"L'argent n'a pas d'odeur".

Cette expression très ancienne qui fait directement référence à une citation attribuée à l'empereur romain Vespasien, signifie que :

  • l'argent reçu d'une activité, aussi peu noble soit elle, n'en est pas moins de l'argent ; que rien ne distingue de celui provenant d'activités parfaitement licites.
  • et que, par extension, pour une personne peu scrupuleuse, tout argent est bon à prendre, quelle que soit sa provenance ou les moyens employés pour l'obtenir.

On dit par exemple : "Qui se souvient que de riches hommes d'affaires comme Xavier Niel (le fondateur de Free) ou Claude Perdriel ont partiellement bâti leur fortune sur le Minitel rose ? L'argent  n'a pas d'odeur".

Source : wiktionary.org

"Ô temps suspends ton vol".

Cette superbe phrase, souvent reprise et pratiquement entrée dans le langage courant des personnes lettrées, est extraite de l'un des plus célèbres poèmes d'Alphonse de Lamartine, "Le Lac".

Le poète français Alphonse de Lamartine

Paru dans le recueil "Méditations poétiques "en 1820, ce poème est considéré comme un des fleurons de la poésie romantique française.

L'origine du poème

Alphonse de Lamartine admirait Julie Charles (l'épouse du célèbre physicien Jacques Charles).

Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles
Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles

Malade, la muse du poète n'avait pas pu se rendre, en août 1817, au lac du Bourget (73), lieu de maintes rencontres, où elle devait le revoir.Et elle mourut peu après.

Lamartine revint seul revoir les lieux qu'il avait visités autrefois avec elle, comme la grotte qui porte aujourd'hui son nom ("Grotte Lamartine").

La grotte Lamartine, sur les bords du lac du Bourget (73)

Surpris de trouver la nature toujours semblable à elle-même et indifférente, il souhaite qu'elle garde au moins le souvenir de leur bonheur passé. La douceur mélodieuse des vers exprime heureusement le calme voluptueux d'une nuit d'été, et la fuite rapide des heures. L'œuvre, composée de seize quatrains, rencontre un grand succès et propulse son auteur au premier rang de la poésie romantique et du lyrisme.

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"Honni soit qui mal y pense".

Le blason du très noble ordre de la Jarretière, fondé le 23 avril 1348, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.

Cette phrase en français constitue la devise du très noble ordre de la Jarretière, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.

L'ordre de la jarretière a en effet été fondé le 23 avril 1348, le jour de la Saint Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III.

Selon la légende, la création de cet ordre aurait été décidée par le roi Édouard III lors d'un bal à Calais (62), où il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son propre genou et coupa court aux railleries par ces mots : "Messieurs, honi soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement".

Six siècles plus tard l'humoriste français Coluche a créé un assez génial calembour à partir de cette devise, avec son fameux "Honni soit qui manigance".

Source : nice-agency.overblog.com et wikipedia.org

"Il faut que tout change pour que rien ne change" ou "Tout doit changer pour que rien ne change".

Cette célébrissime réplique (*) est extraite de l'un des chefs d’oeuvre de la littérature mondiale, ayant donné lieu, en 1963, à une célèbre adaptation cinématographique du réalisateur Luchino Visconti, "Le Guépard".

Le livre, paru à titre posthume en 1958, est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

Le récit prenant place en Sicile au cours de cet événement charnière de l’histoire italienne que constitue le "Risorgimento", ce grand mouvement d’unification du pays dans la seconde moitié du XIXe siècle, "Le guépard" a pour sujet le rapport au temps et en particulier le déclin inéluctable d’une aristocratie séculaire.

Il retrace, de mai 1860 à juillet 1883, la vie de "Don Fabrizio Corbera, prince de Salina" dit "le Guépard", un prince sicilien - interprété par l'acteur américain Burt lancaster dans le film de  Visconti -, au milieu des tourments révolutionnaires.

Et de Tancredi (Alain Delon dans le film), son neveu, noble désargenté, mais fin politicien, qui semble comprend la nature des enjeux et déclare ce que beaucoup considèrent comme la phrase-clé du roman : "Il faut que tout change pour que rien ne change" / "Tout doit changer pour que rien ne change !".

Ce superbe aphorisme reflète l'enjeu principal du roman : changer et vivre, ou rester tel quel et disparaître progressivement. Dans son roman, Lampedusa analyse l'alternative : Tancredi représente l'aristocratie ayant accepté de changer et de vivre avec son temps, abandonnant les valeurs de pureté du sang pour des valeurs plus pragmatiques comme le succès et l'argent. Tandis que la fille de Don Fabrizio, "le Guépard", (Lucilla Morlacchi dans le film... et non Claudia Cardinale, comme certains l'auront pensé, avouez le !) représente, elle, le choix du passéisme, certes beau et honorable, mais conduisant inéluctablement la famille vers une fin triste et poussiéreuse.

