"Une vache à lait".

Cette locution nominale féminine désigne :

  • au sens propre, dans le domaine agricole : une vache à laquelle on a enlevé son veau et dont le lait est employé pour les besoins de l’homme.

On parle également de "Vache laitière".

Une vache à lait

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • une personne que l’on exploite ou une chose dont on tire un profit continuel (idiotisme alimentaire et idiotisme animal).

On dit par exemple : "Je suis la vache à lait de la famille !".

    • dans le domaine du commerce : une activité qui réclame peu d’investissement et qui génère une trésorerie importante (idiotisme alimentaire et idiotisme animal).

On dit par exemple : "Ce magasin est la vache à lait du groupe".

Sources : www.linternaute.fr, Le Robert, wiktionary.org et dictionnaire.notretemps.com

Pourquoi dire : "Un magasin outlet" ou "Un outlet" ?

Un centre de marques réunissant des magasins d'usine

Par ellipse de la locution nominale anglaise : "Factory outlet".

Et pas, en français : "Un magasin d'usine" !

C'est à dire : un magasin qui vend directement des produits du fabricant au consommateur. Le but est d'écouler des surstocks, fins de série et articles de second choix ou présentant des défauts.

Le tout premier magasin d'usine en France a été répertorié à Troyes (10) en 1936. À l'origine l'accès de ces magasins était réservé aux employés du fabricant, auxquels celui-ci vendait à prix réduit des produits comportant de légers défauts qu'il aurait dû jeter. Une solution qui satisfaisait tout le monde.

Dans les années 1950 et 1960, le concept de magasin d'usine se développe et de nombreux magasins ouvrent à côté des sites de production. La clientèle est élargie à l'entourage des ouvriers.

C'est à partir des années 1970 que les magasins d'usine sont ouverts au grand public, avant de se développer à partir des années 1980, en particulier autour de la ville de Troyes (10).

McArthur Glenn, à Troyes (13) : un centre de marques réunissant des magasins d'usine
McArthur Glenn, à Troyes (13) : un centre de marques réunissant des magasins d'usine

Source : wikipedia.org

Pourquoi dire : "Un hard discounter" ?

Les principales EDPM (Enseignes à Dominante Marques Propres) présentes en France

Et pas, en français, selon le contexte :

  • "Un SDPM" ou "Un Supermarché à Dominante Marques Propres",
  • ou : "Une EDPM" ou "Une Enseigne à Dominante Marques Propres" !

À savoir : un magasin de distribution de moyenne surface, à forte dominante alimentaire, basé sur une pratique de prix bas, qui s'est fortement développé en France à partir des années 1990 et jusqu'au début des années 2000.

Le modèle a été initialement importé en France par les enseignes allemandes Lidl et Aldi avant d'être ensuite copié par des enseignes spécifiques développées par les grands distributeurs français.

Un SDPM (Supermarché à Dominante Marques Propres" (magasin de hard-discount)

Depuis quelques années le modèle semble rencontrer quelques difficultés sur le marché français et a fortement évolué au point de pouvoir s'interroger sur la pertinence d'utiliser encore le terme "hard discount".

Le modèle originel permet généralement des prix bas par :

- la quasi-absence de services,
- un environnement de vente spartiate,
- une réduction des coûts de manutention (mise en rayon par palettes),
- une limitation du nombre de références offertes,
- une présence souvent très limitée des grandes marques,
- une forte polyvalence des salariés,
- une forte puissance d'achat (concentrée sur un petit nombre de références),
- et des investissements publicitaires souvent limités.

Les hypermarchés traditionnels ont riposté en mettant en place des rayons spécifiques reprenant ces principes.

Et depuis quelques années, le "hard discount" à la française a un peu assoupli son caractère spartiate, en accueillant désormais quelques grandes marques jugées incontournables.

Source : www.fcd.fr et www.definitions-marketing.com

"La grande distribution".

Les logotypes des principales enseignes française de grande distribution alimentaire

Cette locution nominale féminine relève du langage courant.

Et elle désigne l'ensemble des opérateurs :

  • pratiquant le commerce de détail de biens de consommation et éventuellement des services associés (livraison, financement) à destination des consommateurs finaux,
  • à partir de points de vente disposant d'une grande surface réservée à la vente, ainsi que d'autres zones accessibles aux clients (parking) ou non (stocks-réserves),
  • organisés pour la vente en libre-service, les produits étant exposés sur des linéaires pour être choisis et prélevés directement par le consommateur.

Un magasin Carrefour et son parc de stationnement

Ce secteur économique est constitué des supérettes, supermarchés, hypermarchés, ainsi que des entreprises du grand commerce spécialisé (ameublement, bricolage, loisirs, etc.).

Un magasin Castorama

Source : wikipedia.org

"Une gondole".

