"Saler la soupe".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire relève du registre familier.

Utilisée par les coureurs cyclistes, elle signifie, au sens figuré : prendre un excitant, des "vitamines", autrement dit se doper.

On dit par exemple, d'un coureur moyen ayant effectuée une course exceptionnelle : "Tiens, il a du saler la soupe celui-là".

Mais on utilise également, toujours au sens figuré, la formule : "Charger la chaudière" ou "Se charger".

"Voler dans les plumes" de quelqu'un ou "Se voler dans les plumes".

Un combat de coqs en Martinique (97-2)

Cette locution verbale signifie, au sens figuré, dans le registre familier : s'en prendre violemment à quelqu'un, se jeter sur lui, l'attaquer ou le critiquer.

On dit par exemple : "Une espèce de fou m'a volé dans les plumes à la sortie du boulot et j'ai dû à moitié l'asommer pour m'en débarrasser".

Ou : "À la prochaine réunion de l'association, je compte bien voler dans les plumes du secrétaire : cela fait trois fois qu'il n'envoie ni ordre du jour ni compte-rendu".

Elle fait référence aux combats de coqs, très populaires en France au XIXe siècle et jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Les volatiles se jetaient brusquement l’un sur l’autre dans le "gallodrome", battant des ailes avec fureur, parfois jusqu’à la mort. Et semblaient ainsi littéralement se "voler dans les plumes" l’un de l’autre.

Aussi a-t-on commencé à utiliser la formule au sens figuré à propos des spectateurs qui en venaient aux mains après des paris ayant mal tourné.

Depuis lors, les combats de coqs sont passés de mode et ils ne sont plus autorisés que dans les Hauts-de-France et dans certains territoires d’outre-mer.

Mais l’expression, elle, a perduré, au sens figuré.

Sources : www.cnews.fr et www.larousse.fr

"Brut de décoffrage".

Cette locution adjectivale en forme d'idiotisme architectural nous vient du secteur du bâtiment.

On coule en effet le béton dans des moules appelés "coffres" ou "coffrages" généralement constitués de planches de bois, que l'on retire une fois le béton solidifié.

Un coffrage en bois d'escalier en béton

Mais celui-ci présente des imperfections plus ou moins importantes résultant de toutes les irrégularités et défauts du bois.

Du béton brut de décoffrageDu béton brut de décoffrage

Que l'on peut masquer à l'aide d'un enduit de finition, afin d'obtenir un travail impeccable.

Enduit de finition d'une marche en béton

Et elle signifie donc :

  • au sens propre, dans le langage courant, en parlant du béton : tel qu’il apparait après décoffrage, sans ponçage ni revêtement.

On dit par exemple : "Les poteaux et les murs du sous-sol sont bruts de décoffrage, ainsi que vous l'avez souhaité".

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • en parlant d'un objet ou d'une chose : grossier ou rudimentaire ; tel quel, sans fioriture ; inachevé, à l'état brut, à l'état d'origine,

On dit par exemple : "Je suis d'accord pour dire que mon radeau en bambou est brut de décoffrage, mais je t'assure qu'il flotte !".

    • et en parlant d'une personne : un peu abrupte, directe ; peu raffinée ; peu encline à soigner sa communication.

On dit par exemple : "Ne t'inquiète pas avec mon cousin René : il est un peu brut de décoffrage".

Sources : www.dictionnaire.notretemps.com, www.linternaute.fr, quora.com et wiktionary.org

"Donner des ailes" ou "Se sentir pousser des ailes".

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes animaliers relèvent du langage courant.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Donner des ailes" : rendre capable de tout, inciter à oser tout,

On dit par exemple : "La peur de voir mon enfant mourir m'a donné des ailes".

  • et "Se sentir pousser des ailes" : avoir une soudaine envie d'agir, d'entreprendre ; être transcendé ; avoir l'impression que tout va nous réussir.

On dit par exemple : "L'obtention de ce prix m'a donné des ailes".

Source : wiktionary.org

Ne dites pas : "Faire allégeance" !

Mais : "PRÊTER allégeance" !

L'allégeance est l'obligation de fidélité et d'obéissance qui incombe à une personne envers la nation à laquelle elle appartient et le souverain dont elle est sujette.

Et, par extension : une manifestation de soutien, voire de soumission envers une personne ou un groupe.

