"Une cagna", "Une cagnat" ou "Une cagnia".

Ce substantif féminin nous vient de l'annamite cai-nha.

Et il désigne :

  • dans le registre argotique, dans le domaine militaire :
    • un abri de tranchées généralement souterrain,

Une cagna

    • ou : un abri de fortune fait de matériaux de récupération.

Des cagnas

  • et dans le registre populaire : un abri, une cabane, une pauvre maisonnette.

Une cagnaUne cagna

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

On ne dit pas : "Des affrontements aéronavaux" ou "Des combats aéronavaux" !

Des combats aéronavals

Mais : "Des affrontements AÉRONAVALS" et "Des combats AÉRONAVALS" !

L'adjectif aéronaval(e) - au pluriel aéronaval(e)s - désigne ce qui appartient à la fois à l'aviation et à la marine.

C'est donc à tort que l'on parle d'"affrontements aéronavals", de "combats aéronavals" ou de "forces aéronavales".

Puisque les avions et aéronefs concernés, embarqués à bord de porte-avions ou porte-hélicoptères, relèvent de l''aéronautique navale, qui est la composante aérienne d'une marine militaire.

Et non de l'armée de l'air.

"L'armée de l'air et de l'espace".

Logotype de l'Armée de l'air et de l'espace

Il s'agit du nouveau nom de l'armée de l'Air française depuis le 11 septembre 2020.

Celui-ci intègre l'espace, d'où peuvent venir "des manœuvres inamicales", explique Florence Parly, la ministre des Armées, dans un entretien accordé au quotidien régional La Provence le 23 juillet 2020.

Logotypes de l'Armée de l'air et de l'Armée de l'air et de l'espace

Cette nouvelle dénomination et cette transformation de l’armée de l’Air en "armée de l’Air et de l’Espace". est fondée sur la nécessité de prendre en compte le "passage d’une vision d’un espace bien commun, au service de la science, à un espace dans lequel les puissances continuent de se disputer la suprématie mondiale".

"Nous ne sommes en aucun cas engagés dans une course aux armements", ajoute-t-elle, réaffirmant l’attachement de la France à un "usage pacifique de l’espace". Mais "il est également de ma responsabilité d’être certaine d’avoir parfaitement identifié les menaces auxquelles notre pays est potentiellement confronté".

Lire la suite

"Le pas de l'oie".

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme animalier désigne selon le contexte, au sens figuré :

  • dans le domaine militaire : un pas cadencé appelé en allemand "Stechschritt" et adopté par certains corps d'armées lorsqu'ils défilent.

Le soldat marche alors, le buste droit, les jambes tendues, qu'il lève jusqu'à presque 90 degrés du corps et fait claquer ses bottes en les laissant retomber au sol, le balancement accentué des bras étant parfois synchronisé lorsque ceux-ci ne portent pas d'armes.

Appliqué pour la première fois par les Prussiens au XVIIIe siècle, il est alors appelé "Pas de parade" ou "Pas prussien".

L'armée allemande en hérite notamment durant le Troisième Reich.

Puis l’armée de l'Italie fasciste, sous le nom de "Passo Romano" ("Pas romain").

Dans la Russie impériale, l’armée du Tsar, modernisée et entraînée par des officiers prussiens (puis allemands), l'adopte également (il est néanmoins légèrement plus lent que le pas prussien "d'origine"). Après la Révolution d'Octobre, l'Armée rouge en hérite à son tour et l'exporte dans la plupart des régimes communistes (généralement par l'intermédiaire d'officiers instructeurs soviétiques).

Et il est toujours en vigueur en Russie et dans la plupart des pays anciennement membres ou satellites de l'Union soviétique, ainsi que dans de nombreux États du monde d'obédience ou d'inspiration marxiste (République populaire de Chine, Corée du Nord, Cuba, etc.).

