"Le solipsisme".

Ce substantif masculin peu connu désigne :

  • une théorie philosophique dont le nom vient du latin "Solus" ("Seul") et "Ipse" ("Soi-même").

Le solipsisme considère qu'il n'y aurait pour le sujet pensant d'autre réalité que lui-même ; sa conscience propre étant l'unique réalité, les autres consciences et le monde extérieur n'étant que des représentations.

Et l'on peut donc parler d'égoïsme métaphysique.

  • par analogie : la démarche du philosophe qui pose la subjectivité comme fait primitif et qui pratique le scepticisme radical face à tout jugement sur la réalité objective.
  • et par extension : l'attitude d'une personne qui, dans son expression, sa création, sa vision du monde, privilégie la solitude de sa subjectivité.

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr

"Contre-intuitif" ou "Contre-intuitive".

Cet adjectif est essentiellemment employé dans les domaines techniques ou scientifiques.

Et il qualifie ce qui n’est pas intuitif ; ce qui va à l’encontre de l’intuition première, innée et automatique.

Avoir un jugement contre-intuitif nécessite de ne pas écouter ses sentiments mais de raisonner de façon intelligible et réfléchie.

Vous trouverez de nombreux exemples de phénomènes contre-intuitifs dans cet article : http://prof.math.free.fr/afficher.php?id=92

Sources : wiktionary.org, www.linternaute.fr et gdt.oqlf.gouv.qc.ca

"Incunable" et "Un incunable".

Cet adjectif et ce substantif s'applique et désigne, par convention, un livre imprimé en Europe avant le 1er janvier 1501.

On parle par exemple d'un "ouvrage incunable" ou d'une "collection d'incunables".

L'appellation est parfois improprement étendue aux "Post-incunables", livres d'aspect comparable mais imprimés ultérieurement, avant 1525-1530 voire, pour les pays nordiques, avant 1550, qualifiés de "Post-incunables".

Sources : wikipedia.org

Un "saprophyte" n'est pas un vil capitaliste !

Mais un micro-organisme végétal, fongique ou bactérien, vivant aux dépens de matières organiques inertes (non vivantes), dont il peut provoquer la décomposition ou la putréfaction en libérant des enzymes digestives.

Il n'est donc ni pathogène ni parasite.

Ce mot du registre soutenu est également un adjectif signifiant "relatif aux saprophytes".

Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre le substantif masculin « saprophyte » et la locution « ça profite ».

"La polymathie" et "Un polymathe".

On ignore souvent, me semble-t-il la signification de ces deux substantifs du registre soutenu.

Peu fréquemment employés, ils désignent respectivement :

  • "La polymathie" : la connaissance approfondie d'un grand nombre de sujets différents, en particulier dans le domaine des arts et des sciences.

On dit par exemple : "Rares sont les scientifiques à avoir la polymathie de Descartes !".

  • et "Un polymathe" : une personne possédant beaucoup de connaissances dans de nombreux domaines  ; plus communément appelée "une personne d'esprit universel" ou - par ellipse - "un génie universel".

On dit par exemple : "N'étant pas polymathe, il est je pense tout à fait normal que je ne sois pas capable de lire la thèse de doctorat de mon neveu biologiste".

Source : wikipedia.org

"Une infestation acridienne".

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

Cette locution nominale féminine étrange désigne généralement ce que l'on appelle plus communément : une invasion de criquets.

  • Le substantif féminin "Infestation" désigne en effet :
    • l'envahissement d’un organisme vivant par des parasites non microbiens, au contraire du terme "Infection", qui désigne l'envahissement d’un organisme vivant par des microbes.
    • et notamment, en agriculture, la contamination et l'envahissement par des parasites ou des adventices.

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

Infestation acridienne, plus communément appelée "Invasion de criquets"

La Corne de l'Afrique (Somalie, Djibouti, Éthiopie et Érythrée), mais aussi le Kenya et l'Ouganda, ont connu, à partir de décembre 2019, une infestation acridienne comme elle n'en avait pas subi depuis des décennies, avec un essaim de 200 milliards de criquets mesurant 60 kilomètres par 40 (ce qui équivaut au Luxembourg), pouvant se déplacer de 100 à 150 km par jour ,et dévorant quotidiennement 400 000 tonnes de nourriture, correspondant à la consommation de 84 millions d'humains !

