"Va, je ne te hais point !".

J'aime beaucoup cette très célèbre réplique, extraite de l'acte III scène 4 de la pièce de théâtre française "Le Cid", écrite en 1637 par Pierre Corneille.

Il s'agit d'une déclaration qu'effectue Chimène à Don Rodrigue, afin de lui signifier qu'elle l'aime encore, envers et contre tout.

Pourtant, Don Rodrigue, le fiancé de Chimène vient de tuer Don Gomès, le père de celle-ci, dans un duel. La jeune fille devrait donc haïr Don Rodrigue. Mais elle sait qu'il s'est battu pour venger l'honneur de sa famille (son père à lui ayant reçu un soufflet de son père à elle), ce qu'elle apprécie. Et surtout... elle l'aime ! Confrontée à la difficulté de dire "Je t'aime" à l'assassin de son père, Chimène lui lance donc : "Va, je ne te hais point".

Cette façon d'atténuer des propos ("Je ne te hais pas") pour leur donner plus de force (dire "Je t'aime") est souvent présenté une litote.

Pourtant, si le "Je t'aime" est en effet sous-entendu, il ne s'agit nullement - me semble-t-il - du principal message contenu dans cette déclaration.

Et le sens de la phrase n'est pas vraiment "Mon Rodrigue, je suis folle amoureuse de toi, tu as drôlement bien fait de tuer papa, allons faire des cochonneries dans mon lit à baldaquin" !

Mais plutôt, je crois : "Je devrais te hair et vouloir ta tête, mais ce n'est pas le cas, je suis une vilaine fille"...

Enfin, disons, de façon plus respectable, pardonnez-moi : "Je ne te poursuis pas par haine, mais par devoir ; par obligation morale plus que sentimentale".

Texte intégral de l'acte III, scène 4 :

Don Rodrigue

Eh bien ! sans vous donner la peine de poursuivre,
Assurez-vous l’honneur de m’empêcher de vivre.

Chimène

Elvire, où sommes-nous, et qu’est-ce que je vois ?
Rodrigue en ma maison ! Rodrigue devant moi !

Don Rodrigue

N’épargnez point mon sang : goûtez sans résistance

La douceur de ma perte et de votre vengeance.

Chimène

Hélas !

Don Rodrigue

Écoute-moi.

Chimène

Je me meurs.

Don Rodrigue

Un moment.

Chimène

Va, laisse-moi mourir.

Don Rodrigue

Quatre mots seulement :

Après, ne me réponds qu’avecque cette épée.

Chimène

Quoi ! du sang de mon père encor toute trempée !

Don Rodrigue

Ma Chimène…

Chimène

Ôte-moi cet objet odieux,

Qui reproche ton crime et ta vie à mes yeux.

Don Rodrigue

Regarde-le plutôt pour exciter ta haine,
Pour croître ta colère, et pour hâter ma peine.

Chimène

Il est teint de mon sang.

Don Rodrigue

Plonge-le dans le mien,
Et fais-lui perdre ainsi la teinture du tien.

Chimène

Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue
Le père par le fer, la fille par la vue !
Ôte-moi cet objet, je ne puis le souffrir :
Tu veux que je t’écoute, et tu me fais mourir !

Don Rodrigue

Je fais ce que tu veux, mais sans quitter l’envie

De finir par tes mains ma déplorable vie ;
Car enfin n’attends pas de mon affection
Un lâche repentir d’une bonne action.
L’irréparable effet d’une chaleur trop prompte
Déshonorait mon père, et me couvrait de honte.
Tu sais comme un soufflet touche un homme de cœur ;
J’avais part à l’affront, j’en ai cherché l’auteur :
Je l’ai vu, j’ai vengé mon honneur et mon père ;
Je le ferais encor, si j’avais à le faire.
Ce n’est pas qu’en effet contre mon père et moi
Ma flamme assez longtemps n’ait combattu pour toi ;
Juge de son pouvoir : dans une telle offense
J’ai pu délibérer si j’en prendrais vengeance.
Réduit à te déplaire, ou souffrir un affront,
J’ai pensé qu’à son tour mon bras était trop prompt ;
Je me suis accusé de trop de violence ;
Et ta beauté sans doute emportait la balance,
À moins que d’opposer à tes plus forts appas
Qu’un homme sans honneur ne te méritait pas ;
Que malgré cette part que j’avais en ton âme,
Qui m’aima généreux me haïrait infâme ;

