On ne dit pas : "Ils ont un championnat domestique à terminer" !

Le journaliste sportif français Dominique Séverac

Ainsi que l'a lamentablement déclaré, le 25 janvier 2021, le journaliste sportif français Dominique Séverac, dans l'émission vespérale d'Olivier Ménard "L’Équipe du soir", sur la chaîne de télévision française L’Équipe.

Mais bien évidemment : "Ils ont un championnat NATIONAL à terminer" !

Parce qu'il est parfaitement intolérable d'utiliser cet anglicisme absurde, je lui décerne sans hésiter mon label de médiocrité "Fâchés avec le français".

"Bien dégagé autour des oreilles" ou "Bien dégagé derrière les oreilles".

Une coupe de cheveux "Bien dégagé autour des oreilles" ou "Bien dégagé derrière les oreilles"

Sans que je sache vraiment pourquoi, je le reconnais, ces deux locutions adverbiales du langage courant utilisées par les coiffeurs m'amusaient beaucoup étant enfant, dans les années 1960-1970.

Elles signifient tout simplement : les cheveux coupés très courts, autour des oreilles ou derrière les oreilles.

Une coupe de cheveux "Bien dégagé autour des oreilles" ou "Bien dégagé derrière les oreilles"

Et je ne devais pas être le seul dans ce cas, puisque ces deux formules sont respectivement devenues par la suite le titre d'un spectacle humoristique et d'un téléfilm, créé et réalisé par des artistes nés plus ou moins à la même époque !

  • "Bien dégagé autour des oreilles... SVP !" est ainsi le titre du deuxième spectacle des humoristes français Philippe Chevallier (né le 11 janvier 1956) et Régis Laspalès (né le 25 février 1957), créé en 1988 !
"Bien dégagé autour des oreilles", le spectacle de Chevallier et Laspalès (1988)
"Bien dégagé autour des oreilles", le spectacle de Chevallier et Laspalès (1988)
  • Et "Bien dégagé derrière des oreilles" est un téléfilm franco-suisse réalisé en 2004 par Anne Deluz (née en 1964).
"Bien dégagé derrière les oreilles", un téléfilm franco-suisse de Anne Deluz (2004)
"Bien dégagé derrière les oreilles", un téléfilm franco-suisse de Anne Deluz (2004)

"Transmettre".

Ce verbe polysémique appartient au langage courant.

Et il signifie, selon le contexte :

  • transmettre, diffuser directement ou par relais un programme à la radio ou à la télévision.

On dit par exemple : ""France 2 va retransmettre cette rencontre sportive en direct".

  • transmettre à nouveau.

On dit par exemple : "Par prudence, j'ai pris l'initiative de retransmettre à tout le personnel de mon service la directive que je leur avais adressée il y a six mois".

  • ou : transmettre à d'autres ce que l'on a soi-même reçu.

On dit par exemple : "Mon père m'a retransmis la passion pour l'histoire, qu'il avait hérité de mon grand-père paternel".

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Avoir un bon geste" !

Mais : "Avoir un BEAU geste" !

Et cela, même s'il s'agit de "Bonté" et non de "Beauté".

On dit par exemple :

  • "Il s'agit d'un beau geste de solidarité envers les peuples du Sud",
  • "C'est un beau geste de générosité à l'égard des sans-abris",
  • ou : "Cela constitue un beau geste pour l'environnement".

Pourquoi dire : "Un boy" ou "Des boys" ou "Les boys" ?

Et pas, selon le contexte :

Les "boys" ou "danseurs de revue" du Lido, à Paris (75)
Les "boys" ou "danseurs de revue" du Lido, à Paris (75)
  • "Un danseur de revue", "Des danseurs de revue" et "Les danseurs de revue" !
Les "boys" ou soldats états-uniens de la Première Guerre mondiale
Les "boys" ou soldats états-uniens de la Première Guerre mondiale
  • "Un soldat états-unien", "Des soldats états-uniens" et "Les soldats états-uniens" !
Les "boys" ou soldats états-uniens de la Seconde Guerre mondiale
Les "boys" ou soldats états-uniens de la Seconde Guerre mondiale

À l'instar de ce que je propose pour "Une girl", "Des girls" ou "Les girls"

"Voler à l'aide" ou "Voler au secours" de quelqu'un.

Ces deux locutions verbales du langage courant en forme d'idiotisme animalier signifient, au sens figuré :

  • "Voler à l'aide" de quelqu'un : se précipiter pour lui venir en aide.
  • et "Voler au secours" de quelqu'un : porter secours avec célérité, rapidement.

"C'est moi qui l'ai fait !" et "Cette femme ment !".

Utilisée de façon ironique, ces deux locutions interjectives du langage courant sont des héritages langagiers de la publicité.

C'est en effet dans une publicité télévisée de 1989 - comme le temps passe, n'est-ce pas ! - qu'une jeune ménagère prononce la phrase "C'est moi qui l'ai fait !", en affirmant effrontément à ses convives qu'elle a elle-même préparé le savoureux gâteau au chocolat... congelé qu'elle vient de leur servir.

Et cela avant que l'on entende en voix hors champ : "Cette femme ment ! Ce n'est pas elle qui a fait le Paradis noir, c'est Delifrance. Ce qu'elle a fait c'est le sortir du congélateur, c'est tout !".

La plupart des spectateurs ont certainement - comme moi - oublié le nom de ce produit (le "Paradis noir") tout comme celui du fabricant : Délifrance, une entreprise de produits de boulangerie, viennoiserie, pâtisserie et traiteur pour les professionnels de la restauration, les artisans boulangers et la grande distribution, créée en 1978.

En revanche, cette publicité a permis au grand public de découvrir l'actrice Valérie Lemercier, alors seulement âgée de 25 ans et uniquement apparue l'année précédente, dans le feuilleton humoristique "Palace", réalisé par Jean-Michel Ribes et d'abord uniquement diffusé sur la chaîne cryptée Canal +.

"Coucher sur le papier".

"Coucher sur le papier", c'est à dire : rédiger, narrer par écrit

Cette jolie locution verbale du registre soutenu ne doit pas manquer de surprendre nos enfants ou nos amis étrangers.

Elle constitue pourtant une très élégante façon de dire, au sens figuré : narrer par écrit, écrire sous forme de texte, rédiger.

On dit par exemple : "Tu devrais coucher sur le papier tous les détails de tes mésaventures".

Source : langue-francaise.tv5monde.com