"Pas folle la guêpe !".

Publicité presse de 1953 pour le savon Lux : "Pas folle la guêpe j'ai choisi Lux" vous dit Arletty

Cette exclamation en forme d'idiotisme animalier est une locution interjective du registre familier.

Elle est utilisée pour souligner :

  • qu'une personne est finaude, astucieuse, maligne.

"Pas folle la guêpe !" signifie alors : pas bête ; c'est malin ; c'est astucieux ; c'est habile ; c'est intelligent.

  • ou qu'on l'est soi-même.

On dit par exemple : "Pas folle la guêpe : j'ai emmené avec moi de quoi nous éclairer !".

On disait au XIXe siècle "Pas bête la guêpe", avant que l'expression ne se transforme, au XXe siècle, en "Pas folle la guêpe !".

Cette forme a été largement popularisée par la géniale Arletty, dans le film de Jean Boyer "Circonstances atténuantes" (1939).

Au point qu'en 1953, encore, le savon Lux utilisait cette exclamation pour ses publicités dans la presse française !

On l'a aujourd'hui souvent oublié, mais le même film a également contribué à populariser l'expression "Comme de bien entendu".

Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)Affiche du film français "Circonstances atténuantes" de Jean Boyer (1939)

 

Sources : Le robert, wiktionary.org

Pourquoi dire : "Le World Wide Web" ou - par ellipse - "Le web" ?

Et pas : "La toile d’araignée mondiale" et - par ellipse - "La Toile" ou "La Toile mondiale", ou "Le réseau mondial" !

Ces différentes appellations - correspondant au célébrissime sigle anglais "www" - désignent un système hypertexte public fonctionnant sur Internet, qui permet de consulter, avec un navigateur, des pages accessibles sur des sites.

L’image de la toile d’araignée vient des hyperliens qui lient entre elles les pages de la Toile.

Et, par le passé, l'appellation anglaise "World Wide Web" - qui s'écrit actuellement en séparant les mots et avec des majuscules - s'est écrit : "WorldWideWeb", "World-Wide Web", "WWW" et "W3C".

Source : wikipedia.org

"Avoir des antennes".

Un capricorne

Cette expression du langage courant en forme d'idiotisme animalier signifie - au sens figuré - : deviner, percevoir certaines choses avant les autres, être hypersensible ; avoir un sixième sens, de l'instinct, beaucoup d'intuition.

À  l'instar des insectes pourvus d'antennes, ces organes sensoriels portés sur la tête, qui leur servent principalement pour l'odorat mais également pour le toucher et le goût.

On dit par exemple : "Ma femme a des antennes ! J'ai énormément de mal à lui cacher quoi que ce soit !".

Sources : www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Se brûler les ailes".

Cette expression signifie, au sens figuré : subir des pertes en faisant quelque chose, prendre trop de risques, dépasser certaines limites pour ensuite le regretter.

Et, indirectement : vouloir à tout prix connaître quelque chose de secret peut s'avérer dangereux.

Contrairement à ce que l'on croit parfois, cette expression n'est absolument pas un idiotisme animalier et ne fait nullement référence à un oiseau ou à quelque insecte qui se brûlerait lorsqu'il s’approche trop près d'une ampoule.

Elle est directement héritée de la mythologie grecque et du personnage d'Icare, le fils de l'architecte Dédale.

Icare ne s'est pourtant pas vraiment brûlé les ailes... mais les a plutôt perdu :

Les deux hommes avaient en effet été cloîtrés par Minos dans le labyrinthe que Dédale avait conçu pour enfermer le Minotaure.

Les sorties étant soigneusement gardées, Dédale trouve une solution pour s'échapper par la voie des airs.

Cette solution consiste à confectionner, pour son fils et lui, des ailes semblables à celles des oiseaux, confectionnées avec des plumes et collées sur leurs omoplates avec de la cire.

Il met en garde son fils, Icare, lui interdisant de s'approcher trop près de la mer, à cause de l'humidité, et du soleil, à cause de la chaleur.

Icare et son père Dédale

Mais le jeune Icare, grisé par le vol, oublie rapidement l'avertissement de son père et prend trop d'altitude. La chaleur du soleil fait alors fondre la cire et les plumes se détachent, précipitant Icare en chute libre, sous les yeux horrifiés de Dédale, qui ne peut rien faire pour le sauver.

Icare et son père Dédale

 

De nos jours encore, la petite île grecque où serait tombé Icare est appelée, en son hommage, "Icare" ("Ikaria" en grec) et la mer qui l'entoure "la "mer Icarienne" (partie de la mer Méditerranée située dans la mer Égée), au Sud-Est de la Grèce.

Localisation de l'île d'Icare, dans la mer icarienne (partie de la mer Méditerranée située dans la mer Égée), au Sud-Est de la Grèce
Localisation de l'île d'Icare, dans la mer icarienne (partie de la mer Méditerranée située dans la mer Égée), au Sud-Est de la Grèce

Le film français "I comme Icare", réalisé en 1979 par le réalisateur Henri Verneuil, avec Yves Montand dans le rôle du procureur Volney, traduit parfaitement cette allégorie d'Icare : à vouloir trop s'approcher de la vérité, on se brûle les ailes.

Affiche du film français "I comme Icare" de Henri verneuil (1979)

Et cette histoire sert aujourd'hui de référence à tous ceux qui veulent en tirer une morale, en expliquant à leurs enfants que c'est pour leur seul bien qu'ils leur donnent des conseils.

Et que l'enfant qui ne les suit pas scrupuleusement court le risque de se retrouver très sévèrement puni.

Sources : wikipedia.org, licmace.wordpress.com et www.languefrancaise.net