"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"De bonne heure".

Cette locution nominale du langage courant qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers signifie : tôt dans la mâtinée.

On dit par exemple : "Mon père est arrivé de bonne heure : je me levais à peine".

Ou : "Fin mai le soleil se lève de très bonne heure".

On retrouve notamment cette locution dans les formules "Devoir se lever de bonne heure", "Falloir se lever de bonne heure" et "Pouvoir se lever de bonne heure", qui appartiennent au registre familier.

"Pas un traître mot" ou "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose.

Cette curieuse expression du registre familier ne doit pas manquer d'interloquer nos enfants ou amis étrangers. Et elle signifie tout simplement :

  • "Pas un traître mot" : pas un seul mot,
  • "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose" : ne pas comprendre un seul mot de quelque chose.

On dit par exemple : "Je ne parle pas l'anglais : je ne comprends pas un traître mot de ce qu'ils racontent dans la plupart des publicités télévisées !".

"Être sur ses tablettes", "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes", "Noter sur ses tablettes" ou "Rayer de ses tablettes".

La présence du substantif féminin "Tablette" au pluriel au sein de ces différentes locutions verbales du langage courant ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Le mot "Tablette" fait en effet référence ici aux petites plaquettes, à l'origine en argile (dès le IVe millénaire av. J.‑C. en Mésopotamie, au sein des civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et hittites), puis de bois ou de métal, couvertes de cire, sur lesquelles on écrivait à l'aide d'un poinçon, dans l'Antiquité et au Moyen Âge.

 

Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)
Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)

Et non, bien évidemment aux tablettes tactiles apparues au XXIe siècle.

Une tablette tactile
Une tablette tactile

Ces différents locutions verbales signifient donc respectivement :

  • "Être sur ses tablettes" : avoir présent à l'esprit, ne pas avoir oublié (quelque chose ou quelqu'un).

On dit par exemple : "Tu n'oublieras pas d'écrire un article sur ce que je t'ai dit ! C'est sur mes tablettes, ne t'inquiète pas".

  • "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes" ou "Noter sur ses tablettes" : noter pour s'en souvenir (quelque chose).

On dit par exemple : "Pense à l'anniversaire de ton père le mois prochain ! Oui, c'est sur mes tablettes".

  • et "Rayer de ses tablettes" : ne plus compter sur (quelque chose ou quelqu'un) ; en effacer volontairement le souvenir.

On dit par exemple :"Moi non plus je n'aime pas cette façon d'agir et d'ailleurs, j'ai rayé ce fournisseur de mes tablettes".

etite planche ou plaque horizontale destinée à recevoir divers objets.
Tablette graphique
Tablette unguéale

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Faire un canard".

Cette locution verbale du signifie, au sens figuré :

  • principalement, dans le registre familier :
    • tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

Les nordistes disent aussi "Boire le café à l’chuchette".

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

    • ou la même chose, mais dans un verre d'alcool.

Souvent, c’est par prudence, notamment lorsque l’alcool est fort, qu'on le goûte de cette façon. En tout état de cause, on suce le morceau de sucre, et on recommence l’opération ... Un régal, paraît-il !

Cette expression, déjà en vogue au XVIIIe siècle, viendrait de la similitude entre le palmipède, qui a l’habitude de plonger son bec régulièrement dans l’eau, et l’action de tenir le sucre entre le pouce et l’index tout en le trempant rapidement dans le café ou l’alcool, afin qu'il s'en imprègne mais ne fonde pas.

La manoeuvre est délicate : trop rapide le sucre ne sera pas assez imbibé, trop lente il va fondre dans la tasse ou le verre…

  • accessoirement, dans le registre argotique : publier, animer, gérer un journal.

 

Sources : www.maisonconfiserie.fr, lebilletdelamarmotte.over-blog.com et verreleine.org

"Porter beau".

Cette locution verbale du registre familier, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers, signifie : avoir belle allure, être élégant, bien habillé ; bien présenter, avoir une belle prestance et un air de jeunesse et de vigueur, principalement pour un homme d’un certain âge.

On dit par exemple : "Ton père porte beau pour son âge !".

Sources : wikipedia.org, www.linternaute.fr, dictionnaire.reverso.net et www.languefrancaise.net

"Être léché par les rayons du soleil", "Être léché par les derniers rayons du soleil" ou "Être léché par les premiers rayons du soleil" et "Se faire lécher par les rayons du soleil", "Se faire lécher par les derniers rayons du soleil" ou "Se faire lécher par les premiers rayons du soleil".

Ces différentes locutions verbales du langage courant ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elles signifient simplement, au sens figuré :

  • pour une personne : être caressé ou se faire caresser par les rayons du soleil, à une heure où lesdits rayons ne risquent pas de brûler la peau et d'infliger des "coups de soleil", mais sont au contraire particulièrement appréciés pour leur douceur.