Ce substantif féminin relève du langage courant et il désigne :

Une gondole vénitienne (© e-Venise.com)

  • une barque vénitienne aux extrémités très effilées, dont l'avant se relève par un large fer en forme de hache, et pilotée au moyen d'un seul aviron, à tribord arrière,

Des gondoles, à Venise (Vénétie) (Italie)

  • ou, dans le domaine de la mercatique et dans le jargon du commerce et de la distribution : un meuble à plateaux superposés, utilisé dans les magasins en libre-service pour la présentation des produits.

Des gondoles de libre service, dans un magasin

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à la locution nominale féminine "Une tête de gondole".

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Un casse", "Une casse" et "La casse".

Ces différents substantifs homophonographes mais de genres différents ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Un casse" désigne en effet, dans le registre argotique : un cambriolage, et en particulier une attaque de banque à main armée, effectué par des "casseurs".

Des casseurs de banque

  • tandis que "Une casse" désigne, dans le langage courant :
    • autrefois, dans le domaine de l'imprimerie et plus précisément de la typographie :
      • un casier en bois, divisé en casiers contenant l’ensemble des caractères en plomb, bois ou matière plastique d’une même fonte (c’est-à-dire de même corps, style et graisse d’une police donnée).

Un imprimeur devant sa casse

La casse est divisée en cases appelées "cassetins", dont les dimensions et les emplacements (du moins pour les "bas de casse" c'est-à-dire les lettres minuscules, et les signes de ponctuation les plus courants) sont définis par la fréquence d'utilisation des lettres et la commodité d’accès.

Pour chaque police, les caractères les plus fréquemment utilisés - ceux représentant les minuscules - sont rangés à portée de main, donc en bas de la casse. Les capitales se trouvent en haut de la casse. Les casses forment des tiroirs et sont rangées dans un meuble appelé "rang". Et les petites casses, destinées à recevoir des caractères particuliers, ou des blancs, cadrats, cadratins, espaces, interlignes, des filets, des vignettes ou culs-de-lampe, etc., sont appelées "casseaux".

Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs
Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs

L'appellation "bas de casse", utilisée pour désigner l'ensemble des caractères représentant les minuscules, a été reprise dans les polices informatiques.

      • Par extension, on parle de "Casse" pour désigner l'alternative entre "capitale" (ou "majuscule") et "minuscule". La casse est généralement régie par les conventions typographiques, le français exigeant par exemple une majuscule en début de phrase et aux noms propres.
    • et de nos jours, par ellipse : une casse automobile, c'est à dire un entrepôt de ferrailleur spécialisé dans les véhicules accidentés ou hors service appelés "épaves automobiles", appelé "casseur" et faisant généralement le commerce des pièces détachées.

Une casse automobileUne casse automobile

 

  • et "La casse", dans le même langage courant :
    • l'action ou le fait de casser, briser ou détériorer des biens mobiliers, comme par exemple des vitrines ou du mobilier urbain.

Ainsi que le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Encore une fois, la manifestation de samedi a dégénéré et il y a eu beaucoup de casseurs et de casse".

    • ou : un objet en vente dans un magasin.

On dit par exemple : "Attention à la casse, les enfants : si vous faites tomber un vase, nous allons devoir le payer !".

    • dans le domaine de la viticulture et de l'oenologie : une altération, dégradation de la couleur du vin.
    • et dans le domaine militiaire : une peine consistant à dégrader un officier.

On dit par exemple : "En agissant ainsi, vous risquez la casse".

Sources : www.linternaute.fr, wikipedia.org et www.cnrtl.fr

 

"La vente au parapluie".

Cette curieuse locution nominale féminine désigne : la vente, pratiquée à la sauvette dans les lieux publics, de menus objets présentés dans un parapluie ouvert et renversé.

Celui-ci peut en effet être très rapidement refermé et emporté avec tout son contenu, afin de s'enfuir rapidement en cas de contrôle policier.

Source : www.cnrtl.fr

Les mots "Boycott" et "Boycotter" ne sont pas des anglicismes !

Le britannique Charles Cunningham Boycott (1832-1897), à l'origine des mots "Boycott" ou "Boycottage" et du verbe "Boycotter"

Pas plus que le substantif masculin "Boycottage" (boï-ko-tage), synonyme de "Boycott" ou l'adjectif "Boycotté/ée/ées/és" (boï-ko-té").