Qu’écouter ton amour, obéir à sa voix,
C’était m’en rendre indigne et diffamer ton choix.
Je te le dis encore ; et quoique j’en soupire,
Jusqu’au dernier soupir je veux bien le redire :
Je t’ai fait une offense, et j’ai dû m’y porter
Pour effacer ma honte, et pour te mériter ;
Mais quitte envers l’honneur, et quitte envers mon père,
C’est maintenant à toi que je viens satisfaire :
C’est pour t’offrir mon sang qu’en ce lieu tu me vois.
J’ai fait ce que j’ai dû, je fais ce que je dois.
Je sais qu’un père mort t’arme contre mon crime ;
Je ne t’ai pas voulu dérober ta victime :
Immole avec courage au sang qu’il a perdu
Celui qui met sa gloire à l’avoir répandu.

Chimène

Ah ! Rodrigue, il est vrai, quoique ton ennemie,
Je ne te puis blâmer d’avoir fui l’infamie ;
Et de quelque façon qu’éclatent mes douleurs,
Je ne t’accuse point, je pleure mes malheurs.
Je sais ce que l’honneur, après un tel outrage,
Demandait à l’ardeur d’un généreux courage :
Tu n’as fait le devoir que d’un homme de bien ;
Mais aussi, le faisant, tu m’as appris le mien.
Ta funeste valeur m’instruit par ta victoire ;
Elle a vengé ton père et soutenu ta gloire :
Même soin me regarde, et j’ai, pour m’affliger,
Ma gloire à soutenir, et mon père à venger.
Hélas ! ton intérêt ici me désespère :
Si quelque autre malheur m’avait ravi mon père,
Mon âme aurait trouvé dans le bien de te voir
L’unique allégement qu’elle eût pu recevoir ;
Et contre ma douleur j’aurais senti des charmes,

Quand une main si chère eût essuyé mes larmes.
Mais il me faut te perdre après l’avoir perdu ;
Cet effort sur ma flamme à mon honneur est dû ;
Et cet affreux devoir, dont l’ordre m’assassine,
Me force à travailler moi-même à ta ruine.
Car enfin n’attends pas de mon affection
De lâches sentiments pour ta punition.
De quoi qu’en ta faveur notre amour m’entretienne,
Ma générosité doit répondre à la tienne :
Tu t’es, en m’offensant, montré digne de moi ;
Je me dois, par ta mort, montrer digne de toi.

Don Rodrigue

Ne diffère donc plus ce que l’honneur t’ordonne :

Il demande ma tête, et je te l’abandonne ;
Fais-en un sacrifice à ce noble intérêt :
Le coup m’en sera doux, aussi bien que l’arrêt.
Attendre après mon crime une lente justice,
C’est reculer ta gloire autant que mon supplice.
Je mourrai trop heureux, mourant d’un coup si beau.

Chimène

Va, je suis ta partie, et non pas ton bourreau.

Si tu m’offres ta tête, est-ce à moi de la prendre ?
Je la dois attaquer, mais tu dois la défendre ;
C’est d’un autre que toi qu’il me faut l’obtenir,
Et je dois te poursuivre, et non pas te punir.

Don Rodrigue

De quoi qu’en ma faveur notre amour t’entretienne,

Ta générosité doit répondre à la mienne ;
Et pour venger un père emprunter d’autres bras,
Ma Chimène, crois-moi, c’est n’y répondre pas :

Ma main seule du mien a su venger l’offense,
Ta main seule du tien doit prendre la vengeance.

Chimène

Cruel ! à quel propos sur ce point t’obstiner ?
Tu t’es vengé sans aide, et tu m’en veux donner !
Je suivrai ton exemple, et j’ai trop de courage
Pour souffrir qu’avec toi ma gloire se partage.
Mon père et mon honneur ne veulent rien devoir
Aux traits de ton amour ni de ton désespoir.