Par exemple, en début ("premiers rayons") de journée :

Être léché par les premiers rayons de soleil
Être léché par les premiers rayons de soleil

Ou en fin de journée ("derniers rayons") :

Être léché par les derniers rayons de soleil
Être léché par les derniers rayons de soleil
  • et pour un bâtiment ou un lieu : être légèrement effleuré.

"Au pied levé".

Cette curieuse locution adjectivale du registre familier en forme d'idiotisme corporel ne doit pas manquer de surprendre nos amis étrangers.

Elle est très ancienne puisqu'elle remonte au XVIe siècle sous cette forme.

Et elle signifie, au sens figuré : à l'improviste, sans préparation.

On dit par exemple : "Nous sommes partis au pied levé et je n'ai pas eu le temps d'emporter toutes mes affaires".

Sources : wiktionary.org

"Mettre les pieds dans le plat".

Cette locution verbale du registre familier qui doit interloquer nos amis étrangers signifie, au sens figuré : commettre une bévue grossière, une gaffe, une bourde, un grave impair, créant ainsi une situation embarrassante.

Par exemple :

  • en abordant une question délicate avec une franchise brutale,
  • en abordant un sujet délicat sans détour,
  • en commettant une indiscrétion impardonnable,
  • en évoquant gauchement un sujet épineux,
  • en parlant sans ménagement,
  • en disant une chose brutalement, par mégarde et manque de tact.

Sources : lemondedufrancais.com, www.linternaute.fr, www.expressio.fr

"Croquer le marmot".

Cette très curieuse expression aux origines incertaines ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers !

Appartenant au registre familier, elle signifie, au sens figuré : attendre longtemps, patienter longuement, en se morfondant.

Et s'utilise afin d'exprimer la contrariété ou l'impatience.

On dit par exemple : "Je suis arrivé aux aurores et j'ai croqué le marmot car cela n'ouvrait qu'à 9H30 !".

Source : wiktionary.org

"Plonger dans des abîmes de perplexité" ou "Plonger dans un abîme de perplexité".

J'aime beaucoup cette jolie locution verbale du registre soutenu qui signifie, au sens figuré : confronter à une indécision, une hésitation, une incertitude sans limites, insondable sur ce que l'on doit faire ou penser.

On dit par exemple : "La capacité des adolescents actuels à passer des journées entières les yeux rivés sur l'écran de leur téléphone portable me plonge dans des abîmes de perplexité".

Sources : www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Appuyer sur le champignon" ou "Écraser le champignon" et "Champignon au plancher" ou "Pied au plancher".

Ces étranges locutions, qui relèvent du registre familier, sont utilisées depuis le début du XXe siècle.

Et elles trouvent leur origine dans la forme des pédales d'accélérateur des premières automobiles.

Dans celles-ci en effet, lesdites pédales étaient constituées - non pas comme aujourd'hui d'une plaque plus ou moins recourbée - mais d'une tige métallique droite surmontée d'une demi-boule, l'ensemble ressemblant fortement... à un champignon.

Le pédalier automobile actuel
Le pédalier automobile actuel

Ainsi :

  • "Appuyer sur le champignon" et "Écraser le champignon" sont des locutions verbales en forme d'idiotisme botanique signifiant :
    • au sens propre, lorsque l'on est au volant d'un véhicule automobile : appuyer sur l'accélérateur, accélérer, aller plus vite.

On dit par exemple : "Il va falloir appuyer sur le champignon si tu veux pouvoir dormir à Nice (06) ce soir !".

    • et au sens figuré : faire avancer les choses plus vite.

On dit par exemple : "Le président souhaite que son ministre appuie sur le champignon afin que les effets de sa réforme se fassent sentir rapidement".

Conduire "pied au plancher"

  • et "Champignon au plancher" ou "Pied au plancher" sont des locutions adverbiales en forme d'idiotisme architectural (pour les deux), d'idiotisme botanique (pour la première) et d'idiotisme corporel (pour la seconde), qui signifient toutes deux : extrêmement vite, à la vitesse maximale.

Atteindre ladite vitesse nécessite en effet d'appuyer à fond sur le champignon/accélérateur.

Et lorsque celui-ci est complètement enfoncé, en butée proche du plancher du véhicule, on conduit le "champignon au plancher" et - par conséquent - le "pied au plancher".

CQFD

On dit par exemple : "Mon voisin s'est tué au volant : il roulait champignon au plancher sur une route de montagne".

Ou : "Sitôt leur forfait accompli, les cambrioleurs ont démarré pied au plancher".

Sources : wiktionary.org, www.expressio.fr et www.notrefamille.com

Les adverbes ou locutions adverbiales applicables au verbe "Aimer", lorsque l'on parle d'amour à l'égard d'une personne.

