"Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise".

Le président états-unien Barck Obama, en bras de chemise

Voila bien trois locutions verbales en forme d'idiotismes vestimentaires et d'idiotisme corporel qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

  • "Faire tomber la veste" ou "Tomber la veste" relèvent du registre familier et signifient :
    • ôter sa veste, l'enlever, la retirer.

En raison de la chaleur ou parce que l’on s’attend à rester longtemps ou à prolonger une action.

On dit par exemple : "On le sait, le président Macron n'hésite pas à tomber la veste".

    • et par extension : se préparer à se battre, se bagarrer.

On dit par exemple : "L'autre jour, mon collègue n'a pas hésiter à tomber la chemise en pleine rue, afin de prendre la défense d'une jeune femme molestée par son compagnon".

  • et "Être en bras de chemise" ou "Être en manches de chemise" appartiennent au langage courant et signifient : être vêtu simplement, de façon décontractée ; de son pantalon et de sa chemise, mais sans porter de veste ni de veston.

Ce qui n'empêche pas de porter une cravate.

Et - contrairement à ce que l'on pense souvent - n'implique pas forcément que les manches de la chemise soient retroussées.

Le président de la République française Emmanuel Macron, en bras de chemise

On est donc "en bras de chemise" sitôt après avoir "tombé la veste".

À toutes fins utiles, précisons que la forme "Être en manches de chemise" est beaucoup moins usitée que la forme "Être en bras de chemise".

Sources : www.expressio.fr, www.languefrancaise.net et wiktionary.org

 

"D'autres personnes" et "Personne d'autre".

Ces deux locutions - en apparence assez proches, mais possédant pourtant des significations parfaitement opposées - ne doivent pas manquer d'interloquer parfois certains de nos amis étrangers :

  • "D'autres personnes" désigne en effet : d'autres individus.

On dit par exemple : "Ne ferme pas le portail : d'autres personnes vont encore arriver".

Ou : "D'autres personnes que nous ont déjà dû venir dans cette grotte".

  • tandis que "Personne d'autre" désigne : aucun autre individu.

On dit par exemple : "Je te dis cela à toi mais à personne d'autre".

Ou : "Personne d'autre n'aurait pu réussir un tel exploit".

"Une porte condamnée".

Une porte condamnée avec des pierres

Une porte condamnée est une porte fermée, sinon de manière définitive, du moins permanente.

Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec du bois
Une porte condamnée avec des briques
Une porte condamnée avec des briques

Une porte n'est certes jamais condamnée par un juge.

Mais on ne peut pour autant affirmer qu'elle n'est coupable de rien ! En effet, si l'on condamne une porte, c'est généralement parce qu'elle n'a plus guère d'utilité ou qu'elle présente un caractère dangereux.

Ou tout du moins : jugé dangereux.

Ainsi, les exploitants de grandes surfaces commerciales ou de salles de cinéma ont-ils parfois une fâcheuse et irresponsable tendance à bloquer au moyen de chaînes cadenassées certaines sorties de secours de leurs établissements. À leurs yeux, manifestement, la sécurité de leurs clients - qui ne pourraient plus s'échapper en cas d'incendie, d'explosion ou d'attaque terroriste - passe manifestement après la crainte qu'ils peuvent avoir que des voleurs ou des resquilleurs s'échappent ou ne s'introduisent subrepticement dans leurs établissements...

Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !
Une sortie de secours condamnée avec une chaîne !

"Se tartiner quelque chose" ou "Se tartiner quelqu'un".

Cette locution verbale du registre familier signifie :

  • "Se tartiner quelque chose" : faire ou supporter quelque chose de déplaisant ou d'ennuyant.

On dit par exemple : "Hier soir je me suis tartiné un de ces navets !".

  • "Se tartiner quelqu'un" : supporter quelqu'un de déplaisant ou d'ennuyant.

On dit par exemple : "Je me suis tartiné les grands-parents de ma copine pour le déjeuner".

"Lèche-cul" ou "Un lèche-cul" et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") ou "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes").

  • "Un lèche-cul"  est un substantif masculin du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Un lèche-botte" (ou "Un lèche-bottes") est un substantif masculin du registre familier en forme d'idiotisme vestimentaire.

Les deux désignent, de façon très imagée, au sens figuré : une personne servile envers sa hiérarchie ou envers les puissants ; un flagorneur ; quelqu'un qui flatte servilement celui qui détient un pouvoir ou représente une autorité.

On dit par exemple : "L'assistant de mon directeur est un vrai lèche-cul".

