"For", "Fort" et "Un fort".

Ces différents mots homophones ont des significations très différentes :

  • "For" est un substantif masculin qui nous vient du latin "Forum".
  • "Fort" est :
    • soit un adjectif masculin, qui signifie, selon le contexte :
      • agissant avec énergie, pour un produit ou un médicament ("Un somnifère assez fort"),
      • ayant de la force morale, de la force de caractère ("Être fort dans l'adversité"),
      • ayant des connaissances étendues, une grande habileté, une grande aptitude dans un domaine ; surpassant les autres ("Être fort en calcul mental"),
      • bien établi, sûr, résistant au temps, aux attaques, etc. ("Un amour très fort"),
      • corpulent, épais, gros ("Être fort des hanches"),
      • désagréable au goût ou à l'odorat, âcre ("Du beurre fort"),
      • dont la puissance, les moyens d'action, le pouvoir sont très développés ; qui s'impose aux autres ("Un parti politique fort"),
      • doté d'une teneur très importante en son principe actif, pour une substance ou une préparation ("Du piment fort"),
      • manifestant l'habileté, le savoir-faire, la compétence et s'imposant à l'esprit avec force ("Un film très fort"),
      • recourant à la contrainte et à des mesures autoritaires, pour un État ("Un régime fort"),
      • résistant, solide ("Du carton fort"),
      • robuste, solide, vigoureux, ayant de la force physique, pour un individu ("Un homme fort"),
      • tirant son assurance, sa supériorité de telle ou telle chose ("Fort de son expérience"),
      • ou : très actif, très correctif, puissant, pour un instrument ou un appareil ("Des verres correcteurs très forts").
    • soit un adverbe, qui signifie, selon les cas :
      • d’une manière forte et vigoureuse. ("Crier fort", "Frapper fort", "Pousser fort", etc.),
      • ou : beaucoup ("Couler fort", "Pleuvoir fort", "Venter fort", etc.)

Placé devant un adjectif ou devant un adverbe, "Fort" marque le superlatif : "Avoir fort à coeur de", "Savoir fort bien que", etc.

  • et "Un fort" est un substantif masculin désignant, selon le contexte :
    • une fortification permanente isolée et indépendante, autonome.
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala
San Felipe de Lara, un fort colonial espagnol à l'entrée du lac Izabal, dans l'Est du Guatemala

Ouvrage de terre ou de maçonnerie, parfois revêtu de métal, il s'agit d'un bâtiment militaire conçu pour la guerre défensive, destiné à résister aux attaques de l’ennemi.

Le fort de Jorey à Fermanville (50)
Le fort de Jorey à Fermanville (50)
    • à la chasse : un repaire, de la retraite de certains animaux, qui se réfugient toujours dans l’endroit le plus épais du bois ("Le sanglier est dans son fort"),
    • celui qui a la force ou la puissance, qui représente ou symbolise la force ("Le fort contre faible"),
    • dans le registre désuet : un portefaix . "Un fort des Halles" était le nom attribué au manutentionnaire qui avait pour mission de transporter les marchandises de l'extérieur vers l'intérieur des pavillons des anciennes Halles de Paris (75).
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910
Forts des Halles, à Paris (75), vers 1910

Portant une tenue de travail très caractéristique, les forts formaient une corporation très célèbre dans la capitale, créée sous le règne de Louis IX, et aujourd'hui disparue.

Mais le mot "Fort" pour désigner des employés devant porter de lourdes charges durant leur travail a également été utilisé ailleurs, puisqu'il a par exemple existé des "forts des Abattoirs de Lille (59)",

    • dans le registre familier : un genre de mérite ou de savoir, qui distingue une personne, la place au-dessus des autres ("Le français a toujours été mon fort"),
    • l'endroit le plus fort d’une chose ("Le fort d’une voûte, d’une épée"),
    • l'endroit le plus épais et le plus touffu d’un bois ("S’enfoncer dans le fort du bois"),
    • le temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré ("Au fort de la tempête", "Au fort de la mêlée"),
    • et enfin, pour nos amis québecois : l'eau-de-vie.

Sources : www.larousse.fr et wiktionary.org

 

"Un mélangeur", "Un touilleur" ou "Un touilloir".