Don Rodrigue

Rigoureux point d’honneur ! hélas ! quoi que je fasse,

Ne pourrai-je à la fin obtenir cette grâce ?
Au nom d’un père mort, ou de notre amitié,
Punis-moi par vengeance, ou du moins par pitié.
Ton malheureux amant aura bien moins de peine
À mourir par ta main qu’à vivre avec ta haine.

Chimène

Va, je ne te hais point.

Don Rodrigue

Tu le dois.

Chimène

Je ne puis.

Don Rodrigue

Crains-tu si peu le blâme, et si peu les faux bruits ?

Quand on saura mon crime, et que ta flamme dure,
Que ne publieront point l’envie et l’imposture !
Force-les au silence, et, sans plus discourir,
Sauve ta renommée en me faisant mourir.

Chimène

Elle éclate bien mieux en te laissant la vie ;
Et je veux que la voix de la plus noire envie
Élève au ciel ma gloire et plaigne mes ennuis,
Sachant que je t’adore et que je te poursuis.
Va-t’en, ne montre plus à ma douleur extrême
Ce qu’il faut que je perde, encore que je l’aime.
Dans l’ombre de la nuit cache bien ton départ :
Si l’on te voit sortir, mon honneur court hasard.
La seule occasion qu’aura la médisance,
C’est de savoir qu’ici j’ai souffert ta présence :
Ne lui donne point lieu d’attaquer ma vertu.

Don Rodrigue

Que je meure !

Chimène

Va-t’en.

Don Rodrigue

À quoi te résous-tu ?

Chimène

Malgré des feux si beaux, qui troublent ma colère,
Je ferai mon possible à bien venger mon père ;
Mais malgré la rigueur d’un si cruel devoir,
Mon unique souhait est de ne rien pouvoir.

Don Rodrigue

Ô miracle d’amour !

Chimène

Ô comble de misères !

Don Rodrigue

Que de maux et de pleurs nous coûteront nos pères !

Chimène

Rodrigue, qui l’eût cru ?

Don Rodrigue

Chimène, qui l’eût dit ?

Chimène

Que notre heur fût si proche et sitôt se perdît ?

Don Rodrigue

Et que si près du port, contre toute apparence,

Un orage si prompt brisât notre espérance ?

Chimène

Ah ! mortelles douleurs !

Don Rodrigue

Ah ! regrets superflus !

Chimène

Va-t’en, encore un coup, je ne t’écoute plus.

Don Rodrigue

Adieu : je vais traîner une mourante vie,
Tant que par ta poursuite elle me soit ravie.

Chimène

Si j’en obtiens l’effet, je t’engage ma foi

De ne respirer pas un moment après toi.
Adieu : sors, et surtout garde bien qu’on te voie.

Elvire

Madame, quelques maux que le ciel nous envoie…

Chimène

Ne m’importune plus, laisse-moi soupirer,
Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.

Sources : www.copiedouble.com, www.etudes-litteraires.com, mamiehiou.over-blog.com et wikipedia.org

"Une respectueuse".

Ce substantif féminin peu usité peut avoir différentes significations :

  • il s'agit tout d'abord, dans le registre désuet, d'une sorte de dentelle,
  • mais également, par extension, toujours dans le même registre :
    • d'une sorte de mouchoir fait de cette dentelle,
    • ou d'une sorte de coiffure féminine, élaborée à l'aide de cette dentelle.
  • enfin, et surtout, serais-je tenté de dire, dans le registre soutenu : d'une prostituée !

Cette acception est en effet dérivée - par ellipse - du titre de la pièce de théâtre "La putain respectueuse", écrite par Jean-Paul Sartre en 1947.

Une "respectueuse", c'est à dire : une prostituée

Source : wiktionary.org

"Un pont trop loin", "Être un pont trop loin", "S'avérer être un pont trop loin" ou "Se révéler être un pont trop loin".

Héritage langagier du cinéma et de la littérature, cette formule en forme d'idiotisme architectural, que l'on entend parfois, fait référence à un film et à un roman relatant un épisode de la Seconde Guerre mondiale situé aux Pays-Bas, en septembre 1944.

Et elle signifie concrètement, au sens figuré : trop ambitieux, trop dangereux, trop risqué, au-delà de ce qu'il est raisonnablement possible de faire ou de réussir.

