"Robuste".

Cet adjectif signifie, selon le contexte :

  • dans le langage courant :
    • solidement constitué, fort et résistant, capable de fournir un effort physique important et de résister à la fatigue (un "homme robuste" ou un "cheval de trait robuste"),
    • résistant, solide, supportant les conditions rigoureuses du climat ou du milieu, pour un végétal (une "plante robuste"),
    • résistant bien aux causes d'agression ou d'altération (une "robuste constitution"),
    • solidement construit et capable de résister à des efforts extrêmes et à un usage prolongé (une "machine robuste", "un "avion robuste"),
  • et dans le registre soutenu : ne se laissant pas ébranler facilement (de "robustes certitudes").

Source : www.larousse.fr

"Faire la journée".

Cette locution nominale signifie :

  • dans le langage courant :
    • travailler de jour, durant la journée ; par opposition à "Faire la nuit" pour travailler durant la nuit.

On dit par exemple : "Samedi tu vas faire la journée et je ferai la nuit".

    • ou : durer toute la journée, suffire à ma consommation ou à mon usage de la journée.

On dit par exemple : "Ce paquet de cigarettes entamé va me faire la journée".

Ou : "Cette grosse boîte neuve de 1 000 clous devrait te faire la journée".

  • et dans le registre familier : amuser un bon moment, car on va probablement y repenser plusieurs fois au cours de la journée.

On dit par exemple : "Ce calembour va me faire la journée".

Ou : "Cette vision de ta mère glissant sur la peau de banane : cela va me faire la journée".

"Mutin" et "Un mutin".

Contrairement au substantif masculin "Un mutin", l'adjectif "Mutin" peut avoir deux significations différentes :

  • L'adjectif "Mutin" signifie en effet, selon le contexte :
    • ayant un caractère insoumis, rebelle ; porté à la révolte, désobéissant, effronté, frondeur, indiscipliné, querelleur.

On parle par exemple d'un "peuple mutin".

    • ou, dans le registre soutenu, par atténuation de sens : ayant un caractère espiègle, malicieux, vif ; d'humeur badine, taquine, aimant à plaisanter.

On parle par exemple d'un "enfant mutin".

  • tandis que le substantif masculin "Un mutin" désigne uniquement : une personne en révolte ouverte contre une autorité établie, qui refuse d'obéir aux ordres de ses supérieurs. Autrement dit, selon les circonstances : un émeutier, un insurgé, un rebelle, un séditieux.

Sources : www.cnrtl.fr et www.larousse.fr

"Un portefaix".

Ce substantif masculin désigne :

  • dans le registre désuet : celui qui fait métier de porter des fardeaux,
  • et dans le registre soutenu : un homme grossier et brutal.

On dit par exemple : "Il jure comme un portefaix".

Sources : wiktionary.org et www.larousse.fr

"Une respectueuse".

Ce substantif féminin peu usité peut avoir différentes significations :

  • il s'agit tout d'abord, dans le registre désuet, d'une sorte de dentelle,
  • mais également, par extension, toujours dans le même registre :
    • d'une sorte de mouchoir fait de cette dentelle,
    • ou d'une sorte de coiffure féminine, élaborée à l'aide de cette dentelle.
  • enfin, et surtout, serais-je tenté de dire, dans le registre soutenu : d'une prostituée !

Cette acception est en effet dérivée - par ellipse - du titre de la pièce de théâtre "La putain respectueuse", écrite par Jean-Paul Sartre en 1947.

Une "respectueuse", c'est à dire : une prostituée

Source : wiktionary.org

"Un matin" et "Un mâtin".

Ces deux substantifs masculins parfaitement homophones ont des significations radicalement différentes.

  • "Un matin" sans accent circonflexe désigne :
    • le début du jour.
    • ou : le temps compris entre le début du jour et la mi-journée.
  • tandis que "Un mâtin" avec un "â" désigne, dans le registre désuet :
    • un grand et gros chien de garde ou de chasse.
    • ou un chien massif et trapu, du type molossoïde, voisin du dogue de Bordeaux, dont il existe plusieurs races en Europe méridionale : le Mâtin des Pyrénées, le Mâtin espagnol ou le Mâtin de Naples, également appelé Mâtin napolitain ou, par ellipse : Napolitain.
Un mâtin de Naples, également appelé mâtin napolitain ou - par ellipse - napolitain
Un Mâtin de Naples, également appelé Mâtin napolitain ou, par ellipse : Napolitain

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

"Piocher".