Ces trois substantifs masculins parfaitement synonymes appartiennent au langage courant.

Et ils désignent :

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

  • avant toute chose : une tige, parfois décorée, servant à mélanger un cocktail dans un verre.

Ces tiges peuvent être :

    • jetables ou réutilisables,

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs)

    • en plastique, en bois ou en métal,
    • publicitaires.

Touilleurs ou mélangeurs (ou touilloirs) publicitaires

Et celui qui les collectionne se nomme... "Un tudiculaphile".

  • mais aussi : une personne qui touille.

Ainsi existait-il autrefois un petit métier, aujourd'hui bien sûr disparu : le touilleur de glu.

  • et, enfin, pour nos amis québecois : un ustensile de cuisine en forme de spatule, utilisé pour mélanger la salade.
Touilleurs à salade québecois
Touilleurs à salade québecois

Il s'agit bien évidemment de l'équivalent des "couverts à salade" que nous utilisons en France métropolitaine.

Couverts à salade en bois
Couverts à salade en bois

Attention : le "Touilleur" ou "Touilloir" ne doit pas être confondu avec la "Touillette" !

Source : wiktionary

Ne dites pas à un québecois : "J'adore les gosses, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !" !

Mais plutôt : "J'adore les GAMINS, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Ou : "J'adore les MÔMES, je joue tout le temps avec ; je suis très tactile !".

Car si, pour nous français, ce substantif masculin ou féminin du registre familier signifie "Enfant", il s'agit, pour les québecois, d'un substantif féminin du registre vulgaire signifiant... "Testicule" !

Sur un thème contigu, je vous recommande la lecture de mes articles "Quand la différence de niveau de langage crée l'incompréhension...". et "Ne dites pas : S'palucher l'engin tout l'temps" !

"Le paf", "Le PAF", "Un PAF", "La PAF" et "Une PAF".

Tous ces mots homophones ont naturellement des significations tout à fait diverses :

  • "Le paf" désigne la verge (ou le pénis) dans le registre argotique.

On dit par exemple : "Il paraît que c'est une vorace : à peine assise dans la voiture, elle lui a sauté au paf  !".

  • "Le PAF" est un acronyme désignant :
    • le "Paysage Audiovisuel Français", c'est à dire : l’ensemble de l’offre audiovisuelle française, regroupant les stations de radio et les chaînes de télévision gratuites ou payantes, nationales ou locales ainsi que leurs émissions, animateurs, sociétés de production, etc.

L'expression et l'acronyme sont apparus à la fin des années 1980, avec l'apparition des premières chaînes privées : Canal + (4 novembre 1984), La Cinq (20 février 1986 - 12 avril 1992) et TV6 (1er mars 1986 - 28 février 1987).

Pot-au-feu

    • le "Pot-Au-Feu", un plat traditionnel à base de viande de bœuf et de légumes.
    • le " Premier Atome Frappé" (ou en anglais PKA Primary Knock-on Atom) en physique.

Il s'agit d'un atome déplacé de son site dans un réseau cristallin par irradiation, qui est, par définition, le premier atome qu'une particule incidente rencontre dans une cible.

  • "Un PAF" est un acronyme désignant :
    • un "Plan Académique de Formation", un outil regroupant l'ensemble des formations offertes par les académies aux enseignants de l'Éducation nationale en France.

Parcours acrobatique en hauteur, Parcours aventure en forêt ou Parcours aventure

    • un "Parcours d'Aventure en Forêt", également appelé PAH (Parcours Acrobatique en Hauteur), "Parcours aventure", "Parcours d'hébertisme aérien" par nos amis québecois ou improprement "Parcours d'accrobranche".

Toutes ces appellations désignent un espace de loisirs sportif, souvent situé en zone boisée, équipé d'installations permettant au pratiquant de cheminer en hauteur, de façon plus ou moins acrobatique, sur des ateliers fixés entre deux arbres ou supports artificiels.

    • un "Père Au Foyer". Non vous ne rêvez pas ! À quand les "PAFF (Père Au Foyer Fumeur) et PAFNF (Père Au Foyer Non-Fumeur), afin d'être plus précis ?
  • "La PAF" est un acronyme désignant :
    • la "Participation Aux Frais", une formule utilisée en remplacement du terme "prix d'entrée", lors de soirées organisées par des associations.