C'est le réalisateur britannique Richard Attenborough, qui a réalisé, en 1977, le film "Un pont trop loin", d'après le roman éponyme de Cornelius Ryan, écrit en 1974.

Affiche du film américano-britannique "Un pont trop loin" de richard Attenborough (1977)

Les deux évoquent par le menu l'opération Market Garden, la plus grande offensive aéroportée de l'histoire, au cours de laquelle furent engagés 34 000 parachutistes.

Cette opération militaire alliée de la Seconde Guerre mondiale se déroula du 17 au 25 septembre 1944.

Principalement menée par les armées britanniques, il s'agissait d'une tentative de prendre des PONTS franchissant les principaux fleuves des Pays-Bas occupés par les Allemands.

Market Garden devait notamment permettre d'atteindre la ville d'Arnhem, située sur la rive du Rhin, derrière le troisième PONT à prendre.

Le succès aurait permis aux Alliés de contourner la ligne Siegfried afin d'accéder à l'un des principaux centres industriels du IIIe Reich, la Ruhr, et donc de terminer plus rapidement la guerre, peut-être avant Noël 1944.

Proposée par le maréchal britannique Montgomery, cette opération risquée avait rencontré l'opposition des généraux américains Patton et Bradley, qui voulaient continuer leur offensive au Sud, car ils avaient encore en mémoire les paroles du vainqueur d'El-Alamein qui se faisait fort de s'emparer de Caen (14) dès le soir du 6 juin 1944, alors que la ville n'était tombée que le 21 juillet...

L'opération Market Garden a finalement échoué. Ses objectifs finaux ne furent pas atteints malgré la libération d'une partie du territoire néerlandais. Et les Alliés ont perdu environ 16 000 hommes, contre 8 000 pour les Allemands.

Sans doute Montgomery avait-il visé "UN PONT TROP LOIN" ?

Source : wikipedia.org

"La fille aux yeux d'or".

Il s'agit du surnom de l'actrice et chanteuse française Marie Laforêt.

Disque 45t de la BOF Bande Originale du Film) du film français "La fille aux yeux dor" de Jean-Gabriel Albicocco 1961), adapté de la nouvelle homonyme de l'écrivain français Honoré de balzac (1835), qui vaudra à l'actrice et future chanteuse française Marie Laforêt, interprète du rôle-titre, son surnom
Disque 45t de la BOF Bande Originale du Film) du film français "La fille aux yeux dor" de Jean-Gabriel Albicocco 1961), adapté de la nouvelle homonyme de l'écrivain français Honoré de balzac (1835), qui vaudra à l'actrice et future chanteuse française Marie Laforêt, interprète du rôle-titre, son surnom

"Tout est bien qui finit bien".

Cette expression bien connue impliquant que cela aurait pu mal se terminer conclut souvent une aventure pleine de péripéties.

Mais on ignore presque toujours, me semble-t-il, que cette formule nous vient directement de la littérature anglais et plus précisément de William Shakespeare.

Ce célèbre écrivain anglais est en effet l'auteur de "Tout est bien qui finit bien" ("All's Well That Ends Well" en anglais), une comédie écrite probablement entre 1601 et 1608.

Source : wikipedia.org et wiktionary.org.

"Une rodomontade".

J'aime beaucoup ce joli substantif féminin du registre soutenu qui désigne : une fanfaronnade, une attitude prétentieuse et ridicule, une vantardise pleine d'insolence ; une action, un propos, un comportement ou un propos de rodomont.

"Un rodomont" est un substantif masculin du registre soutenu qui désigne : un fanfaron de bravoure, un bravache, un fier-à-bras, un matamore.

Et "rodomont" est l'adjectif qualifiant ce type d'individu.

À l'instar de "sacripant", ces mots nous viennent directement de la littérature italienne, puisqu'il font référence à Rodomont, roi d’Alger courageux, fier et insolent, un personnage de Boïardo Matteo Maria, dans "Roland amoureux" (1483), un long poème inachevé, et de L’Arioste, dans "Roland furieux" (1516), sa suite.

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Un Monsieur Jourdain" ou "Être le Monsieur Jourdain de quelque chose".

Cette locution nominale du langage courant désigne : une personne pratiquant une activité sans même avoir connaissance de son existence.

