.org