La patrouille de France

    • la "PAtrouille de France", patrouille acrobatique officielle de l'Armée de l'air française, créée en 1953.
    • la "Perte Au Feu", perte de masse due à l'échauffement d'un matériau en métallurgie.
    • la "Police de l'Air et des Frontières", une direction de la Police nationale française chargée du contrôle des frontières, créée en 1944 et devenue, le 29 janvier 1999, la "Police Aux Frontières".

PAF (Polypose Adénomateuse Familiale)

  • la "Polypose Adénomateuse Familiale" (ou "Polypose recto-colique familiale").

Il s'agit d'une maladie héréditaire à transmission autosomique dominante, prédisposant au cancer du côlon. Des centaines voire des milliers de polypes coliques (relatifs au côlon) apparaissent vers l'âge de 16 ans en moyenne (fourchette de valeurs 7-36 ans) qui, en l'absence de colectomie, dégénèrent systématiquement en cancer , lequel apparaît vers l'âge de 39 ans (fourchette de valeurs 34-43 ans). Les signes extracoliques comprennent des polypes de l'estomac, des ostéomes, des anomalies des dents, une hypertrophie de l'épithélium de la rétine, des tumeurs des muscles, et d'autres cancers.

Les formes atténuées de la PAP se manifestent par une augmentation significative du risque de cancer du côlon mais avec beaucoup moins de polype (en moyenne 30) et localisés dans le côlon proximal. Le risque de dégénérescence est plus tardive. La prise en charge de cette pathologie est différente. Seul le traitement radical (coloproctectomie) est envisageable.

  • et "Une PAF" est un acronyme désignant :

Une poêle à frire

    • une "Poèle A Frire", un ustensile de cuisine utilisé utilisé pour la cuisson d'aliments solides tels que la viande, les légumes, les œufs, etc.

Source : wikipedia.org

 

 

"Mon chien est mort".

Si vous entendez un québecois déclarer plusieurs fois par an, l'air dépité, "Mon chien est mort", inutile de vous précipiter sur votre téléphone afin de le dénoncer à la SPA (Société Protectrice des Animaux)...

Pour nos amis québecois, en effet, cette étrange expression du registre familier en forme d'idiotisme animalier signifie tout simplement, au sens figuré : il n'y a plus d'espoir, il n'y a plus aucune chance ; la chose espérée n'est plus possible.

Exactement de la même façon que nous autres français disons : "C'est mort".

On dit par exemple : "J'espérais séduire mon joli voisin, mais il vient de me présenter sa future femme. Mon chien est mort".

Ou : "Le poste auquel mon frère postulait a été pourvu. Son chien est mort".

Source : www.wikebec.org et

Pourquoi dire : "Le crowdfunding" ?

Et pas : "Le financement participatif" !

C'est à dire : un échange de fonds entre individus en dehors des circuits financiers institutionnels, afin de financer un projet.

L'appel de fonds se fait à partir de la description d'un projet précis (artistique, humanitaire, entrepreneurial...), au moyen d'une plate-forme en ligne permettant de recueillir de nombreux apports de petits montants.

Le financement peut prendre la forme d'un don, d'un prêt avec ou sans intérêts, ou encore d'un investissement en capital.

Nos amis québecois disent : "Le sociofinancement".

Source : www.economie.gouv.fr

"Un baveux" ou "Le baveux".

Ce mot français peut avoir différentes significations en fonction du niveau de langue utilisé ou du côté de l'Atlantique où l'on se situe :

  • il désigne ainsi, chez nos amis québecois - dans le registre populaire - une personne arrogante et provocatrice.
  • et dans notre pays :
    • dans le langage courant, dans le Sud-Est de la France : le "bolet jaune", un champignon comestible, également appelé "beurré ou "nonnette voilée".

Bolets jaunes, également appelés "baveux", "beurrés" ou "nonnettes voilées"

    • et dans le registre argotique :
      • un avocat.

On dit par exemple : "Avec un bon baveux j'aurais pu éviter la taule".

Un avocat

      • ou : la verge (le pénis).

