Fervent et précoce collectionneur de bandes dessinées anciennes, j’ai très tôt fréquenté la Belgique et les boutiques spécialisées de Liège ou de Bruxelles. Ce qui m’a permis de découvrir que nos amis d’outre-Quiévrain utilisaient de nombreux mots, verbes ou locutions parfaitement incompréhensibles pour le jeune banlieusard que j’étais.
J’ai regroupé ici un certain nombre de ces belgicismes, tournures ou expressions typiques de la Belgique francophone, qui vous permettront – j’espère – de faciliter vos échanges !
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Ainsi que j'ai pu entendre une détenue le déclarer, le 16 mai 2021, dans l'émission de Maïtena Biraben "Déconfinnés", diffusée sur la chaîne de télévision publique LCP-AN.
Mais simplement : "Un gymnase" !
Ce substantif masculin du langage courant désignant un bâtiment de hauteur généralement élevée, où l'on pratique certains sports intérieurs, comme notamment la gymnastique, le basket-ball, le volley-ball ou le handball, la locution"Un gymnase du sport" n'est en effet qu'un affreux pléonasme.
Nos amis belges parlent pour leur part de "Hall omnisport".
La journaliste française Maïtena Biraben, dans l'émission "Déconfinés !", lancée le 17 avril 2020, sur la chaîne de télévision publique française LCP-AN
Parce que d’un côté ça épile et de l’autre ça efface !
Explication du calembour
Il résulte de l’homophonie entre les formes conjugées « Ça épile » et « Ça efface » et les formes conjuguées « Ça est pile » et « Ça est face », correspondant à la façon dont nos amis belges disent « C’est pile » et « C’est face » !
Avers (face) et revers (pile) de la pièce belge de 10 francs datant de 1976Une pince à épiler professionnelle en inox à bouts recourbés de marque NogentUne gomme à effacer de marque Maped
Ce substantif féminin polysémique peut avoir en français différentes significations, selon le contexte et le niveau de langage :
dans le langage courant, il s'agit :
avant toutes choses d'un nom vernaculaire d'animal, désignant un oiseau de proie diurne (falconiforme), au plumage brun tacheté, aux formes lourdes, au bec et aux serres faibles, que l’on considère comme dépourvu d’intelligence.
Il existe plusieurs espèces de ce rapace en Europe, la plus commune étant la "buse variable".
Buses en laiton
mais également d'un embout - parfois également appelée "ajutage" - placé à l'extrémité d'un tuyau dans lequel circule un ou plusieurs fluides et destiné à assurer une des fonctions suivantes :
dispersion de ce(s) fluide(s) dans un grand volume,
pulvérisation ("asperseur" ou "sprinkler") grâce à la formation de fines gouttelettes par réduction de la section,
ou projection à grande vitesse ou/et mélange de ces fluides.
C'est par exemple le cas de la pièce du carburateur qui augmente la vitesse de l'air lors de son passage au niveau du gicleur.
Les fonctions assurées par la buse reposent sur la forme du conduit qui exploite les propriétés de la tuyère.
ou d'un conduit rigide de gros calibre servant à l'écoulement d'un fluide.
Également appelé "Ponceau", la buse (du néerlandais "buis" signifiant "tube") est constituée d'un ou de plusieurs éléments en ciment, céramique, fonte, mais aussi :
Buses en béton armé
béton armé,
Buses en acier galvanisé
ou acier galvanisé.
D'argent au tourteau de gueules (blason de la famille de Montpellier)
ainsi que, en héraldique, d'un "meuble" (une figure) représentant un disque de couleur rouge dans les armoiries, ensuite appelé "tourteau de gueules", et parfois "tourteau de pourpre".
et dans le registre familier :
au sens figuré: d'une personne particulièrement stupide ou bornée ; d'un sot, d'un idiot, d'un imbécile.
On dit par exemple : "Sibeth Ndiaye, Muriel Pénicaud, Christophe Castaner : que des buses ! Édouard Philippe devait vraiment apprécier la fauconnerie... ou la vraie connerie ?".
et, dans le Nord de la france, en Champagne, ainsi que pour nos amis belges : d'un échec à une élection, à un examen, etc.
On dit par exemple : "Mon neveu s'est pris une buse à son examen d'urine, c'est te dire s'il est con !".
Nos amis belges ont créé cet amusant substantif pour désigner une personne tentant de faire plaisir à tout le monde ou de satisfaire des intérêts divergents.