Elle fait référence au personnage du même nom, héros de la comédie-ballet de Molière "Le bourgeois gentilhomme", représentée pour la première fois le 14 octobre 1670, devant la cour de Louis XIV, au château de Chambord (41).

"Le bourgeois gentilhomme" Tableau du peintre anglais William Powell Frith (1850)
"Le bourgeois gentilhomme" Tableau du peintre anglais William Powell Frith (1850)

Dans l'acte II, scène IV, en effet, Monsieur Jourdain apprend, au cours d'un échange avec son maître de philosophie, qu'il dit de la prose depuis longtemps, sans le savoir :

- "Par ma foi ! il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j'en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m'avoir appris cela".

On dit par exemple : "Tel Monsieur Jourdain, je classais déjà alphabétiquement conformémént à la norme AFNOR, sans même la connaître".

Source : wikipedia.org

"Le Petit Poucet de la Coupe de France de football" ou "Le Cendrillon de la Coupe de France de football".

Ces deux appellations désignent de petites équipes de football amateures mises en lumière lors de leur participation à la Coupe de France parce qu'elles parviennent à réaliser l'exploit de battre successivement plusieurs équipes de divisions supérieures et notamment de première et de deuxième division (actuelles Ligue 1 et Ligue 2), qui sont des équipes professionnelles.

On parle souvent dans ces cas là de la "magie de la coupe", qui permet de telles surprises ; les rencontres à élimination directe rendant possible la mise en difficulté - le temps d' un match - d'équipes théoriquement supérieures par des équipes de divisions inférieures.

Ainsi, le 4 février 1957, le club algérien de division d'honneur du SCU El Biar élimine le glorieux Stade de Reims, finaliste de la précédente Coupe des clubs champions européens (actuelle Ligue des champions) face au Real Madrid !

De très nombreuses autres formations amateures ont éliminé des équipes professionnelles, parmi lesquelles l'incroyable US Quevilly :

  • finaliste en 1927,
  • puis victorieux en huitième de finale de l'Olympique lyonnais en 1968,
  • avant d'enchaîner deux séries mémorables en trois ans :
    • en 2010, face au Angers SCO, au Stade rennais et à l'US Boulogne avant de perdre en demi-finale 1-0 contre le Paris Saint-Germain,
    • puis en 2012, face au Angers SCO, à l'Olympique de Marseille et au Stade rennais avant d'échouer 1-0 contre l'Olympique lyonnais en finale.

Cependant depuis les débuts de la Coupe de France, seuls Le Havre AC (Ligue 2) en 1959 et l'En Avant de Guingamp (Ligue 2) en 2009 sont parvenu à gagner la Coupe de France en étant pensionnaires d'une division inférieure.

Source : wikipedia.org

"Le roi est nu".

Cette formule est couramment utilisée par les journalistes politiques pour décrire un dirigeant ne bénéficiant d'aucun pouvoir ou d'aucun soutien.

On dit par exemple : "Le président Macron ne dispose pratiquement d'aucun fusible : le roi est nu".

On ignore souvent qu'il s'agit d'une citation directement issue de "Les Habits neufs de l’empereur" (ou "Le Costume neuf de l'empereur"), un conte écrit en 1837 par le danois Hans Christian Andersen, qui lui a reconnu des origines espagnoles.

Résumé du conte d'Andersen

Il y a bien longtemps vivait un empereur qui aimait par-dessus tout être bien habillé et avait un habit pour chaque heure du jour.

Un beau jour, arrivent deux escrocs, qui prétendent savoir tisser une étoffe que seules les personnes sottes ou incapables dans leurs fonctions ne pouvent pas voir et proposent à l'empereur de lui en confectionner un habit. Celui-ci pense que ce vêtement sera exceptionnel et qu’il pourra lui permettre de repérer les personnes intelligentes de son royaume.

Les deux charlatans se mettent alors au travail.

Quelques jours plus tard, l’empereur, curieux, vient voir où en était le tissage de son habit. Mais il ne voit rien car il n’y a rien. Troublé, il décide aussitôt de n’en parler à personne, car personne ne voudrait d’un empereur sot.

