Qu'est-ce donc qu'un piédouche ?

Ce curieux substantif masculin, souvent méconnu, nous vient de l'italien"pieduccio" ("petit pied").

Et il désigne : un petit piédestal mouluré, le plus souvent de section circulaire mais parfois carré ou rectangulaire, servant de support à un buste, une statuette, une colonnette, un vase,  une coupe.

Un buste sur piedouche du Comte de MirabeauUne statuette sur piédouche

Une colonne sur piédouche

Un vase Gallé sur piédoucheUne coupe sur piédouche

Voire un simple bol ou même des verres.

Un bol sur piédoucheUn verre sur piédouche

Sources : www.larousse.fr, Le Robert, wiktionary.org et www.cnrtl.fr

"La pâte de verre".

Pâtes de verre Daum

La pâte de verre est une technique ancienne qui resurgit lors de la période Art nouveau.

Les artistes de ce mouvement, né à la fin du XIXe siècle, privilégiaient en effet les lignes sinueuses, les courbes et les formes organiques. La pâte de verre, étant une matière souple, répondait donc parfaitement à ce désir de renouveau des formes.

Ce savoir-faire était connu des Phéniciens et des Égyptiens puis il a été oublié pendant plusieurs siècles. Pline et d’autres écrivains de l’Antiquité rapportent que l’on couvrait alors les murs et les plafonds de pavés de pâte de verre de diverses couleurs. Il s’agissait de mosaïque mais aussi de pièces de plus grandes dimensions. On retrouve également des amulettes et des bijoux en pâte de verre dans les tombeaux égyptiens.

Mais cette technique va être délaissée au profit du verre soufflé.

Au début du 18ème siècle, la pâte de verre connut un regain d’intérêt : le Duc d’Orléans, alors régent, encouragea la redécouverte de la pâte de verre. Il suivit les recherches du chimiste Guillaume Homberg (1652-1715), qui mit à jour de nouveaux procédés pour réaliser des pâtes de verre.

Mais c’est avec l’Art Nouveau que l’on doit la renaissance de la pâte de verre. Vers 1880, quelques artistes cherchaient une matière que l’on puisse travailler comme une sculpture.

C’est Henri Cros, sculpteur symboliste et passionné d’archéologie (1840-1907), qui redécouvrit la pâte de verre, après de multiples expérimentations. Parallèlement, d’autres artistes développèrent des procédés particuliers pour produire cette matière. C’est le cas d’Albert Dammouse (1848-1926), qui réussit à affiner la matière et allégea le décor. François Décorchemont (1880-1971), quant à lui, réalisait des pièces inspirées de la nature, dans des couleurs riches en nuances. Amalric Walter (1870-1959), engagé par les Frères Daum en 1904, maîtrisait parfaitement la technique de la pâte de verre et a réalisé des pièces au décor végétal ou animalier, souvent à partir de décors d’Henri Bergé (chef décorateur chez Daum, 1870-1937), contribuant au succès de l’École de Nancy (54).

Il ne faut pas confondre la pâte de verre et le verre opaque. Un usage impropre du terme pâte de verre s’est développé en raison de l’aspect parfois proche de ces deux types de verre.

Le verre opaque est composé de plusieurs couches, dans lesquelles des poudres d’émaux colorés sont incorporés au cours de la cuisson. Et il existe donc une grande différence entre les procédés de fabrication de ce verre soufflé et de la véritable pâte de verre. Qui est par ailleurs plus lourde que le verre.

La fabrication de la pâte de verre

La pâte de verre commence par la mise en place à froid de verres en poudre, concassé ou broyé dans un moule réfractaire qui va être chauffé à 800 °C. Il est également possible de procéder à la technique de fonte à la cire perdue. Celle-ci offre la possibilité d’obtenir diverses formes ainsi que des détails précis.

Les morceaux de verre se transforment en pâte en remplissant le moule en creux. Une fois la pièce refroidie, elle est dégagée de son moule puis elle est nettoyée à l’eau. Différentes étapes sont nécessaires afin de retrouver une partie de la transparence du verre.

Un matériau qui flatte les sens

La pâte de verre est un matériau à partir duquel on produit des oeuvres uniques ou en édition limitée. Son caractère esthétique tient en effet autant à la matière qu’à la forme.

La pâte de verre est une matière qui comporte des bulles, qui prend à la lumière un aspect cireux, mat, semi transparent, translucide ou ponceux. Son grain est particulier, évoquant le velours d’une pêche, le satin d’une peau délicate ou la douceur d’une surface cirée. La lumière offre au regard toute une gamme de jeux optiques grâce aux semi transparences, aux modulations des couleurs et des épaisseurs de la matière, à ses reliefs et aux tailles ou polissage.

On trouve notamment des vases en pâte de verre :

Vase Daum en pâte de verre
Vase Daum en pâte de verre

Ainsi que des lampes :

Lampe Gallé en pâte de verre
Lampe Gallé en pâte de verre

Ou encore de petits carreaux de céramique.

