"Le rire est le propre de l'Homme".

C'est à l'écrivain français François Rabelais que nous devons cet aphorisme très célèbre.

On le trouve en effet dans l’"Avis aux lecteurs" ouvrant son deuxième roman, le célèbre "La vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel, jadis composée par M. Alcofribas abstracteur de quintessence. Livre plein de Pantagruélisme", ou plus simplement "Gargantua", écrit en 1534.

Rabelais y écrit ainsi : "Mieulx est de ris que de larmes escripre, pour ce que rire est le propre de l'homme".

Soit, en français moderne : "Mieux vaut écrire des choses comiques que des choses tristes, parce que le rire est le propre de l'Homme".

Selon les critiques, ce passage du texte de Rabelais serait inspiré d'un passage du traité "Les parties des animaux" d'Aristote, dans lequel ce dernier défend l'idée que : "L'homme est le seul animal qui ait la faculté de rire".

Source : wikipedia.org

"J'en passe et des meilleurs" ou "J'en passe et des meilleures".

J'utilise assez régulièrement cette expression du registre familier dans les différents articles que je publie dans J'aime les mots.

Elle signifie en quelque sorte "Je ne vous raconte pas tout" et s’emploie à la fin d’une énumération, pour signifier que d’autres exemples non moins pertinents existent.

Mais ce que la plupart des gens ignorent c'est qu'elle est directement issue de l'acte III, scène VI de la pièce de Victor Hugo, écrite en 1830, "Hernani ou l’honneur castillan" :"Il arrêta Zamet et cent Maures tout seul. - J'en passe, et des meilleurs".

On dit par exemple : "Je m'évertue à épingler avec perfidie les barbarismes, anglicismes ou pléonasmes - j'en passe et des meilleurs - de nombre d'intervenants, animateurs, journalistes ou invités, célèbres ou inconnus des différentes chaînes de radio (France Inter, essentiellement) ou de télévision qu'il peut m'arriver d'entendre (L'Équipe 21 et les chaînes de télévision d'information en continu, principalement)".

Source : wiktionary.org

"Le déconomètre fonctionne à plein tube !".

J'adore cette expression, utilisée le 28 février 2012, sur RMC, par l'homme politique français François Bayrou.

Elle fait référence au "Déconomètre", dont François Bayrou avait, par erreur, attribuée l'invention au dialoguiste Michel Audiard.

Mais c'est au romancier et auteur dramatique français Georges Courteline, que nous devons l'invention de cet appareil imaginaire servant à mesurer le degré de connerie

Relevant du registre argotique, la formule "Le déconomètre fonctionne à plein tube !" constitue en tous cas une magnifique façon de dire "C'est vraiment n'importe quoi !" ou "On nage en plein délire !".

"L'argent n'a pas d'odeur".

Cette expression très ancienne qui fait directement référence à une citation attribuée à l'empereur romain Vespasien, signifie que :

  • l'argent reçu d'une activité, aussi peu noble soit elle, n'en est pas moins de l'argent ; que rien ne distingue de celui provenant d'activités parfaitement licites.
  • et que, par extension, pour une personne peu scrupuleuse, tout argent est bon à prendre, quelle que soit sa provenance ou les moyens employés pour l'obtenir.

On dit par exemple : "Qui se souvient que de riches hommes d'affaires comme Xavier Niel (le fondateur de Free) ou Claude Perdriel ont partiellement bâti leur fortune sur le Minitel rose ? L'argent  n'a pas d'odeur".

Source : wiktionary.org

"Ô temps suspends ton vol".

Cette superbe phrase, souvent reprise et pratiquement entrée dans le langage courant des personnes lettrées, est extraite de l'un des plus célèbres poèmes d'Alphonse de Lamartine, "Le Lac".

Le poète français Alphonse de Lamartine

Paru dans le recueil "Méditations poétiques "en 1820, ce poème est considéré comme un des fleurons de la poésie romantique française.

L'origine du poème

Alphonse de Lamartine admirait Julie Charles (l'épouse du célèbre physicien Jacques Charles).

Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles
Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles

Malade, la muse du poète n'avait pas pu se rendre, en août 1817, au lac du Bourget (73), lieu de maintes rencontres, où elle devait le revoir.Et elle mourut peu après.

Lamartine revint seul revoir les lieux qu'il avait visités autrefois avec elle, comme la grotte qui porte aujourd'hui son nom ("Grotte Lamartine").

La grotte Lamartine, sur les bords du lac du Bourget (73)

Surpris de trouver la nature toujours semblable à elle-même et indifférente, il souhaite qu'elle garde au moins le souvenir de leur bonheur passé. La douceur mélodieuse des vers exprime heureusement le calme voluptueux d'une nuit d'été, et la fuite rapide des heures. L'œuvre, composée de seize quatrains, rencontre un grand succès et propulse son auteur au premier rang de la poésie romantique et du lyrisme.

Lire la suite

"Honni soit qui mal y pense".

Le blason du très noble ordre de la Jarretière, fondé le 23 avril 1348, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.

Cette phrase en français constitue la devise du très noble ordre de la Jarretière, le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques et le plus ancien subsistant encore au XXIe siècle.

L'ordre de la jarretière a en effet été fondé le 23 avril 1348, le jour de la Saint Georges, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III.

Selon la légende, la création de cet ordre aurait été décidée par le roi Édouard III lors d'un bal à Calais (62), où il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son propre genou et coupa court aux railleries par ces mots : "Messieurs, honi soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement".

Six siècles plus tard l'humoriste français Coluche a créé un assez génial calembour à partir de cette devise, avec son fameux "Honni soit qui manigance".