J'ai toujours été littéralement fasciné par cette incroyable expression typiquement belge, signifiant pour nos amis d'outre-Quiévrain... "Oui, bien sûr", "Oui, évidemment", "Oui, sûrement" !
Ainsi, à votre question : "Tu sauras te retrouver dans le métro parisien ?", votre interlocuteur belge vous répondra, avec ironie et sur un ton légèrement sarcastique : "Non, peut-être !"
Ce substantif féminin du langage courant désigne :
une soupe ou bouillie, faite de pain bouilli dans du lait, additionnée de beurre, de sel et, souvent, d'un jaune d'oeuf.
en pâtisserie, un mélange d'eau, de beurre, de farine et de sel constituant le résultat de la première étape de fabrication de la pâte à choux.
pour nos amis belges : un repas pour bébé, composé de fruits ou de légumes écrasés.
et au sens figuré : une mauvaise posture, une situation difficile.
On dit par exemple : "Avec cette pandémie de maladie à coronavirus 2019, je suis véritablement dans la panade !".
Spécial lecteurs de bande dessinée
Ce mot de "Panade" est, je crois, particulièrement familier aux amateurs de bande dessinée franco-belge, du fait de l'existence du célébrissimedix-neuvième album de la série "Spirou et Fantasio", "Panade à Champignac", paru en 1969.
L'histoire du même titre était précédemment parue dans le journal "Spirou", du au , et elle était dessinée par le génial André Franquin, assisté du fidèle Jidéhem, d'après un scénario de Gos et Peyo.
Dans "Panade à Champignac", en effet, Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, comte de Champignac, donne à manger de la panade à son vieil ami Zorglub redevenu un bébé...
À la page 24 de l'album le Comte dit d'ailleurs expressément à Spirou : "Ah, important : la préparation de sa petite panade".
L'utilisation de ce mot dans son acception belge de "repas pour bébé" ne devrait donc normalement pas échapper au lecteur français, qui peut - dès la lecture attentive de cette case - comprendre, tout autant que son voisin belge francophone, le double sens du titre de cet album aussi génial que déjanté ; le second sens étant naturellement celui de l'expression "Être dans la panade".
Je me permets cependant d'imaginer que, comme moi, le temps passant, certains lecteurs français n'ayant pas relu l'album depuis leur enfance ont dû totalement oublier cette acception belge du mot "panade" signifiant "aliment pour bébé" et ne plus voir, depuis des années, dans le titre de ce merveilleux album que son sens figuré de "Situation difficile à Champignac" !
Nos amis belges désignent ainsi la viennoiserie constituée d'une pâte levée feuilletée, identique à celle du croissant, rectangulaire et enroulée sur une ou plusieurs barres de chocolat, que nous appelons en France "Un pain au chocolat".
Ou "Une chocolatine", dans les régions bordelaises et toulousaines. Ainsi qu'au Québec.
Mais : "Une fermeture À GLISSIÈRE" ou "Une fermeture à CRÉMAILLÈRE".
"Éclair" est en effet une marque commerciale enregistrée en 1924 par la société française Éclair Prym France, située à Menneval (27).
Concrètement, il s'agit d'un dispositif mécanique permettant l'ouverture et la fermeture rapide d'un vêtement, d'un sac, de chaussures ou le raccordement et la séparation rapide de pièces de tissus (porte de tente par exemple).
Les premières fermetures rapides à glissières constituées d'oeillets et de crochets ont été élaborées aux États-Unis d'Amérique, à Chicago (Illinois) en 1851. Mais c'est en 1913, que l'ingénieur suédo-états-unien Gideon Sundbäck met au point de la fermeture à glissière moderne en remplaçant le système d'oeillets et de crochets par un dispositif de dents engrenées à l'aide d'un curseur.
La fermeture se compose de deux bandes de tissu fort sur lesquelles sont serties des dents métalliques. Les bandes sont mises en regard l'une de l'autre, les dents étant décalées. Le passage d'une navette, appelée curseur, comportant deux gorges qui se rejoignent, permet d'engrener les dents ou de les séparer. Les gorges servent à guider les dents lorsque l'on fait glisser le curseur. La tirette proprement dite est la languette accrochée au curseur et qui permet de le déplacer. Si, à l'origine, les dents et le curseur étaient métalliques, on utilise également aujourd'hui des matières plastiques comme le nylon.
Nos amis québecois pourtant si souvent hostiles aux anglicismes utilisent les mots "Zipper" ou "Zip".
Et nos amis belges parlent de "Tirette" ou de "Zip".