  • et dans le domaine du sport :
    • au rugby à XV : un jeu de jambes particulier, inventé par l'Australien David Campese, qui permet de ralentir sa course puis d'effectuer un départ rapide, déstabilisant pour la défense adverse et permettant de prendre dès le départ une petite longueur d'avance. Pour cela, on procède en donnant une impulsion à sa jambe d'appui grâce à l'autre jambe que l'on fait aller de haut en bas devant soi,
    • en athlétisme : deux variantes de ce pas, consistant à courir en rebondissant sur une jambe et en montant le pied devant, jambe tendue vers les fesses :
      • le petit pas de l'oie : debout, en avançant sur la pointe des pieds et en levant alternativement chaque jambe jusque 45° au-dessus du sol,
      • et le grand pas de l'oie : même exercice, mais en se propulsant au maximum vers l'avant entre chaque foulée.

Le petit pas de l'oie se pratique à l'échauffement avant une épreuve de vitesse, tandis que le grand pas de l'oie est utilisé avant le triple saut.

Dans tous les cas, le rapport avec le véritable pas de l'oie - au sens propre - n'est pourtant que très lointain.

Source : wikipedia.org

"Manu militari".

Cette locution adverbiale latine peut se traduite en français par "la main militaire".

Et elle signifie :

  • au sens propre : en employant la force armée, la force publique.

On dit par exemple : "Les occupants illégaux ont été expulsés manu militari".

23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre
23 août 1996 : expulsion manu militari des sans-papiers africains de l'église Saint-Bernard, à Paris (75) par les forces de l'ordre (© AFP Thomas Coex)
  • et par extension : par la force, par la violence.

On dit par exemple : "Elle a du mettre à la porte sa soeur manu militari".

Source : www.larousse.fr

"La débâcle" ou "Une débâcle".

Ce substantif féminin désigne :

  • au sens propre : un phénomène météorologique de rupture brusque de la couverture de glace d'un cours d'eau, suivie de son départ massif en blocs et précédant leur fonte,

L'antonyme de la débâcle est l'embâcle.

  • et au sens figuré :
    • une déroute, une débandade.

Celle-ci peut être militaire, à l'instar de celle de l'armée française, en juin 1940.

La débâcle de l'armée française, face à l'armée allemande, en juin 1940
La débâcle de l'armée française, face à l'armée allemande, en juin 1940
La débâcle de l'armée française, face à l'armée allemande, en juin 1940
La débâcle de l'armée française, face à l'armée allemande, en juin 1940
    • ou sportive, comme celle de l'équipe nationale brésilienne de football, en demi-finale de la Coupe du monde de football 2014, pourtant jouée à domicile, à Rio de Janeiro (Rio de Janeiro) (Brésil).
Une débâcle sportive : la défaite du Brésil, à domicile, face à l'Allemagne, en demi-finale de la Coupe du monde de football, le 8 juillet 2014
Une débâcle sportive : la défaite du Brésil, à domicile, face à l'Allemagne, en demi-finale de la Coupe du monde de football, le 8 juillet 2014
  • ou : la ruine, la chute d'une entreprise, d'une affaire, etc. ; la faillite, la déconfiture, l'écroulement, le naufrage.

On dit par exemple : "La débacle de l'entreprise survient après la crise de 2008".

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

 

"Envoyer aux pelotes".

Cette locution verbale relève du registre argotique et du registre désuet.

Et elle signifie : éconduire, renvoyer ou repousser (un solliciteur), ne pas accéder à la demande d'une personne ; l'envoyer promener (registre familier).

On dit par exemple : "Riton m'a envoyer aux pelottes quand j'i ai demandé une rallonge".

Elle nous vient de l'argot militaire, au sein duquel le mot "pelote" désignait le peloton disciplinaire ou de punition, qui regroupait les soldats punis et soumis à des corvées.

Sur un sujet contigu, je me permets de vous recommander mon article consacré à toutes les façons de dire "Envoyer balader" quelqu'un en français.