Ou : "Je n'ai jamais pu jouer les lèche-botte(s) avec mes supérieurs hiérarchiques".

  • "Lèche-cul" est un adjectif du registre vulgaire en forme d'idiotisme corporel. Et "Lèche-botte" (ou "Lèche-bottes") est un adjectif du registre familier.

Les deux qualifient ce type de personnes, de façon très imagée, au sens figuré.

On dit par exemple : "Je recherche un collaborateur dévoué et efficace, pas un secrétaire lèche-cul".

Ou : "Les employés lèche-botte(s) sont bien vus dans cette société".

Sources : www.cnrtl.org, wiktionary.org et www.larousse.org

"Chier une pendule" ou "En chier une pendule" et "Faire une pendule" ou "En faire une pendule".

Ces différentes expressions - qui ne doivent pas manquer d'interloquer nos enfants et nos amis étrangers - relèvent du registre vulgaire.

Mais également du registre scatologique, car les deux verbes "Faire" (par ellipse de "Faire ses besoins") et "Chier" signifient tous les deux : "Déféquer".

Utilisées au sens figuré, ces différentes formules signifient : considérer avec exagération un fait anodin, donner de l'importance à quelque chose d'insignifiant, en le ressassant longuement ; se mettre en colère pour peu de chose. Au point d'exaspérer son entourage.

On dit par exemple : "Ma frangine a pas supporté qu'on aille au cinoche sans elle : elle m'en a chié une pendule !".

Ou : "Le patron risque de nous en faire une pendule, si on lui dit que la commande ne peut pas partir avant demain".

Sources : wiktionary.org et www.expressions-francaises.fr

"De bonne heure".

Cette locution nominale du langage courant qui ne manque pas d'interloquer nos amis étrangers signifie : tôt dans la mâtinée.

On dit par exemple : "Mon père est arrivé de bonne heure : je me levais à peine".

Ou : "Fin mai le soleil se lève de très bonne heure".

On retrouve notamment cette locution dans les formules "Devoir se lever de bonne heure", "Falloir se lever de bonne heure" et "Pouvoir se lever de bonne heure", qui appartiennent au registre familier.

"Pas un traître mot" ou "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose.

Cette curieuse expression du registre familier ne doit pas manquer d'interloquer nos enfants ou amis étrangers. Et elle signifie tout simplement :

  • "Pas un traître mot" : pas un seul mot,
  • "Ne pas comprendre un traître mot" de quelque chose" : ne pas comprendre un seul mot de quelque chose.

On dit par exemple : "Je ne parle pas l'anglais : je ne comprends pas un traître mot de ce qu'ils racontent dans la plupart des publicités télévisées !".

"Être sur ses tablettes", "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes", "Noter sur ses tablettes" ou "Rayer de ses tablettes".

La présence du substantif féminin "Tablette" au pluriel au sein de ces différentes locutions verbales du langage courant ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers ou nos jeunes enfants.

Le mot "Tablette" fait en effet référence ici aux petites plaquettes, à l'origine en argile (dès le IVe millénaire av. J.‑C. en Mésopotamie, au sein des civilisations sumérienne, babylonienne, assyrienne et hittites), puis de bois ou de métal, couvertes de cire, sur lesquelles on écrivait à l'aide d'un poinçon, dans l'Antiquité et au Moyen Âge.

 

Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)
Écrire des caractères cunéiformes (constitués de traits terminés en forme de "coins" ou "clous" ("cuneus" en latin) sur des tablettes d'argile à l'aide d'un calame (roseau taillé en pointe)

Et non, bien évidemment aux tablettes tactiles apparues au XXIe siècle.

Une tablette tactile
Une tablette tactile

Ces différents locutions verbales signifient donc respectivement :

  • "Être sur ses tablettes" : avoir présent à l'esprit, ne pas avoir oublié (quelque chose ou quelqu'un).

On dit par exemple : "Tu n'oublieras pas d'écrire un article sur ce que je t'ai dit ! C'est sur mes tablettes, ne t'inquiète pas".

  • "Écrire sur ses tablettes", "Inscrire sur ses tablettes" ou "Noter sur ses tablettes" : noter pour s'en souvenir (quelque chose).

On dit par exemple : "Pense à l'anniversaire de ton père le mois prochain ! Oui, c'est sur mes tablettes".

  • et "Rayer de ses tablettes" : ne plus compter sur (quelque chose ou quelqu'un) ; en effacer volontairement le souvenir.

