On ne dit pas : "Une baseline" ni "Ça pourrait être la baseline de ce film" !

Comme l'a déclaré l'animateur de radio et de télévision français Nagui, le 9 septembre 2019, dans l'émission radiophonique française "La bande originale", sur la radio publique française France Inter.

Mais : "CELa pourrait être la SIGNATURE de ce film" !

La "Baseline" d'une marque est en effet, la ligne de texte située au bas d'une annonce publicitaire, d'une publication ou d'une affiche. Il s'agit de la phrase qui souligne l'annonce publicitaire de la marque. Elle est le plus souvent écrite en caractères gras, de manière à inspirer une conclusion et est en principe accompagnée du nom de la marque ou du logo de l'annonceur.

C'est l'assise, la "signature", du texte qui la précède, voire celle de l'annonce.

L'arrêté du 10 octobre 1985 relatif à l'enrichissement du vocabulaire de l'audiovisuel et de la publicité recommande l'utilisation du terme "Signature".

Pour l'ensemble de son oeuvre, et notamment des anglicismes dont il ne cesse d'user et abuser à longueur d'émission, Nagui est un indéfectible lauréat de mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

Source : www.e-marketing.fr

On ne dit pas : "Deux jumelles qu'ont été" !

Comme l'a déclaré le journaliste français Serge July, le 11 septembre 2019, dans l'émission télévisée française "Le grand débat", sur la chaîne télévisée française LCI.

Mais : "Deux jumelles qui ont été" ou - mais ce n'était pas le cas ici - "Deux jumelles qui sont allé" !

"Flash Talk" sur LCP Assemblée Nationale : l'émission qui fait honte au service public audiovisuel.

Les présentateurs et le logo de l'émission "Flash talk"

En ce 15 avril 2018, c'est la seconde fois que j'ai la malchance d'atterrir sur l'émission télévisée dominicale "Flash Talk", diffusée - honte à elle -, à 13 heures, par la chaîne LCP Assemblée Nationale. Et, comme la première fois, je n'ai tenu que... deux minutes avant de devoir changer de canal, mortifié que j'étais par la médiocrité et la teneur du vocabulaire et du niveau de langage employés.

D'abord, naturellement, pourquoi ce titre anglais absurde et inadmissible sur une chaîne parlementaire française. Ses concepteurs pensent-ils sincèrement que leurs jeunes hypothétiques téléspectateurs en saisissent la signification ?

J'incline à penser pour ma part que "Conversation impromptue" ou "Conversation improvisée" serait nettement plus clair et surtout justifié, dans un pays francophone et sur une chaîne publique émanant de la chambre haute de la représentation nationale.

Ensuite, et surtout, cette émission, qui semble avoir pour vocation de donner la parole aux jeunes, concourt surtout, à mon sens, à les conforter dans leur médiocrité langagière.

De fait, pas plus Raphaël Yem que Sonia Chironi, ses deux animateurs, ne semblent en effet capable de prononcer ou de construire correctement une phrase dans un français un tant soit peu correct.

Jugez-en plutôt : "I' sont là ! I' vont avoir la parole !", débute la jeune femme. Avant que son comparse n'enchaîne, s'adressant à un premier interlocuteur : "C'est quoi ton prénom ?", "S'appelle comment ton collège ?" ! Puis, de jargonner le "djeun's", à coups de "Arrête de mythoner" et autres formules, toutes plus familières ou argotiques les unes que les autres.

Ce n'est pas, à mon sens, faire preuve de respect à l'égard de la jeunesse que de s'adresser ainsi à elle en la tutoyant gros comme le bras et en adoptant son sociolecte, ses mots, ses expressions, son jargon et ses tics de langage. Je pense, a contrario, que l'on doit vouvoyer un jeune interlocuteur ; lui parler un langage compréhensible mais suffisamment soutenu pour lui témoigner du respect qu'on lui porte. Et, idéalement, lui donner envie d'essayer d'améliorer son niveau de langue.

Il est évidemment tout à fait néfaste pour le maintien et l'amélioration de la pratique de notre jolie langue, de chercher ainsi à se mettre au niveau de langue de ses interlocuteurs en pratiquant le nivellement par le bas.