Sources : Le Robert, www.linternaute.fr et www.larousse.fr

"Un bain de sang".

Un bain de sang

Cette locution nominale masculine en forme d'idiotisme corporel relève du langage courant.

Et elle désigne, au sens figuré : un carnage, un massacre, une tuerie, occasionnant de nombreux morts. Ou des morts en quantité relativement limitée - voire un seul - mais "baignant" dans leur/son sang.

"Un casse", "Une casse" et "La casse".

Ces différents substantifs homophonographes mais de genres différents ne doivent surtout pas être confondus :

  • "Un casse" désigne en effet, dans le registre argotique : un cambriolage, et en particulier une attaque de banque à main armée, effectué par des "casseurs".

Des casseurs de banque

  • tandis que "Une casse" désigne, dans le langage courant :
    • autrefois, dans le domaine de l'imprimerie et plus précisément de la typographie :
      • un casier en bois, divisé en casiers contenant l’ensemble des caractères en plomb, bois ou matière plastique d’une même fonte (c’est-à-dire de même corps, style et graisse d’une police donnée).

Un imprimeur devant sa casse

La casse est divisée en cases appelées "cassetins", dont les dimensions et les emplacements (du moins pour les "bas de casse" c'est-à-dire les lettres minuscules, et les signes de ponctuation les plus courants) sont définis par la fréquence d'utilisation des lettres et la commodité d’accès.

Pour chaque police, les caractères les plus fréquemment utilisés - ceux représentant les minuscules - sont rangés à portée de main, donc en bas de la casse. Les capitales se trouvent en haut de la casse. Les casses forment des tiroirs et sont rangées dans un meuble appelé "rang". Et les petites casses, destinées à recevoir des caractères particuliers, ou des blancs, cadrats, cadratins, espaces, interlignes, des filets, des vignettes ou culs-de-lampe, etc., sont appelées "casseaux".

Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs
Un meuble d'imprimeur ou "Rang", destiné à ranger les "casses", qui constituent des tiroirs

L'appellation "bas de casse", utilisée pour désigner l'ensemble des caractères représentant les minuscules, a été reprise dans les polices informatiques.

      • Par extension, on parle de "Casse" pour désigner l'alternative entre "capitale" (ou "majuscule") et "minuscule". La casse est généralement régie par les conventions typographiques, le français exigeant par exemple une majuscule en début de phrase et aux noms propres.
    • et de nos jours, par ellipse : une casse automobile, c'est à dire un entrepôt de ferrailleur spécialisé dans les véhicules accidentés ou hors service appelés "épaves automobiles", appelé "casseur" et faisant généralement le commerce des pièces détachées.

Une casse automobileUne casse automobile

 

  • et "La casse", dans le même langage courant :
    • l'action ou le fait de casser, briser ou détériorer des biens mobiliers, comme par exemple des vitrines ou du mobilier urbain.

Ainsi que le résultat de cette action.

On dit par exemple : "Encore une fois, la manifestation de samedi a dégénéré et il y a eu beaucoup de casseurs et de casse".

    • ou : un objet en vente dans un magasin.

On dit par exemple : "Attention à la casse, les enfants : si vous faites tomber un vase, nous allons devoir le payer !".

    • dans le domaine de la viticulture et de l'oenologie : une altération, dégradation de la couleur du vin.
    • et dans le domaine militiaire : une peine consistant à dégrader un officier.

On dit par exemple : "En agissant ainsi, vous risquez la casse".

Sources : www.linternaute.fr, wikipedia.org et www.cnrtl.fr

 

"Une claquette" ou "Des claquettes".

Attention à la polysémie de ce substantif féminin, qui peut avoir plusieurs significations, puisqu'il désigne, selon le contexte :

  • au sens propredans le langage courant :
    • un instrument articulé permettant de faire du bruit, tel que :
      • une sorte de crécelle, formée de lames de bois fixées autour d'un axe et heurtées, destinée à servir d'avertissement ou de signal de la présence de celui qui l'agite.