(*) : Pour les puristes :

  • la phrase d'origine, dans la traduction de 1959 de l'agrégée d'italien Fanette Pézard, était, très exactement, : "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que tout change".
  • Et la phrase italienne de Lampedusa, pour les italianophones, : "Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi".
  • La v.o.s.t.f. du film de Visconti l'a légèrement modifié en : "Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change".

Source : franckculture.wordpress.com

"Les hussards noirs", "Les hussards noirs de la république" ou "Les hussards noirs de la IIIe République".

Les husards noirs de la république : la promotion 1908-1911 des élèves-maîtres de l’École normale d’Orléans (45)

C'est à l'écrivain français Charles Péguy, dans son roman "L'argent", écrit en 1913, que nous devons ces formules en forme d'idiotisme militaire et d'idiotisme chromatique, désignant les instituteurs publics sous la IIIe République après le vote des lois scolaires dites "lois Jules Ferry " et le vote de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.

  • Le mot "hussard" fait référence au corps de cavalerie hongrois créé au XVe siècle.
  • Et la couleur noire renvoit à celle de l'uniforme des élèves de l'ENM (École Normale Supérieure) ainsi - probablement - qu'à celui des cavaliers d'élite français du fameux Cadre noir de Saumur (49), dont la couleur noire fut décidée sous le règne de Louis-Philippe.
  • Enfin - et surtout - on ne peut, bien sûr, s'empêcher de penser aux fameux "Hussards Noirs", cet escadron de cavalerie constitué pendant la Révolution, en 1793, par la jeune République française.

Source : wikipedia.org

"Les absents ont toujours tort".

Cette très célèbre formule, souvent utilisée, signifie qu'il est facile d’accuser une personne absente d’avoir tort ou d’avoir fait une chose condamnable, car elle n’est pas là pour pouvoir se défendre.

Extraite de sa comédie de 1717, "L'Obstacle imprévu, ou l'Obstacle sans Obstacle" (I, 6), nous la devons au comédien et auteur dramatique français Destouches, né le 9 avril 1680 et mort le 4 juillet 1754.

Membre de l'Académie française, son nom n'est pas resté dans les mémoires, à la différence de cette formule ainsi que de deux autres, tout aussi célèbres : "La critique est aisée, mais l'art est difficile" et "Chassez le naturel, il revient au galop".

Source : wikipedia.org

"Chassez le naturel, il revient au galop".

Cette très célèbre formule, souvent utilisée, signifie que l'on ne peut pas dissimuler sa véritable nature, ce qui fait l’essence même de son caractère, car on revient toujours à ses tendances premières.

Extraite de sa comédie de 1732 "Le Glorieux" (III, 5) et en réalité traduite d'un vers de l'écrivain latin du 1er siècle av. J.-C. Horace (Ep. 1, 10, 24) ("Naturam expelles furca, tamen usque recurret" : "Tu peux chasser le naturel à coups de fourche, il reviendra toujours au galop"), nous la devons au comédien et auteur dramatique français Destouches, né le 9 avril 1680 et mort le 4 juillet 1754.

Membre de l'Académie française, son nom n'est pas resté dans les mémoires, à la différence de cette formule ainsi que de deux autres, tout aussi célèbres : "La critique est aisee, mais l'art est difficile" et "Les absents on toujours tort".

Source : wikipedia.org

"La critique est aisée, mais l'art est difficile".

Cette très célèbre formule, souvent utilisée, signifie qu'il est plus facile de critiquer ce que font les autres, d'y trouver des défauts que de créer ou faire quelque chose soi-même.

Extraite de sa comédie de 1732 "Le Glorieux" (II, 5) et en réalité traduite de l'écrivain grec du IIe siècle av-J.-C. Polybe (Histoire Livre : XII, C : XI, 25c, 5), nous la devons au comédien et auteur dramatique français Destouches, né le 9 avril 1680 et mort le 4 juillet 1754.

Membre de l'Académie française, son nom n'est pas resté dans les mémoires, à la différence de cette formule ainsi que de deux autres, tout aussi célèbres : "Les absents ont toujours tort" et "Chassez le naturel, il revient au galop".

Source : wikipedia.org

"Les grands esprits se rencontrent".

Sans doute manqué-je de modestie car j'utilise très régulièrement cette expression qui signifie - par plaisanterie, fort heureusement - qu'il est normal que deux personnes intelligentes pensent à la même chose au même moment.