Aussi étrange que celui puisse sembler, j'imagine, pour un étranger ou pour un jeune français, seules trois possibilités s'offrent à celui qui souhaite dire "Je t'aime" à une personne qu'il aime d'amour : "À la folie", "Comme un fou" (ou "Comme une folle") ou "Pour la vie".

  • "Je t'aime à la folie", "Je t'aime comme un fou" (ou "Comme une folle") ou "Je t'aime pour la vie" sont en effet des formules suffisamment fortes pour être équivalentes au simple "Je t'aime", lequel correspond en français à un sentiment extrêmement puissant et se suffit normalement à lui-même.

Toutes les autres formules, signifient qu'en réalité on n'aime pas vraiment d'amour...

  • Ainsi, dire "Je t'aime bien", "Je t'aime beaucoup" et même "Je t'aime énormément" sont au fond des équivalents de "Je t'apprécie" ou "Je suis très attaché à toi", mais en aucune façon... "Je t'aime" d'amour.

 

"Ne pas manger de pain" ou "Ça ne mange pas de pain".

Cette curieuse locution verbale du registre familier en forme d'idiotisme alimentaire ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elle signifie, au sens figuré, selon le contexte :

  • cela n'aura pas de conséquences bien importantes, cela ne peut guère nuire, cela ne fait pas prendre de grands risques.

On dit par exemple : "Pour le mois d'août je ne vais remplacer que deux de mes quatre salariés en vacances ; ça ne mange pas de pain".

  • ou : cela ne nécessite pas de grosses dépenses, cela ne demande pas beaucoup d'efforts.

On dit par exemple : "Mon neveu veut se lancer dans le commerce. Je lui ai promis de parler de lui à mes clients et fournisseurs ; cela ne mange pas de pain".

Ou : "Appeler tes grands-parents de temps à autres leur ferait plaisir. Et ça ne mange pas de pain".

Le pain étant en effet autrefois la base de l'alimentation et donc quelque chose de vital, dire "Ça ne mange pas de pain" revenait à dire : cela ne grève pas trop le buget, ne devrait pas nous mettre en péril ou avoir des conséquences fâcheuses.

Nota bene : cette expression "Ne pas manger de pain" ne doit surtout pas être confondue avec l'expression "Ne pas manger de ce pain là".

Sources : wiktionary.org et www.cnews.fr

"Qu'as-tu fait de beau ?" et "Qu'avez-vous fait de beau ?", "Que faisais-tu de beau ?" et "Que faisiez-vous de beau ?", "Que fais-tu de beau ?" et "Que faites-vous de beau ?", "Que feras-tu de beau ?" et "Que ferez-vous de beau ?" ou "Que vas-tu faire de beau ?" et "Qu'allez-vous faire de beau ?".

Dans toutes ces différentes locutions verbales interrogatives du registre familier, la précision "de beau" ne revêt absolument aucune signification particulière.

Ces deux petits mots ne sont là - me semble-t-il - que pour minorer l'aspect potentiellement indiscret des questions, qui pourraient parfois et même souvent - sans ce petit ajout - sembler un peu abruptes à la personne à laquelle elles sont adressées.

Et se révèlent donc absolument essentiels, puisque c'est leur présence dans la formulation de votre question qui va vous éviter de vous entendre rétorquer : "Ça te regarde ?", "Tu es de la police ?" ou "Qu'est-ce que cela peut bien vous faire ?".

On dit donc simplement :

  • Au passé :
    • "Qu'as-tu fait de beau ?" pour éviter de dire "Qu'as-tu fait ?",
    • "Qu'avez-vous fait de beau ?" pour éviter de dire "Qu'avez-vous fait ?",
    • "Que faisais-tu de beau ?" pour éviter de dire "Que faisais-tu ?",
    • et "Que faisiez-vous de beau ?" pour éviter de dire "Que faisiez-vous ?".
  • Au présent :
    • "Que fais-tu de beau ?" pour éviter de dire "Que fais-tu ?",
    • et "Que faites-vous de beau ?" pour éviter de dire "Que faites-vous ?".
  • et au futur :
    • "Que feras-tu de beau ?" pour éviter de dire "Que feras-tu ?",
    • "Que ferez-vous de beau ?" pour éviter de dire "Que ferez-vous ?",
    • "Que vas-tu faire de beau ?" pour éviter de dire "Que vas-tu faire ?",
    • et "Qu'allez-vous faire de beau ?" pour éviter de dire "Qu'allez-vous faire ?".

Il s'agit naturellement là de formes purement idiomatiques que je ne vous conseille surtout pas d'aller essayer de traduire de manière littérale dans quelque autre langue que ce soit !