Mais "IL faut quE L'on voIT cELa" !
Les syllabes et les mots ne sont pas comestibles : cessons donc de les avaler !
Je souhaite dénoncer, à travers les articles de cette collection, l’épouvantable tendance que nous avons tous – moi le premier, hélas, je le confesse – à « avaler » ou à « manger » nos mots, avec des formules du type : « C’que j’veux dire », « C’qu’y a », « I’ pleut », « T’es là ? », « Qu’est ce tu veux ? », « I’ en a plus », « I sait pas c’qui veut », etc.
Force est malheureusement de constater, en effet, à quel point l’immense majorité d’entre nous – lettrés, enseignants, professionnels de la communication ou de la langue compris -, est désormais pratiquement incapable de parvenir à prononcer correctement, sans les mutiler, les mots les plus simples et les plus courants de notre langue ! Et ce, ne fût-ce que quelques minutes.
La preuve en est : si, d’aventure, vous parvenez à prononcer simplement de manière normale plusieurs phrases consécutives – c’est à dire en énonçant correctement l’ensemble des mots et sans en « avaler » la moindre syllabe – votre auditoire se demande aussitôt ce qu’il vous prend de vous mettre à parler ainsi !
Et vous allez avoir de grandes chances de passer aussitôt pour un pédant affecté et précieux, souhaitant se faire remarquer !
Faites-en donc l’expérience, amis lecteurs, vous m’en direz des nouvelles !
J’ai réuni dans cette collection l’ensemble de mes articles consacrés à ce sujet.
Nombre total d’articles prévus dans cette collection : 684
On ne dit pas : "Y'a", "Y en a" ou "Y en a p'us" !
Mais : "IL y a", "IL y en a" et "IL N'y en a pLus" !
Ne dites pas : "Tout le temps" et encore moins "Tout l'temps" !
Mais : "Continuellement, sans cesse, toujours" !
Vous passerez ainsi du registre familier au langage courant.
On ne dit pas : "Et i' vont rester tous les enfants avec le maître en contact" !
Comme l'a déclaré, le 14 mars 2020, le présentateur de la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.
Mais : "Et TOUS LES ENFANTS vont rester EN CONTACT avec le maître" !
Par ailleurs, on ne dit plus "le maître" (par ellipse lexicale de "le maître d'école") depuis, je pense, un bon demi-siècle.
Ni même "l'instituteur" depuis 1990, puisque ce vocable a été remplacé par celui de "Professeur des écoles".
On ne dit pas : "Ça c'est sûr qu'c'est pas des intellectuels" !
Mais : "IL EST BIEN CERTAIN quE cE NE SONT pas des intellectuels" !
Ne dites pas : "J'ch'uis super content qu'ça vous plaise" !
Mais : "JE Suis TRÈS content quE CELa vous plaise" ! (langage courant)
Voire : "JE Suis POSITIVEMENT RAVI quE CELa vous SIED" ! (registre soutenu)
"Sied" est la troisième personne du singulier de l’indicatif présent de "Seoir", qui signifie dans ce cas "Convenir".
On ne dit pas : "C'est l'seul moyen qu'on a d'transport" !
Comme j'ai entendu une jeune usagère du métro parisien le dire, le 5 mars 2020, sur la chaîne de télévision française d'information en continu CNews.
Mais : "C'est lE seul moyen dE transport quE L'on a" !
On ne dit pas : "C'que nous avons besoin" !
Comme l'a déclaré, le 2 avril 2020, à Bruce Toussaint, le député français Damien Abad, président du groupe LR (Les Républicains) à l'AN (Assemblée Nationale), sur la chaîne de télévision française d'information en continu BFM TV.
Mais : "CE DONT nous avons besoin" !
On ne dit pas : "C'qu'i faut c'est qu'on" !
Mais, à tout le moins, : "IL faut quE L'on" ! (langage courant)
Et, idéalement, : "IL CONVIENT quE NOUS" ! (registre soutenu)
On ne dit pas : "C'qu'y a c'est que" !
Mais : "CE qu'IL y a c'est que" ! (langage courant)
On ne dit pas : "Y a une nécessité à" !
Comme j'ai entendu un éditorialiste le dire sur la chaîne de télévision française d'information en continu LCI, le 3 janvier 2020.
Mais : "IL EST nécessAIRE DE" !
On ne dit pas : "Dans c'cas là, comment qu'ça s'passe ?" !
Comme j'ai pu, malheureusement, l'entendre dire par un journaliste, le 29 février 2020, sur la chaîne de télévision française publique d'information en continu Franceinfo.
Mais, à tout le moins, : "Dans cE cas là, comment EST-CE quE ça sE passe ?" !
Et, idéalement, : "Comment CELa sE passe-T-IL dans cE cas là,?" !
Parce que je pense qu'il n'est pas tolérable que des gens instruits et diplômés - comme le sont les journalistes - s'expriment de cette façon sur une chaîne publique d'information, je décerne à ce monsieur mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".
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