"Impayable" ou "Être impayable".

Cet adjectif signifie :

  • au sens propre : qui ne peut se payer,

On dit par exemple : "Mon frère a pris un appartement immense avec un loyer impayable".

  • et au sens figuré, dans le registre familier : qui étonne par son côté extraordinaire ou très comique, ridicule.

On dit par exemple : "J'adore cet humoriste : il est impayable".

Ou : "Tu aurais vu comment était habillé le nouveau : sa tenue était impayable".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Ne pas avoir pour deux sous de jugeote";

J'aime beaucoup cette expression du registre familier qui signifie : manquer sérieusement de bon sens, de discernement.

Voire ne pas être très intelligent.

On dit par exemple : "Je ne risque pas de prêter de l'argent à mon cousin pour son projet : il n'a pas pour deux sous de jugeote".

Source : www.expressio.fr

"Être monnaie courante" et "Ne pas être monnaie courante".

La "Monnaie courante" est une locution nominale du langage courant datant du XIIIe siècle et désignant, au sens propre : la monnaie fiduciaire en cours, c'est à dire les pièces (et plus tard les billets de banque) que l'on utilise au quotidien dans un pays ou un territoire.

  • La locution verbale du langage courant "Être monnaie courante" signifie pour sa part, au sens figuré : être une chose habituelle, commune, qui se fait régulièrement ; une pratique courante.

On dit par exemple : "Avant 2017 et l'interdiction du cumul d'un mandat de parlementaire et d'un mandat exécutif local pour les députés et les sénateurs, être député ou sénateur et maire était monnaie courante".

  • Et sa forme négative "Ne pas être monnaie courante" : être une chose inhabituelle, peu commune, qui se fait régulièrement ; une pratique peu courante.

On dit par exemple : "Jusqu'en 2017, les femmes n'étaient pas monnaie courante au sein des conseils d'administration des grandes sociétés françaises.

Sources : www.expressio.fr, www.linternaute.fr

"Des espèces sonnantes et trébuchantes".

  • Cette jolie expression du registre désuet a d'abord désigné :
    • au sens propre : de l'argent sous forme de pièces de monnaie authentiques (et non de pièces contrefaites, de fausse monnaie),
    • puis, au sens figuré, et par extension, de façon plaisante : de la monnaie fiduciaire ou "argent liquide" (pièces de monnaie ou billets de banque), par opposition à la monnaie scripturale (chèques, cartes bancaires, virements).
  • L'adjectif "sonnantes" fait référence au son clair que les pièces d'or et d'argent font quand elles s'entrechoquent et "sonnent" juste.

Pensez à Don Salluste (Guy de Funès) et à son valet Blaze (Yves Montand) dans "La folie des grandeurs", le film franco-hispano-italo-allemand réalisé en 1971 par Gérard Oury, adapté de la pièce de Victor Hugo "Ruy Blas" (1838).

Affiche du film français "La folie des grandeurs" de Gérard Oury (1971)

Et à la célébrissime scène où Don Salluste détecte à l'oreille, qu'il manque une pièce parmi les centaines que fait "sonner" son valet Blaze, au matin, afin de le réveiller : "C'est l'or, il est l'or, l'or de se réveiller, monseignor, il est huit or !".

  • Et l'adjectif "trébuchantes" fait référence à l'une des acceptions du mot "trébuchet", désignant une petite balance à plateaux permettant autrefois de peser les pièces avec précision, afin de s'assurer qu'elles pesaient bien le poids de métal précieux prévu.

Une pièce "trébuchante" avait passé l'épreuve du trébuchet, qu'elle avait emporté par sa pesanteur et correctement fait pencher.

J'ai cependant toujours été étonné pour ma part par cette expression, dans la mesure où le véritable nom de ce type de trébuchet utilisé en numismatique est le "Biquet" !

Souvenir personnel

Assez curieusement, cette expression est en partie à l'origine de ce blogue J'aime les mots !