Mosaïque en pâte de verre

Sources : mr-expert.com et leverreetlecristal.wordpress.com

"L'embâcle" ou "Un embâcle".

Ce substantif masculin relativement méconnu des français désigne l'obstruction complète ou semi-complète du lit d'un cours d'eau ou d'un détroit :

  • par un amoncellement anormal de glaçons ou de glace flottante, au début de la saison froide ("embâcle de glace"),
Un embâcle de glace
Un embâcle de glace
Un embâcle de glace
Un embâcle de glace
  • ou de débris divers, est une accumulation naturelle de matériaux apportés par l'eau (exceptionnellement par un glissement de terrain) ("embâcle naturel"),
Un embâcle naturel
Un embâcle naturel
Un embâcle naturel
Un embâcle naturel
Un embâcle naturel, contre les piles d'un pont
Un embâcle naturel, contre les piles d'un pont

Cette obstruction peut former des barrages temporaires et provoquer de graves inondations lors de la débâcle (antonyme).

Ce dernier terme est bien davantage connu, du fait de son utilisation courante au sens figuré.

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

 

"Un coq hardi".

Tout jeune enfant je m'étais interrogé sur la signification de cette locution nominale masculine, qui me semblait omniprésente.

En effet :

  • un restaurant portait ce nom, à Payrac (46) le petit village du Lot dans lequel je passais la plupart de mes vacances, de 1965 à 1974,
Affiche du film franco-germano-italien "Merveilleuse Angélique", de Bernard Borderie (1965)
Affiche du film franco-germano-italien "Merveilleuse Angélique", de Bernard Borderie (1965)
  • ainsi que dans le film franco-germano-italien de Bernard Borderie "Merveilleuse Angélique", sorti en 1965 et tiré du roman français d'Anne et Serge Golon, "Le chemin de Versailles", sorti en 1957.
Angélique (Michelle Mercier), dans le film "Merveilleuse Angélique" (1965), devant l'enseigne du "Coq hardi", qu'elle reprend et rebaptise "Le Masque rouge", faisant prospérer cette modeste auberge parisienne, qui devient vite un endroit chic et réputé.
Angélique (Michelle Mercier), dans le film "Merveilleuse Angélique" (1965), devant l'enseigne du "Coq hardi", qu'elle reprend et rebaptise "Le Masque rouge", faisant prospérer cette modeste auberge parisienne, qui devient vite un endroit chic et réputé.
  • il s'agissait par ailleurs du titre d'un excellent journal de bande dessinée français, créé le 20 novembre 1944 à Clermont-Ferrand (69) par le dessinateur français Marijac, et publié jusqu'au 5 février 1963.

Couverture du n°35 de la 3e année de la nouvelle série du journal de bande dessinée français "Coq hardi", sorti le 21 novembre 1946

  • ainsi que du nom d'une bière blonde française, produite par la Brasserie du Coq Hardi, située à Marcq-en-Baroeul (59) et acquise, en 1972, par la brasserie belge Haacht, située à Boortmeerbeek et fondée, en 1898, sous le nom de Brasserie et Laiterie de Haecht !

Plaque émaillée publicitaire pour les bières belges "Coq Hardi"Plaque émaillée publicitaire pour la bière belge du "Coq Hardi"

Quelques années plus tard, j'ai pu découvrir que ce terme de "Coq hardi" désignait tout simplement, en héraldique : un coq avec la patte droite levée.

Un motif qui figure sur de très nombreux blasons :

Le blason de la ville de Romagne-sous-les-Côtes (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Romagne-sous-les-Côtes (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de La-Neuville-en-Hez (60), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de La-Neuville-en-Hez (60), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Baudignécourt (55), avec un "Coq hardi"
Le blason de la ville de Baudignécourt (55), avec un "Coq hardi"

Source : wikipedia.org

 

"Un coprolithe".

Ce substantif masculin polysémique nous vient du grec ancien "kopros" ("excrément") et "lithos" ("pierre").

Et il désigne, selon le contexte :

  • en géologie et en paléontologie : un excrément humain ou animal minéralisé, fossilisé,
Un coprolithe de dinosaure
Un coprolithe de dinosaure
  • ou, en biologie : une accumulation de matières fécales déshydratées, stagnantes et durcies dans le rectum, également appelée "Fécalome" ou "Fécalithe" (substantifs masculins).

Un "coprolithe", "fécalome" ou "fécalithe"

Sources : wikipedia.org et wiktionary.org

"Un gallodrome".

Un gallodrome dans les Hauts-de-France (© Agence France Presse)

Ce substantif masculin peu connu désigne : un bâtiment dans lequel sont organisés des combats de coqs.

À La Réunion (97-4) on compte encore cinq gallodromes officiellement tolérés et de nombreux autres illégaux.

En Martinique (97-2) et en Guadeloupe (97-1) existent encore de nombreux gallodromes appelés localement "Pitt à coq".