"Boycotter" (boï-ko-té) un verbe désignant, selon le contexte, le fait de :

  • refuser collectivement :
    • d'acheter, de vendre ou d'utiliser un ou des produits,
    • de participer à une manifestation ou à une action publique (administrative, politique, sportive, etc), afin de l'empêcher de réussir,
  • ou cesser volontairent toute relation avec un individu, une collectivité (société, pays, etc.) ; refuser de l'accueillir ou de répondre à ses invitations ; lui interdire, par une mise en quarantaine collective, l'exercice de ses activités professionnelles, de ses échanges économiques.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, me semble-t-il, il ne s'agit nullement de mots anglais, mais de mots dérivant du nom du britannique Charles Cunningham Boycott, né le 12 mars 1832 et mort le 19 juin 1897.

D'abord capitaine de l'armée britannique, il devient, après sa démission, propriétaire terrien dans le comté de Mayo, en Irlande.

C'est dans ce comté que se passe l'événement qui rend son nom célèbre, puisque c'est contre lui qu'est lancé le premier blocus répertorié de l'histoire contemporaine, même s'il n'est pas appelé "boycott" à l'époque.

John Crichton, troisième comte Erne possédait des terres qu'il faisait administrer par Charles Cunningham Boycott. Durant l'été 1879, à l'appel du dirigeant de la Ligue Agraire ("Land League") Charles Stewart Parnell et face à de mauvaises récoltes cette année-là, les fermiers se coordonnèrent afin d'obtenir du comte Erne une réduction de 25 % de leurs loyers sur la même période. Mais celui-ci refuse et envoie le capitaine Boycott expulser les mauvais payeurs. Boycott subit alors un blocus de leur part qui alla jusqu'à sacrifier leur récolte, les mercenaires moissonneurs, protégés par l'armée britannique, étant arrivés trop tard. Cette action très dure entraîna la ruine de Charles Cunningham Boycott, dont le patronyme est rapidement devenu un substantif et un verbe. Dès 1880 en France, année au cours de laquelle on le retouve dans les colonnes du journal Le Figaro.

Sources : wikipedia.org, www.cnrtl.fr et Le Robert

"Le client est roi", "Le client a toujours raison" ou "Le client n'a jamais tort".

Ces différentes locutions verbales en forme de devises et de slogans sont utilisées dans le domaine commercial pour signifier que la satifaction du consommateur doit être l'une des premières priorités.

  • "Le client a toujours raison" semble nous venir de l'anglais "The customer is always right".

Elle a en effet été popularisée dans le commerce de détail, à la fin du XIXe siècle, par des personnalités telles que Harry Gordon Selfridge, John Wanamaker et Marshall Field. Ces pionniers du commerce de détail priorisaient notamment la satisfaction du consommateur en traitant avec le plus grand sérieux les doléances de leurs clients qui ne devaient en aucun cas se sentir floués.

  • et "Le client n'a jamais tort" est une variante de cette maxime attribuée à l'hôtelier César Ritz.

Sources : fr.quora.com et wikipedia.org

"Un VRP".

Un VRP (Voyageur Représentant Placier) démarchant une jeune femme à son domicile

Curieusement, on utilise souvent ce sigle sans même connaître sa signification de "Voyageur Représentant Placier".

Un VRP est un intermédiaire salarié chargé de distribuer les produits d'une (VRP "monocarte") ou plusieurs entreprises (VRP "multicarte").

Il s'agit d'un vendeur ou représentant itinérant dont la fonction est exclusivement commerciale, ses principales tâches consistant à prospecter les clients et prendre des commandes.

Sources : www.editions-tissot.fr, fiches-pratiques.chefdentreprise.com, www.dictionnaire-juridique.com et wiktionary.org

Pourquoi dire : "Au black", "Du black", "Faire du black", "Le black" ou "Le travail au black" ?

Et pas simplement : "Au noir", "Du noir", "Faire du noir", "Le noir" et "Le travail au noir" !

De peur de prononcer le mot "noir" ? Ou par snobisme ?

En anglais ou en français, ces mots ou locutions relèvent du registre populaire.

Et ils signifient ou désignent respectivement :

  • "Au black" ou "Au noir" : non déclaré, effectué illégalement,
  • "Du black" ou "Du noir" :
    • la partie de son travail ou de son activité non déclarés, effectués illégalement,
    • ou : l'argent que l'on en retire,
  • "Faire du black" ou "Faire du noir" : ne pas déclarer tout ou partie de son travail ou de son activité,
  • "Le black" ou "Le noir" :
    • la partie de son travail ou de son activité non déclarés, effectués illégalement,
    • ou : l'argent que l'on en retire,
  • et "Le travail au black" : le travail non déclaré, effectué illégalement.

Source : wiktionary.org

Ne dites pas : "Faire une remise" !

Mais, selon le contexte :

  • "ACCORDER une remise", "CONSENTIR une remise" ou "OCTROYER une remise",
  •  ou : "BÂTIR une remise" ou "CONSTRUIRE une remise".

Le mot "Remise" est en effet un substantif féminin polysémique pouvant avoir de nombreuses significations.