"Arquer".

Ce verbe change de signification en fonction du niveau de langue dans lequel il est employé.

Il signifie ainsi :

  • rendre courbe ou fléchir, dans le langage courant.

On dit par exemple : "Il faudrait que tu m'aides à arquer cette tige métallique".

"Arquer" ou "Cintrer" un tube

Ou : "Attention : cette poutre commence à arquer".

Une poutre arquée

  • et : marcher, dans le registre argotique.

On dit ainsi : "J'étais tellement crevé que j'pouvais p'us arquer !".

Ne plus pouvoir arquer (marcher) (registre argotique)

"Épleuré(e)" ou "Éploré(e)" ?

Ces deux adjectifs signifient : tout(e) en pleurs.

  • "Épleuré(e)" relève du registre familier.

On dit par exemple : "La mère de ma copine était épleurée".

  • tandis que "Éploré(e)" relève du registre soutenu.

On dit par exemple : "Le souverain éploré ne parvenait pas à contenir sa douleur".

Un homme éploré : le docteur Patrick Pelloux, miraculé de la tuerie de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015
Un homme éploré : le docteur Patrick Pelloux, miraculé de la tuerie de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015

Source : www.dictionnaire-academie.fr

"La guigne", Avoir la guigne", "Quelle guigne !" ou "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose".

  • "La guigne" est un substantif féminin désignant :
    • dans le langage courant : une cerise à chair ferme et sucrée, de couleur rouge foncé ou noire,
Des cerises guigne
Cerisier guigne
    • et dans le registre argotique : la malchance, la poisse.

On dit par exemple : "Fais attention, ce type attire la guigne !".

  • "Avoir la guigne" : jouer de malchance, être très malchanceux, ne vraiment pas avoir de chance.

On dit par exemple : "J'ai la guigne : cela fait deux fois que mon train est en retard cette semaine".

  • "Quelle guigne !" : quelle malchance !

On dit par exemple : "Quelle guigne : la séance est annulée !".

  • et "Se soucier comme d'une guigne" de quelque chose ou de quelqu'un : s'en désintéresser totalement.

On dit par exemple : "Poutine se soucie comme d'une guigne des appels téléphoniques de Macron".

Sources :

"Une échauffourée".

J'aile beaucoup ce joli substantif féminin, qui désigne, selon le contexte :

  • dans le langage courant : une émeute, une bagarre confuse et de courte durée, un accrochage, une rixe, une mêlée.

On dit par exemple : "La discussion s'est terminée en échauffourée".

  • et dans le registre désuet :
    • une entreprise malheureuse conduisant à un échec,
    • ou : un petit combat isolé.

Sources : wiktionary.org, Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un torchon".

Ce substantif masculin désigne :

  • au sens propre, dans le langage courant :
    • un carré de toile servant à essuyer la vaisselle, que nos voisins belges appellent d'ailleurs "essuie de vaisselle".

Un torchon

On dit par exemple : "Prends donc un torchon et essuie la vaisselle avant de retourner t'affaler dans ton fauteuil à ronfler devant ton match !".

    • et pour nos amis belges et canadiens : une serpillière.

Une serpillière

  • et au sens figuré, dans le registre familier :
    • un écrit, un texte, sans soin, sale, mal présenté ou sans valeur.

On dit par exemple, dans un monde idéal où les enseignants auraient toujours le droit de punir les élèves irrespectueux : "Comment osez-vous me rendre un tel torchon !".

Un torchon, c'est à dire une copie sale

    • un journal méprisable.

On dit par exemple : "Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, l'hebdomadaire français Je suis partout, principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande, devient, à partir de 1941, un torchon".

Page un du numéro spécial du 17 février 1939 du torchon antisémite "Je suis partout", un hebdomadaire français publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944. Rassemblant des plumes souvent issues ou proches de l'Action française, il devient, à partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation allemande
Page un du numéro spécial du 17 février 1939 de "Je suis partout",  publié par Arthème Fayard, dont le premier numéro sort le 29 novembre 1930 et le dernier le 16 août 1944.

Sources : wikipedia.org et www.larousse.fr

"À un moment donné".

Cette locution adverbiale relève du langage courant.

Et elle signifie :

  • dans le langage courant : "À un certain moment", "En un temps déterminé".

On dit par exemple :  "Les ruines de Pompéi nous permettent de connaître en détails la vie des Romains à un moment donné".

  • et dans le registre familier : "Tout à coup", "Soudain".

On dit par exemple : "À un moment donné on a entendu des rafales de mitraillette".