La corne de l'Aftrique

  • et l'adjectif "Acridien" (du grec ancien "akridis" qui signifiait "sauterelle") désigne :
    • ce qui ressemble ou est relatif à une sauterelle,
    • ou : ce qui est relatif aux "acrididés", c’est-à-dire aux criquets (autrefois confondus avec les sauterelles).
Un criquet
Un criquet

Source : wikipedia.org

 

 

"Adventice" et "Une adventice".

Ces jolis adjectif et substantifs féminins très peu connus sont issus du latin "adventicius", provenant lui-même du verbe "advenire" ("qui vient de l'extérieur") et signifient respectivement:

  • "Adventice" :
    • qui ne fait pas naturellement partie de quelque chose, qui survient incidemment, qui s'ajoute accessoirement.

On dit par exemple : "Je trouve cette histoire surchargée de remarques adventices".

    • ou : qui pousse spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci (pour une plante).

On dit par exemple : "Le chiendent ou les orties sont des plantes adventices".

Des orties

  • et "Une adventice" : une plante poussant spontanément dans une culture sans avoir été semé, et dont la présence est plus ou moins nocive à celle-ci.

La nocivité des plantes adventices s'explique en effet par des effets de compétition avec la plante cultivée, vis-à-vis de l'eau, de la lumière et des éléments minéraux contenus dans le sol.

Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales
Adventice (renoncule rampante) dans un champs de céréales

Ce qui explique que les jardiniers et les cultivateurs appellent communément ces "plantes adventices" ou "adventices" : "les mauvaises herbes" ou "les herbes folles".

Des adventices dans un semis de betteraves potagères
Adventices dans un semis de betteraves potagères

Sources : www.larousse et wikipedia.org

"Archétypal", Archétypale" et "Archétypaux" ou "Archétypique" et "Archétypiques".

Ces deux adjectifs du registre soutenu sonr rigoureusement synonymes et signifient : relatif(ve)(s) à un archétype, à un modèle idéal, une idée de base, un symbole universel.

Mais la forme "Archétypique" / "Archétypiques" est bien davantage usitée que la forme "Archétypal", Archétypale" et "Archétypaux".

On dit par exemple : "Nous sommes allés en vacances dans les Vosges, où nous avions loué un gîte archétypique du chalet de montagne".

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org et www.universalis.fr

"La concupiscence", "Concupiscent" ou "Concupiscente".

J'aime beaucoup ces joli mots du registre soutenu et du registre désuet, qui désignent, dans la théologie chrétienne :

  • le penchant, l'attrait naturel vers la jouissance des biens matériels, terrestres, soit, de manière plus générale,
  • et en particulier le penchant, l'inclination vers les plaisirs sensuels ; la convoitise, le désir.

On dit par exemple : "Son regard trahit la concupiscence  lorsqu'il regarde les femmes en maillot de bain sur la plage".

Le mot "Concupiscence" nous vient du mot latin "Concupiscentia", qui est dérivé du verbe "Cupere" signifiant littéralement "Désirer ardemment". D'autres dérivés de ce verbe sont par exemple le nom de "Cupidon", dieu latin de l’amour fou et du désir, ou encore le mot "Cupidité".

Le terme "Concupiscentia" n’a pas été "inventé" avec le christianisme. Avant d’être une notion importante du christianisme, le terme appartient au vocabulaire des païens qui en font l'équivalent de ce que notre langue appelle la convoitise. La concupiscentia est, dans ce contexte, définie comme l’élan qui amène l'homme à désirer avec ardeur. La concupiscence ne fait cependant pas encore l’objet d'une attention particulière avant l'ère chrétienne et désigne originellement toute forme véhémente de désir humain.

Source : www.larousse.fr, www.linternaute.fr et wikipedia.org

"Un archétype".