Sa forme initiale était "les BEAUX esprits se rencontrent" et elle trouve son origine dans une lettre de Voltaire écrite en 1760.

On l'utilise par exemple lorsque quelqu'un vous appelle au téléphone alors même que vous apprêtiez à lui téléphoner : "Ça alors : les grands esprits se rencontrent ; j'étais en train de prendre mon téléphone pour t'appeler lorsqu'il a sonné !".

Source : wiktionary.org

"L'homme est un loup pour l'homme"... Mais qui sait si le loup n'est pas plus solidaire que l'homme !

Le déplacement d'une meute de loups

On le sait, cette locution latine ("Homo homini lupus est") signifie que l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce.

Mais comme le dit l'écrivain québecois Serge Bouchard, "Affirmer L'homme est un loup pour l'homme n'est pas très gentil pour le loup !".

S'il faut en croire le proverbe, en effet, - et contrairement peut-être aux hommes - "Les loups ne se mangent pas entre eux" !

Mais surtout, on peut s'interroger sur l'esprit de solidarité qui prévaut parmi les loups - peut-être bien plus développé que les hommes de notre temps -, à en juger tout du moins par la façon dont se déplacerait une meute de loups.

C'est en effet ce que semble démontrer l'étonnante photographie de cette meute de 25 loups se déplaçant dans la neige, à la queue leu-leu. L'image a été diffusée en 2011 par la BBC dans le cadre d'un documentaire sur les régions polaires intitulé "Planète gelée". Et a été prise par le britannique Chadden Hunter, dans le Parc National canadien Wood Buffalo, dans le Nord-Est de l'Alberta et le Sud des Territoires du Nord-Ouest.

  • En tête, se trouverait en effet un animal vigoureux, qui ouvre la marche et fraye un chemin à travers la neige pour le reste de la meute.
  • Suivent ensuite deux loups âgés ou malades, car si le groupe de tête n'avait réuni que des animaux forts et en pleine santé, le reste de la meute aurait pu avoir du mal à suivre. Ces deux animaux suivent les traces du loup de tête en pouvant économiser leur énergie et donnent donc indirectement le rythme de la marche à l'ensemble de la meute.

Ainsi, en cas de danger ou de risque (attaque, avalanche, tirs), ce sont les bêtes les plus âgées et les plus faibles qui seraient les premières à être sacrifiées, au profit des plus jeunes.

  • Ensuite suit le groupe des loups les plus forts, qui s'occupera de la défense de la meute et pourra se porter rapidement à l'avant en cas de danger.
  • Au centre se trouve le reste du groupe, les mâles les moins forts, les femelles et les petits.
  • Derrière eux, en arrière-garde, un autre groupe de loups vigoureux dédié à la défense.
  • Enfin, le dernier loup est le mâle alpha, qui, de cette position, surveille l'ensemble de la meute.

"Homo homini lupus est".

Cette très célèbre locution latine que l'on traduit par "L'homme est un loup pour l'homme", signifie que l'homme est le pire ennemi de son semblable, ou de sa propre espèce.

On la retrouve chez de très nombreux auteurs, à commencer par Plaute, dans sa comédie "La Comédie des Ânes", vers 195 av. J.-C, II v495).

Mais cette locution fut reprise et parfois modifiée : par Pline l'Ancien dans "Histoire naturelle", par le néerlandais Érasme dans "Adagiorum Collectanea", par les français François Rabelais dans le "Tiers Livre" (chapitre III), Guillaume de Saluste Du Bartas dans "Les triomphe de la foy" (chant IV), Michel de Montaigne dans les "Essais" et Théodore Agrippa d'Aubigné, dans "Les Tragiques" (Livre I), ainsi que par les anglais Francis Bacon dans "De Dignitate et augmentis scientiarum et Novum Organum" et Thomas Hobbes dans le "De Cive "(Épître dédicatoire).

Elle fut également reprise par l'allemand Arthur Schopenhauer dans "Le Monde comme volonté et comme représentation" et par l'autrichien Sigmund Freud dans "Malaise dans la civilisation", où il évoque le penchant naturel de l'homme à l'agression.

D'un point de vue philosophique, cette locution porte naturellement une vision pessimiste de la nature humaine : l'homme est un être sans scrupules.

Source : wikipedia.org

"Tu seras un homme, mon fils".

Cette phrase extrêmement célèbre n'est autre que le titre français donné, en 1918, par l'écrivain français André Maurois au poème "If" ("Si"), écrit en 1910 par l'écrivain britannique Rudyard Kipling, davantage connu dans notre pays pour son roman d'aventures "Le livre de la jungle" (1894).