La verge ou pénis

On dit par exemple : "J'me suis astiqué le baveux".

On retrouve par exemple ce mot - parmi beaucoup d'autres synonymes - dans la chanson grivoise "Les nuits d'un damoiseau".

Source : wiktionary.org

Pourquoi dire : "Se backer" !

Et pas, selon le contexte, :

  • "Anticiper" ou "Se prévenir de quelque chose" !
  • ou "Se garantir de quelque chose (dans le sens de s'assurer, vérifier)".

Inutile de vous préciser ce que je pense de cet épouvantable franglicisme, en provenance direct de chez nos amis québécois, et construit à partir du verbe anglais "To back"...

Ils l'écrivent également "Se baquer", à l'instar de notre verbe du registre argotique.

Source : www.je-parle-quebecois.com

Ne dites pas : "Une fermeture éclair" ni "Un Zip" ou "Un zipper" !

Fermeture à glissière dite "Fermeture Éclair"

Mais : "Une fermeture À GLISSIÈRE" ou "Une fermeture à CRÉMAILLÈRE".

"Éclair" est en effet une marque commerciale enregistrée en 1924 par la société française Éclair Prym France, située à Menneval (27).

Concrètement, il s'agit d'un dispositif mécanique permettant l'ouverture et la fermeture rapide d'un vêtement, d'un sac, de chaussures ou le raccordement et la séparation rapide de pièces de tissus (porte de tente par exemple).

Les premières fermetures rapides à glissières constituées d'oeillets et de crochets ont été élaborées aux États-Unis à Chicago en 1851. Mais c'est en 1913, que l'ingénieur suédo-américain Gideon Sundbäck met au point de la fermeture à glissière moderne en remplaçant le système d'oeillets et de crochets par un dispositif de dents engrenées à l'aide d'un curseur.

La fermeture se compose de deux bandes de tissu fort sur lesquelles sont serties des dents métalliques. Les bandes sont mises en regard l'une de l'autre, les dents étant décalées. Le passage d'une navette, appelée curseur, comportant deux gorges qui se rejoignent, permet d'engrener les dents ou de les séparer. Les gorges servent à guider les dents lorsque l'on fait glisser le curseur. La tirette proprement dite est la languette accrochée au curseur et qui permet de le déplacer. Si, à l'origine, les dents et le curseur étaient métalliques, on utilise également aujourd'hui des matières plastiques comme le nylon.

  • Nos amis québecois pourtant si souvent hostiles aux anglicismes utilisent les mots "Zipper" ou "Zip".
  • Et nos amis belges parlent de "Tirette" ou de "Zip".

"Péter plus haut que le trou" !

Cette expression du registre familier en forme d'idiotisme corporel constitue la variante québecoise de notre expression française "Péter plus haut que son cul"; que François Rabelais utilisait déjà au XVe siècle sous la forme : "Celui-là qui veut péter plus haut qu’il n’a le cul doit d’abord se faire un trou dans le dos".

Et elle signifie donc "Être trop prétentieux, snob, ambitieux ; se croire très important, plus important que ce que l'on est".

Source : wiktionary.org et Le Robert

"Être aux anges" ou "Être aux oiseaux".

Ces deux expressions du langage courant signifient "être enchanté, ravi ; dans un état de grand contentement, dans un transport de joie si intense que l'on semble extasié".

On dit par exemple : "J'étais aux anges lorsque j'ai appris que ma fille était reçue à son concours".

Attention cependant : l'idiotisme animalier "Être aux oiseaux" n'est utilisé que par nos amis québecois et jamais en France.

Source : www.linternaute.fr et wiktionary.org

"La BPCO".

Il s'agit de la "Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive", une maladie respiratoire chronique.

Souvent associée à d'autres maladies, elle se caractérise par un rétrécissement progressif et une obstruction permanente et progressive des voies aériennes et des poumons, entrainant une gêne respiratoire

La première cause en est le tabagisme.

Il s'agit d'une maladie qui peut demeurer longtemps peu invalidante, aussi n'est-elle généralement découverte que lorsque les dégâts irréversibles sont malheureusement déjà importants.

Nos amis québecois l'appelle MPOC pour "Maladie Pulmonaire Obstructive Chronique".

Source : www.inserm.fr