Une crécelle en bois

Comme par exemple les lépreux, au Moyen Âge.

Des lépreux agitant leur crécelle, au Moyen Âge

      • dans le domaine religieux : un instrument, également appelé "Claquoir", ressemblant à un livre et formé de deux planchettes reliées par une charnière, que l'on heurte l'une contre l'autre afin de donner un signal, principalement pendant les offices,

Des claquoirs

      • dans le domaine militaire et dans le domaine musical : un instrument de musique militaire, formé de deux lanières garnies de grelots, que l'on frappe ensemble en les tendant brusquement, afin d'imiter le bruit du fouet,

Une claquette ("clap") de cinéma

    • un objet sonore, tel que :
      • des chaussures légères, sans talon, portées à l'intérieur comme à l'extérieur, également appelées "Nu-pieds", et "Chlarpes" ou "Schlaps" par nos amis suisses.

Une claquette de piscineConçues pour être légères et confortables, et pour faciliter la respiration du pied lorsqu'il fait chaud, les claquettes sont surtout utilisées à la plage ou à la piscine, comme les tongs. Elles se distinguent de ces dernières par leur lanière d'empeigne, qui ne sépare pas le gros orteil du reste des orteils du pied.

Une tong
Une tong

Cette empeigne peut être lisse et continue ou bien avoir des attaches, comme des boucles ou des velcros :

Une claquette avec boucle
Une claquette avec boucle
Une claquette avec velcro
Une claquette avec velcro

Mais, à l'inverse des babouches et des mules, qui sont fermées à l'avant, les claquettes ne sont jamais fermées à l'avant, laissant les orteils apparents et à l'air libre.

Une paire de babouches marocaines en cuir
Des babouches
Une mule (chausson)
Une mule

Enfin, on notera que, dans la langue française couramment parlée en Nouvelle-Calédonie (988), ce terme de "Claquettes" désigne les "Tongs".

      • des plaques métalliques fixées à la pointe et au talon des chaussures, jouant le rôle d'instruments à percussion, et permettant d'exécuter des pas de danse rythmés,

Des chaussures équipée de claquettes

On dit par exemple :"Le numéro de claquettes de ce danseur était époustouflant".

    • en football : un geste du gardien de but, lorsqu'il arrête un tir ou éloigne le danger de sa cage en claquant le ballon d’une main,

Une claquette du gardien de but, en football

    • et en basket-ball : l'action de remettre la balle dans le panier sur un rebond offensif après un tir manqué, sans reprendre appui au sol,

Une claquette, en basket-ball

  • et au sens figuré, dans le registre familier : une personne très bavarde.

On dit par exemple : "Ma concierge est une vraie claquette".

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

3 façons de dire "Une balle" en argot.

Des "bastos", "dragées" ou "pruneaux" ("balles" en argot)

Indépendamment de "Une bastos", il existe en français deux autres mots désignant un projectile d'arme à feu, qui sont tous deux des idiotismes alimentaires : "Une dragée" et "Un pruneau".

"Un coupe-chou".

Cet amusant substantif masculin appartient au registre familier.

Et il désigne, selon le contexte :

  • un sabre très court, d'environ 0,50 m, porté par les fantassins français de 1831 à 1866,

Un sabre coupe-chou français

  • ou : un rasoir à main,dont il est possible de replier la lame dans le manche.

Un rasoir coupe-chou

Le coupe-chou est principalement utilisé par les hommes pour se raser la barbe. Et donc par les barbiers.

Un barbier, utilisant un "coupe-chou" ou rasoir à main

Ou par les criminels, qui s'en servent pour agresser et menacer leurs victimes, les blesser ou les égorger.

Sources : Le Robert, www.larousse.fr et www.linternaute.fr