C'est au contraire en s'efforçant d'avoir une prononciation correcte et d'utiliser des mots et des locutions pertinents d'un registre de langue courant ou d'un registre de langue soutenu, qu'il sera je pense - et j'espère - possible d'y parvenir.

"Yaka" et "Yakafokon" !

Ces deux interjections du registre familier constituent une retranscription phonétique des formules "Y a qu'a" et "Y à qu'a faut qu'on" (registre familier) signifiant, dans le langage courant, "Il n'y a qu'a" et "Il n'y a qu'a, il faut que l'on".
  • "Yaka" s'utilise régulièrement en lieu et place de "Il n'y a qu'a" par tous ceux qui ne prennent pas la peine de prononcer correctement l'entièreté de leurs phrases.
  • Et "Yakafokon" s'utilise pour railler les personnes toujours aptes à critiquer ce qui existe et à prétendre connaître une meilleure solution, mais sans s'expliquer sur les moyens proposés.

"À quand le "LivPar" ? ".

Affiche Salon Livre Paris 2019

Moi qui me plaint déjà, à longueur d'année, de ce que nous ne cessons tous - moi le premier, hélas - d'avaler le début de nos mots (voir ma collection : "Les mots ne sont pas comestibles : cessons de les avaler !"), il me faut désormais commencer à assister à la déglutition... de mots entiers !

Ainsi, alors que, depuis 1981, j'avais l'occasion, une fois l'an, de fréquenter les allées du Grand palais (jusqu'en 1993) puis du Parc des expositions de la Porte de Versailles, pour me rendre au "Salon du Livre" de Paris (75), celui-ci a été rebaptisé depuis 2016... : "Livre Paris" !

Gageons que d'ici quelques années à peine, ses organisateurs oseront nous convier au "LivPar" !

Et que, d'ici là, on nous parlera du "Films Cannes" ou du "Théâtre Avignon"...

Sincèrement : où va-t-on,si ce sont les institutions culturelles elles-mêmes qui participent de ce continuel appauvrissement de notre vocabulaire et de notre façon de nous exprimer ?

Ne dites pas : "Je suis d'accord" voire "J'chuis d'acc" !

Mais plutôt : "Je l'admets" voire "Je n'en disconviens pas" !

Vous passerez ainsi du langage courant ou du registre populaire au registre soutenu.

Ne dites pas : "J'm'en cogne !", "J'men fous !", "J'm'en branle !", "J'm'en bats l'oeil !" ou "J'm'en bats les couilles !" !

Mais plutôt : "Peu m'importe" ou "Peu me chaut" (registre soutenu) !

Ou au moins : "Je m'en fiche" (registre familier) ou "Je m'en moque" (langage courant).

Et encore davantage de possibilités dans mon article "Toutes les façons de dire : "Ne pas s'inquiéter de quelque chose ou de quelqu'un".

"On ne va pas se mentir", "On va pas se mentir" ou "On n'va pas s'mentir".

Logo de l'émission "On ne va pas se mentir" de la chaîne de télévision française d'information en continu iTélé (août 2012 - août 2016)

Cette expression du registre familier signifie : on ne va pas se voiler la face, inutile de détourner le regard, en faisant comme si l'on n'avait rien vu.

On disait il y a quelques années : parlons vrai, parlons franchement.

Qu'elle soit correctement prononcée ou non, j'avoue que cette formule a le don de m'exaspérer tant elle est devenue à la mode.

Au point de presque pouvoir être considérée comme un véritable tic de langage chez nombre de nos hommes politiques, journalistes, chroniqueurs et autres intervenants de chaînes de télévision d'informtion en continu.

La journaliste française Audrey Pulvar en a même fait le titre d'une émission télévisée de débat contradictoire, diffusée d'août 2012 à août 2016, sur la chaîne de télévision française d'information en continu iTélé !

Audrey Pulvar et Laurence Haïm dans l'émission "On ne va pas se mentir" de la chaîne de télévision française d'information en continu iTélé (août 2012 - août 2016)
Audrey Pulvar et Laurence Haïm dans l'émission "On ne va pas se mentir"