En France métropolitaine, les Hauts-de-France sont la seule région où les combats sont légaux.

Et elle possède même sa race de coq de combat, le "Combattant du Nord".

Un combattant du Nord, élevé pour les combats de coqs

Pour finir, sachez que nos amis haïtiens les appellent "Gaguères" (nom féminin).

"La vente au parapluie".

Cette curieuse locution nominale féminine désigne : la vente, pratiquée à la sauvette dans les lieux publics, de menus objets présentés dans un parapluie ouvert et renversé.

Celui-ci peut en effet être très rapidement refermé et emporté avec tout son contenu, afin de s'enfuir rapidement en cas de contrôle policier.

Source : www.cnrtl.fr

L'"Homogamie", également appelée "Homogamie sociale" ou "Isogamie".

Ces trois substantifs féminins désignent : le fait de rechercher un conjoint au sein du groupe social auquel on appartient, c'est-à-dire un conjoint de même statut social, dont le niveau social est équivalent au sien.

On dit qu'il y a homogamie, lorsqu'il existe des unions préférentielles dans la population, c'est-à-dire quand les individus possédant les mêmes caractéristiques se marient plus fréquemment entre eux que ne le voudrait le hasard.

On parle également d'homogamie d'ethnie, de religion, de culture, d'opinion politique, d'âge, de profession, de diplôme, etc.

Sources : wikipedia.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Le gongorisme" ou "Le cultisme".

On rencontre assez peu fréquemment ces deux étranges substantifs masculins, qui relèvent du registre soutenu.

Et qui désignent tous deux : l'affectation, la préciosité, la recherche du style,.

Ce style littéraire du XVIIe siècle se caractérise notamment par l'abus d'images et de métaphores et il a été mis à la mode à la fin du XVIe siècle par certains écrivains espagnols.

Et en particulier, bien sûr, celui qui lui a donné son nom de "Gongorisme", le poète baroque espagnol Luis de Gongora y Argote, né le 11 juillet 1561 et mort le 24 mai 1627.

Le poète baroque espagnol Luis de Gongora y Argote, emblématique du "Gongorisme" ou "Cultisme".

Sources : wikipedia.org et Le Robert

"Les biomédias".

Des biomédias ramassés sur une plage

Cet étrange substantif désigne : de petits filtres circulaires en plastique utilisés par centaines de millions depuis le début des années 2000 dans de nombreuses stations d'épuration municipales ou industrielles.

Leur rôle est de servir de support aux micro-organismes qui, en s'y agglutinant, permettent de dégrader plus efficacement la matière organique pendant la phase de traitement biologique des eaux.

Et il en existe plusieurs types, de formes, tailles et couleurs différentes, adaptées à l'usage des différents bassins.

Les différents modèles de biomédias proposés aux stations d'épuration par la société chinoise Yosun Environmental
Les différents modèles de biomédias proposés par la société chinoise Yosun Environmental

Malheureusement, plusieurs très importants cas de pollution de plages ont été constatés en Méditerranée, dont un en Corse, en février 2021, des bénévoles ayant pu ramasser jusqu'à 40 000 biomédias par jour sur une seule plage !

Des biomédias ramassés sur une plage

Plusieurs types d'incidents en effet peuvent conduire à ces cas de pollution : de fortes pluies, causant des débordements dans les stations d’épuration, les eaux usées emportant avec elles les biomédias. Mais on a également pu observer des pertes lors de travaux dans les bassins de traitement. Et il arrive que les grilles d’évacuation des eaux ne soient pas adaptées aux modèles de biomédias utilisés et les laissent passer...

Des biomédias ramassés sur une plage

Mais ce qui est peut-être le plus grave, c'est que - outre la pollution plastique gigantesque qu'ils génèrent - ces biomédias posent également de sérieux problèmes sanitaires. Ils transportent en effet avec eux de nombreux germes et bactéries présents dans les stations d'épuration (escherichia coli, entérocoques intestinaux, etc.) qui peuvent provoquer des gastroentérites, des infections urinaires ou même des septicémies, ou encore la gale !

On frémit par conséquent en pensant à tous ces jeunes enfants jouant dans le sable, qui ne manqueront pas, au cours des prochaines années, de trouver et de jouer avec ces charmants petits nids à microbes, que l'on aura toutes les peines du monde à ramasser.

Quel paradoxe, ma foi, quand on pense que ces objets ont été créés et utilisés à des fin de... dépollution des eaux usées !

Sources : mare-vivu.org

"Une brûlerie".

Ce substantif féminin désigne, selon le contexte :

  • principalement : une usine ou un atelier de torréfaction du café en grains, ce dernier étant désormais souvent situé dans une boutique.

Une brûlerieUne brûlerieUne brûlerie

Une brûlerieUne brûlerieUne brûlerie

  • et plus rarement : une distillerie d'eau-de-vie.

Une distillerie d'eau-de-vie ou "brûlerie"Une distillerie d'eau-de-vie ou "brûlerie"

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr