"Bibi" et "Bibi".

Ce surnom en forme de gémination désigne deux personnes totalement différentes :

  • il s'agit d'abord, à partir des années 1950, de la gémination du patronyme de l'acteur français Maurice Biraud, né le 3 mars 1922 et mort le 24 décembre 1982.

  • puis, à partir des années 1990, du diminutif du prénom de l'homme politique national-libéral israélien Benjamin Netanyahou, né le 21 octobre 1949 et frère cadet de Yoni Netanyahou, le héros d'Entebbe (Ouganda).

"Bibi".

Maurice Biraud

Il s'agit du surnom en forme de gémination de l'acteur français Maurice Biraud, né le 3 mars 1922 et mort le 24 décembre 1982.

Animateur de radio et humoriste, il est l'auteur de recueils d'aphorismes et bons mots dont il était friand, comme en témoigne encore aujourd'hui son épitaphe : "Ici repose Maurice Biraud, qui n'a jamais eu besoin de porteur pour son bagage intellectuel".

Il a enregistré quelques chansons, dont un duo avec Régine et un autre avec France Gall, en 1967.

Disque de Maurice Biraud (1967)Disque de Maurice Biraud et France Gall (1967)

Il fut le parrain du réalisateur français Jacques Audiard, fils du génial dialoguiste Michel Audiard avec lequel il s'était lié d'amitié dès le début des années 1950 et dont il a naturellement plusieurs fois eu l'occasion de prononcer les merveilleux dialogues, comme dans par exemple "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Pattelière (1961), "Le cave se rebiffe" de Gilles Grangier (1961) ou "La métamorphose des cloportes" de Pierre Granier-Deferre (1965), pour ne citer que mes trois préférés.

Affiche du film français "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)Affiche du film français "Le cave se rebiffe" de Gilles Grangier (1961)Affiche du film français "la métamorphose des cloportes" de Pierre Granier-Deferre (1965)

Qui ne se souvient par exemple de son fameux "Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche", adressé à Charles Aznavour, dans "Un taxi pour Tobrouk" ?

Maurice Biraud et Charles Aznavour dans "Un taxi pour tobrouk" de Denys de la Patellière (1960)

Source : wikipedia.org

"Jean-Pierre Mocky".

Jean-Pierre Mocky

Il s'agit du nom d'artiste du réalisateur, scénariste, acteur et producteur de cinéma français Jean-Paul Adam Mokiejewski, né le 6 juillet 1933 et mort à Paris le 8 août 2019.

Son film "À mort l'arbitre !" (1984), adapté du roman éponyme de l'écrivain britannique Alfred Draper, édité en 1972, réalisé de manière malheureusement prémonitoire un an avant la tragédie du Heysel, à Bruxelles (Belgique), est devenu culte après une audience record de 17 millions de téléspectateurs, lors de sa diffusion dans le cadre de la célèbre émission "Les dossiers de l'écran", en 1989.

À la fois metteur en scène, interprète, scénariste, monteur, producteur et distributeur de ses films, il contrôlait ainsi (ou cherchait à contrôler) l'ensemble du processus de production.

Devenu producteur dès 1960, sa recherche de l'indépendance l'a également poussé à privilégier des films à budget modeste, s'occupant généralement lui-même des décors de ses films, et a tourner généralement très rapidement (12 jours pour "Le Glandeur" en 2000, 19 jours pour "Agent trouble" en 1987 !).

Cherchant dans la mesure du possible à contrôler la distribution en salle de ses films, il avait FAIT l'acquisition, en 1994, d'une salle de cinéma parisienne, "le Brady",  qui lui permettait de diffuser ses films sans passer par les grands groupes de distribution.

On notera enfin qu'il était - entre autres, puisqu'il revendiquait avoir conçu pas moins de dix-sept enfants ! - le père du metteur en scène français Stanislas Nordey, né en 1966 de son mariage avec l'actrice française Véronique Nordey.

"Gérard Hernandez".

Gérard Hernandez

Il s'agit du nom d'artiste et du nom d'usage de l'acteur espagnol Julio Gerardo Hernandez, né le 20 janvier 1933 et naturalisé français en 1975.

Il est naturellement célèbre pour son interprétation, depuis 2009, du personnage de "Raymond", le mari de Hughette, dans le feuilleton "Scènes de ménage", sur la chaîne télévisée française M6.

Raymond (Gérard Hernandez) et Hughette (Marion Game) dans le feuilleton français "Scènes de ménage", sur M6

Ainsi que pour sa voix, qu'il a prêtée à de nombreux personnages de dessins animés.

Mais on oublie souvent que Gérard Hernandez a participé au tournage de nombreux téléfilms et feuilletons.

Et de pas moins de cinquante longs métrages depuis 1955.

Il a notamment tourné sous la direction de metteurs en scène aussi renommés que : Yves Allégret, Jean-Jacques Annaud, Jacques Becker, Jean Becker, Nina Companeez, Jean Delannoy, Robert Dhéry, Georges Lautner, Jean Marboeuf, Édouard Molinaro, Gérard Oury, José Pinheiro, Pierre Richard, Pierre Tchernia, Pascal Thomas et Jean Yanne.

Et même : Anatole Litvak ou Sydney Pollack.

Personnellement, je l'ai adoré dans le génial "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier, en 1981.

Affiche du film français "Coup de torchon" de Bertrand Tavernier (1981)

Et j'ai eu récemment la surprise de le découvrir dans "Le trou", le dernier film de Jacques Becker, en 1960.

Affiche du film français "Le trou" de Jacques Becker (1960)

Ainsi que dans... "Bobby Deerfield" de Sydney Pollack, en 1977, aux côtés d'Al Pacino et Marthe Keller !

Affiche du film états-unien "Bobby Deerfield" de Sydney Pollack (1977)

Source : wikipedia.org

"Lino Ventura".

Lino Ventura

Il s'agit du nom d'usage de l'acteur italien Angiolino Giuseppe Pasquale Ventura, né le 14 juillet 1919 et mort le le

Ayant réalisé la majeure partie de sa carrière en France, il fut d'abord lutteur professionnel (champion d'europe poids moyens en 1950) puis catcheur, avant de devenir, par hasard, acteur aux côtés de Jean Gabin, en 1954, dans "Touchez pas au grisbi" de Jacques Beker.

Affiche du film français "Touchez pas au grisbi" de Jacques becker (1954)

D'abord cantonné à des seconds rôles d'hommes de main ou de brutes, il devient une vedette dès la fin des années 1950, avant d'être, deux décennies durant, l'un des acteurs les plus populaires et rentables du cinéma français, avec 130 millions d’entrées.

Père de quatre enfants dont une fille handicapée, il a fondé, avec sa femme Odette, en 1966, l'association "Perce-Neige", destinée à venir en aide aux personnes handicapées mentales.

Je le considère personnellement comme le meilleur interprète des dialogues du génial Michel Audiard ; que ce soit à travers ses répliques de :

Affiche du film français "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

  • "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Pattelière (1961),

Affiche du film français "Les tontons flingueurs" de Georges Lautner (1963)

Affiche du film français "Cent mille dollars au soleil" de Henri Verneuil (1964)

Affiche du film français "la métamorphose des cloportes" de Pierre Granier-Deferre (1965)

  • ou "La métamorphose des cloportes" de Pierre Granier-Deferre (1965), pour ne citer que mes quatre préférés.

Source : wikipedia.org

"Deux intellectuels assis vont moins loin qu'une brute qui marche".

Deux intellectuels assis vont moins l'un qu'une brute qui marche. Maurice Biraud et Charles Aznavour dans "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

J'adore cette extraordinaire citation, extraite des dialogues écrits en 1961 par Michel Audiard pour le film "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière, inspiré du livre éponyme de René Havard publié la même année.

Affiche du film français "Un taxi pour Tobrouk" de Denys de la Patellière (1961)

Elle est précédée d'une phrase non moins mémorable : "Je crois, docteur, que l'homme de Néandertal est en train de nous le mettre dans l'os".

La scène se passe en octobre 1942, dans le désert de Libye et réunit deux soldats des Forces Françaises Libres, assis côte à côte. François Jonsac (Maurice Biraud dans le film) s'adresse au docteur Samuel Goldmann (interprété par Charles Aznavour), après que les deux hommes aient décidé de rester près de leur véhicule en panne, au contraire du brigadier Théo Dumas (Lino Ventura), qui, ne se résignant pas à mourir sur place, est parti à pied, malgré les 700 kilomètres qui les séparent de tout point d'eau.