Il envoie alors plusieurs ministres inspecter l’avancement des travaux. Lesquels ne voient rien non plus, mais n’osent pas non plus l’avouer, de peur de paraître idiots.

Tout le royaume parle de cette étoffe extraordinaire.

Le jour où les deux escrocs décident que le précieux vêtement est achevé, ils aident l’empereur à l’enfiler.

Ainsi "vêtu" et accompagné de ses ministres, le souverain se présente à son peuple qui, lui aussi, prétend voir et admirer ses vêtements.

Seul un petit garçon ose dire la vérité : "Mais il n’a pas d’habits du tout !" (ou dans une traduction plus habituelle : "le roi est nu !"). Et tout le monde lui donne raison. L’empereur comprend alors que son peuple a raison, mais continue sa marche sans dire un mot.

Source : wiktionary.org

L'origine directement littéraire du nom de l'enseigne "Starbucks".

Logo de l'entreprise états-unienne Starbucks, fondée en 1971

Starbucks est une chaîne de cafés états-unienne fondée en 1971, à Seattle (Washington), sous le nom de Starbucks Coffee Company par Zev Siegl, Jerry Baldwing et Gordon Bowker, associés au torréfacteur Alfred Peet.

Elle a été rachetée en 1987 par Howard Schultz, le directeur marketing, qui la rebaptise Starbucks Corporation et lui fait vendre des boissons au café en plus des cafés en grain qu'elle se contentait de proposer jusqu'alors.

En partie en franchise, il s'agit de la plus grande chaîne de ce genre dans le monde, avec plus de 28 000 établissements implantés dans près de 80 pays, dont 12 000 aux États-Unis d'Amérique.

L'origine littéraire du nom "Starbucks"

L'entreprise tire son nom de "Starbuck", l'un des officiers du Pequod, le navire du capitaine Achab, qui poursuit un gros cachalot blanc surnommé "Moby Dick", dans le célèbre roman d'aventures états-unien du même nom, écrit en 1851 par Herman Melville ("Moby Dick or The whale" en anglais, c'est à dire "Moby Dick ou La baleine" ou "Moby Dick ou Le cachalot").

Édition originale de 1851 du roman états-unien "Moby Dick" de Herman Melville (1851)

D'où le logo de couleur brune dessiné par Terry Heckler et représentant une sirène couronnée dotée de deux queues de poisson, inspirée d'une gravure scandinave du XVIe siècle.

Logos successifs de l'enseigne états-unienne Starbucks

Le concept Starbucks

Les établissements Starbucks vendent exclusivement leur propre marque de café (moulu ou en grains), du thé, des boissons, des pâtisseries, des ustensiles et des machines à café.

Produits Starbucks

Mais l'entreprise vise principalement à "offrir une expérience-consommateur", en proposant à sa clientèle un service unique qu’elle ne retrouvera pas dans les cafés d’une autre enseigne (confort, calme,etc.).

Produits Starbucks

Ainsi que des prix qui défient parfois l'entendement, puisqu'une tasse de 350 millilitres de café peut y coûter jusqu'à... 12 dollars !

Indépendamment de ceux-ci, l'entreprise fait également l'objet de critiques concernant notamment sa politique de ressources humaines, ses produits et sa politique écologique.

Source : wikipedia.org

"Les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés", "Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés" ou "Fils de cordonnier est le plus mal chaussé".

Ces différentes expressions proverbiales françaises signifient que l'on est souvent mal pourvu des avantages qu'on est le plus à même de se procurer par son état, par sa position.

On utilise donc ces expressions de façon ironique pour se moquer gentiment des personnes qui ne profitent pas des produits ou du savoir-faire que peut leur procurer leur métier.

Ainsi par exemple :

  • d'un cuisinier qui ne dispose pas, chez lui, d'un équipement correct pour cuisiner,
  • d'un peintre en bâtiment, dont la façade de la maison n'a pas été repeinte depuis une éternité,
  • ou d'un médecin qui ne possède pas de pansements ni d'antiseptique chez lui, lorsque l'un de ses proches se blesse.

Ces proverbes sont tirés d'une réflexion de Montaigne, sans doute à partir d’un cliché qui devait déjà être répandu à son époque, mais qu’il a sans nul doute contribué à installer.