Ce substantif masculin du registre soutenu désigne :

  • un modèle primitif idéal ou le plus étendu, un type suprême ou un prototype ; l'exemple-type d'une situation ou d'une réalité donnée,
  • en littérature et en philosophie : un modèle idéal (général) à partir duquel est construit dans sa "forme", sa "matière", sa "fin", un sujet (qui appartient en quelque sorte à une série),
  • en critique textuelle : un manuscrit ancien, ancêtre d'un ou de plusieurs autres ; un modèle original ou idéal sur lequel est construit un texte, un ouvrage, une oeuvre, expliquant les ressemblances (fautes identiques, mise en page, passages manquants similaires) entre différents manuscrits d'un même livre,
  • en linguistique : une unité linguistique reconstruite par la méthode historique comparative,
  • chez Platon : un modèle approchant la perfection,
  • en psychologie analytique, un concept créé par Carl Gustav Jung désignant une structure psychique universelle (l'image de l'homme idéal que l'on se fait) issue de l'inconscient collectif, de l'humanité, apparaîssant dans les mythes, les contes,le folklore, les rites etc. des peuples les plus divers,
  • dans les beaux-arts : un plâtre moulé sur un bas-relief,
  • en biologie animale : un organe animal peu différencié dont dérivent, au cours de l'évolution, des organes plus spécialisés et nettement différents d'un groupe à l'autre (patte, aile ou nageoire à partir du membre antérieur, par exemple), appelés "organes homologues".

Sources : www.universalis.fr, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr

"Un zététique" ou "Une zététique" et "La zététique".

Le substantif "Zététique" nous vient du grec ancien "Zetetikos" ("qui cherche, qui enquête") et il a été remis en usage dans notre pays, au  cours des années 1990, par le biophysicien français Henri Broch (né le 8 novembre 1950).

Il s'agit d'un terme de philosophie appartenant au registre désuet, qui désigne :

  • "Un zététique" ou "Une zététique" : une personne pratiquant le scepticisme, adepte du doute philosophique et du rationalisme.
  • et "La zététique" : une méthode de recherche scientifique fondée sur le doute et la vérification des informations, dont on se sert pour pénétrer la raison des choses.

Selon le professeur Broch, qui l'a remis au goût du jour en 1993, cette démarche philosophique et pratique pourrait être qualifiée d'"art du doute".

S'inspirant du scepticisme philosophique, la zététique s'appuie sur la méthode scientifique pour essayer d'appréhender efficacement le réel, par le biais d'enquêtes et d'expériences.

Elle a pour objectif de contribuer à la formation, chez chaque individu, d'une capacité d'appropriation critique du savoir humain.

Pour cela, la zététique recommande de penser avec ordre et méthode, en tenant à distance dogmes, préjugés et idées reçues.

Premières utilisations du mot aux XVIe et XVIIe siècles

Le terme "Zététique" avait d'abord été utilisé, en 1591, par le mathématicien François Viète, pour décrire l'art de modéliser un problème géométrique sous une forme algébrisée. Mais il était demeuré peu usité après lui.

Même si on pouvait le trouver dans le "Dictionnaire des termes des arts et des sciences" de Thomas Corneille, datant de 1694, avec comme définition "Qui cherche les raisons des choses".

Sources : wiktionary.org et wikipedia.org

"Le for".

Ce substantif masculin peu usité nous vient du latin "Forum" ("place publique", "tribunal") donnant au figuré "Cordis forum" ("jugement de la conscience").

Il désigne :

  • au sens propre, en droit écclésiastique : le lieu où les tribunaux sont compétents pour exercer leur juridiction,
  • par extension : l'autorité juridique que l’Église exerce sur les âmes et sur les choses spirituelles,
  • et au sens figuré : le  jugement de la conscience.

Mais il ne demeure en usage que dans les locutions "Dans son for intérieur" et "En son for intérieur".

Source : wiktionary.org

"Transmuer" et "Transmuter".

Ces deux verbes parfaitement synonymes signifient tous deux : transformer un élément en un autre.

Et notamment :

  • transformer une substance en une autre, en changeant sa nature.

En particulier :

    • changer des métaux vulgaires en métaux nobles par les procédés de l'alchimie.
    • et, en physique nucléaire : transformer un élément chimique en un autre par une modification du noyau atomique de l'élément.

Cette "transmutation nucléaire" est également appelée "mue atomique".

  • et, en littérature : changer, transformer totalement une chose en une autre.

On dit par exemple : "Transmuter le réel par l'écriture".

Le substantif féminin correspondant est la "transmutation" ; le terme "transmuation" n'existant pas.

Sources : www.cnrtl.fr, wiktionary.org, wikipedia.org et www.larousse.fr