Elle m'avait en effet énormément intrigué étant enfant, à l'été 1968... Alors que je faisais des courses avec mon grand-père, à Payrac (46), l'épicière avait réclamé devant nous, à un client agriculteur, des "espèces sonnantes et trébuchantes", ce qui m'avait laissé pantois. Évidemment, j'avais alors pensé au premier sens du verbe "trébucher" signifiant tomber... et ne connaissais même pas cette acception du mot "espèces" signifiant "monnaie fiduciaire" ou "argent liquide" !

Et comme ce monsieur élevait toutes sortes d'animaux domestiques, j'avais été interloqué par cette étrange formule d'"ESPÈCES... SONNANTES et TRÉBUCHANTES" ; m'interrogeant sur les "espèces" ANIMALES susceptibles à la fois de TOMBER (j'excluais les oiseaux de la basse-cour et ses pigeons, mais pensais à ses vaches et cochons...)... et de SONNER !

Je songeais bien au "coucou" des pendules, mais je n'imaginais guère l'oiseau "coucou"... "trébucher" !

Bref : un incroyable mystère, dont j'ai naturellement demandé l'explication à mon grand-père dès la sortie du magasin, ce qui l'avait bien fait rire. Celui-ci m'avait alors expliqué le sens moderne de cette superbe expression. Et, parce qu'il ne connaissait pas lui-même la signification exacte de l'adjectif "trébuchantes", il m'avait montré, sitôt rentré à la maison, comment on pouvait la chercher ET SURTOUT LA TROUVER dans cet incroyable livre qu'était LE DICTIONNAIRE ; faisant ainsi mon bonheur et initiant ma passion pour cet ouvrage, qui ouvrait la porte sur le monde merveilleux et sans fin des mots !

Inutile de vous préciser que celle-ci ne m'a plus quitté depuis plus de cinquante ans !

Sources : www.linternaute.fr et www.expressio.fr

"Ne pas avoir pour un sou (de quelque chose)" ou "Ne pas avoir pour deux sous (de quelque chose)".

Ces deux locutions verbales du registre familier signifient : ne pas avoir du tout (de quelque chose).

On dit par exemple : "Ce film n'est pas réaliste pour un sou".

Ou : "Mon fils n'a pas pour deux sous de sens pratique".

On utilise souvent la formule "Ne pas avoir pour deux sous de jugeote", à laquelle j'ai déjà consacré un article.

 

"L'argent n'a pas d'odeur".

Cette expression très ancienne qui fait directement référence à une citation attribuée à l'empereur romain Vespasien, signifie que :

  • l'argent reçu d'une activité, aussi peu noble soit elle, n'en est pas moins de l'argent ; que rien ne distingue de celui provenant d'activités parfaitement licites.
  • et que, par extension, pour une personne peu scrupuleuse, tout argent est bon à prendre, quelle que soit sa provenance ou les moyens employés pour l'obtenir.

On dit par exemple : "Qui se souvient que de riches hommes d'affaires comme Xavier Niel (le fondateur de Free) ou Claude Perdriel ont partiellement bâti leur fortune sur le Minitel rose ? L'argent  n'a pas d'odeur".

Source : wiktionary.org

"Avoir le coeur à gauche et le portefeuille à droite".

J'aime beaucoup cette expression en forme d'idiotisme corporel qui caractérise les personnes soucieuses de conserver les programmes sociaux, tout en payant le moins d'impôts possible.

Se considérant ou se présentant comme altruistes, elles disent "avoir le coeur à gauche".

Mais ont considère qu'elles ont "le portefeuille à droite" car leur désir d'aider les plus défavorisés s'estompe sensiblement dès lors qu'il leur est demandé de contribuer financiairement à cette action, notamment en payant davantage d'impôt.

"Valoir son pesant d'or", "Valoir son pesant de plomb" et "Valoir son pesant de cacahuètes".

  • L'expression proverbiale "Valoir son pesant d'or", apparue dès le XIIIe siècle semble-t-il, signifie :
    • au sens propre : être très précieux, très onéreux, valoir extrêmement cher.

On dit par exemple : "Certains épices valent leur pesant d'or".

    • et, au sens figuré, :
      • être excellent dans son genre.

On dit par exemple : "Ce lapsus de Jean-Pierre Foucault vaut véritablement son pesant d'or !".

      • Ou : dont on peut vanter les bonnes qualités, en parlant d’une personne.