Pourquoi dire : "Un caméraman" ?

Et pas : "Un cadreur" ou "Un opérateur de prise de vue" !

Ce technicien est aux commandes d'une caméra lors d'une prise de vues pour le cinéma ou la télévision, qu'il s'agisse de films ou d'émissions en direct.

Il est responsable du cadrage, soit sous les recommandations ou indications d'un réalisateur, soit selon sa propre initiative.

Source : wikipedia.org

"La célèbre statuette", "La précieuse statuette", "La statuette si convoitée" ou "La récompense si convoitée".

Ces différentes locutions nominales sont très employées chaque année par la classe journalistique française, aux alentours du mois de février ainsi qu'en mai.

Et elles désignent, selon le contexte : l'Oscar, le César ou la Palme d'Or, récompenses majeures des cinémas états-unien, français et mondial.

On dit par exemple : "Cette année encore, le célèbre acteur briguera la précieuse statuette".

Ou : "Rappelons que notre invité possède déjà deux statuettes, remportées dans les catégories Meilleur réalisateur et Meilleur scénario".

  • l'Oscar est la plus prestigieuse des récompenses cinématographiques internationales, décernée chaque année à Los Angeles (Californie) (États-Unis d'Amérique) depuis 1929 par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences, dans les domaines choisis pour représenter les métiers de la création cinématographique (réalisation, interprétation, scénario, musique, décors, costumes, montage, etc.),

Un Oscar du cinéma

  • le César est une récompense cinématographique française, remise annuellement à Paris (75), depuis 1976, par l'Académie des arts et techniques du cinéma - ou Académie des César -  à des professionnels du 7e art dans différentes catégories, afin de saluer les meilleures productions françaises,

Un César du cinéma français

  • et la Palme d'Or est, depuis 1955, la récompense suprême décernée par le jury officiel du Festival de Cannes (06), accordée au meilleur film de la sélection officielle, élu parmi ceux en compétition.

Une Palme d'Or du Festival de Cannes

Son symbole, la palme, est tiré des armes de la ville de Cannes (06) :

Le blason de la ville de Cannes (06) et sa célèbre "palme"

Source : wikipedia.org

"C'est fin, c'est très fin, ça se mange sans faim".

Qui ne se souvient de cette réplique culte de Thérèse de Monsou (je sens que je vous apprend quelque chose, néanmoins, en vous révélant son patronyme !) la bénévole de "SOS Détresse Amitié", dans "Le Père-Noël est ordure", le film de Jean-Marie Poiré sorti en 1982, interprété par la troupe du Splendid et adapté de leur pièce de théâtre éponyme, créée en 1979.

Est-il utile de rappeler qu'elle fait référence aux célèbres et immangeables "doubitchous de Sofia", sortes de truffes au chocolat "roulées à la main sous les aisselles", offerts par Monsieur Preskovitch (d'après le générique de fin, mais prononcé "Preskovic" dans le film), l'envahissant voisin bulgare de l'appartement du dessus.

Source : wikipedia.org

"L'aérodromophilie".

Un avion d'Air France

Ce substantif féminin désigne l'attirance et de l'excitation sexuelle provoquées par les avions et le transport aérien.

L'actrice néerlandaise Sylvia Kristel dans le film érotique français "Emmanuelle" de Just Jaeckin réalisé en 1974 d'après le roman français homonyme écrit en 1959 par Emmanuelle Arsan

Les aérodromophiles vouent naturellement un culte sans borne au film érotique français "Emmanuelle", réalisé en 1974 par Just Jaeckin, d'après le roman homonyme d'Emmanuelle Arsan (1959), dans lequel l'actrice néerlandaise  Sylvia Christel, interprète du rôle-titre, s'octroie quelques plaisirs fugaces et s'offre à deux passagers masculins lors du voyage aérien qui la conduit à Bangkok (Thaïlande) pour rejoindre son époux...

Affiche du film érotique français "Emmanuelle" de Just Jaeckin (1974) d'après le roman homonyme d'Emmanuelle Arsan (1959)

À l'opposé des aérodromophiles, il existe des aérodromophobes ou aviophobes.