On dit par exemple :"Moi non plus je n'aime pas cette façon d'agir et d'ailleurs, j'ai rayé ce fournisseur de mes tablettes".

etite planche ou plaque horizontale destinée à recevoir divers objets.
Tablette graphique
Tablette unguéale

Sources : www.larousse.fr et wikipedia.org

"Faire un canard".

Cette locution verbale du signifie, au sens figuré :

  • principalement, dans le registre familier :
    • tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

Les nordistes disent aussi "Boire le café à l’chuchette".

Faire un canard : tremper brièvement un morceau de sucre dans le café et le croquer ensuite sans le laisser fondre dans la tasse ou entre les doigts.

    • ou la même chose, mais dans un verre d'alcool.

Souvent, c’est par prudence, notamment lorsque l’alcool est fort, qu'on le goûte de cette façon. En tout état de cause, on suce le morceau de sucre, et on recommence l’opération ... Un régal, paraît-il !

Cette expression, déjà en vogue au XVIIIe siècle, viendrait de la similitude entre le palmipède, qui a l’habitude de plonger son bec régulièrement dans l’eau, et l’action de tenir le sucre entre le pouce et l’index tout en le trempant rapidement dans le café ou l’alcool, afin qu'il s'en imprègne mais ne fonde pas.

La manoeuvre est délicate : trop rapide le sucre ne sera pas assez imbibé, trop lente il va fondre dans la tasse ou le verre…

  • accessoirement, dans le registre argotique : publier, animer, gérer un journal.

 

Sources : www.maisonconfiserie.fr, lebilletdelamarmotte.over-blog.com et verreleine.org

"Porter beau".

Cette locution verbale du registre familier, qui ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers, signifie : avoir belle allure, être élégant, bien habillé ; bien présenter, avoir une belle prestance et un air de jeunesse et de vigueur, principalement pour un homme d’un certain âge.

On dit par exemple : "Ton père porte beau pour son âge !".

Sources : wikipedia.org, www.linternaute.fr, dictionnaire.reverso.net et www.languefrancaise.net

"Être léché par les rayons du soleil", "Être léché par les derniers rayons du soleil" ou "Être léché par les premiers rayons du soleil" et "Se faire lécher par les rayons du soleil", "Se faire lécher par les derniers rayons du soleil" ou "Se faire lécher par les premiers rayons du soleil".

Ces différentes locutions verbales du langage courant ne doivent pas manquer d'interloquer nos amis étrangers.

Elles signifient simplement, au sens figuré :

  • pour une personne : être caressé ou se faire caresser par les rayons du soleil, à une heure où lesdits rayons ne risquent pas de brûler la peau et d'infliger des "coups de soleil", mais sont au contraire particulièrement appréciés pour leur douceur.

Par exemple, en début ("premiers rayons") de journée :

Être léché par les premiers rayons de soleil
Être léché par les premiers rayons de soleil

Ou en fin de journée ("derniers rayons") :

Être léché par les derniers rayons de soleil
Être léché par les derniers rayons de soleil
  • et pour un bâtiment ou un lieu : être légèrement effleuré.

"Au pied levé".

Cette curieuse locution adjectivale du registre familier en forme d'idiotisme corporel ne doit pas manquer de surprendre nos amis étrangers.

Elle est très ancienne puisqu'elle remonte au XVIe siècle sous cette forme.

Et elle signifie, au sens figuré : à l'improviste, sans préparation.

On dit par exemple : "Nous sommes partis au pied levé et je n'ai pas eu le temps d'emporter toutes mes affaires".

Sources : wiktionary.org

"Mettre les pieds dans le plat".

Cette locution verbale du registre familier qui doit interloquer nos amis étrangers signifie, au sens figuré : commettre une bévue grossière, une gaffe, une bourde, un grave impair, créant ainsi une situation embarrassante.

Par exemple :

  • en abordant une question délicate avec une franchise brutale,
  • en abordant un sujet délicat sans détour,
  • en commettant une indiscrétion impardonnable,
  • en évoquant gauchement un sujet épineux,
  • en parlant sans ménagement,
  • en disant une chose brutalement, par mégarde et manque de tact.

Sources : lemondedufrancais.com, www.linternaute.fr, www.expressio.fr

"Croquer le marmot".

Cette très curieuse expression aux origines incertaines ne doit pas manquer d'interloquer nos amis étrangers !

Appartenant au registre familier, elle signifie, au sens figuré : attendre longtemps, patienter longuement, en se morfondant.

Et s'utilise afin d'exprimer la contrariété ou l'impatience.

On dit par exemple : "Je suis arrivé aux aurores et j'ai croqué le marmot car cela n'ouvrait qu'à 9H30 !".

Source : wiktionary.org