Source : nice-agency.overblog.com et wikipedia.org

"Il faut que tout change pour que rien ne change" ou "Tout doit changer pour que rien ne change".

Cette célébrissime réplique (*) est extraite de l'un des chefs d’oeuvre de la littérature mondiale, ayant donné lieu, en 1963, à une célèbre adaptation cinématographique du réalisateur Luchino Visconti, "Le Guépard".

Le livre, paru à titre posthume en 1958, est l'unique roman de l'écrivain et aristocrate italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa.

Le récit prenant place en Sicile au cours de cet événement charnière de l’histoire italienne que constitue le "Risorgimento", ce grand mouvement d’unification du pays dans la seconde moitié du XIXe siècle, "Le guépard" a pour sujet le rapport au temps et en particulier le déclin inéluctable d’une aristocratie séculaire.

Il retrace, de mai 1860 à juillet 1883, la vie de "Don Fabrizio Corbera, prince de Salina" dit "le Guépard", un prince sicilien - interprété par l'acteur américain Burt lancaster dans le film de  Visconti -, au milieu des tourments révolutionnaires.

Et de Tancredi (Alain Delon dans le film), son neveu, noble désargenté, mais fin politicien, qui semble comprend la nature des enjeux et déclare ce que beaucoup considèrent comme la phrase-clé du roman : "Il faut que tout change pour que rien ne change" / "Tout doit changer pour que rien ne change !".

Ce superbe aphorisme reflète l'enjeu principal du roman : changer et vivre, ou rester tel quel et disparaître progressivement. Dans son roman, Lampedusa analyse l'alternative : Tancredi représente l'aristocratie ayant accepté de changer et de vivre avec son temps, abandonnant les valeurs de pureté du sang pour des valeurs plus pragmatiques comme le succès et l'argent. Tandis que la fille de Don Fabrizio, "le Guépard", (Lucilla Morlacchi dans le film... et non Claudia Cardinale, comme certains l'auront pensé, avouez le !) représente, elle, le choix du passéisme, certes beau et honorable, mais conduisant inéluctablement la famille vers une fin triste et poussiéreuse.

(*) : Pour les puristes :

  • la phrase d'origine, dans la traduction de 1959 de l'agrégée d'italien Fanette Pézard, était, très exactement, : "Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que tout change".
  • Et la phrase italienne de Lampedusa, pour les italianophones, : "Se vogliamo che tutto rimanga come è, bisogna che tutto cambi".
  • La v.o.s.t.f. du film de Visconti l'a légèrement modifié en : "Si nous voulons que tout reste tel que c'est, il faut que tout change".

Source : franckculture.wordpress.com

"Les hussards noirs", "Les hussards noirs de la république" ou "Les hussards noirs de la IIIe République".

Les husards noirs de la république : la promotion 1908-1911 des élèves-maîtres de l’École normale d’Orléans (45)

C'est à l'écrivain français Charles Péguy, dans son roman "L'argent", écrit en 1913, que nous devons ces formules en forme d'idiotisme militaire et d'idiotisme chromatique, désignant les instituteurs publics sous la IIIe République après le vote des lois scolaires dites "lois Jules Ferry " et le vote de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905.

  • Le mot "hussard" fait référence au corps de cavalerie hongrois créé au XVe siècle.
  • Et la couleur noire renvoit à celle de l'uniforme des élèves de l'ENM (École Normale Supérieure) ainsi - probablement - qu'à celui des cavaliers d'élite français du fameux Cadre noir de Saumur (49), dont la couleur noire fut décidée sous le règne de Louis-Philippe.
  • Enfin - et surtout - on ne peut, bien sûr, s'empêcher de penser aux fameux "Hussards Noirs", cet escadron de cavalerie constitué pendant la Révolution, en 1793, par la jeune République française.

Source : wikipedia.org

"Les absents ont toujours tort".

Cette très célèbre formule, souvent utilisée, signifie qu'il est facile d’accuser une personne absente d’avoir tort ou d’avoir fait une chose condamnable, car elle n’est pas là pour pouvoir se défendre.

Extraite de sa comédie de 1717, "L'Obstacle imprévu, ou l'Obstacle sans Obstacle" (I, 6), nous la devons au comédien et auteur dramatique français Destouches, né le 9 avril 1680 et mort le 4 juillet 1754.

Membre de l'Académie française, son nom n'est pas resté dans les mémoires, à la différence de cette formule ainsi que de deux autres, tout aussi célèbres : "La critique est aisée, mais l'art est difficile" et "Chassez le naturel, il revient au galop".

Source : wikipedia.org

"Chassez le naturel, il revient au galop".

Cette très célèbre formule, souvent utilisée, signifie que l'on ne peut pas dissimuler sa véritable nature, ce qui fait l’essence même de son caractère, car on revient toujours à ses tendances premières.

Extraite de sa comédie de 1732 "Le Glorieux" (III, 5) et en réalité traduite d'un vers de l'écrivain latin du 1er siècle av. J.-C. Horace (Ep. 1, 10, 24) ("Naturam expelles furca, tamen usque recurret" : "Tu peux chasser le naturel à coups de fourche, il reviendra toujours au galop"), nous la devons au comédien et auteur dramatique français Destouches, né le 9 avril 1680 et mort le 4 juillet 1754.

Membre de l'Académie française, son nom n'est pas resté dans les mémoires, à la différence de cette formule ainsi que de deux autres, tout aussi célèbres : "La critique est aisee, mais l'art est difficile" et "Les absents on toujours tort".

Source : wikipedia.org