Sources : www.academie-francaise.fr et wiktionary.org

"Encorné".

Cet adjectif possède des significations différentes en fonction du niveau de langue utilisé.

Il peut en effet tout aussi bien signifier :

  • dans le registre soutenu : qui possède des cornes,

On dit par exemple : "Un diable encorné brandissait une longue fourche".

Un diable "encorné"

  • que, dans le langage courant : blessé par des cornes, tranpercer, éventrer.

On dit par exemple : "Le matador s'est fait encorner par un jeune taureau".

Un matador encorné par un taureau

Source : www.larousse.fr

"Une savate" ou "La savate".

  • "Une savate" est un substantif féminin désignant, dans le registre familier : un vieux soulier, très usé ; une vieille chaussure ou une vieille pantoufle.
  • On dit par exemple : "Tu as vu qu'il y avait une savate qui traînait dehors ?".

Un combat de boxe française

 

"Une cagna", "Une cagnat" ou "Une cagnia".

Ce substantif féminin nous vient de l'annamite cai-nha.

Et il désigne :

  • dans le registre argotique, dans le domaine militaire :
    • un abri de tranchées généralement souterrain,

Une cagna

    • ou : un abri de fortune fait de matériaux de récupération.

Des cagnas

  • et dans le registre populaire : un abri, une cabane, une pauvre maisonnette.

Une cagnaUne cagna

Sources : wiktionary.org, www.larousse.fr et www.cnrtl.fr

"Un cagnard" et "Le cagnard".

Ce substantif masculin désigne :

  • pour les Marseillais et les Provençaux : un emplacement ensoleillé, abrité du vent,

Un cagnard : emplacement ensoleillé, abrité du vent

  • pour l'ensemble des français, par extension, dans le registre familier : un soleil brûlant.

On dit par exemple : "Tu vas mourir de chaud en plein cagnard".

"En plein cagnard"

  • dans le domaine maritime : un assemblage de planches ou de toiles fixées à l'avant et aux côtés d'une passerelle d'un pont de dunette, pour protéger un homme de veille contre le vent et la pluie,`
  • dans le registre désuet : un abri non fermé et plus ou moins chaud où se rassemblaient des vagabonds,
  • un réchaud pour se chauffer à l'extérieur,
  • et pour nos amis Suisses : une petite pièce servant de débarras.

Un cagibi

Sources : Le Robert, www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Une guimbarde".

Ce substantif féminin polysémique désigne :

  • dans le langage courant :
    • un instrument de musique utilisant une lamelle actionnée par le doigt comme élément vibrant et la bouche du musicien comme cavité de résonance.

Il s'agit d'un instrument répandu chez les peuples nomades d'Eurasie, de la Finlande au Nord du Japon, en Asie et en Mélanésie.

Et dont on a trouvé des traces au IIIe siècle av. J.-C. au Nord-Ouest de la Chine. Et au moins depuis l'époque gallo-romaine en Europe.

    • une danse traditionnelle du Limousin,

Localisation du Limousin

    • ou : une sorte de petit rabot de menuisier ou d'ébéniste, également appelé "Guimbarde à fond", servant à aplanir le fond des creux dans les moulures,
  • et dans le registre familier : une vieille automobile bien fatiguée, telle que par exemple la célèbre Fiat 509 de Gaston Lagaffe, fabriquée par le constructeur turinois entre 1925 et 1929.

Une guimbarde : la Fiat 509 de Gaston LagaffeUne guimbarde : la Fiat 509 de Gaston Lagaffe

 

 

À ce sujet je me permets de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire en français "Une vieille automobile" ou "Une automobile en très mauvais état".

Source : wikipedia.org

"Un rade" et "Une rade".

Ces deux substantifs homophonographes relèvent de deux niveaux de langue différents.

  • "Un rade" désigne en effet, dans le registre argotique : un café.

On dit par exemple : "Je t'attendrai dans le rade en bas de chez toi".

Je me permets à ce sujet de vous recommander la lecture de mon article consacré à toutes les façons de dire "Un café" en français.

"Un rade" ("Café" en argot)

  • tandis que "Une rade" désigne, dans le langage courant : un grand bassin, naturel ou artificiel, disposant d'une issue libre vers la mer et où les navires peuvent mouiller.
La rade de toulon (83) : la plus belle d'Europe dit-on
La rade de toulon (83) : la plus belle d'Europe dit-on

La rade de toulon (83) : la plus belle d'Europe dit-on

La rade de toulon (83) : la plus belle d'Europe dit-on

Source : www.larousse.fr