"Nous n'avons pas les mêmes valeurs".

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Cette phrase culte est apparue sur nos écrans de télévision en 1986 et a généré depuis toute une saga de publicités télévisées.

Au point de faire entrer l'expression dans le langage courant.

Il s'agit du slogan publicitaire de "Bordeau Chesnel", la marque grand public de rillettes du Mans de la société LDC, filiale à 100% du groupe agroalimentaire  français Soparind Bongrain, devenu le Groupe Savencia en 2015.

"Nous n'avons pas les mêmes valeurs" : publicité télévisée pour Bordeau Chesnel

Inchangé depuis 1986, ce slogan est directement associé à l'actrice Marie-Hélène Lentini depuis 2004.

La première publicité avec l'huissier (1986)

Cette mise en scène d'un "huissier" dans le premier message publicitaire télévisé de la société LDC est particulièrement savoureuse lorsque l'on sait que ladite société résulte de la fusion, en 1973, de deux sociétés de charcuterie industrielle de la Sarthe (72) :

  • Bordeau Chesnel, créée en 1922, à Yvré-l'Évêque (72), par Jules Bordeau et Marie-Louise Chesnel,
  • et... Luissier, créée en 1900, au Mans (72), par Albert et Blanche Luissier !

Les deux sociétés réunies sont alors devenues LDC pour Luissier Bordeau Chesnel.

Sources : wikipedia.org, www.perche-sarthois.fr, www.journaldunet.com et www.lsa-conso.fr

 

"On se lève tous pour Danette !".

Publicité Danette 1986

"Cette célèbrissime formule publicitaire des années 1980 est assurément entré dans la mémoire collective et même, je crois, dans le langage courant des français.

Chanté par le chanteur français Richard Gotainer, de 1979 à 1992, ce slogan a contribué à l’incroyable succès de cette marque commerciale de crème dessert industrielle, créée par la société Danone en 1970 et consommée par 50% des ménages français en 2011.

La crème dessert industrielle de Danone "Danette" : dans les années 1980 et en 2016

Il ne s'agit pourtant que du refrain de la chanson de Gotainer et pas du slogan de cette marque, qui était... allez ; je vous le souffle, mais je suis bien certain que la plupart des plus de 40 ans s'en souviennent : "Que tous ceux qui aiment la Danette se lèvent !"

La publicité télévisée de 1986 :

La publicité télévisée de 1981 :

"L'effet magique d'Impulse".

"L'effet magique d'Impulse", publicité télévisée de 1981

Impulse est un parfum de toilette déodorant féminin d'Elida-Gibbs-Fabergé, la filiale beauté d'Unilever.

Sa publicité télévisée de 1981 a longtemps marqué les esprits.

On y voyait un homme, si bouleversé par le parfum laissé par une femme, dans la porte tambour d'un restaurant, qu'il se précipitait derrière elle dans la rue, pour lui offrir des fleurs, achetées en courant.

Avec comme devise publicitaire : "Tout à coup, un inconnu vous offre des fleurs ! Ça c'est l'effet magique d'Impulse !".

Aujourd'hui devenue désuète (la publicité a près de 40 ans), la formule "l'effet magique d'Impulse", a très longtemps été utilisée - et l'est encore parfois par des dinosaures tels que votre serviteur ! - pour qualifier, de manière quelque peu ironique, un événement surprenant.

"Un sourire Ultra Brite".

Cette expression directement héritée de la publicité qualifie un sourire étincelant "toutes dents - bien blanches ! - dehors", ainsi que vedettes et journalistes en arborent désormais régulièrement.

Publicité de presse écrite pour le dentifrice "Ultra Brite" (1980)
Publicité de presse écrite pour le dentifrice "Ultra Brite" (1980)

Le film publicitaire qui l'a imposé - au moins temporairement - dans le langage courant date de... 1981 !

Souvenez-vous : une jolie blonde jette une rose dans l'océan du haut d'une falaise. Et un bel éphèbe brun plonge dans les eaux turquoise pour aller la lui chercher.