"De la viande froide".

De la viande froide au sens propre

J'aime beaucoup cette locution nominale en forme d'idiotisme alimentaire, qui désigne au sens figuré et dans le registre argotique : un cadavre.

De la viande froide au sens figuré

On dit par exemple : "Planquez-vous les gars, Riton le Stéphanois et sa bande se ramènent : va y avoir de la viande froide !".

 

"Les carottes sont cuites".

Cette locution verbale en forme d'idiotisme culinaire relève du registre familier.

Et elle signifie, au sens figuré : il n’y a plus rien à faire, il n'y a plus aucun espoir, c’est trop tard, tout est perdu ; la situation est irrémédiablement compromise.

On dit par exemple : "La police va arriver, nous sommes blessés et coincés, sans possibilité de nous enfuir : les carottes sont cuites".

Sources : www.linternaute.fr, www.expressio.fr et wiktionary.org

"Un centre au cordeau" ou "Un centre millimétré".

Ces deux locutions verbales relèvent du jargon du football et désignent : un centre parfait, en l'air ou à ras de terre, permettant à un attaquant de marquer un but de la tête ou du pied, depuis la surface de réparation, grâce à une passe adressée depuis les côtés.

La formule "Un centre au cordeau" s'utilise au sens figuré et fait référence à l'utilisation du "Cordeau", un outil de jardinier ou de maçon, permettant de tracer des lignes bien droites.

Utilisation d'un cordeau par un jardinierUtilisation d'un cordeau dans le bâtiment

Source : wikipedia.org

"Mettre sous le joug" et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug".

Ces différentes locutions verbales relèvent du langage courant.

Utilisées essentiellement au sens figuré, elles font référence au "Joug", une pièce de bois (simple, double, frontale, de nuque) fixée soit en avant, soit en arrière des cornes du boeuf pour y attacher un dispositif d'attelage.

Un joug ancien, en bois massifDeux boeufs sous le joug

Et qui symbolise, par métaphore, dans le registre soutenu : la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement ; la sujétion, la contrainte matérielle ou morale.

Ou, plus généralement : tout ce qui entrave, freine ou gêne la liberté, l'épanouissement, le progrès.

  • "Mettre sous le joug", c'est donc : soumettre, asservir.

On dit par exemple : "Staline a mis sous le joug des centaines de millions de personnes".

  • et "Passer sous le joug", "Subir le joug" ou "Vivre sous le joug", c'est : subir la domination, la tyrannie, l'esclavage, la servitude, l'asservissement.

On dit par exemple : "Une grande partie de l'Europe a vécu sous le joug nazi durant plusieurs années".

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Battre comme plâtre".

"Battre comme plâtre" c'est à dire : rosser, frapper, maltraiter ; battre avec violence à coups redoublés.

Cette locution verbale, qui remonterait au XVe siècle, relève du registre familier.

Elle signifie : rosser, frapper, maltraiter ; battre avec violence à coups redoublés.

On dit par exemple : "Le pauvre enfant s'est enfuit car son tuteur le battait comme plâtre".

Cette expression tire son origine du gâchage du plâtre, qui nécessitait autrefois une grande vigeur et beaucoup d'énergie si l'on souhaitait que le plâtre soit parfaitement bien délayé dans l’eau, afin d'obtenir une préparation de bonne qualité, c'est à dire une pâte lisse et malléable.

Un plâtre doté de qualités d’adhérence et de plasticité nécessitait alors un coup de main très puissant et devait donc être battu avec force.

Un plâtrier battant le plâtre, autrefois

Sources : www.linternaute, caminteresse.fr et www.jacqueslanciault.com

"Déterrer la hache de guerre" et "Enterrer la hache de guerre".

Une "hache de guerre" ou "tomahawk"

Ces deux locutions verbales en forme d'idiotismes militaires relèvent du lange courant.

Elles font référence à une pratique symbolique des guerriers amérindiens, et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Déterrer la hache de guerre" : entrer en conflit ouvert avec quelqu’un,

On dit par exemple : "La SNCF déterre la hache de guerre à l'encontre des fraudeurs".

  • et "Enterrer la hache de guerre" : cesser les hostilités, faire la paix ; décider une trêve avec une personne avec laquelle on est en conflit.

Sources : wiktionary.org et www.dictionnairedesfrancophones.org