On dit par exemple : "je ne me séparerais de ma femme de ménage pour rien au monde car je vous assure que cette femme vaut son pesant d'or !"

  • A contrario, l'expression "Valoir son pesant de plomb" est apparue au XVIIe siècle dans le but de se moquer des défauts d'une personne.

On disait par exemple : "Ce type est un parfait incapable : il vaut son pesant de plomb".

  • Et la forme récente (deuxième moitié du XXe siècle) "Valoir son pesant de cacahuètes" désigne quelque chose de ridicule.

On dit par exemple : "Je t'assure que ce navet vaut son pesant de cacahuètes".

"Avoir maille à partir".

Cette expression très ancienne signifie avoir un différend avec quelqu'un, avoir des difficultés avec quelque chose.

On dit par exemple : "Avoir maille à partir avec la police".

Il ne s'agit en aucune façon d'un idiotisme textile, car la "maille", dont il est ici question, était au Moyen Âge une monnaie de bronze de faible valeur ; la plus petite du système divisionnaire de l’époque.

Quant au verbe "Partir", il signifiait alors "Partager".

"Avoir maille à partir" avec autrui, c'était donc, originellement, éprouver des difficultés à partager quelque chose.

Sources : wikipedia.org et Almanach Hachette. Petite encyclopédie populaire. 1906

"Tirer à pile ou face" ou "Jouer à pile ou face" quelque chose.

Ces deux expressions font référence à un jeu de hasard se jouant avec une pièce de monnaie, consistant à la lancer en l'air en pariant sur le côté qui demeurera visible après la chute.

Soit la pièce tombe au sol après avoir tournoyé en l'air et s'y stabilise, soit elle est rattrapée d'une main et posée à plat dans l'autre main.

  • "Face" désigne le côté de la pièce autrefois décoré du visage d'un souverain, et aujourd'hui d'un dessin quelconque (à droite sur la photo ci-dessous).

Côté pile dune pièce de un euro

  • Et "Pile", le côté jadis illustré d'un "Pilum", ce lourd javelot utilisé par les légions romaines ! Et sur lequel figure de nos jours la valeur de la pièce (à gauche sur la photo ci-dessus).

Mais les numismates, pour leur part, ne parlent que d'"Avers" ("Face") et de "Revers" ("Pile").

Source : Almanach Hachette. Petite encyclopédie populaire. 1906

 

 

 

21 façons de dire "Ne pas avoir d'argent".

Comme souvent, de nombreuses possibilités, relevant des différents registre de langue, s'offrent à vous pour évoqué cette pénible situation.

Depuis "Être raide", "Ne pas avoir un flèche", "Ne pas avoir un radis", "Ne pas avoir un rond", "Être sans un rond" ou "Ne pas avoir une thune" (registre argotique), jusqu'à "Être raide comme un passe-lacet" (registre populaire).

Mais aussi "Être (complètement) fauché" ou "Être fauché comme les blés" (registre familier).

Ou "Être à court d'argent", "Être pauvre comme Job", Être sans le sou", "Être sans un sou", "N'avoir pas le sou" ou "N'avoir pas un sou" (langage courant).

Ainsi que "Être ruiné", si vous aviez la chance de vivre dans l'opulence.

Certes "N'avoir pas un sou vaillant" ou "N'avoir pas un sou percé" (du latin "Per se" : "Pour soi") ne s'utilisent plus guère.

Pas plus, malheureusement que le superbe "Loger le diable dans sa bourse".

Le registre soutenu, avec "Être désargenté", et "Être financièrement démuni" vous permettra d'évoquer avec élégance vos difficultés financières.

4 façons de dire "Un billet de banque".

Billets de banque

On retrouve parfois dans les dialogues de Michel Audiard des années 1960 l'anglicisme "Banknote" mais il n'est absolument plus utilisé de nos jours.

L'argot nous propose toujours en revanche trois mots différents : "Bifton" (ou "Biffeton"), "Fafiot" et "Talbin".

Ce dernier est cependant davantage utilisé pour désigner les plus grosses valeurs.

On dit par exemple : "Un biffeton de 10 euros" et "Un talbin de 100".

 

Source : wikipedia.org