La devise de l'époque - "Ultra Brite au fluor : le succès à la bouche !", a également été déclinée sous les formes "Ultra Brite vous met le succès à la bouche" et "Ultra Brite au goût sauvage".

Publicités de presse écrite pour le dentifrice "Ultra Brite"
Publicités de presse écrite pour le dentifrice "Ultra Brite"

Il y a 55 ans, ESSO donnait naissance à l'expression "Mettez un tigre dans votre moteur !", toujours utilisée de nos jours.

Publicité "Mettez un tigre dans votre moteur"

Cette devise publicitaire de la société Esso datant de 1965 a durablement marqué mon enfance de petit garçon, arrivé en France à l'âge de 3 ans et demi, au début de cette année-là.

Et celle de très nombreuses personnes, j'en suis certain, si j'en juge par la perdurance de la formule "Mettre un tigre dans son moteur" dans le langage courant actuel.

On se souvient en particulier, bien évidemment, du sympathique tigre qui y était associé, à travers d'énormes campagnes de presse et opérations promotionnelles comprenant des partenariats avec Walt Disney, Tintin, etc.

Distribuée par la Société Franco-Américaine de Raffinage, la marque de super-carburant "Esso" était présente dans notre pays depuis 1929.

Mais c'est durant la deuxième moitié des années 1960, je pense, que la marque a véritablement explosé dans notre pays, grâce à la formidablement exploitation du succès de ce slogan et de cet énorme félin.

En multipliant notamment les objets promotionnels et produits dérivés de toutes sortes - le plus souvent ornés, bien évidemment du célèbre tigre ! - ; lesquels envahissaient littéralement la vie quotidienne de ses consommateurs habituels ou potentiels, et notamment des petits garçons.

Mes petits camarades et moi avions ainsi :

  • des porte-clés Esso,
  • des figurines Esso,
  • des peluches Esso,
  • des garages Esso,
  • des camions Esso,
  • des wagons Esso,
  • des stylos Esso,
  • des panoplies Esso (!),
  • et même, souvent, de grandes affiches publicitaires "Esso".

L'une de ces affiches, en forme de longue fresque, figurait du reste encore sur une poutre du garage de mon père, dans sa maison de Dordogne (24), dans les années 2000, suscitant régulièrement la nostalgie attendrie des visiteurs !

"Faire une pause-café".

Tasse de café

Sans doute vais-je vous surprendre, mais cette formule d'apparence tout à fait anodine est un héritage direct de la publicité.

Ainsi, en déclarant "Et si l'on faisait une pause-café ?", on ne fait rien d'autre que de perpétuer un slogan publicitaire des industriels du café !

Un petit peu comme si l'on déclarait "Et si nous mettions un tigre dans notre moteur ?" ou "Et si nous nous levions tous pour Danette ?" !

Sauf que, et c'est là que l'on touche - pour moi - au génie, : alors que vous passeriez pour une pauvre victime de la publicité dans ces deux hypothèses, absolument personne n'a conscience de quoi que ce soit en ce qui concerne la "Pause-café". Ce qui est la preuve absolue que les auteurs de ce coup de maître ont magnifiquement réussi leur affaire !Gobelet de café

Historiquement, la pause-café date du XIXe siècle et a pour origine la ville de Stoughton (Wisconsin) (États-Unis d'Amérique) et il s'agissait d'une pratique apportée par des immigrants norvégiens.

Mais au début des années 1950 le café n'est absolument plus une boisson à la mode. Il est même considéré comme plutôt ringard et sans grand intérêt ; voire mal vu, car jugé populaire, bas de gamme. À l'inverse du thé, historiquement associé à l'aristocratie.

La mercatique allait toutefois, sans tarder, radicalement et durablement inverser la tendance !

Face à la très inquiétante baisse de la consommation, le Pan-American Coffee Bureau parvient à populariser de nouveau le café au moyen d'une fantastique campagne publicitaire, qui mobilise quelques unes des plus grandes vedettes du moment (le grand John Wayne en personne !) et inonde le pays tous supports confondus : radio, télévision, affichage et presse.

Son slogan - "Give yourself  a Coffee-Break" ("Offrez vous une pause-café") - marque tellement les esprits qu'il perdure 70 ans plus tard !