Dans le livre I de son oeuvre phare "Les Essais" (1581), il écrit en effet que "Quand nous voyons un homme mal chaussé, nous disons que ce n’est pas merveille s’il est chaussetier".

Sources : wikipedia.org, www.expressions-francaises.fr et www.canalacademie.com

"En route, mauvaise troupe !".

Cette expression du registre désuet signifie "En avant !" et s'adresse à un groupe amical ou familial.

Un père de famille peut par exemple dire à ses enfants, au moment de partir à la plage, - surtout s'ils sont relativement nombreux - : "En route, mauvaise troupe !".

Contrairement à ce que pense, je crois, l'immense majorité des gens, cette formule ne constitue en rien un idiotisme militaire, mais a directement pour origine... un poème de Paul Verlaine, publié en 1884 dans le recueil "Jadis et naguère" et intitulé "Prologue", dont elle constitue le premier vers !

Prologue de Paul Verlaine (1884)

"En route, mauvaise troupe !
Partez, mes enfants perdus !
Ces loisirs vous étaient dus :
La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D’un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s’agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d’un effort divin,

Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,
Que dès hier renia
Mon coeur quêtant d’autres proies.
Allez, aegri somnia".

"Ô temps suspends ton vol".

Cette superbe phrase, souvent reprise et pratiquement entrée dans le langage courant des personnes lettrées, est extraite de l'un des plus célèbres poèmes d'Alphonse de Lamartine, "Le Lac".

Le poète français Alphonse de Lamartine

Paru dans le recueil "Méditations poétiques "en 1820, ce poème est considéré comme un des fleurons de la poésie romantique française.

L'origine du poème

Alphonse de Lamartine admirait Julie Charles (l'épouse du célèbre physicien Jacques Charles).

Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles
Julie Bouchaud des Hérettes, épouse Charles

Malade, la muse du poète n'avait pas pu se rendre, en août 1817, au lac du Bourget (73), lieu de maintes rencontres, où elle devait le revoir.Et elle mourut peu après.

Lamartine revint seul revoir les lieux qu'il avait visités autrefois avec elle, comme la grotte qui porte aujourd'hui son nom ("Grotte Lamartine").

La grotte Lamartine, sur les bords du lac du Bourget (73)

Surpris de trouver la nature toujours semblable à elle-même et indifférente, il souhaite qu'elle garde au moins le souvenir de leur bonheur passé. La douceur mélodieuse des vers exprime heureusement le calme voluptueux d'une nuit d'été, et la fuite rapide des heures. L'œuvre, composée de seize quatrains, rencontre un grand succès et propulse son auteur au premier rang de la poésie romantique et du lyrisme.

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Pourquoi dire : "La sérendipité" ?

Et pas : "La fortuité" !

Le mot "Sérendipité", de plus en plus utilisé ces dernières années, est en effet un simple décalque de l'anglais "Serendipity" signifiant "Don de faire par hasard des découvertes fructueuses".

Ce mot a été créé en 1754 par Horace Walpole, qui l'avait tiré d’un conte oriental, "Les Trois Princes de Serendip" ; "Serendip" (ou "Serendib") étant une ancienne transcription anglaise du mot arabe désignant le "Sri Lanka" ("Ceylan" jusqu'en 1972) !

Concrètement, la fortuité est la conjonction :

  • du hasard heureux qui permet au chercheur de faire une découverte inattendue d'importance ou d'un intérêt supérieur à l'objet de sa recherche initiale,
  • et de l'aptitude de ce même chercheur à saisir et à exploiter cette "chance".

On emploie fréquemment ce terme dans le monde scientifique pour désigner une forme de disponibilité intellectuelle, permettant de tirer de riches enseignements d’une trouvaille inopinée ou d’une erreur.

Ainsi d’un brillant mais négligent chercheur anglais, Alexander Fleming, qui avait la réputation d’oublier régulièrement ses boîtes à culture, et qui, rentrant de vacances, eut la surprise de découvrir dans l’une d’elles qu’une forme de moisissure avait empêché le développement des bactéries : la pénicilline.

Ou de ce berger inconnu qui, ayant oublié un fromage dans une grotte, découvrit... le Roquefort.

Sources : www.academie-francaise.fr et wikipedia.org