"Un roulé-boulé".

Cet étrange substantif masculin ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Appartenant au langage courant, il désigne :

  • un mouvement de gymnastique consistant à rouler sur soi-même, également appelé "une Roulade",
  • ou "une Galipette" par les enfants,
  • ou : une culbute suivant une chute, par laquelle on tombe en se roulant en boule afin d'amortir le choc ; que ce soit après un saut d'une certaine hauteur ou lors d'un atterrissage en parachute.

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Tape-à-l'oeil".

Une chambre "tape-à-l'oeil"

Cet adjectif invariable en forme d'idiotisme corporel ne manque pas de surprendre nos amis étrangers et nos jeunes enfants.

Appartenant au registre familier, il signifie, au sens figuré : éblouissant mais trompeur, criard, clinquant, tapageur, trop voyant.

On dit par exemple : "Je déteste le coté tape-à-l'oeil des maisons de nouveaux riches.

Un salon "tape-à-l'oeil"

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Résultat des courses".

Cette locution nominale du registre familier qui ne manque pas de surprendre nos amis étrangers signifie : au bout du compte, bilan, conclusion, conséquence ou finalement.

Elle s'utilise en effet - telle que - pour annoncer le résultat ou la conséquence - souvent fâcheux, déplaisant, désagréable ou négatif - de ce qui a été préalablement énoncé.

On dit par exemple :

  • "Je suis allé au restaurant plutôt que de me faire à manger. Résultat des courses : une intoxication alimentaire !".
  • "J'ai expliqué la situation à ma mère. Résultat des courses : elle m'en veut".
  • "J'ai pris le temps d'apprendre à mon frère comment bien jouer aux échecs. Résultat des courses : il me bat tout le temps !".

Sources : www.online-french-classes.com, www.larousse.fr et wwww;languegfrancaise.net

"Se fendre la gueule", "Se fendre la pêche", "Se fendre la pipe" ou "Se fendre la poire".

Ces différentes locutions verbales du registre argotique sont parfaitement synonymes, les substantifs féminins "Gueule", "Pêche", "Pipe" et "Poire" désignant ici le visage, la figure.

Et elles signifient toutes, au sens figuré : rire aux éclats, être plié de rire.

Sur le même sujet, je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à  "Toutes les façons de dire "Bien rire" ou "Rire beaucoup".

"Travailler comme une brute" et "Dormir comme une brute".

Ces deux locutions verbales du langage courant ne manquent sans doute pas de surprendre nos enfants et nos amis étrangers.

Et elles signifient respectivement, au sens figuré :

  • "Travailler comme une brute" : travailler avec acharnement, sans répit.

On dit par exemple : "J'ai beau travailler comme une brute, arriver au bureau à 8H00 et ne jamais en partir avant 19H00, je ne m'en sors pas !".

Ou : "Autrefois, un mineur de fond devait travailler comme une brute pour gagner à peine de quoi survivre".

Un mineur de fond obligé de "travailler comme une brute"

  • "Dormir comme une brute" : dormir d'un sommeil particulièrement épais.

On dit par exemple : "J'ai eu toutes les peines du monde à réveiller mon père : il dormait comme une brute".

Un homme en train de "dormir comme une brute"

Et l'on dit également : "Dormir d'un sommeil de plomb".

 

Source : www.cnrtl.fr

"Mettre la viande dans le torchon".

Cette amusante locution verbale en forme d'idiotisme alimentaire et d'idiotisme textile ne manque pas de surprendre nos jeunes enfants et nos amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie tout simplement, au sens figuré : se mettre au lit pour dormir.

Dans l'excellent film d'Étienne Chatiliez "La vie est un long fleuve tranquille", sorti en 1988, Ghislaine Groseille (Sylvie Cubertafon) dit par exemple à son mari : "J'chuis crevée, j'vais mettre la viande dans l'torchon".

Cette expression très imagée a vraisemblablement pour origine le milieu de la charcuterie, où elle a dû commencé à être utilisée par analogie avec la locution nominale féminine "Jambon au torchon", qui désigne un jambon cuit dans un bouillon entouré d'une "Chaussettte à jambon" également appelée "Sac mousse" ou "Torchon".

Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un jambon au torchon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Un charchutier en train d'emmailloter un jambon dans sa "Chaussette à jambon", également appelée "Sac mousse" ou "Torchon"
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage
Des jambons au torchon avant cuisson, en cours de ficelage

Le jambon au torchon est fabriqué à partir des muscles de la cuisse du porc, qui sont rassemblés et comprimés aussi fort que possible, pour en faire une sorte de pain de viande, non pas dans un moule métallique comme pour le jambon industriel, mais plus traditionnellement dans une sorte de grande chaussette de textile, nouée à la fin, ce qui le fait ressembler avant cuisson à une sorte de grosse baudruche de viande.

Sources : www.consoglobe.com, www.caminteresse.fr et wiktionary.org

"Un cautère sur une jambe de bois".

Cette curieuse locution nominale ne manque naturellement pas d'étonner nos jeunes enfants ou nos amis étrangers.

Elle désigne en effet : une mesure ou une action complètement inutile, parfaitement inefficace, sans aucun effet.

On dit par exemple : "Cette subvention tardive et limitée aura l'effet d'un cautère sur une jambe de bois".

Ou : "Ce changement d'appellation n'est qu'un cautère sur une jambe de bois".