John B. Watson, un psycho-sociologue ayant travaillé avec la firme Maxwell House, rendit les "Pauses-café" à la mode dans les entreprises et la courte pause que faisaient les ouvriers d'usine au cours de leur service fut rebaptisée "Coffe-Break". Au point qu'à peine une année plus tard, 80% des entreprises accordant cette pause l'appelaient également "Coffee-Break".

En instaurant le café dans cette institution qu'est la "Pause", la boisson se répandit et redevint à la mode, pour ne plus jamais perdre de son attrait.

La France ne fut naturellement pas en reste et imposa elle aussi la "Pause-café", avec le slogan "Chaque jour faites la pause-café" ; "La minute heureuse de la journée".

Affiche publicitaire française pour la Pause-café

Même si la campagne publicitaire n'eut évidemment pas la même ampleur dans notre pays, les résultats n'en furent pas moins impressionnants.

Ainsi, la "Pause-café" représente-t-elle encore aujourd'hui un poids économique conséquent et un marché très lucratif pour les professionnels du secteur.

Différentes études menées à son sujet révèlent ainsi que le café est la première boisson consommée sur le lieu de travail.

Et que les trois quarts des travailleurs boivent au moins un café durant leur journée de travail. Près d’un sur deux (47%) commence sa journée de travail avec un café . Et les salariés français consomment en moyenne trois cafés par jour sur leur lieu de travail.

La "Pause-café" demeure un rituel important pour les Français : 9 salariés sur 10 (89 %) déclarent en faire une. Et le phénomène semble s’inscrire dans le temps, car la jeune génération est particulièrement attachée à ce rituel !

Pour finir, je vous propose, pour le régal des yeux, quelques uns des innombrables visuels états-uniens de presse écrite de 1952, au charme délicieusement désuet :

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"Le double effet Kiss Cool".

Paquets de Kiss Cool

Kiss Cool est une marque de pastilles rafraîchissantes ayant appartenu à General foods, puis Kraft Jacobs Suchard, filiale de Kraft Foods, à la suite de la fusion de ce dernier avec General Foods au sein de Philip Morris, et aujourd'hui de Cadbury France.

Ce bonbon à la menthe donnant une impression de fraîcheur a été créé en 1988 par Kréma Pocket et c'est donc l'une des toutes premières CDP (Confiseries De Poche).

  • La devise publicitaire des nombreuses publicités au ton décalé - très nouveau pour l'époque - de "Kiss Cool, le bonbon à la menthe qui rafraîchit", n'était absolument pas, on l'a aujourd'hui oublié, "Le double effet Kiss Cool", mais : "Kiss Cool, le seul bonbon double effet !".
  • De nos jours, la formule "Le double effet Kiss Cool" - désormais entrée dans le registre familier français -, désigne, en référence à toutes ces publicités, un effet secondaire, supplémentaire d'une action entreprise, qui peut s'avérer, selon les circonstances, positif ou négatif.

On dit ainsi par exemple :

    • "Grâce à mon passage dans cette émission, j'ai fait la connaissance de mon fiancé parmi les autres participants, avant de recevoir un appel d'un éditeur, intéressé par mon histoire : C'est vraiment le double effet Kiss Cool !".
    • ou "À cause de mon retard, non seulement je n'ai pas pu aller faire mes courses, mais en plus j'ai raté la sortie des classes : C'est vraiment le double effet Kiss Cool !".

Dit-on "Une enzyme" ou "Un enzyme" ?

Réponse
Les deux genres sont admis, même si le mot est plus souvent considéré comme féminin.

Ce substantif désigne une protéine accélérant les réactions chimiques de l'organisme.

Et les plus de 50 ans se souviennent certainement encore de la publicité de 1969 de la firme Unilever pour sa lessive "Ala", qualifiée de "Détergent biologique aux multi-enzymes" ou "Détergent glouton", qui m'a personnellement - comme beaucoup, sans doute - longtemps induit en erreur, en me faisant penser qu'il s'agissait d'un mot masculin.

Source : www.larousse.fr