Ce verbe polysémique peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue.

Il signifie ainsi :

  • dans le langage courant :
    • creuser le sol, le remuer avec une pioche.
    • puiser quelque chose dans un tas (de pommes dans le compotier, de cartes, de dominos, etc.),

On dit par exemple : "J'en ai marre de ne piocher que des deux ou des trois".

    • abattre à la pioche la partie excédentaire d'une pierre, d'un enduit.
  • et dans le registre familier et le registre désuet : étudier une matière, un livre.

On disait par exemple : "Ma gonzesse finit de bûcher ses maths et après on va se regarder un film".

De nos jours, on dit, dans le même registre familier : "Bûcher".

Source : wiktionary.org

"Une gaffe" et "Un gaffe".

Le substantif "Gaffe peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue (langage courant, registre familier ou registre argotique) et du genre (féminin ou masculin) :

  • "Une gaffe" désigne ainsi :
    • dans le langage courant : une perche munie d'une pointe métallique et d'un crochet (appelé "Croc") à une extrémité, pour attirer à soi quelque chose.

On en utilise en particulier à bord des bateaux, et l'on parle de "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière" ; le substantif féminin "Équoirre" relevant du registre désuet.

Une gaffe téléscopique pour bateau, appelée "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière", et autrefois : "Équoirre"
Une gaffe télescopique pour bateau, appelée "Gaffe de marinier" ou "Gaffe marinière", et autrefois : "Équoirre"
    • et dans le le registre familier : une bêtise.

On dit par exemple : "Évite de commettre une gaffe avec ta nouvelle patronne".

  • tandis que "Un gaffe" désigne, dans le registre argotique : un gardien de prison ou "surveillant pénitentiaire".

Également appelé, dans le même registre argotique et de façon péjorative : "Garde-chiourme" ou "Maton".

Surveillants pénitentiaires

Source : wiktionary.org

"Boulonner".

Ce verbe change de sens selon le niveau de langue, puisqu'il signifie :

  • dans le langage courant : assembler au moyen d'un ou de plusieurs boulons des pièces métalliques ou de charpente.

On dit par exemple : "J'ai bientôt fini de boulonner cette poutre".

  • et dans le registre populaire : travailler.

On dit par exemple : "J'en ai marre de boulonner comme un dingue".

Source : www.cnrtl.fr

"Un râteau", "Faire un râteau" et "Prendre un râteau" ou "Se prendre un râteau".

"Un râteau" est un substantif masculin désignant :

Un râteau

  • au sens propre, dans le langage courant : un outil de jardinage utilisé en horticulture pour ramasser les feuilles ou les brindilles et égaliser la terre fraîchement bêchée ou sarclée.

Le râteau est composé d'une pièce de travail en métal, en plastique, et à l'origine en bois, constituant une sorte de traverse munie de dents et fixée en son milieu à un manche en bois ou en métal.

Certains râteaux à lames flexibles disposées en éventail servent plus particulièrement à racler les feuilles mortes et les coupes de gazon.

Râteau éventail ou râteau à feuilles
Râteau éventail ou râteau à feuilles
  • et au sens figuré :
    • dans le langage courant : au football, un geste technique très efficace, permettant à un joueur en possession du ballon de le conserver sous la pression d’un adversaire.

Le râteau consiste à "tirer" le ballon vers soi à l'aide de la semelle afin d'empêcher le joueur adverse de s'en emparer.

Ce geste est souvent accompagné d'une accélération immédiate, le joueur adverse ne se trouvant plus sur ses appuis.

Bien réalisé, le râteau permet de se débarrasser à la fois de son adversaire direct mais aussi de pouvoir avoir le champ libre afin de passer la balle à un coéquipier ou tout simplement d’avancer balle au pied.

On dit par exemple : "Marco Verratti fait souvent des râteaux".

    • et dans le registre familier : un échec.

On dit par exemple :"On s'est pris un râteau avec ce produit la première année".

En particulier, pour un dragueur : se faire éconduire.

On dit par exemple : "Mon pote s'est pris un râteau en sortant dun cinoche".

Sources : wiktionary.org et www.lequipe.fr

Ne dites pas à un québecois : "J'adore les gosses, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !" !

