"En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule", "Chier pour son matricule" ou "En prendre pour son matricule".

Ces différentes expressions en forme d'idiotismes militaires signifient : aller mal, barder, être mauvais, dangereux, fâcheux ; avoir des ennuis, des problèmes, du souci à se faire ; se faire fortement gronder, punir, sanctionner, sermonner.

On dit par exemple :

  • "Si tu ne rentres pas tout de suite tu vas en prendre pour ton grade car les parents sont furieux",
  • "Ça va barder pour son matricule si Michel oublie encore l'anniversaire de sa gonzesse",
  • "Ça va chier pour ton matricule car le patron a appris que c'était toi qui avais rayé la carrosserie de sa bagnole",
  • ou : "J'en ai pris pour mon matricule au boulot car cela faisait trois fois que j'arrivais en retard cette semaine".

Toutes ces expressions remontent au début du XXe siècle et puisent leurs sources dans l'argot des casernes et des prisons.

Dans l'administration pénitentiaire ou à l'armée, en effet, le "Matricule" désigne d'abord : le registre où sont inscrits et répertoriés les noms des prisonniers ou soldats, avec leur numéro d'inscription sur ce registre matricule.

Et, par extension : le prisonnier ou le soldat lui-même.

"Pour son grade" ou "Pour son matricule" s'emploie donc à la place de "pour lui".

En terme de niveaux de langage :

  • "En prendre pour son grade", "Barder pour son matricule" et "En prendre pour son matricule" relèvent du registre familier,
  • tandis que "Chier pour son matricule" appartient au registre vulgaire ainsi qu'au registre scatologique.

Sources : www.languefrancaise.net et expressions-francaises.fr

"Des nouvelles du front".

Cette formule en forme d'idiotisme militaire ne s'utilise fort heureusement plus aujourd'hui, en France, qu'au sens figuré, lorsque l'on demande à quelqu'un "Quelles sont les nouvelles du front ?", ce qui signifie simplement "Quelles sont les nouvelles ?".

"Quelles sont les nouvelles du front ?" s'emploie notamment lorsque l'on parle par exemple d'un projet ou d'une chose relativement complexe, occasionnant fréquemment des difficultés : la construction d'une maison, le lancement d'une société, l'organisation d'un spectacle, un déménagement, une expatriation, etc.

"Mener tambour battant" quelque chose.

  • Cette expression qui relevait autrefois du domaine militaire, signifiait au sens propre : mener une charge au rythme des tambours, placés derrière les bataillons et chargés de battre la cadence sur les champs de bataille.
  • Elle signifie de nos jours, au sens figuré, :
    • Mener quelqu’un avec autorité, énergiquement, vivement, sans ménagement, le presser.

On dit par exemple : "Le professeur a mené tambour battant le jeune perturbateur chez le proviseur".

    • Mener une affaire rondement, avec énergie et rapidité, conduire une action avec détermination.

On dit par exemple : "Le notaire a mené toute cette affaire tambour battant et la vente a été finalisée très rapidement".

Source : wiktionary.org et www.defense.gouv.fr

"Un soldat du feu".

Cette périphrase en forme d'idiotisme militaire désigne un pompier.

Celui-ci est en effet une personne principalement entraînée à combattre le feu.

Mais le pompier est également apte à offrir une gamme de secours de diverses natures (inondations, accidents, sauvetages, secours et assistance à personnes, etc.) ; sa mission principale étant de protéger les personnes, les biens et l'environnement.

Source : wikipedia.org

"Faire feu de tout bois" et "Faire flèche de tout bois".

Ces deux expressions du langage courant en forme d'idiotisme botanique et d'idiotisme militaire signifient :

  • être opportuniste, tenter de mettre à profit tout ce qui se présente,
  • se servir de toutes les ressources dont on dispose, mettre tous les moyens en oeuvre pour réussir.

Sources : www.languefrancaise.net et wiktionary.org

 

15 façons de dire : "La pilosité sexuelle féminine".

"Le foin" (qui, parfois, "dépasse de la charrette") relève du registre vulgaire.

Le registre argotique nous offre un idiotisme numérique et quatre idiotismes militaires avec des références aux soldats :

  • napoléoniens  : "Le bonnet de grenadier",
  • de la Légion étrangère : "Le tablier de sapeur",
  • ou des tranchées de 1914-1918 : "Le poilu de quatorze" et "Le poilu de Verdun".

Mais aussi "La touffe" et "Le gazon".

"Le buisson" appartient au registre familier.

Tandis que "La fourrure", ""La toison", "Le triangle" et "Les poils du sexe" relèvent du langage courant.

Et que "La pilosité génitale", "La toison pubienne" et "Les poils pubiens" appartiennent au registre soutenu.

Sur le même thème (les mauvaises langues diront que je suis obsédé par le sujet !) :

"Avoir un débit de mitraillette" ne signifie pas que l'on possède une armurerie !

Sinon il y aurait un "s" à mitraillette" !

Non : cette expression du registre familier en forme d'idiotisme militaire signifie "parler extrêmement vite, avoir un débit de parole très élevé".

Un "débit de mitraillette" nuit souvent à la compréhension car pour être compris de tous il convient de parler à la bonne vitesse. Mais qu'est-ce donc que la "bonne" vitesse me direz-vous ?

On considère généralement que le rythme de parole moyen lors de conversations entre adultes est d'environ 185 mots/minute.

Et qu'un "bon" rythme de parole tourne autour de 150 ou 160 mots/minute. Par exemple pour être bien audible dans des enregistrements audio.

Or, une étude de 1999 (Colas Rist, Université d'Orléans) a révélé que dans les organes d'information grand public français, le débit oral tendait à se rapprocher des 200 mots/minute.

Le rappeur américain Eminem

RECORDS DE VITESSE :

Le rappeur états-unien Eminem, connu pour la vitesse de son débit de parole a établi en 2013 un record de vitesse sur le morceau "Rap God", présent sur l’album "The Marshall Mathers LP 2". Dans cette chanson, Eminem prononçait en effet 1 560 mots en 6 minutes, soit 260 mots/minute ! Et même, ponctuellement, 157 syllabes en 16,3 secondes, soit une cadence de 9,6 syllabes par seconde !

Un record qu'il a lui-même battu en août 2018, sur "Majesty", avec 10,3 syllabes par seconde.

Puis, le 17 janvier 2020, sur le titre "Godzilla", avec 229 mots et 339 syllabes en seulement 30 secondes, ce qui équivaut à 11,3 syllabes par seconde.

Et à un équivalent de 458 mots/minute !

Même si j'exècre personnellement le rap, je consens sans hésitation à m'incliner humblement devant ces différentes performances !

Source : www.konbini.com et www.cnews.fr