L'expression "Un cautère sur une jambe de bois" fait référence :

D'anciens cautères vétérinaires
D'anciens cautères vétérinaires
  • au cautère, un instrument médical utilisé pour brûler les tissus vivants afin de cicatriser et guérir.

Une jambe de bois

  • ainsi qu'à la jambe de bois, ancêtre de la prothèse de jambe ou jambe artificielle, portée par les pirates des romans d'aventure, à l'instar du célèbre Long John Silver de "L'île au trésor" de Robert Louis Stevenson (1882).
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)
Le pirate Long John Silver dessiné par Alberto Belmonte (© Alberto Belmonte)

Ou du Triple-Patte de la bande dessinée belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier.

Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier
Les pirates Barbe-Rouge, Éric, Baba et Triple-Patte, de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Et caricaturé par Albert Uderzo et René Goscinny dans Astérix à partir de 1962.

Le pirate Triple-patte caricaturé par Albert Uderzo dans "Astérix", à partir de 1962, d'après le personnage de la série belge "Barbe Rouge, le pirate des Caraïbes", créé en 1958 par Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier

Sources : www.expressio.fr et www.medecine-des-arts.com

"Rire quand on se brûle" ou "Ne rire que quand on se brûle et "Sourire quand on se brûle" ou "Ne sourire que quand on se brûle".

La chanteuse britannique Victoria Beckham qui "rit quand elle se brûle"

J'aime assez ces deux locutions verbales qualifiant, au sens figuré et de manière très ironique, selon le contexte :

  • une personne qui n'a aucun sens de l'humour,

On dit par exemple : "Inutile de lui raconter la moindre blague ; il rit quand il se brûle".

  • une personne qui ne rit ou ne sourit jamais,

On dit par exemple : "Tu verrais mon nouveau patron : il sourit quand il se brûle".

  • ou enfin : une personne au visage tellement peu expressif, voire figé, qu'il nous donne le sentiment de ne pouvoir être affecté - à l'instar d'un sourire ou d'un rire, qui nous fait désserrer les dents - que par une brûlure.

On dit par exemple : "La mannequin et vedette britannique Saffron Burrows, qui joue l'inspectrice Serena Stevens aux côtés de Jeff Goldblum, dans la neuvième année du feuilleton états-unien New York section criminelle ne rit que quand elle se brûle".

La mannequin et actrice britannique Saffron Burrows, qui "rit quand elle se brûle"

"Consulter", "Se faire aider" ou "Voir quelqu'un".

Voilà bien trois formules pour le moins curieuses, qui ne doivent pas manquer de surprendre nos enfants ou nos amis étrangers !

Appartenant au langage courant, elles signifient tout simplement : consulter un psychothérapeute, psychologue ou psychiatre.

On dit par exemple : "Tu devrais consulter : cela te ferait du bien".

Ou : "Depuis la mort de sa mère, mon mari voit quelqu'un".

Personnellement, j'ai toujours été exaspéré par cette façon de ne pas dire les choses telles qu'elles sont, de "Chercher midi à quatorze heures".

Et je prends donc un malin plaisir à dire que "je consulte un psychiatre" !

"Coucher sur le papier".

"Coucher sur le papier", c'est à dire : rédiger, narrer par écrit

Cette jolie locution verbale du registre soutenu ne doit pas manquer de surprendre nos enfants ou nos amis étrangers.

Elle constitue pourtant une très élégante façon de dire, au sens figuré : narrer par écrit, écrire sous forme de texte, rédiger.

On dit par exemple : "Tu devrais coucher sur le papier tous les détails de tes mésaventures".

Source : langue-francaise.tv5monde.com

"Chercher midi à quatorze heures" ou "Chercher midi à 14 heures".

"Cherher midi à quatorze heures"

Cette locution verbale qui remonterait pourtant au début du XVIIe siècle ne manque évidemment pas de surprendre nos jeunes enfants et amis étrangers.

Appartenant au registre familier, elle signifie, au sens figuré : compliquer les choses inutilement, voir des difficultés là où il n’y en a pas ; chercher un problème là où il n'y en a aucun".

On dit pas exemple : "Inutile de chercher midi à quatorze heures : offrons-lui une nouvelle maquette, comme chaque année".

Ou : "Pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Tu viens habillée comme tu l'es et ce sera très bien".

"Chercher midi à quatorze heures signifie littéralement "Chercher une chose là où elle n’est pas, à sa mauvaise place ; ne pas voir une chose là où elle se trouve". Et l'on disait au XVIe siècle : "Chercher midi à onze heures".

Sources : bdl.oqlf.gouv.qc.ca et wiktionary.org

"À un de ces quatre !" ou "Un de ces quatre".

Voilà bien deux curieuses locutions qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

En forme d'idiotismes numériques, elles appartiennent toutes deux au registre familier.

  • "À un de ces quatre !" est une locution interjective signifiant : à un de ces jours, à bientôt, à la prochaine.
  • et "Un de ces quatre" est une locution adverbiale signifiant : tôt ou tard ; un jour ; un jour ou l'autre ; un de ces jours ; bientôt ; à un moment ou à un autre.

On dit par exemple : "Je retrouverai bien le même un de ces quatre".

Ou : "Un de ces quatre je lui ferai payer sa trahison".

Sources : wiktionar.org et www.expressio.fr