Mais plutôt : "J'adore les GAMINS, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Ou : "J'adore les MÔMES, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Car si, pour nous français, ce substantif masculin ou féminin du registre familier signifie "Enfant", il s'agit, pour les québecois, d'un substantif féminin du registre vulgaire signifiant... "Testicule" !

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mes articles "Quand la différence de niveau de langage crée l'incompréhension...". et "Ne dites pas : S'palucher l'engin tout l'temps" !

"Bigner".

Ce charmant petit verbe du registre populaire peut avoir, selon le contexte, deux significations radicalement différentes :

  • voir.

On dit par exemple : "Bigne un peu la gonzesse".

  • ou : cabosser, cogner, endommager légèrement.

Il peut alors s'utiliser indifféremment pour une personne ou pour un objet.

On dit par exemple : "Ce type m'énerve : je vais finir par le bigner !".

Ou : "J'ai encore bigné la bagnole de ma chérie : elle va me tuer !".

Sources : www.linternaute.fr et

"Être bien brave", "Être gentil" ou "Être très gentil".

Ces différentes formules s'utilisent pour qualifier :

  • au sens propre : une personne serviable, honnête, bonne, obligeante.
  • et dans le registre familier : une personne gentille ou très gentille, mais un peu stupide.

On dit par exemple :

  • "Cindy est bien brave, mais je ne lui prêterais pas ma voiture",
  • "Kevin est gentil mais il a encore oublié d'éteindre l'enseigne en partant",
  • ou : "Gonzague est très gentil. Il collectionne les ticket de loto perdants".

"Une buse".

Ce substantif féminin polysémique peut avoir en français différentes significations, selon le contexte et le niveau de langage :

  • dans le langage courant, il s'agit :

Une buse : oiseau rapace diurne

    • avant toutes choses d'un nom vernaculaire d'animal, désignant un oiseau de proie diurne (falconiforme), au plumage brun tacheté, aux formes lourdes, au bec et aux serres faibles, que l’on considère comme dépourvu d’intelligence.

Il existe plusieurs espèces de ce rapace en Europe, la plus commune étant la "buse variable".

Buses en laiton
Buses en laiton
    • mais également d'un embout - parfois également appelée "ajutage" - placé à l'extrémité d'un tuyau dans lequel circule un ou plusieurs fluides et destiné à assurer une des fonctions suivantes :
      • dispersion de ce(s) fluide(s) dans un grand volume,
      • ou projection à grande vitesse ou/et mélange de ces fluides.

C'est par exemple le cas de la pièce du carburateur qui augmente la vitesse de l'air lors de son passage au niveau du gicleur.

Les fonctions assurées par la buse reposent sur la forme du conduit qui exploite les propriétés de la tuyère.

    • ou d'un conduit rigide de gros calibre servant à l'écoulement d'un fluide.

Également appelé "Ponceau", la buse (du néerlandais "buis" signifiant "tube") est constituée d'un ou de plusieurs éléments en ciment, céramique, fonte, mais aussi :

Buses de béton armé
Buses en béton armé
      • béton armé,
Buses métalliques en acier galvanisé
Buses en acier galvanisé
      • ou acier galvanisé.
D'argent au tourteau de gueules (blason de la famille de Montpellier)
D'argent au tourteau de gueules (blason de la famille de Montpellier)
    • ainsi que, en héraldique, d'un "meuble" (une figure) représentant un disque de couleur rouge dans les armoiries, ensuite appelé "tourteau de gueules", et parfois "tourteau de pourpre".
  • et dans le registre familier :
    • au sens figuré : d'une personne particulièrement stupide ou bornée ; d'un sot, d'un idiot, d'un imbécile.

On dit par exemple : "Sibeth Ndiaye, Muriel Pénicaud, Christophe Castaner : que des buses ! Édouard Philippe devait vraiment apprécier la fauconnerie... ou la vraie connerie ?".

    • et, dans le Nord de la france, en Champagne, ainsi que pour nos amis belges : d'un échec à une élection, à un examen, etc.

On dit par exemple : "Mon neveu s'est pris une buse à son examen d'urine, c'est te dire s'il est con !".

Nota bene : "La buse" était l'un des surnoms du pirate français Olivier Levasseur.

Sources : wiktionary.org, wikipedia.org, www.languefrancaise.net et www.larousse.org